00:00La gaieté lyrique au cœur de Paris est occupée depuis plus de trois mois par 450 migrants mineurs isolés.
00:06C'est une salle de spectacle municipale qui ne dispose pas de sanitaires.
00:12D'ailleurs, la mairie de Paris a refusé jusque-là de faire appel à la force publique pour forcer l'État à prendre ses responsabilités.
00:18Vous avez pris cet après-midi un arrêté pour faire évacuer les lieux.
00:21Donc, il y a deux types de questions que je peux vous poser.
00:24C'est pourquoi est-ce qu'il a fallu attendre trois mois ?
00:26Et pourquoi ou alors pourquoi lancer une répression contre ces migrants qui n'embêtaient personne ?
00:36– Alors d'abord, je ne pense pas qu'on puisse dire qu'ils n'embêtaient personne
00:38et je ne pense pas qu'on puisse dire qu'on a attendu trois mois.
00:40Il faut bien que vos téléspectateurs comprennent que la gaieté lyrique,
00:43c'est un bâtiment qui appartient à la ville de Paris
00:45et qui est occupé par le théâtre La gaieté lyrique.
00:48Quand il y a eu l'intrusion des migrants en décembre 2024,
00:53dans le cadre de la flagrance, c'est-à-dire quand il y a intrusion,
00:55on a un délai de 48 heures pour intervenir.
00:57Je peux le faire si j'ai l'autorisation des occupants,
01:00des personnes qui sont gestionnaires du site.
01:02La gaieté lyrique a refusé que j'intervienne.
01:04J'avais 48 heures pour le faire, je pouvais intervenir, ils ne l'ont pas souhaité.
01:07Je ne peux pas le faire d'initiative, sinon je suis en voie de fait.
01:10Donc, je n'ai pas pu le faire.
01:12La ville de Paris a mis un certain temps avant d'engager une action en justice
01:15devant le tribunal administratif, ce qu'elle a fait en janvier.
01:17L'occupation a lieu le 10 décembre 2024.
01:20En janvier, la ville de Paris a engagé une action devant le tribunal administratif
01:24qui a donc rendu sa décision le 13 février
01:28et qui a considéré que les personnes devaient évacuer dans un délai d'un mois.
01:32Donc, elle a laissé un mois aux personnes pour évacuer.
01:35Ce délai a expiré le 13 mars.
01:37Donc, nous y sommes, c'était il y a quelques jours.
01:39Et donc, moi, j'attendais évidemment la saisine de la ville de Paris.
01:42Ils doivent me solliciter pour accorder le concours de la force publique.
01:45Cette demande n'étant pas intervenue, donc j'ai pris évidemment mes responsabilités.
01:49J'ai pris un arrêté en tant que préfet de police pour mettre un terme à cette occupation
01:53en tant qu'elle causait un trouble à l'ordre public.
01:56Ce qu'évidemment, je ne pouvais pas faire avant
01:57puisqu'il y avait une décision de justice qui laissait jusqu'au 13 mars.
02:00– La mairie de Paris vous a dit explicitement qu'elle ne souhaitait pas
02:02que les forces de l'ordre interviennent ?
02:04– La mairie de Paris a souhaité avoir un certain nombre de précisions
02:07sur les conditions dans lesquelles ces personnes allaient ensuite être hébergées,
02:09traitées, ce qui équivalait à un refus implicite.
02:13Donc, voilà, j'ai pris mes responsabilités.
02:14J'ai pris cet arrêté que je prends au titre de mes pouvoirs de police générales
02:19au titre de la prévention des troubles à l'ordre public,
02:21compte tenu du fait que cette occupation génère des troubles
02:24dont les médias se sont fait l'écho et…
02:26– Dans quelles conditions vont être replacées, relogées ces mineurs isolés ?
02:31– Il y aura une intervention des forces de l'ordre, le moment venu,
02:34donc comme le prévoit mon arrêté,
02:37et on appliquera les conditions de droit commun.
02:40Donc, pour ceux qui le souhaitent, il y aura des hébergements qui seront proposés,
02:43comme nous le faisons à chaque fois,
02:45et leur situation administrative sera évidemment examinée.
02:48Ce que nous ne sommes pas, d'ailleurs, du reste contraints de faire.
02:50Là, on est dans le cadre d'une opération de police.
Commentaires