00:00On en vient à cette attaque meurtrière contre Kiev cette nuit. Au moins 13 personnes ont été tuées. On compte plus de 97 blessés.
00:08Le bilan s'alourdit des blessés dont des enfants. Attaque de missiles russes contre la capitale ukrainienne.
00:14On va tout de suite aller retrouver notre envoyé spécial sur place. Nicolas Kouadou, vous êtes devant l'un des bâtiments qui a été durement touché cette nuit.
00:22Oui, c'est ce bâtiment-là où un missile s'est abattu directement. C'est-à-dire qu'il n'a pas du tout été arrêté par la défense antiaérienne.
00:32Et vous pouvez le voir sur les images de Théo Touché, les dégâts sont particulièrement impressionnants.
00:36On est dans un quartier totalement résidentiel, pas très loin du centre-ville de Kiev, un ou deux kilomètres, tout au plus.
00:42Et c'est à une heure du matin qu'un missile s'est abattu ici, avec ce bilan qui évolue, qui est terrible.
00:48Et donc ces recherches qui continuent parce qu'avec cette quantité de décombres et le nombre d'habitations ici,
00:54les secouristes nous expliquent qu'il y a potentiellement encore des victimes sous les décombres,
00:59ce qui pourrait laisser penser malheureusement que le bilan pourrait s'alourdir.
01:02Avec Théo Touché, on a rencontré il y a à peu près une heure Natalia, une femme qui était dans son immeuble lorsque l'immeuble a frappé.
01:10Elle est sans nouvelles de son mari depuis, qui est probablement encore sous les décombres.
01:14Autant vous dire ici, Julie, que c'est le choc dans ce quartier.
01:17Et c'est près d'un mois que Kiev n'avait pas été attaqué directement par des missiles.
01:22Et l'attaque qui a eu lieu cette nuit, donc à une heure du matin,
01:25alors que la plupart des habitants de la capitale ukrainienne étaient en train de dormir,
01:29a réveillé absolument tout le monde.
01:30Il y a eu plusieurs dizaines de missiles, des drones également.
01:33Une attaque planifiée de la Russie qui a donc frappé en plein cœur la capitale ukrainienne.
01:39Hasard du calendrier ? Peut-être pas.
01:41C'est arrivé seulement une heure après que Donald Trump ait déclaré à la Maison-Blanche qu'il avait conclu un accord de paix avec la Russie.
01:49Ici, on est très loin de la paix avec cette attaque qui a frappé le centre-ville de la capitale ukrainienne.
01:53Merci beaucoup Nicolas, avec Théo Touchet à la caméra, très loin de la paix effectivement,
01:58avec l'une des pires attaques de missiles russes contre la capitale ukrainienne.
02:03Vous allez voir ces images des habitants de Kiev qui se sont réfugiés dans les couloirs des métros le temps de l'attaque.
02:11C'est donc des images de cette nuit.
02:12Les Ukrainiens qui tentent de s'abriter, on va les écouter, tiens, ces habitants.
02:19Nous vivons dans un foyer.
02:21Notre responsable a couru vers nous.
02:23Il nous a dit « Faisons nos bagages et partons ».
02:25J'ai commencé à ranger mes affaires et il y a eu une autre explosion.
02:28La lumière s'est éteinte, le plâtre a commencé à tomber.
02:32Nous nous sommes tous enfusés rapidement.
02:34Tout le monde était effrayé.
02:35L'explosion était très forte.
02:38Les fenêtres de notre appartement ont été endommagées.
02:40Les appareils de cuisine se sont envolés du rebord de la fenêtre.
02:44Mais heureusement, nous sommes en vie.
02:47Je me serais bien endormie, mais ça a explosé.
02:52Explosé fort.
02:54Très fort.
02:56Et on est en ligne avec Oleksii Gorachenko.
02:59Vous êtes député ukrainien.
03:02Merci beaucoup d'être avec nous.
03:03On voulait recueillir votre réaction après cette attaque particulièrement meurtrière cette nuit dans la capitale.
03:10Oui, bonjour.
03:12Ce n'est pas bonjour pour l'Ukraine.
03:14Ce n'était pas bonne nuit.
03:16Ce n'est pas seulement Kiev.
03:18C'est aussi Kharkiv, Povograd et d'autres villes.
03:22Mais Kiev, c'est la plus grande attaque.
03:25C'est une tragédie, encore une nouvelle tragédie.
03:27Et encore une fois, la Russie attaque les objets civils, les maisons de la jungle.
03:37Et c'est terrible.
03:39La guerre continue.
03:41Il y a beaucoup de monde autour de cette guerre.
03:45Mais il n'y a pas de solution.
03:49Et c'est catastrophique.
03:53Quelle est la stratégie de Poutine derrière ces attaques, notamment contre la capitale, selon vous ?
03:58Quelle est la stratégie de Poutine pendant ces plus de trois ans ?
04:05C'est le style et la façon dont la Russie fait la guerre.
04:10Attaques contre les civils, barbariennes, c'est tout.
04:14La guerre continue et Poutine continue à attaquer notre ville.
04:19Merci beaucoup, Alexis Gorachenko, d'avoir témoigné sur notre antenne.
04:22Stéphane Bureau est avec nous.
04:24Patrick Sos également.
04:26Bonjour à tous les deux.
04:26Stéphane Bureau, il a réagi.
04:28Vladimir Zelensky, le président russe, Vladimir Poutine, a uniquement le désir de tuer.
04:34Et les autorités l'interprètent, en tout cas, en disant que c'est une preuve que Poutine veut juste continuer la guerre, finalement.
04:42Malgré ces discussions, ces rumeurs d'un accord, il dit que c'est que du vent.
04:46C'est la preuve.
04:48Je ne sais pas si c'en est la preuve, mais c'est une manifestation très concrète de la volonté du président Poutine d'aller jusqu'au bout.
04:54Jusqu'à maintenant, les cibles civiles n'avaient pas été nombreuses.
04:58Ça n'avait pas été de la stratégie ni pour les Russes ni pour les Ukrainiens.
05:02Là, est-ce qu'il y a une accélération pour ajouter à la menace de Donald Trump?
05:06Alors, derrière tout ça, c'est toujours cette idée peut-être qu'il y a collusion entre les deux.
05:09J'en doute. Je pense que, surtout, Donald Trump est en train de créer, lui, les conditions pour se laver les mains, peut-être, de l'Ukraine et normaliser des relations avec les Russes s'il n'y a pas d'entente à très court terme.
05:21Parce qu'il faut voir qu'au départ, si on a ouvert le dialogue avec Moscou, c'était au nom d'une entente de paix qui aurait été négociée et livrée à tout le monde.
05:31Alors, évidemment, les Ukrainiens étaient un peu réfractaires, mais je pense qu'ils étaient partants au départ.
05:36Aujourd'hui, Donald Trump est dans une situation, et d'ailleurs, ce n'est pas que sur l'Ukraine où il rétro-pédale un peu,
05:41où peut-être il est en train de se ménager une porte de sortie, dire, bien, on a tout fait.
05:47On a ici quelqu'un qui est responsable de l'échec, c'est Zelensky, par exemple, qui refuserait les conditions que nous lui imposons, parce que ça ressemble à ça.
05:54Les Européens et les Ukrainiens ont découvert à l'Élysée la semaine dernière ce qui avait été probablement négocié, établi, dessiné par l'envoyé spécial du président, M. Witkoff, avec le président Poutine.
06:07Cette entente prénégociée, les Ukrainiens n'en veulent pas, en tout cas, très clairement, disent qu'ils n'en veulent pas.
06:14Et Trump, derrière, pourrait dire, bien, s'ils n'en veulent pas, on ne peut pas l'imposer, évidemment.
06:17Mais on a fait tout ce que nous pouvions faire, et par ailleurs, maintenant, nous allons avoir des relations plus normales avec la Russie.
06:26Parce que c'est un scénario possible, très embêtant pour nous, ici, en Europe.
06:31Donald Trump, d'ailleurs, qui dit, Patrick Sos, un accord est prêt avec la Russie.
06:36Et effectivement, maintenant, c'est Zelensky qui doit nous aider à le mettre en place, l'euro, et qui pose problème.
06:43C'est ce qu'il dit, effectivement. Souvenez-vous que Donald Trump, il avait annoncé, il y a quelques jours,
06:47qu'aujourd'hui, devait être signé l'accord sur les minéraux entre les Américains et, pour le coup, les Ukrainiens.
06:54Ensuite, c'est assez difficile à suivre. Le Kremlin n'a absolument pas réagi à ces déclarations,
07:01si ce n'est par, donc, une frappe massive sur Kiev. Mais pour l'instant, on l'attend, vous le savez, c'est toujours à peu près à cette heure-ci.
07:07Dans quelques minutes, Mitri Peskov, le porte-parole du Kremlin, a proposé son numéro.
07:12Mais vous y voyez un lien, vous, entre ces frappes sur la capitale et l'annonce d'un accord entre la Russie et les États-Unis ?
07:19Non, mais je vois un lien avec les déclarations de Trump hier, c'est-à-dire que le feu vert est totalement donné à Vladimir Poutine,
07:27qui a totalement le timing qu'il veut. J'en discutais notamment avec Paul Gogo, notre correspondant à Moscou,
07:33qui voit bien que chez les politologues russes, rien ne se passera tant que les Russes n'auront pas totalement repris la province de Kours.
07:41Lorsqu'on est à 99,5, 6 %, mais pour l'instant, il est hors de question de négocier.
07:47Et on voit là aussi les déclarations, c'était ce matin, de Sergei Shoigu, qui est le ministre de la Défense russe,
07:52qui a dit qu'il est hors de question qu'il y ait quelconque opération de maintien de la paix.
07:56On parle vraiment de maintien de la paix. Ce seraient même des casques bleus pour lui que ce serait un niet complet.
08:00Donc, pour l'instant, on est en train de parler de concessions à faire du côté des Ukrainiens,
08:05qu'ils feront, qu'ils ne feront pas sur la Crimée, sur le Donbass.
08:09Mais les Russes, pour l'instant, n'ont absolument pas bougé le petit doigt.
08:12Donc, effectivement, s'il y a un accord américain-russe sans concession aucune de la part de la Russie,
08:19je ne vois pas très bien où est le troisième côté ou le troisième sommet du triangle qui, normalement, est bien l'Ukraine.
08:24– Normalement, c'est l'Ukraine. Et effectivement, les États-Unis demandent à Vladimir Zelensky de renoncer à la Crimée.
08:32La Crimée, qui est un territoire ukrainien, qui a été annexée par la Russie en 2014.
08:40Et voilà ce que dit Donald Trump. Cette nuit, il s'en est pris violemment.
08:44Et ça rappelait d'ailleurs cette séquence violente entre Vladimir Zelensky et Donald Trump dans le bureau ovale.
08:49Il l'accuse de tenir des propos incendiaires sur la Crimée.
08:55Voilà ce qu'il dit. Cette déclaration est très préjudiciable aux négations de paix avec la Russie,
08:59car la Crimée a été perdue il y a des années.
09:01Ce sont des déclarations incendiaires comme celle de Zelensky qui rendent si difficile le règlement de cette guerre.
09:06Est-ce que Vladimir Zelensky va devoir faire un pas dans cette direction ?
09:10Est-ce qu'il va devoir accepter de lâcher la Crimée ?
09:13– Alors, les Ukrainiens disent que constitutionnellement, il est absolument impossible de le faire.
09:18C'est-à-dire qu'il faudrait changer la constitution pour accepter de pareilles concessions.
09:21Alors, peut-être qu'ils choisiront de le faire.
09:23Sur la question de la Crimée, qui est très symbolique évidemment,
09:26les Américains, je pense, de fait, ont déjà reconnu la souveraineté des Russes.
09:31C'est-à-dire qu'en 2014, quand le président Obama avait dit
09:34« c'est une ligne que nous ne franchirons pas, nos intérêts vitaux ne sont pas engagés »,
09:40implicitement, ce qu'il disait, c'est qu'arrangez-vous entre vous,
09:43mais pour nous, il n'y a aucun souci.
09:44On accepte la situation de facto.
09:48Reconnaissance officielle, c'est une autre affaire.
09:50Et c'est là où Trump menace peut-être unilatéralement de choisir, lui, de reconnaître la souveraineté.
09:58Il faut voir que pour l'instant, il n'y a aucun pays au monde.
10:00Alors, il y a des États inféodés à Moscou, l'Ossétie du Sud, je pense, l'Abkhazie,
10:05qui reconnaissent la souveraineté russe sur la Crimée.
10:07– Des États qui, eux-mêmes, ne sont pas reconnus.
10:09– N'en sont pas, ne sont pas reconnus aux Nations unies.
10:11Donc, ça serait effectivement un précédent très préoccupant.
10:16Je suis très curieux de ce que feront les Chinois, l'allié chinois de Moscou,
10:20dans un cas pareil.
10:22Ils marcheront sur la pointe des pieds, très certainement.
10:25Et l'enjeu, c'est est-ce que les Ukrainiens, eux, pourraient se rallier à cette idée,
10:29mais je conçois très, très mal.
10:31Ce qu'ils disent depuis le début, et Patrick pourra peut-être enchaîner là-dessus,
10:33mais accepter de perdre du territoire, soit, mais jamais, officiellement,
10:39nous reconnaîtrons ce fait accompli.
10:41– Avec les États-Unis qui mettent la pression et qui le redisent,
10:45la patience de Donald Trump a des limites, sous-entendu,
10:48on risque de se retirer et de lâcher un petit peu le dossier si vous n'avancez pas.
10:52Merci beaucoup à tous les deux.
10:54– Sous-titrage ST' 501
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