00:00Mathieu, les députés examinent aujourd'hui une résolution pour demander à l'Union européenne d'utiliser les avoirs russes.
00:05Ces avoirs russes qui sont aujourd'hui gelés sur son sol.
00:08Oui, alors c'est pas une loi, c'est une résolution, encore une.
00:10C'est quoi une résolution ? C'est un texte soumis au vote grâce auquel l'Assemblée nationale émet un avis.
00:15Mais ça n'est pas contraignant, ça n'a pas force de loi, comme on dit.
00:19Celle qui sera discutée aujourd'hui, elle contient 31 points et c'est le point numéro 21 qui nous intéresse parce qu'il prévoit
00:24que l'Assemblée nationale invite l'Union européenne et ses Etats membres à utiliser dès à présent les actifs russes gelés et immobilisés
00:32ainsi que les intérêts pour soutenir la résistance ukrainienne et la reconstruction de l'Ukraine.
00:36Alors, on parle de beaucoup d'argent quand même.
00:38Il y a 210 milliards d'euros placés en Europe par la Banque centrale de la Fédération de Russie,
00:43dans une société internationale établie à Bruxelles,
00:46auxquels s'ajoutent quelques 25 milliards d'euros d'avoir privés, essentiellement détenus, par des oligarques.
00:51Il y a un an, les 27, ils ont décidé d'utiliser les intérêts qu'aurait dû rapporter ce placement.
00:56Il y en avait pour 3 milliards et ça a été utilisé pour rembourser un prêt accordé par le G7 à l'Ukraine.
01:02Mais pour l'instant, personne ne s'est autorisé à toucher au capital.
01:06Le capital, il est gelé. Personne ne peut y toucher, ni la Russie, mais ni l'Europe.
01:09Mais est-ce que juridiquement, c'est possible ?
01:11Non. Le ministre de l'Économie, Éric Lombard, l'a rappelé récemment, ce serait contraire aux accords internationaux.
01:17C'est vrai. Mais ça fait débat chez les Européens.
01:19La cheffe de la diplomatie de l'Union Européenne, Kaja Kallas, le président polonais, Donald Tusk,
01:23sont pour les utiliser pour financer le soutien à l'Ukraine et l'aider à se reconstruire.
01:27Assez parlé, il est temps d'agir, a dit le président polonais.
01:30A l'inverse, l'Allemagne, la France sont contre et Emmanuel Macron a dit
01:33on peut prendre les revenus, les avoir gelés, mais on ne peut pas prendre les avoir eux-mêmes.
01:36Au fond, le débat, il se résume entre ceux qui disent
01:38on ne peut pas reprocher à Vladimir Poutine de violer le droit international
01:42et ne pas respecter le droit international nous-mêmes.
01:45Et puis il y a ceux qui disent, au contraire, on est complètement naïfs de se poser des limites
01:49alors que Vladimir Poutine ne s'en pose aucune.
01:52Et les députés, ils disent quoi ?
01:53C'est là que ça devient intéressant.
01:54Parti socialiste, écologiste, mais aussi, première surprise,
01:57des membres du socle commun, comme le parti horizon d'Edouard Philippe
02:00ou quelques députés Renaissance, dont Gabriel Attal, sont pour,
02:04avant de faire payer les Français à les Européens, faisons payer les Russes,
02:07dit Gabriel Attal, par exemple.
02:09Deuxième surprise, les Insoumis, en revanche, n'ont pas arrêté de position de vote,
02:12mais ils n'y sont pas favorables.
02:14Ce n'est pas raisonnable, à la fin c'est notre système financier qui va être déstabilisé,
02:18a sagement expliqué Manuel Bompard, qui parle désormais comme Éric Lombard.
02:22Voir les Insoumis au secours de la stabilité financière, ça fait doucement rigoler.
02:26Ils sont toujours prêts à faire les poches de Bernard Arnault,
02:28mais pour faire les poches de Vladimir Poutine et de ses amis, là, il n'y a plus personne.
02:32Même prudence au Rassemblement national, où on explique qu'on ne votera pas la résolution
02:36parce que le texte soutient par ailleurs l'entrée de l'Ukraine dans l'Union Européenne.
02:40La bonne excuse.
02:41Courage fuyant.
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