00:00Amandine Bégaud, Olivier Bois
00:04RTL matin jusqu'à 10h
00:05A 8h16 sur RTL alors que le procès de Gérard Depardieu doit s'ouvrir donc aujourd'hui.
00:11Amandine vous recevez ce matin maître Claude Vincent, l'avocate de l'une des deux femmes qui accusent le comédien d'agression sexuelle.
00:17Bonjour maître et merci d'être ici en studio avec nous ce matin.
00:21Dans quel état d'esprit est votre cliente à quelques heures maintenant de l'ouverture de ce procès ?
00:26Merci pour l'invitation.
00:28Stressée évidemment on ne va pas se mentir en fait ce genre d'audience particulièrement dans ces conditions,
00:34particulièrement avec cette pression là, ça vient rajouter mais c'est toujours dans tous les cas difficile
00:40des audiences pour des femmes victimes de violences sexistes, sexuelles.
00:45C'est toujours difficile d'être confrontée à la personne qui les a agressées.
00:52C'est particulièrement difficile quand en plus la stratégie en face consiste à les diffamer tel qu'on peut le constater à l'heure actuelle.
01:02On va revenir sur la stratégie effectivement de l'avocat de Gérard Depardieu.
01:07Mais elle va se retrouver face à lui aujourd'hui, il sera là dit ce matin son avocat.
01:13Vous disiez qu'elle était stressée et on le comprend complètement.
01:17Est-ce que vous diriez que c'est un moment qu'elle redoute, qu'elle attend ?
01:20Non, qu'elle attend. Alors il y a évidemment la crainte de la manière dont ça va se dérouler.
01:26En revanche pouvoir expliquer à la juridiction, pour expliquer au tribunal ce qui s'est passé,
01:34donner sa parole, ça elle l'attend depuis très longtemps.
01:40En réalité les victimes elles étaient là le 28 octobre, elles étaient prêtes le 28 octobre.
01:47Le 28 c'est la date à laquelle devait avoir lieu ce procès qui finalement a été reporté en raison de l'état de santé de Gérard Depardieu.
01:57Les faits dont elle l'accuse remontent à 2021.
02:00Votre cliente était assistante réalisatrice sur le tournage des volets verts du film de Jean Becker.
02:04Que s'est-il passé ?
02:06Alors sans rentrer dans le détail puisque effectivement je refuse d'aborder le fond du dossier.
02:12En tout cas tant qu'il n'aura pas été jugé c'est un dossier judiciaire.
02:16Mais il s'agit d'agressions sexuelles, d'attouchements sur les fesses et les seins pour être précise à plusieurs reprises.
02:27Ce sont des accusations que Gérard Depardieu démonte formellement.
02:30Son avocat lui parle d'accusations mensongères.
02:33Maître Jérémy Assous qui était notre invité le 28 octobre justement quand ce procès a été reporté, écoutez-le.
02:41On découvre quand on lit le dossier qu'il y a 19 personnes qui sont contactées et qui disent
02:46j'étais présent sur le lieu de tournage, j'étais là ce jour-là, à cet endroit-là, je n'ai rien vu.
02:50On refuse de les entendre exprès pour ne pas mettre à mal les accusations qui sont toutes mensongères de la part des plaignantes.
02:59Et c'est ça qui est gravissime.
03:01Qu'est-ce que vous lui répondez ce matin maître Claude Vincent ?
03:06Sur le fond je ne vais pas lui répondre, je vais m'abstenir, je ne vais pas jouer ça.
03:12Je vous invite à venir à ces audiences puisque vous constaterez que peut-être qu'entre ce qui est dit dans les médias
03:21et ce qui est dans le dossier est bien différent.
03:24La seule chose que j'ai à répondre c'est que ce dossier en réalité s'il y a une chose,
03:29une chose sur laquelle je suis confiante dans l'ensemble de cette procédure, c'est ce dossier.
03:36Parce que le dossier ne laisse pas de place aux doutes.
03:42L'avocat de Gérard Depardieu dit ce matin on va passer d'un dossier accablant à un dossier qui va être en faveur de Gérard Depardieu.
03:48Non mais je vous vois sourire au chez la tête, ça vous fait bondir, ça vous amuse, c'est du bluff.
03:57Oui ça m'amuse, disons que j'ai l'impression qu'on est en train de m'expliquer que le Père Noël existe.
04:02Pour vous il n'y a aucun d'autre, aucun.
04:06Ce procès, on le disait, c'est le premier en France en matière de violence sexuelle pour une star de cette envergure.
04:13Vous le disiez, forcément ce n'est pas un procès comme les autres.
04:16Alors à plusieurs égards, ce n'est pas un procès comme les autres forcément parce qu'il y a le volet médiatique
04:22qui vient rendre les choses différentes.
04:26Il y a aussi quand même parce que la stratégie de la défense, et je mets vraiment des guillemets,
04:33est quelque chose de très agressif, diffamatoire, qu'il est décidé d'aller à la fois toujours dans le mensonge,
04:41dans la surenchère et dans l'attaque ad hominem des victimes.
04:45Ça aussi, ça vient rajouter et d'ailleurs ça constitue ce qu'on appelle la victimisation secondaire.
04:50Également aussi parce qu'il y a quand même quelque chose qu'il est important d'avoir en tête,
04:53c'est que contrairement pour le coup à ce qui est évoqué du côté de la défense,
04:57en vous expliquant que tout ceci est un complot médiatico-journalistico-que sais-je,
05:03en réalité Gérard Depardieu bénéficie d'un traitement de faveur.
05:10D'un traitement de faveur ?
05:11Oui.
05:12Parce que le dossier tel qu'il est là, en temps normal, il est jugé en 2-3 heures,
05:18au milieu de 10 autres dossiers, en audience correctionnelle, de manière tout à fait classique.
05:24Là, initialement c'était une demi-journée complète, ce qui était déjà énorme,
05:29prévu uniquement pour son dossier, ça n'arrive quasiment jamais,
05:32en tout cas pas pour ce type de dossier.
05:34Que l'on ait passé d'une demi-journée à une journée et demie,
05:37que certains évoquent même plus d'une journée et demie,
05:41c'est un traitement de faveur.
05:43Le justiciable lambda, il n'est absolument pas jugé dans ces conditions.
05:47Donc tous ceux qui disent, et je lisais encore hier dans la Tribune Dimanche l'un de ses proches,
05:52dire finalement qu'il a été guillotiné, lynché, tout cela se trompe.
05:58J'invite vraiment les gens, les audiences sont publiques, à aller au tribunal correctionnel.
06:04Si ce n'était pas Depardieu, déjà il ne se présenterait probablement pas libre comme il l'est,
06:09mais sous contrôle judiciaire.
06:11C'est un traitement de faveur dont il bénéficie le temps d'audience.
06:17Oui ?
06:18Mediapart évoque des pressions sur les partis civils, c'est vrai ça maître ?
06:22Alors, il y a une déplaignante, pas votre cliente,
06:25qui a déposé plainte pour signaler plusieurs appels étranges,
06:28des coups de sonnette aussi à son domicile ces derniers jours ?
06:30Alors, il n'est pas question d'accuser qui que ce soit,
06:35de faire un lien direct entre qui que ce soit, on ne sait pas.
06:38Juste, effectivement, plusieurs personnes ont fait l'objet de comportements.
06:45Il s'avère qu'il y a quand même une certaine coïncidence, si je puis dire,
06:49puisque ce sont plusieurs personnes concernées par cette affaire.
06:53Moi-même, il y a eu une tentative d'intrusion dans ma boîte mail professionnelle.
06:58On constate juste qu'à quelques jours de l'audience, ces événements...
07:03Bizarre.
07:04Voilà.
07:05Il a été guillotiné, disait l'un de ses proches dans le journal La Tribune Dimanche,
07:10et qui ajoutait sur les volets verts, il ne s'est rien passé d'autre que ce qu'il se passait avant.
07:14Qu'est-ce que vous dites à ceux qui disent, en vous entendant,
07:20et depuis plusieurs semaines d'ailleurs, que finalement le comportement de Gérard Depardieu,
07:24c'est juste le comportement d'un gros lourd, d'un goujat ?
07:29Ça dépend de ce qu'on appelle un gros lourd, un goujat.
07:32Mais en fait, je pense qu'on a pendant trop longtemps appelé gros lourds ou goujats des agresseurs sexuels.
07:37En fait, tout simplement.
07:39C'est-à-dire que ça dépend quelle définition on en donne.
07:42Mais si le sujet c'est de dire, comme j'ai pu l'entendre par la Défense,
07:45que c'est juste quelqu'un qui est rablaisien, que sais-je...
07:52Non.
07:53Et puis par ailleurs, vraiment encore une fois,
07:55c'est des comportements qu'on a pendant beaucoup trop longtemps sous-qualifiés.
08:03Ce sont des agressions sexuelles.
08:05Toute dernière question.
08:06Gérard Depardieu risque jusqu'à 5 ans de prison, 75 000 euros d'amende.
08:09C'est ce qu'attend votre cliente, la peine maximale ?
08:11Non, mais nous on n'est pas...
08:13Par contre, c'est important de le dire, que ce soit bien clair.
08:16Il n'y a absolument pas question de peine.
08:19Ça, c'est pas notre sujet, c'est celui du ministère public.
08:22Elle, c'est pas le...
08:23Enfin, en tout cas pour ma cliente, c'est pas son sujet non plus.
08:25La seule chose qu'elle attend, c'est de pouvoir s'expliquer.
08:27Évidemment, une reconnaissance de culpabilité,
08:30parce que ça implique aussi de dire que ce qu'elle dit, c'est vrai.
08:34Mais nous, on n'est pas sur le terrain de la peine.
08:36C'est pas notre sujet.
08:38La peine, ça répare pas pour les victimes, je vais vous dire.
08:41Merci beaucoup Maître Claude-Vincent et début de l'audience donc.
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