00:00On vous retrouve au 15000 dollars du Havre, des années après être venue pour la première fois,
00:08vous étiez à l'époque adolescente. C'est clair, c'était un de mes premiers tournois sur le circuit,
00:13je me rappelle, j'en ai parlé à mon coach sur le terrain, j'avais un stress vraiment différent,
00:19des préoccupations différentes, des challenges mentaux complètement différents à gérer,
00:24mais c'est marrant de revenir quelques années après, mais je le vois vraiment comme deux choses
00:28séparées dans ma tête. Donc là, vous enchaînez un petit peu les 15000, expliquez-nous un peu ce
00:35qui vous guide, qui vous motive. Là, c'est vraiment parce que les 15000 sont à côté de la
00:39maison, il y a eu Gonesse et le Havre, donc c'est vrai que c'est pratique et qu'il n'y a pas beaucoup
00:43de tournois en début d'année, donc c'est vraiment une tactique de programmation, mais le but c'est
00:47de faire quand même des tournois plus gros. Dès après le Havre, je vais faire des tournois un
00:52petit peu plus gros et on va revoyager un petit peu plus loin avec mon coach dès les mois prochains.
00:58Alors qui dit tactique de prog dit objectif, j'imagine qu'ils sont précis dans un coin de
01:04votre tête, est-ce que vous pouvez un petit peu nous en parler ? Je ne dirais pas tout, mais oui,
01:07forcément il y a des objectifs, on n'est jamais là par hasard. L'idée c'est forcément de remonter
01:11au classement, c'est un challenge parce que je n'avais plus du tout de points, je suis repartie
01:16à zéro, après il faut rentrer dans le classement, marquer trois fois des points, passer par les
01:19qualifs, il faut gagner beaucoup de matchs, 1400, 1300, 1200, là je suis enfin à 900. J'ai envie de
01:25remonter le plus haut possible, je ne vais pas affirmer haut et fort parce que je ne sais pas
01:31encore combien de temps je vais jouer, à quel point mon corps va tenir, ce que je veux c'est
01:35pouvoir enchaîner, que mon corps tienne et si je peux rejouer les qualifs demain, ce serait super.
01:41Déjà vous pouvez être rassurante sur le côté physique, vous êtes contente de tout ce qui se passe ?
01:46Il y a une grosse différence, depuis novembre j'ai plus mal à l'épaule et je dirais que là quand même sur
01:51les dernières semaines, il y a un vrai changement et je pense que je peux enfin enchaîner les matchs.
01:54On croit qu'on est prêt en fait mais ça prend du temps et il n'y a rien qui remplace les
01:59matchs donc je sens une différence mois après mois, je me sens vraiment de mieux en mieux et là je commence à vraiment bien me sentir.
02:04Et sans pépin, est-ce que vous vous êtes fixé une date d'arrêt, on va dire, ce que vous dites cette saison ?
02:13Moi ce qui me drive c'est aussi mon kiff, j'adore être là, j'adore rejouer, mais si vraiment dans un mois ça me saoule, j'arrête.
02:20Et si j'adore, je continue, je ne vais pas m'arrêter alors que si je suis en bonne santé et que ça me fait kiffer, il n'y a pas de raison que j'arrête.
02:26Et en même temps, si je n'ai plus envie, il n'y a aucune raison que je continue parce qu'il n'y a personne qui me force à jouer.
02:31Donc c'est mon moteur.
02:35En plus vous avez aussi des options professionnelles, est-ce que c'est facile de tout gérer ?
02:41Non, c'est vraiment pas facile. C'est excitant parce que j'aime la vie comme ça, je déteste m'ennuyer, j'adore faire plein de choses à la fois,
02:48mais c'est quand même un challenge hors rédit national, j'ai l'impression d'être schizophrène parfois.
02:55Mais non, il faut que je travaille beaucoup et surtout il faut que je puisse payer la reprise des tournois.
03:01Les personnes du tennis veulent savoir mais ne le savent pas forcément d'extérieur, il faut pouvoir payer tous ces tournois.
03:07Au début, on ne rentrait pas d'argent, donc je suis obligée de jouer un peu sur tous les tableaux et d'être extrêmement professionnelle.
03:14Je n'ai pas de repos. Quand je fais l'œuvre du tennis, je fais autre chose, je travaille ailleurs.
03:18Finalement, c'est quand même une chance aussi d'avoir les qualités que vous avez pour avoir une vie professionnelle à côté de celle de joueuse.
03:25Ça fait respirer, ça permet aussi de peut-être avoir moins de soucis de programmation.
03:30Non, il n'y a pas moins de soucis de programmation, il faut justement que je sois très organisée.
03:34Après, si on cherche un avantage, c'est peut-être que quand je perds un match, je peux me dire qu'il y a autre chose dans la vie.
03:42Alors que je pense qu'avant et pendant quasiment toute ma carrière, et c'est le cas pour beaucoup de joueuses, on n'a que ça dans notre vie.
03:48On a l'impression qu'il y a tout autour de ça. Quand on perd un match difficile, tout s'écroule.
03:55Et comment ça se passe sur le circuit ? Alizée Lim, tout le monde vous connaît.
04:00Repartir en 15 000 dollars, il faut être honnête, ça demande du courage aussi.
04:04C'est ce qu'on me dit, mais moi je ne le ressens pas comme ça.
04:06Est-ce que vous ressentez une pression parce que tout le monde, j'imagine, va regarder un peu vos matchs, vos performances ?
04:13Est-ce que ça existe ou finalement vous voyez que le côté positif et des gens bienveillants aussi avec vous ?
04:19Non, je m'en fous parce que je suis vraiment concentrée sur mon parcours à moi et mes étapes à franchir.
04:27Je sais où je vais et je sais le niveau que j'ai à l'entraînement aussi, donc je n'attache pas d'importance à ça.
04:33Ou en tout cas, ça ne rentre pas dans mes pores.
04:38Je n'ai pas de pression par rapport à ça, je suis juste contente de jouer, d'aller sur le cours et d'essayer de produire le niveau que je produis à l'entraînement.
04:46Et de continuer à progresser parce que franchement, on s'entraîne vraiment bien avec Norbert, mon entraîneur.
04:52On franchit beaucoup d'étapes et on est hyper content. On a juste envie que les résultats en découlent.
04:58Et qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter pour l'année 2025 qui vous comblerait ?
05:03Je ne sais pas, je ne peux pas le dire. Je parle de plaisir mais je vise haut quand même.
05:13Après, ça prend du temps de revenir, on ne peut pas sauter les étapes.
05:17C'est impossible au tennis, à moins d'avoir énormément de wild cards sur des gros tournois.
05:21On ne peut pas se retourner dans les qualifs de Grand Chelem au moment donné, c'est impossible.
05:26On a compris le rêve des qualifs de Grand Chelem, on vous le souhaite en tout cas.
05:29Ce n'est pas forcément un rêve, c'est-à-dire que si j'en ai marre, j'arrête.
05:34As long as I'm enjoying it, c'est tout.
05:37Et puis là, encore plus.
05:39Merci beaucoup.
05:40Merci.
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