Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 ans
Les Vraies Voix Citoyennes avec Gabrielle Halpern, marraine des Journées nationales de l’agriculture et auteure de "Créer des ponts entre les mondes, une philosophe sur le terrain" publié chez Fayard ; Pierre Oteiza, éleveur, producteur et artisan charcutier ; Sarah Ausseil, présidente de ProNaturA France sur la préservation des races anciennes ; Aurore Médieu, responsable Transition écologique d'ESS France, la chambre représentative de l’économie sociale et solidaire (ESS) ; Clarissa Barthoulot, meilleure apprentie d’Ile-de-France en boucherie, qui concourt pour devenir Meilleure apprentie de France ; Véronique Langlais, présidente du Syndicat des Bouchers de France.


---
Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry

———————————————————————

▶️ Suivez le direct : https://www.dailymotion.com/video/x75yzts
🎧 Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/

———————————————————————

🔴 Nous suivre sur les réseaux sociaux 🔴

▪️ Facebook : https://www.facebook.com/SudRadioOfficiel
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr

##LES_VRAIES_VOIX_CITOYENNES-2025-02-24##

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Les Vraies Voix Sud Radio, 17h-20h, Philippe David.
00:05Bienvenue dans Les Vraies Voix Citoyennes, pas d'Aurélie Gros, pas de Stéphane Pelé,
00:10mais un plateau de tout premier choix pour une émission spéciale agriculture,
00:15puisque le Salon de l'agriculture a commencé ce week-end, il durera jusqu'au week-end prochain.
00:19On aura d'ailleurs le plaisir d'y être avec Cécile de Médibus et Les Vraies Voix, jeudi de 17h à 20h,
00:25sur le stand des Vignerons indépendants, hall 2.3, stand B061,
00:30les Vignerons indépendants, parfait pour joindre l'utile et l'agréable,
00:33et c'est d'agriculture que nous allons parler ce soir avec des profils aussi atypiques que différents.
00:39Avec nous, Gabriel Alperne, philosophe qui a été choisi comme marraine des Journées nationales de l'agriculture,
00:46auteur des livres « Créer des ponts entre les mondes »,
00:48« Une philosophe sur le terrain » publié chez Fayard,
00:51également un autre livre qui nous inspirait particulièrement pour ce soir,
00:55« Philosopher et cuisiner », un mélange exquis publié aux éditions de l'Aube, bonsoir.
01:01On a avec nous Clarissa Bartoulot, meilleure apprentie d'Île-de-France en boucherie,
01:06qui concourt pour devenir meilleure apprentie de France,
01:09et qui a gagné hier le concours Interbef des apprentis bouchers, bravo et bonsoir.
01:15Bonsoir, merci beaucoup.
01:16Avec elle, quelqu'un qu'on connaît très bien sur Sud Radio,
01:20Véronique Langlais, présidente du syndicat des bouchers de Paris,
01:23et qui a une certaine Clarissa Bartoulot comme apprentie, bonsoir.
01:27Là, vous avez recruté Ronaldo, le Messiaen, ou Antoine Dupont, pour ceux qui aiment le rugby.
01:35Piero Taïtza, éleveur, producteur et artisan charcutier qui a ressuscité le port Kintoa en Guéthorie.
01:42Et vous, je vais le faire en Basque.
01:44Oror Médieux, responsable transition écologique d'ESS-France, ESS c'est Économie, Sociale et Solidaire, bonsoir.
01:54Et enfin, Sarah Osseille, présidente de Pro Natura France, on va notamment parler de la préservation des races anciennes, bonsoir.
02:03Parlez bien près du micro, vous pouvez le tirer vers vous, allez-y, c'est mobile, il n'y a aucun problème.
02:09Comme ça, on vous entendra parfaitement bien.
02:11Allez, Gabrielle Halpern, vous avez été choisie comme Marraine des Journées Nationales, comment ?
02:16Ah oui, musique.
02:17Les vraies voix sud-radio.
02:18L'auteur qui fait honneur à la ruralité, je sais que Piero Taïtza le connaît bien, c'est notre ami David Olaytsola.
02:24Gabrielle qu'on embrasse, Gabrielle Halpern, vous avez été choisie comme Marraine des Journées Nationales de l'agriculture
02:30qui se tiendront dans toute la France du 6 au 9 juin.
02:33Comment avez-vous été choisie et en quoi est-ce que consistent ces journées ?
02:37Alors, on pourrait effectivement s'étonner d'avoir choisi une philosophe pour être Marraine de ces Journées Nationales de l'agriculture
02:44mais pour le coup, je pense que les philosophes s'intéressent depuis toujours à l'être humain
02:47et donc forcément, ils ont compris assez vite le rôle et l'importance de l'agriculture pour notre humanité.
02:53D'ailleurs, la philosophe Hannah Arendt disait que l'agriculture, ça n'est pas seulement le plus ancien métier du monde
02:58mais c'est aussi le plus sacré.
03:00Un mot magnifique.
03:02Exactement, c'est le plus sacré.
03:04Alors, en quoi consistent ces Journées Nationales de l'agriculture ?
03:07Elles auront lieu du 6 au 9 juin dans toute la France
03:10et l'idée, c'est que c'est un peu journée porteuse ouverte.
03:12C'est-à-dire que là, en ce moment, c'est le salon de l'agriculture, on peut dire que l'agriculture monte à la capitale
03:17mais là, l'idée, c'est que justement, les Journées Nationales de l'agriculture,
03:20ce sont tous les Français qui vont pouvoir aller voir un peu les différentes exploitations agricoles
03:24pour pouvoir comprendre comment fonctionne l'agriculture.
03:27Le thème 2025 de ces Journées Nationales de l'agriculture, ce sera mieux comprendre l'agriculture
03:32pour pouvoir mieux consommer.
03:34Et pour le coup, il y a urgence.
03:35Une récente étude a montré qu'un certain nombre de jeunes Français
03:38avaient du mal à distinguer entre les concombres et les courgettes.
03:41Donc, pour le coup, il y a un véritable effort de pédagogie à mener.
03:44Alors, vaste programme. Vous allez être notre invité.
03:46File rouge avec nous, Clarissa Barthouleau, meilleure apprentie d'Île-de-France
03:50et qui a gagné le concours Interbev hier, des meilleurs apprentis au Salon de l'agriculture.
03:56Et Véronique Langlais, qu'on connaît très bien sur Sud Radio, présidente des Bouchers de Paris.
04:01C'est donc votre apprentie. Alors, on va commencer avec vous, Véronique Langlais.
04:05On vous avait reçue avec Clarissa lors des vraies Voix de l'Emploi avec Cécile de Ménibus
04:10le 16 janvier 2024 pour parler des métiers de boucher et de l'apprentissage.
04:15Que de chemin parcouru depuis ?
04:17Et que de fierté surtout.
04:19Et ces visages rebondissent sur votre mot du sacré,
04:23parce que c'est le mot que j'emploie pour parler de notre métier.
04:26Je trouve que c'est quelque chose qui est proche du sacré
04:29parce qu'on part d'un animal que nous respectons particulièrement
04:34et qui va nous nourrir, que nous préparons.
04:39Et je parle souvent de sacré, donc c'est assez rigolo de rebondir là-dessus.
04:43Clarissa, championne d'Ile-de-France,
04:47vous gagnez le concours Interbev au Salon de l'agriculture
04:50où il y a des dizaines de milliers de personnes qui vont chaque année.
04:55Vous y attendiez, pour vous c'est un rêve.
04:57Comment ça se passe dans votre tête ?
05:00J'aime beaucoup participer au concours.
05:02Chaque concours gagné, c'est une fierté.
05:07C'est super.
05:09Alors, je vais vous faire une confidence sur votre patronne.
05:12Vous permettez.
05:13Il y a beaucoup de monde qui nous écoute.
05:15Vous pouvez réagir à les autres invités.
05:17On se suit avec Véronique sur les réseaux sociaux
05:21et elle met toujours des photos de découpe, je ne sais pas,
05:24de bavette de flanchet sur une vache limousine,
05:26de côte d'agneau sur un agneau de cisteron.
05:29Elle vous met beaucoup en valeur.
05:32Et je me dis que vous êtes une artiste.
05:36Si je vous dis ça, vous rougissez, vous dites qu'il est fou.
05:39Qu'est-ce que vous répondez ?
05:41Non, ça me fait plaisir.
05:43Je travaille la viande dans le respect.
05:47J'essaie de faire des jolies pièces, d'avoir un beau résultat.
05:53Quand on voit, parce que sur les réseaux sociaux, c'est magnifique.
05:55Et ça vous est venu comment, la volonté de travailler,
05:58de faire ce merveilleux métier de boucher ?
06:00C'est venu par hasard.
06:01Moi, à la base, je voulais faire les beaux-arts.
06:04Ah oui, ce n'est pas la même chose.
06:05Du coup, c'est venu par hasard.
06:07Un jour, on m'a proposé un emploi en boucherie, en tant que vendeuse.
06:14Et j'étais assez ouverte dans le monde du travail.
06:17Du coup, ça ne m'a pas dérangée.
06:19J'ai commencé à travailler.
06:21J'ai travaillé pendant six mois.
06:24Et ça m'a beaucoup plu de travailler la viande.
06:26Après, je suis très manuelle.
06:29Du coup, ça m'a plu.
06:31Et j'ai commencé à CAP.
06:34Génial.
06:35Gabrielle Alperne vous pose une question.
06:37Une question et plus peut-être une remarque.
06:39C'est intéressant.
06:40Vous disiez que vous étiez intéressée au départ par les beaux-arts.
06:42Et finalement, ça fait un rebond par rapport à ce que vous avez dit au début.
06:46Le lien avec l'art.
06:47Parce que finalement, dans votre travail, c'est vraiment aussi le sens du beau.
06:50Et préparer de jolies pièces.
06:52Donc finalement, vous avez hybridé les mondes, si j'ose dire.
06:54Justement, entre l'art et la boucherie.
06:57Donc, c'est magnifique.
06:59Ça m'aide énormément avec la déco.
07:01Pour les concours, on décore énormément les pièces avec des légumes et tout ça.
07:05Du coup, au niveau des couleurs, des formes.
07:10Rendre le morceau joli, ça m'aide beaucoup.
07:13Du coup, j'ai beaucoup d'inspiration.
07:15Et elle dessine beaucoup.
07:16Elle est très douée en dessin.
07:17C'est magnifique.
07:18Sarah Hossein, vous vous posez une question.
07:20Est-ce que vous intervenez dans les établissements scolaires pour faire connaître votre travail ?
07:25Parce qu'il y a plein de jeunes qui ne savent pas quoi faire.
07:27Ça pourrait être intéressant.
07:28Non, je n'ai jamais fait.
07:30Mais ça ne me dérangerait pas du tout de le faire.
07:32Au contraire, ça me ferait plaisir.
07:33En plus, votre patron est une commerciale hors pair.
07:35Vous y allez en duo.
07:36Ce n'est pas Ronaldo, c'est Messi et Ronaldo.
07:40On va organiser un podcast pour intéresser les jeunes à notre métier.
07:47On va faire un duo, toutes les deux.
07:51Pour montrer aussi que les femmes ont accès à ce métier et peuvent s'épanouir dans ce métier.
07:55Pierre Antaïssa, le charcutier, veut parler au boucher.
07:59Je le reconnaissais très bien.
08:02Avant tout, mon premier métier est boucher.
08:05Oui, en argot parisien.
08:07J'ai travaillé cinq ans à Paris.
08:09C'est un métier que j'ai adoré.
08:12Une bête travaillée par dix bouchers différents, on aura dix résultats.
08:21C'est vraiment l'art de découpe.
08:25Après, c'est sûr que la déco qui vient dessus, c'est magnifique.
08:28Mais c'est vrai que c'est un métier super.
08:31Bravo.
08:33Clarissa, voulait répondre quoi à Pierre Antaïssa ?
08:36C'est surtout aussi un modèle, un exemple.
08:39Un exemple dans son métier.
08:41Je te retourne le compliment, Pierre.
08:45Quand je vais voir ces jambons, ces petits cochons, c'est exceptionnel.
08:49Aux aldudes, dans la montagne basque.
08:52Je ne sais pas qui dit la raison, on dit quoi ?
08:55Aldude.
08:57Moi, je dis aldudes.
08:59Mais c'est pareil.
09:01Je ne savais pas que tu avais pratiqué notre métier.
09:04C'est exactement vrai.
09:06Quand on travaille la viande, c'est comme quand on fait affiner un fromage.
09:09On n'aura jamais le même résultat.
09:11Gabrielle veut poser une question ?
09:13Pour pouvoir rebondir, c'est aussi à ça que sert le Salon de l'agriculture.
09:18C'est aussi montrer toute la diversité des métiers.
09:21Et donner envie aux jeunes générations de s'y intéresser.
09:24Il y a un vrai sujet aujourd'hui de renouvellement des générations.
09:27Dans les exploitations pour les agriculteurs, mais aussi dans plein de métiers différents.
09:32Éveiller la passion des jeunes, ça va être un véritable enjeu des prochaines années.
09:37On arrive, comme vous, éleveur charcutier, à recruter des jeunes aussi géniaux que Larissa ?
09:46Oui, c'est rare.
09:49Ça arrive parce qu'il y a trois ans, j'ai une japonaise qui était décoratrice intérieure à Tokyo.
10:00Et qui rentrait à la maison un jour, je vais me faire charcutier.
10:06C'est pas vrai. Elle parlait français ?
10:08Non.
10:09Et pas masque non plus, je parie.
10:11Non, mais maintenant, elle arrive à comprendre.
10:14Ah oui ?
10:15Oui.
10:16Et elle est devenue charcutière ?
10:17Elle est devenue à Bordeaux, elle a fait le CAP de charcutière.
10:20Elle a passé trois ans avec nous.
10:22Elle a rejoint son pays.
10:25Et elle s'est installée là.
10:28Vraiment...
10:30C'est extraordinaire.
10:31...du bonheur.
10:33Je vais vous poser une question.
10:34Vu le succès que vous avez, ça ne se fait pas à une femme, mais vous avez quel âge, Larissa ?
10:39J'ai 20 ans.
10:4020 ans.
10:41Vous dites, mais maintenant, je vais peut-être finir un jour comme un beau cuse pour la cuisine.
10:45Quelque chose comme ça, ça doit être fabuleux.
10:47Et vous diriez, tiens, avec Ludovic et Véronique,
10:50parce que c'est pas un secret d'État que votre mari s'appelle Ludovic.
10:53Ma chère Véronique, je le connais bien, on l'embrasse d'ailleurs.
10:56Vous dites, là, j'étais à bonne école et je vais faire quelque chose d'encore plus génial après.
11:00Oui, j'aimerais bien.
11:02Et comment est-ce qu'on vous accueille au Salon de l'Agriculture ?
11:04Parce que vous êtes très jeune, 20 ans.
11:06On vient vous voir en se demandant des selfies, ça commence ?
11:11Peut-être quelques personnes, mais pas énormément.
11:15Ne vous inquiétez pas, ça va venir.
11:19Alors, le retour, je veux pas qu'elle ait trop la tête qui explose,
11:23mais le retour, c'est aujourd'hui, on avait un concours inter-région
11:27qui était organisé par la Confédération.
11:29La Bretagne a gagné d'ailleurs.
11:31Et j'avais des meilleurs ouvriers de France.
11:33C'est quand même le Graal.
11:35Qui venaient me voir en me disant,
11:37la petite Clarissa, on aimerait bien la voir, la former, la faire progresser.
11:42C'est rare d'avoir un cheval comme ça.
11:44Et pourtant, vous n'êtes pas Boucherie Chevaline, faut le rappeler.
11:47Pas encore.
11:48Donc inutile de vous dire que quand on entend des personnes avec ce profil-là
11:52qui sont quand même pour nous des élites,
11:54on est ravi et on se dit qu'elle est qu'au début, en fait.
11:57Magnifique.
11:58Bravo, Clarissa, pour ces deux titres à sa vérité d'applaudissements.
12:03Vous restez avec nous pour cette émission spéciale
12:06des vraies voix sur l'agriculture.
12:08Et on va prendre la direction du Pays Basque.
12:10On a appris qu'il a travaillé à Paris,
12:12mais il n'a pas franchement pris l'accent.
12:14On va en parler avec Piero Tejta.
12:17Sud Radio.
12:18Parlons vrai.
12:19Parlons vrai.
12:20Sud Radio.
12:21Les vraies voix Sud Radio.
12:2317h-20h.
12:24Philippe David.
12:25Les ailes en Basque.
12:27On a mis cette chanson basque,
12:29parce que comme vous êtes basques,
12:30il fallait quand même marquer le coup de cette magnifique chanson basque.
12:33Édition spéciale.
12:34Émission spéciale.
12:35On a nos invités avec nous.
12:37On a toujours Gabriel Alperne,
12:39qui va être ma reine des journées nationales de l'agriculture,
12:42qui se tiendront dans toute la France du 6 et 9 juin.
12:45On a également avec nous Clarissa Barthelot.
12:48Madame la championne, on va l'appeler comme ça.
12:51Et Véronique Langlais, présidente du syndicat des bouchers de Paris.
12:54Aurore Médieux, responsable transition écologique de SS France.
12:58Et Sarah Ossaye, présidente de Pro Natura France.
13:01Gabriel Alperne, vous avez écrit une tribune dans La Tribune,
13:05salle Saint-Vendredi Pas, dans laquelle vous écrivez
13:07« Combien d'enfants pensent-ils que les carottes poussent dans les placards ? »
13:10Il suffit de se rendre au salon de l'agriculture pour le constater chaque année.
13:14Y a-t-il vraiment une si grande ignorance du monde agricole par les citadins ?
13:18Moi, à chaque fois que je vais au salon de l'agriculture,
13:22j'ai vraiment le sentiment que si il n'y avait pas ce salon tous les ans,
13:25il y a beaucoup d'enfants, effectivement, beaucoup de gens
13:28qui ne verraient pas une vraie vache de leur vie.
13:30Il y a une terrible méconnaissance, une forme d'ignorance aussi,
13:35une sorte de gouffre presque qui s'est creusée
13:38entre le monde de l'agriculture et le reste de la société.
13:41Et donc, pour le coup, il est important, il est urgent,
13:43c'est tout le sens de mon travail, de recréer des ponts entre les mondes.
13:46C'est ce que je disais tout à l'heure, une étude l'an dernier est sortie
13:49pour montrer qu'un certain nombre de petits jeunes français
13:52ont du mal à distinguer entre un concombre et une courgette.
13:54Pour le coup, effectivement, il y a vraiment l'urgence.
13:56Par exemple, je milite pour que le fameux stage de troisième,
13:59qui est tellement difficile d'ailleurs à trouver pour certains enfants,
14:02pour certains adolescents, puisse se faire justement dans des exploitations agricoles.
14:06L'idée, c'est vraiment de, qu'est-ce que l'on peut imaginer
14:09pour pouvoir recréer du lien entre l'agriculture et le reste de la société ?
14:13Justement, Pierre Roteitsa, vous êtes fils d'agriculteur,
14:16éleveur, producteur et artisan charcutier au Pays Basque.
14:20Est-ce que l'agriculture, c'est pas, vous parlez des aldudes
14:23ou des aldudesses, pour faire du ironique l'anglais.
14:26Est-ce que l'agriculture, c'est pas le symbole absolu
14:29de l'enracinement d'un territoire et d'un terroir ?
14:32C'est sûr qu'élever, transformer et commercialiser,
14:37tout est autour du terroir puisque c'est notre vie.
14:41On a un métier de la fourchette à la fourchette
14:44et qui est lié automatiquement à notre région
14:49puisque en France, c'est sûr qu'il y a six races rustiques comme ça.
14:53De porc ?
14:54De porc, pardon, de porc.
14:56Et chaque filière a son histoire due à son climat, sa région et ça c'est important.
15:04Alors, vous êtes un vrai Basque, c'est pour ça qu'on a mis Egoac pour commencer comme chanson.
15:09Vous avez ressuscité une race de porc qui s'appelle le porc,
15:13qui s'appelle le porc intorno, on l'appelle le tête et cul noir
15:15parce qu'il a la tête et le derrière qui sont noirs et le milieu qui est rose.
15:18Comment vous avez fait ?
15:19Le porc basque, c'est le porc de race basque.
15:23Je l'ai découvert au salon de l'agriculture un matin à 6h du matin avant d'ouvrir le stand.
15:28Je faisais le petit tour et un cochon noir et blanc,
15:32porc basque, jamais vu, jamais entendu parler.
15:34C'est ça.
15:35Et c'est vrai qu'il y a deux siècles, il n'y avait que du porc basque dans les Pyrénées jusqu'à Bagnères
15:43et après c'était le porc gascon.
15:45Le noir donc.
15:46Le noir, oui.
15:47Et après la guerre, les nouvelles races sont arrivées qui poussaient beaucoup plus vite,
15:51moins de persillées et il fallait nourrir la France.
15:56Et bon, c'est l'histoire.
15:57Ça c'est un exemple.
15:58Notre exemple.
15:59Mais il y en a des milliers dans tous les domaines.
16:03Fruits, légumes, d'autres espèces qu'on peut retrouver.
16:07C'est une race de porc exceptionnelle le quintoa.
16:09Oui, le quintoa, le porc noir, le porc de bailleux.
16:14Et c'est vrai que pour des raisons de productivité, on a voulu nourrir rapidement.
16:20Mais on n'avait pas le choix.
16:21Il fallait.
16:22Et du coup, on a utilisé le duroc.
16:24Mais ça, ça fait partie aussi des spécificités du territoire, de ses richesses.
16:28Et puis, on se retrouve vraiment au Pays basque, derrière une bonne côte de cochon,
16:35un bon petit canon et on est heureux.
16:40C'est pas ça, c'est le mode de vie du sud-ouest avec un canon.
16:44Alors, l'abus d'alcool est dangereux pour la santé à consommer avec modération.
16:47C'est pour l'ARCOM.
16:48C'est fabuleux, non ?
16:49C'est pas mal, oui.
16:51C'est le paradis.
16:52C'est supportable.
16:53Vous voulez réagir aux hors-médiaux ?
16:54Oui, je voulais vous demander.
16:55Alors, j'imagine au niveau local, c'est facile de valoriser des races ancestrelles
16:59que vous remettez.
17:00Mais comment vous arrivez, puisqu'on parlait de sensibilisation des gens au goût aussi,
17:04puisque c'est retrouver un lien à sa nourriture.
17:06Et comment vous arrivez à donner de la valeur à ces spécificités régionales
17:11de manière un petit peu plus élargie ?
17:13La valeur, aujourd'hui, on a fait beaucoup de salons,
17:18justement dans le salon de l'agriculture.
17:20Avec toujours un très gros stand pour Piero Teiza, beaucoup de monde ?
17:23Un petit peu.
17:25Je sais, j'y suis déjà passé.
17:27N'est-ce pas Véronique ?
17:28Voilà, voilà.
17:29Pour votre modestie.
17:30Je savais qu'il y en avait un qui chantait.
17:31Je ne le voyais pas, mais il était au fond.
17:34Et sans micro.
17:38Et après, c'est vrai qu'aujourd'hui, en entreprise, on commercialise 62%.
17:44C'est du direct.
17:45On a 9 boutiques.
17:47Le site internet qui est devenu la première boutique.
17:50Ensuite, on fait 20%.
17:52C'est des bouchers, des fromagers, des restaurants.
17:56Et on fait 20% à l'export avec 26 pays, dont le premier, Japon.
18:02Extraordinaire.
18:03Gabrielle Alperne.
18:04Effectivement, ça a été dit.
18:06On voit que derrière, il y a aussi toute une entité, un terroir qui sont effectivement intéressants.
18:11Et qui, là aussi, permettent de pouvoir lever un certain nombre de préjugés.
18:15C'est une phrase du philosophe Nietzsche qui dit que tous les préjugés viennent des intestins.
18:23C'est intéressant.
18:24Il y a une manière, évidemment, de comprendre cette phrase.
18:26Mais c'est là où on voit la dimension civique de l'alimentation,
18:28la dimension civique de l'agriculture.
18:30Et finalement, donner à voir d'autres formes de nourriture,
18:33derrière lesquelles il y a aussi un terroir, une identité, des territoires, des huées coutumes.
18:38C'est aussi donner à voir, peut-être, une autre manière de penser les choses.
18:42Et donc de sortir un peu les gens de leurs préjugés.
18:45Pour moi, il y a vraiment une dimension civique, finalement, de ce que vous faites.
18:48Pierre Oteysa.
18:50C'est vrai qu'il y a une dimension civique dans ce que vous faites.
18:52Oui.
18:53Au Pays-Bas, c'est vrai que c'est une petite région.
18:55Mais on a la chance d'avoir 5 AOP.
18:58Et une AOP, c'est un produit...
19:01Appellation d'origine protégée, pour les éditeurs.
19:03Oui, pardon.
19:04Qui est ancrée dans le pays.
19:07Puisqu'il faut une race, il faut une alimentation,
19:11il faut le lien au terroir, des recettes.
19:14Et ensuite, un produit qui, quand on le goûte, on s'en souvient.
19:18Sarah Osei, qui est très, avec son association, impliquée
19:21pour défendre les espèces qui sont en danger.
19:24Vous voyez, Pierre Oteysa, vous dites fabuleux.
19:26Complètement, je voulais rebondir.
19:28Parce que Pierre Oteysa, heureusement, il y a énormément de Pierre Oteysa.
19:32Moi, je vous donne un exemple sur la chèvre du Massif Central.
19:35On a une dame, Madame Ronzon.
19:37Elle a trois espèces.
19:39Elle a aussi le mouton des Aravis.
19:42Il n'y a plus que 100 spécimens en France.
19:44Elle a 10% du cheptel.
19:46C'est grâce à des gens comme ça qu'on a des espèces qui restent.
19:48Et là, je reviens sur la boucherie.
19:50Ce sont des espèces qu'on a disparues.
19:52Parce qu'il y a eu trop de croisements, à un moment donné.
19:54Et on a perdu l'originel.
19:56C'est ce que vous avez fait.
19:57Et nous, ce qui est extraordinaire, on le voit à Brunatoira tous les jours.
19:59Il y a des gens qui vont aller se donner du mal
20:01pour aller récupérer des espèces qui sont éteintes et les ressusciter.
20:04Je vous donne un exemple avec les poules.
20:06En 1970, il y a 23 races de poules qui ont disparu.
20:10Et c'est parce qu'il y avait des passionnés qui sont allés chercher
20:12des œufs de coucou de reine à droite.
20:14Et c'est comme ça qu'on arrive à maintenir des espèces
20:16grâce à des passionnés qui font ça en amateurs.
20:19C'est des gens qui n'ont pas d'argent, qui ne sont pas payés
20:21et qui vont se donner un mal de chien pour dévouer leur vie à une espèce.
20:24Et c'est merveilleux, bravo à eux.
20:26C'est assez extraordinaire ça, non ?
20:27Pyrotechnique, c'est un bel hommage de Sarah Hosei.
20:29Je vous ai faux-killed toi.
20:31Mais la question qui se pose, vous qui êtes bouchère,
20:33présidente du syndicat des bouchers, on ne va pas se raconter d'histoire.
20:36Je connais mieux, pas trop mal, le bœuf, un peu moins bien le cochon.
20:39Mais chez les bouchers, race à viande, on a quoi ?
20:41Blonde d'Aquitaine, Limousine, Saler, Sobraque en général.
20:44Dans le sud-ouest, on a de la Gascogne des Pyrénées.
20:46J'allais le dire.
20:47Exactement.
20:48De la Normande.
20:49De la Normande, c'est ça, mais qui est une race mixte,
20:51mais qui est excellente en viande, on est d'accord.
20:53Mais il y a des petits cheptels qui ont quasiment disparu, non ?
20:56Des petites espèces.
20:57Dans le bovin, oui, mais même dans la volaille,
20:59parce que moi je me souviens, ça fait 31 ans que j'exerce,
21:01à mon compte,
21:03on vendait de la coucou de Reine,
21:05on vendait de la géline de Touraine,
21:07du poulet de houdon, et toutes ces races...
21:09De houdon dans les Yvelines ?
21:10Oui.
21:11Et toutes ces races n'ont pas disparu
21:14parce qu'il y a toujours des fervents défenseurs,
21:16mais pour les commercialiser,
21:18c'est quasiment impossible,
21:20et quand on arrive à en avoir,
21:22c'est comme si on avait un trésor, en fait.
21:24Et ça, c'est dommage, parce que même les particularités gustatives,
21:27ça n'a rien à voir.
21:29Elles sont toutes en perte de vitesse,
21:31s'il n'y a qu'une race de poules qui n'est pas menacée,
21:33c'est la volaille de Bresse, c'est tout.
21:35Toutes les autres, on est en dessous de 40.
21:37Il faut se battre aussi.
21:39Et qu'il y ait qu'une AOP, la volaille de Bresse,
21:41c'est pour ça que là...
21:43Les autres, c'est pas des AOP,
21:44c'est moins de 40 sujets, on estime, pardon Pierre.
21:46Et la poule du Bourbonnet aussi, a priori, est protégée.
21:48Oui, les deux autres AOP.
21:50Le poulet du Bourbonnet,
21:52mais c'est pas le même cahier des charges que le poulet de Bresse.
21:54D'accord.
21:56Vous avez développé le porc intoile
21:58avec une centaine d'espèces.
22:0025.
22:02Aujourd'hui, il y en a combien ?
22:04Aujourd'hui, on a 8000 bêtes, à peu près, en élevage.
22:06Sur une zone délimitée précise,
22:08comme c'est une AOP ?
22:10Oui, c'est le Pays Basse, Berne,
22:12on a 5 communes dans les Landes.
22:14Ah oui, donc c'est vraiment...
22:16Et vous êtes combien d'éleveurs ?
22:18On est 89 éleveurs aujourd'hui,
22:2025 producteurs fermiers,
22:22et 5 artisans
22:24à travailler le quinto.
22:26Dans artisan, il y a artiste.
22:28Est-ce que vous n'êtes pas, vous aussi,
22:30un peu comme Clarissa et Véronique, un artiste ?
22:32Oui.
22:34Oui, artiste, mais...
22:36peut-être pas médaillé encore.
22:38Mais ça, c'est un sacré hommage,
22:40Clarissa, quand même.
22:42Pierre Oteitsa qui vous dit ça,
22:44c'est Federer qui vous dit
22:46tu joues pas mal au tennis, quoi.
22:48C'est ça.
22:50Non, vous n'êtes pas d'accord ?
22:52Si, si, ça me fait plaisir, merci.
22:54Surtout que Pierre est en or, déjà.
22:56Ah oui, Pierre, il est déjà multi-médaillé, quand même.
22:58Non ?
23:00C'est de l'or, déjà.
23:02Et vous vendez maintenant dans 26 pays ?
23:0426 pays, oui.
23:06Europe, bien sûr.
23:08Le Canada, les Etats-Unis,
23:10San Francisco.
23:12Voilà, un petit peu les...
23:14Magnifique, bravo.
23:16On continue cette émission passionnante
23:18avec un plateau génial.
23:20On va parler du foncier pour les agriculteurs
23:22et de la formation pour devenir
23:24agriculteur de vrai sujet.
23:26On sera en compagnie d'Aurore Médiot, responsable
23:28Transition écologique
23:30chez ESS France, l'économie sociale
23:32et solidaire.
23:34Sud Radio, parlons vrai.
23:36Sud Radio, parlons vrai.
23:38Les vraies voix Sud Radio,
23:4017h20, Philippe David.
23:42Une chanson de David Dolaïde, celle-là, qui raconte
23:44l'héritage d'un agriculteur
23:46canne à la main avec son chien assis au bord du ruisseau.
23:48On parle agriculture ce soir
23:50avec notre marraine de la soirée,
23:52puisqu'elle va être la marraine des journées nationales
23:54de l'agriculture du 6 au 9 juin,
23:56la philosophe Gabrielle Halpern,
23:58auteure de Créer des ponts entre les mondes,
24:00publiée chez Fayard.
24:02C'est un livre très intéressant,
24:04philosophé et cuisiné, un mélange exquis.
24:06Il faudra nous faire goûter votre cuisine,
24:08comme on adore votre philosophie.
24:10C'est un message subliminal, ma chère Gabrielle.
24:12Alors Gabrielle,
24:14dans la tribune,
24:16vous écrivez en parlant des agriculteurs
24:18« Le véritable
24:20courage politique exigerait
24:22de redonner au travail la valeur
24:24qu'il mérite, et permettre
24:26à tout un chacun de pouvoir en vivre dignement.
24:28Est-ce que l'agriculture,
24:30c'est un secteur d'activité capitalistique
24:32comme les autres ? »
24:34Je critique
24:36cette notion de secteur. On ne peut pas considérer
24:38l'agriculture comme un secteur comme un autre.
24:40Ce n'est pas
24:42l'automobile.
24:44L'agriculture ne peut pas être considérée comme un secteur
24:46comme un autre. L'agriculture a un rôle tel
24:48dans notre vie
24:50qu'on ne peut pas la considérer en tant que tel.
24:52En plus, effectivement, je critique
24:54en tout cas ce marketing politique
24:56qui est fait autour de cette notion de pouvoir d'achat
24:58où on dit qu'il faudrait
25:00tellement tirer les prix vers le bas
25:02dans une forme
25:04un peu de populisme.
25:06En faisant ça, c'est comme si on disait
25:08que le travail n'avait pas de valeur,
25:10que la nourriture n'avait pas de valeur.
25:12Je dénonce ce marketing
25:14politique autour de cette notion
25:16de pouvoir d'achat.
25:18Est-ce que je peux me permettre de rebondir
25:20par rapport à ce qui a été précédemment dit ?
25:22C'est intéressant parce qu'on voit
25:24toute la diversité qu'il y a en matière
25:26dans les différentes races, les différentes espèces
25:28d'animaux. Et c'est terrible parce que
25:30je trouve que cette richesse extraordinaire
25:32en termes de diversité,
25:34face à ça, c'est quoi ?
25:36C'est l'uniformité, l'uniformisation
25:38de l'alimentation. C'est ce que j'écrivais
25:40dans cette tribune publiée
25:42le week-end dernier. Effectivement,
25:44lors des matchs dans les stades
25:46au cinéma, on va manger du pop-corn,
25:48des hot-dogs, des burgers,
25:50où est passé le made in France ? Dans les cantines,
25:52finalement, un élève de CP à Lille
25:54ou à Marseille, à la cantine, il va à peu près
25:56manger la même chose. Comme si il y avait une sorte d'uniformisation
25:58de l'alimentation. Et c'est terrible
26:00parce qu'on perd toute cette diversité-là.
26:02L'éducation et la rééducation au goût,
26:04là, pour le coup, ça va être un véritable enjeu
26:06de société. Et pour moi, ça nécessite une véritable
26:08politique publique, hybride,
26:10justement, prenant en compte tous ces différents
26:12enjeux. Un mot rapidement avant de parler ?
26:14Je veux juste dire qu'on en perd son identité, en fait.
26:16C'est vrai ? Parce que c'est notre identité.
26:18Faro, c'est un mot aussi ? Oui, parce que je suis enseignante
26:20et donc je rebondis sur ce que vous dites,
26:22et vous avez raison. Les enfants, quand vous leur demandez
26:24ce que c'est qu'un poisson, nous on a les poissons aussi,
26:26ils vous montrent le carré de l'induce.
26:28Et quand vous parlez de reproduction
26:30en classe, ils vous disent, mais madame, les oiseaux,
26:32ils font comment ? On a envie de dire, ben c'est comme
26:34papa et maman, vous voyez ?
26:36C'est presque.
26:38Pas presque !
26:40On est avec Aurore Medieu,
26:42responsable transition écologique
26:44chez ESS France, l'économie sociale
26:46et solidaire. Alors tout d'abord,
26:48qu'est-ce que l'ESS, l'économie sociale et solidaire
26:50et quels liens avec l'agriculture ?
26:52Oui, merci. Alors, l'ESS,
26:54c'est une forme d'entreprendre
26:56qui a été définie par une loi spécifique, et en fait
26:58ça inclut toutes les associations, toutes les coopératives,
27:00toutes les mutuelles, les fondations,
27:02les fonds de dotation en France.
27:04Donc on est, voire représentative, en étant
27:06ESS France, de toutes ces structures. Du coup,
27:08quel est le lien avec l'agriculture ?
27:10En fait, de tout temps, l'agriculture s'est organisée de manière
27:12collective. Sur la question des débouchés
27:14pour les filières avec des coopératives spécifiques,
27:16dans le vin, dans la viande, dans un
27:18certain nombre de filières. Sur des questions
27:20de santé, avec des mutuelles de santé
27:22spécifiques. Sur les banques aussi, vous avez des
27:24banques qui se sont construites au service
27:26du développement de l'agriculture. Donc ça s'appelle
27:28des banques mutualistes ou coopératives
27:30qui sont dans l'ESS.
27:32Également sur les questions de mutualisation
27:34de matériel, je pense au CUMA, sur les coopératives
27:36d'utilisation de matériel agricole.
27:38Et puis aussi sur les questions
27:40d'accompagnement, de montée en compétences,
27:42de partage d'expériences
27:44et de savoir-faire entre agriculteurs
27:46et agricultrices. Vous connaissez
27:48peut-être les centres d'études techniques agricoles
27:50ou les groupements de
27:52développement agricole. Donc
27:54l'ESS, elle est
27:56très liée à l'agriculture. Il faut savoir que
27:58plus de 80% des agriculteurs sont
28:00aujourd'hui dans des coopératives. Donc relève
28:02de l'économie sociale et solidaire.
28:06Du coup, sur les questions, vous voulez qu'on aborde
28:08tout de suite les questions d'accès aux fonciers, peut-être ?
28:10– Bien sûr, oui, ça c'est quand même important, l'accès aux fonciers.
28:12Un agriculteur comme Pierre Octexa
28:14n'ira pas le contraire.
28:16– Oui, alors, ce qu'on voit aujourd'hui, c'est que
28:18il y a un vrai sujet
28:20pour, et accéder à des terres d'un point de vue
28:22financier, mais aussi pour pouvoir récupérer
28:24ces terres.
28:26Et donc vous avez certains porteurs de projets
28:28qui vont arriver et qui vont demander
28:30à ce qu'on appelle des initiatives foncières agricoles
28:32citoyennes, de pouvoir potentiellement
28:34mobiliser de l'épargne citoyenne pour pouvoir
28:36accéder à ces terres quand ces personnes n'ont pas réussi
28:38à mener leur projet à bien, toute seule
28:40ou tout seul. Donc ça c'est de l'ESS
28:42aussi, j'imagine que vous en connaissez,
28:44ça peut avoir des statuts associatifs, coopératifs
28:46ou même des fonds de dotation, qui permettent
28:48en fait de se dire, bah justement, je trouve que c'est
28:50un excellent outil de mobilisation
28:52citoyenne pour redonner du sens,
28:54refaire le lien entre les citoyens
28:56et les agriculteurs. C'est-à-dire,
28:58je mets une partie de mon épargne pour un projet
29:00qui a du sens dans mon territoire, pour
29:02qu'un agriculteur ou une agricultrice qui n'arrivait
29:04pas à s'installer seule, puisse le faire.
29:06– Ça vous semble une seule bonne idée, ça, Pierre Octexa,
29:08pour garder les agriculteurs locaux,
29:10non racinés. – C'est vrai que nous,
29:12on est un peu dans la vallée
29:14des Aldudes, au Pays bascois,
29:16on a beaucoup de jeunes qui reprennent
29:18les fermes. C'est vrai qu'on est,
29:20je pense, une des vallées
29:22la plus peuplée en jeunes agriculteurs d'Europe,
29:24par rapport à la densité bien sûr.
29:26Des jeunes qui reprennent
29:28la ferme des parents
29:30et c'est vrai que, par contre,
29:32il n'y a aucune ferme qui est en vente.
29:34C'est sûr que tout est repris,
29:36et on a cette chance.
29:38– Et il faut aussi les aider.
29:40Nous, on a travaillé avec des collectifs
29:42Ponte, dans un département que je ne nommerai pas.
29:44On avait 15 agriculteurs au départ
29:46avec des circuits courts d'œufs
29:48et on les a tellement embêtés qu'ils ont
29:50terminé les salmonelles, etc. avec des abattages
29:52systématiques des animaux qu'ils n'ont plus pas pu
29:54transmettre et on n'a plus qu'un.
29:56Et encore, je ne sais pas s'il est encore là.
29:58Donc il faut quand même faciliter un peu la vie aux agriculteurs.
30:00– Véronique Langlais,
30:02vous, vous travaillez avec beaucoup d'agriculteurs,
30:04des éleveurs, est-ce que vous constatez ça,
30:06le problème du pompier, de reprise ?
30:08– Ce que je constate, pardon,
30:10c'est la même problématique que dans l'artisanat,
30:12enfin dans notre métier.
30:14C'est l'âge de la majorité
30:16des chefs d'exploitation.
30:18A priori,
30:20il y a une majorité qui a plus de 50 ans.
30:22Donc la problématique
30:24va être la reprise
30:26ces 10 prochaines années.
30:28Est-ce qu'il y aura suffisamment de jeunes
30:30qui voudront reprendre, parce qu'il y a également
30:32les mêmes problèmes que chez nous, c'est-à-dire
30:34plus de normes, d'obligations, de contraintes
30:36qui font que ces jeunes
30:38ne veulent plus forcément
30:40avoir ce stress-là.
30:42Parce que c'est un stress aussi, c'est une charge mentale.
30:44– En plus. – Et c'est ça en fait aussi la problématique.
30:46– Gabrielle Perne.
30:48– Oui, et pour le coup, pour m'être entretenue
30:50avec pas mal de jeunes, notamment d'ailleurs de lycée à l'école,
30:52le vrai sujet justement de renouvellement
30:54des générations dont on parle peu,
30:56c'est aussi que les parents aussi apprennent
30:58enfin en tout cas
31:00à laisser leurs enfants
31:02avoir un certain nombre de marges de manœuvre.
31:04Et très souvent les parents disent
31:06toi mon fils, tu vas reprendre et tu vas faire exactement
31:08comme j'ai fait. Ben oui, mais non.
31:10Comment est-ce qu'on permet justement aux jeunes générations
31:12de pouvoir inventer aussi elles-mêmes leurs propres modèles
31:14au vu du contexte dans lequel
31:16elles vivent, avec les contraintes
31:18dans lesquelles elles vivent et qui sont très différentes
31:20effectivement du contexte de leurs parents
31:22ou de leurs grands-parents. Donc il y a aussi effectivement
31:24cette question générationnelle importante à raison d'eux.
31:26– Aurore Méliot, il y avait un autre sujet dont vous vouliez parler,
31:28c'était la formation notamment.
31:30C'est essentiel parce qu'on ne s'improvise pas
31:32agriculteur. Moi si
31:34Pierrot Teiza me met dans la charcuterie
31:36et me demande de faire du boudin
31:38ou que contrairement à Clarissa Véronique
31:40me demande de couper une bavette
31:42ou je ne sais pas une entrecôte, ça va être…
31:44– On va la tailler déjà.
31:46– Excellent, bravo.
31:48– Oui, en effet
31:50je trouve ça pavuleux quand on peut avoir
31:52une transmission dans la famille, néanmoins
31:54on peut, sans même parler des contraintes
31:56même se dire, on peut ne pas avoir envie de faire le même métier
31:58que ses parents, déjà de base.
32:00– Oui c'est vrai.
32:02– Et donc ça pose, et on l'a dans d'autres secteurs d'activité,
32:04on ne se dit jamais tout ce que font
32:06mes parents, si vous m'entendez.
32:08Et donc
32:10forcément ça pose la question
32:12du renouvellement quand on sait que plus de la moitié
32:14des agriculteurs et agricultrices vont partir à la retraite
32:16d'ici 2030. Donc ça pose la question
32:18de la formation
32:20des personnes qui sont déjà dans ces secteurs d'activité
32:22mais surtout de celles et ceux qui n'y étaient pas.
32:24Et en fait je trouve que déjà
32:26il y a deux choses, c'est-à-dire qu'il faut pouvoir
32:28donner envie à des personnes
32:30qui n'étaient pas dans ces milieux de se sentir
32:32capables, parce que je pense que le côté
32:34de la transmission familiale amène
32:36aussi des personnes qui pourraient avoir
32:38envie à ne pas se sentir légitime
32:40justement parce que pas issue du monde agricole.
32:42Donc ça passe par la formation évidemment.
32:44Et puis ça passe par
32:46des échanges en fait
32:48de témoignages de jeunes personnes qui sont motivées
32:50dans ces métiers et qui vont. – Clarissa, il y a du boulot.
32:52– Je pense aux maisons familiales rurales,
32:54je pense aux maisons familiales rurales
32:56par exemple qui sont d'excellents
32:58véhicules, puisqu'ils forment
33:00à la fois des scolaires, à la fois
33:02des étudiants
33:04en apprentissage, mais aussi des adultes
33:06et ça permet de faire des ponts entre différents publics.
33:08– Clara Osei. – Mais là je vous réponds
33:10en tant qu'enseignante de terrain, puisque je suis
33:12prof dans un collège rural
33:14et on a beaucoup de MFR, on a beaucoup de...
33:16– C'est quoi les MFR ? – Les maisons familiales
33:18rurales qui dispensent une formation
33:20souvent agricole. Et puis on a le lycée
33:22agricole de Rodillan qui est un grand lycée agricole.
33:24– Vous êtes dans le Gard, on le rappelle.
33:26– Et donc c'est vraiment intéressant
33:28parce qu'on voit qu'il y a des jeunes qui ont envie de faire ça,
33:30mais le problème c'est que d'abord, comme on dit,
33:32il faut les former. Et c'est important par exemple
33:34que la loi d'Ombreval, l'article 25,
33:36vous autorise à aller dans les établissements scolaires
33:38que ce soit le primaire, le secondaire
33:40et d'aller expliquer le métier. Et là je crois
33:42qu'il faut vraiment que les agriculteurs
33:44s'emparent de cette occasion. Clarissa,
33:46allez parler, allez dire ce que vous faites
33:48et que les jeunes découvrent tout ce qu'ils
33:50peuvent faire, ça serait formidable.
33:52– Tellement de beaux métiers.
33:54– Mais regardez, la loi d'Ombreval,
33:56elle coupe le lien homme-animal parce qu'elle interdit
33:58justement aux jeunes, par exemple les soigneurs animaliers,
34:00leur métier est en grand danger. Moi quand je dois aller
34:02parler à la MFR de Markeridge, je ne sais pas à quoi leur dire
34:04parce qu'il y a des règlements qui n'arrêtent pas de tomber
34:06pour interdire à ces jeunes de continuer
34:08leur activité parce qu'on essaie d'interdire les animaleries.
34:10Or les jeunes, ils sont passionnés.
34:12Alors il y a ça aussi, pardon, c'est un autre aspect
34:14mais c'est toujours lié à l'agriculture.
34:16Et alors qu'est-ce qu'on fait, vous voyez ?
34:18– Pierre Otteisa, pas de problème
34:20pour faire reprendre les fermes au Pays Basque
34:22qui n'est pas une agriculture intensive
34:24mais extensive au Pays Basque.
34:26Ce n'est pas la Beauce ou la Libagne.
34:28– Pas de problème, je pense que ce n'est pas ça.
34:32Mais c'est vrai qu'on a la chance d'avoir des jeunes
34:34qui veulent vivre au pays
34:36et qui s'accrochent.
34:38Mais c'est vrai que pour ça,
34:40il faut qu'on les aide.
34:42Parce qu'il ne faut pas nous...
34:44C'est vrai qu'aujourd'hui, on a des choses
34:46qu'on nous demande
34:48qui sont très difficiles à assumer.
34:52Un élevage en tout, quoi.
34:54Et par contre, c'est vrai que
34:56pour revenir aux écoles à la maison
35:00depuis 20 ou 25 ans sûrement,
35:04on reçoit 4-5 écoles par semaine.
35:08Et c'est important.
35:10Et on a un petit peu tout.
35:12On a les tout-petits
35:14qui découvrent la ferme.
35:16On a des écoles hôtelières,
35:20des écoles commerces,
35:22un petit peu de tout.
35:24La semaine dernière,
35:26j'étais à l'école Ferrandi à Bordeaux.
35:28On avait 50 jeunes.
35:30Et je me suis régalé
35:32parce qu'on a parlé du métier.
35:34On a découpé un cochon devant eux.
35:38Et après, on leur a fait un buffet
35:42avec tous nos produits.
35:44Et c'est vrai qu'on a passé un super moment
35:46parce que tous les jeunes
35:48sont venus nous remercier.
35:50Et c'est vrai, je pense
35:52que c'est comme ça
35:54qu'il faut qu'on arrive à passer des bons messages.
35:56Et voilà.
35:58Gabriel Alperne, vous qui êtes philosophe,
36:00est-ce que la transmission,
36:02tant du savoir que des exploitations,
36:04c'est un sujet clé ?
36:06Oui.
36:08Je pourrais vous citer Aristote aux Montagnes,
36:10mais pour le coup, un petit peu d'exotisme.
36:12C'était déjà exotique.
36:14Bouteille, ça va, c'est vers Bordeaux,
36:16mais Aristote, c'est un peu plus loin.
36:18C'est un écrivain japonais
36:20qui s'appelle Genzaburo Yoshino.
36:22Que vous citez dans votre tribune, d'ailleurs.
36:24En 1937, il écrit un magnifique roman
36:26qui s'intitule « Et vous, comment vivrez-vous ? »
36:28Et il y a cette phrase extraordinaire.
36:30Il dit « Il est tout de même bizarre que ces hommes
36:32qui ont fabriqué la nourriture que tu manges,
36:34les vêtements que tu portes, la maison que tu habites,
36:36toutes ces choses essentielles pour ta vie
36:38sont devenus de parfaits inconnus. »
36:40Ça date de 1937, et finalement,
36:42est-ce que les choses ont vraiment changé aujourd'hui ?
36:44Malheureusement, non. On a l'impression qu'on est tous
36:46devenus de parfaits inconnus les uns pour les autres.
36:48Et donc d'où, encore une fois, cette nécessité
36:50de faire entrer la société dans la ferme et la ferme dans la société,
36:52d'ouvrir, de mettre des fermes dans les maisons de retraite
36:54et les maisons de retraite dans les fermes,
36:56de mettre des potagers dans les écoles pour apprendre aux enfants à cuisiner,
36:58etc. C'est comme ça qu'on pourra effectivement
37:00vraiment recréer des ponts entre les mondes.
37:02Merci beaucoup. Vous devez nous laisser, Gabrielle Albert.
37:04On vous attend au Salon de l'agriculture.
37:06C'est l'heure, eux, de créer des ponts entre les mondes
37:08publiés chez Fayard.
37:10Ça parle beaucoup d'agriculture.
37:12Une très bonne tribune dans La Tribune à lire.
37:14Et également un livre qui parlait vraiment
37:16de cuisine, philosophie et cuisiner
37:18un mélange exquis. Ça nous met l'eau à la bouche.
37:20Merci beaucoup. Allez, on se retrouve dans quelques instants.
37:22Sud Radio,
37:24c'est vous qui donnez le ton.
37:26Merci de donner la parole. Vous êtes une radio engagée.
37:28L'information est pertinente.
37:30Sud Radio, parlons vrai.
37:32Les vraies voix Sud Radio,
37:3417h20, Philippe Davies.
37:36Si on aime les traditions
37:38et la passion sur Sud Radio,
37:40nous sommes maintenant en compagnie
37:42de Sarah Osei, présidente de
37:44Pronatura France. On va parler de préservation
37:46des races, notamment.
37:48Tout d'abord, présentez-nous Pronatura.
37:50C'est compliqué de présenter
37:52Pronatura. Disons qu'en gros,
37:54on est une fédération de fédérations.
37:56C'est-à-dire qu'on a vocation à protéger toutes les espèces,
37:58à commencer par les animaux de rente,
38:00mais les animaux domestiques,
38:02et les animaux non domestiques.
38:04Et ce qu'on a du mal à faire comprendre,
38:06c'est qu'élever, c'est protéger.
38:08Et ça, c'est compliqué, parce qu'il y a
38:10une image actuelle de la captivité
38:12que nous n'appelons pas la captivité.
38:14Nous appelons ça l'élevage en milieu contrôlé.
38:16Et que le fait de mettre l'animal dans des conditions
38:18de protection va lui permettre
38:20de vivre, tout simplement, au lieu de disparaître.
38:22Et c'est compliqué à expliquer.
38:24Alors ça touche ce que je disais tout à l'heure
38:26sur les petites races menacées,
38:28mais aussi les animaux domestiques et non domestiques.
38:30Comme on disait, il y a des races de chats
38:32qui disparaissent, il y a des races d'oiseaux
38:34qui disparaissent énormément.
38:36On a de moins en moins. Là, on a perdu
38:3861% des éleveurs, ce qui veut dire
38:40qu'on perd les animaux qu'ils élèvent.
38:42En gros, en France, vous avez 71 000
38:44espèces à peu près. Les zoos en protègent
38:462 ou 300. Et ce sont les particuliers
38:48qui protègent des espèces
38:50dont personne ne veut, qui sont peut-être un peu
38:52moches, peut-être moins spectaculaires.
38:54Et c'est les éleveurs amateurs ou
38:56à petits effectifs qui sauvent, comme je disais
38:58Mme Bronson tout à l'heure.
39:00Parmi vos priorités, il y a la préservation des races
39:02anciennes. On en a parlé. Comment est-ce que vous faites ?
39:04Parce que vous, c'est très vaste. On a parlé des poules,
39:06il y a les lapins, il y a les bovins,
39:08la race vaugienne, je crois, par exemple, etc.
39:10C'est très vaste, ce que vous faites.
39:12Oui, alors, ce que nous faisons,
39:14c'est-à-dire que ce sont des éleveurs individuels,
39:16professionnels ou pas, qui décident
39:18de dévouer leur vie aux poules, à tel animal.
39:20Par exemple, la poule de Barbesieux, elle est en train
39:22de disparaître. On a fait un appel et les gens vont
39:24aller chercher des poules et ils vont se vouer
39:26à cette race. Vous connaissez le perroquet
39:28de Rio, le petit perroquet bleu ?
39:30Oui, ça dit quelque chose.
39:32L'Aradespix a disparu. Ce sont
39:34une bande de fanatiques qui sont allés récupérer
39:36des oeufs à droite à gauche, y compris au Sultanat d'Oman,
39:38et qui sont en train, non seulement de ressusciter
39:40cette espèce qui avait disparu,
39:42mais de la réintroduire dans son milieu naturel.
39:44Et là, c'est le Graal.
39:46C'est quand même assez extraordinaire, non ?
39:48Pierre Oteitsa, vous qui avez ressuscité la race Kintoa.
39:50C'est quand même beau, non ?
39:52C'est beau, c'est super.
39:54Une autre chose aussi.
39:56On parle de biologie,
39:58on va parler d'ADN.
40:00Quelle est l'importance
40:02de préserver les races anciennes ?
40:04C'est fondamental, parce que si vous
40:06perdez une centrale nucléaire, vous la reconstruisez.
40:08Même si vous vous évitez
40:10au prix où ça coûte,
40:12puis au risque de radiation, on va éviter.
40:14L'exemple est tellement
40:16joli.
40:18Une marque automobile, par exemple.
40:20Quand vous perdez, par exemple,
40:22ce petit oiseau,
40:24vous ne le voyez pas, c'est un petit
40:26perroquet vert et bleu.
40:28Cet oiseau, la partie verte,
40:30est vouée à ne plus être élevé
40:32parce qu'il a le malheur d'être sur un texte
40:34où on dit qu'il est sauvage. Alors que ça fait 200 ans
40:36qu'il est élevé. Donc cette espèce va
40:38disparaître. Alors que celui-là, qui est bleu,
40:40il a droit de vivre. Voilà. Et c'est ce genre de choses
40:42qui fait que petit à petit,
40:44tel éleveur va arrêter de l'élever, et cette espèce
40:46va disparaître. Et c'est là où il y a tout un travail à faire.
40:48Qui fait cet arbitrage ?
40:50C'est national ?
40:52C'est européen ?
40:54C'est téléguidé au niveau européen,
40:56comme chez vous d'ailleurs, par des groupes européens
40:58qui veulent la fin de l'élevage
41:00en milieu contrôlé, quelle que soit l'espèce.
41:02Ils ne veulent plus que les gens mangent de viande,
41:04ils ne veulent plus que les gens aient d'animaux.
41:06Ils commencent avec les chiens, avec les oiseaux, et ça va jusqu'aux vaches.
41:08C'est ça l'idée.
41:10C'est grave ça.
41:12Je pense que
41:14tout ce qu'on perd,
41:16c'est sûr.
41:18Une chose intéressante, c'est que
41:20les élevages de particuliers jouent
41:22un rôle essentiel pour la préservation
41:24des petites races.
41:26Est-ce que vous pouvez nous raconter comment ?
41:28Par exemple, dans les zoos, vous avez
41:30en gros 300 races qui reviennent.
41:32Mais un soigneur, il va travailler de 8h à 12h,
41:34à minuit par exemple.
41:36Or, quand vous êtes amateur, et que votre femelle
41:38a du mal à pondre son oeuf,
41:40et qu'on voit qu'elle va mourir, vous allez passer la nuit à son chevet
41:42pour la sauver. Et ça, c'est irremplaçable.
41:44Donc ce travail, moi je nourris des oiseaux
41:46régulièrement comme beaucoup de mes collègues éleveurs.
41:48Ou un chat de race qu'on va passer
41:50des heures à sauver pendant la nuit.
41:52Et ça, ça n'a pas de prix.
41:54Vous avez des gars qui ont des connaissances en biologie.
41:56Dans mon association, il y a des mecs qui vont rester par terre.
41:58Ils en savent 10 fois plus que n'importe quel biologique,
42:00mais sur telle espèce. Ils vont la sauver.
42:02Un truc idiot. Un cubain, par exemple.
42:04Il avait une espèce d'oiseau qu'il était le seul
42:06à pouvoir élever. Pourquoi ? Parce qu'il avait
42:08tellement pas d'argent, le pauvre, qu'il allait recueillir
42:10des graminées dans les champs. Or, il se trouve que justement,
42:12cet oiseau avait besoin de ces graminées pour se reproduire.
42:14Et c'est le zoo du Loro Parque de Ténéris
42:16qui a trouvé le truc et qui est allé
42:18voir le gars et qui a récupéré les graminées.
42:20Donc c'est incroyable. Et c'est tout un réseau européen.
42:22Moi, je représente un réseau européen d'éleveurs.
42:24On est développé dans tous les pays.
42:26C'est extraordinaire. Vous avez parlé tout à l'heure
42:28des drames, notamment, il y a eu
42:30la grippe aviaire qui a beaucoup frappé
42:32les éleveurs, notamment nous qui sommes
42:34très écoutés dans le sud-ouest de Canard.
42:36On en avait un il y a quelque temps
42:38qui a dû abattre par gazage.
42:40C'est-à-dire que c'est horrible. 5 fois,
42:42je crois, l'ensemble de son cheptel.
42:44Est-ce que,
42:46dans ce domaine, on n'est pas allé peut-être un peu
42:48trop loin dans la prévention ? On est allé beaucoup trop loin.
42:50Il y a eu des drames, surtout, moi,
42:52j'en parlais tout à l'heure, on a eu le gars dans le 43,
42:54pour ses salmonelles, on a battu 5 fois. Et attendez,
42:56parce que quand ils sont gazés, ils ont de la chance.
42:58Les mêmes qui doivent subir des formations
43:00bien-être animal, les agriculteurs
43:02savent, hyper dures, on leur a dit
43:04« Oh ben là, vous avez moins de 600, vous les
43:06mettez dans un sac et vous les tuez
43:08par asphyxie. » Alors qu'on leur parle de bien-être animal.
43:10« Oh ben là, on est chez les fous. »
43:12C'est le paradoxe.
43:14Et des faisans du Vietnam, espèces éteintes,
43:16ressuscitées, on allait les tuer au parc
43:18animalier du Marais alors qu'ils étaient en volière protégée.
43:20Il se passe des choses hallucinantes.
43:22C'est complètement fou. Vous entendez ça,
43:24vos éleveurs avec qui vous travaillez vous disent
43:26qu'il y a des normes de plus en plus dingues.
43:28Quand on a eu, effectivement, les grosses périodes
43:30de grippe aviaire, on avait des éleveurs
43:32qui devaient, mais même sur des
43:34poulets classiques,
43:36des éleveurs qui devaient
43:38faire abattre leurs volailles
43:40et qui étaient à 20 kilomètres
43:42d'un champ.
43:44On les obligeait
43:46parce qu'ils étaient sur
43:48une délimitation de 20 kilomètres
43:50alors que leur élevage n'avait rien.
43:52Cette aberration-là
43:54s'est démultipliée.
43:56C'était ça, pour moi,
43:58qui me faisait monter au créneau.
44:00Et vous qui êtes enseignante,
44:02est-ce que là, on n'a plus Gabriel Alpert
44:04pour citer Aristote ou
44:06Nietzsche ? Est-ce que là,
44:08ce n'est pas un peu Kafka ?
44:10L'aberration administrative la plus totale.
44:12Complètement, mais on a eu de la chance.
44:14Sur la grippe aviaire, nous, on est montés au créneau
44:16au ministère de l'Agriculture
44:18pour expliquer le problème parce qu'on parlait de
44:20thanasie. Or, ce n'est pas de thanasie, c'est
44:22de l'abattage. Et le problème qu'on avait, nous, c'est
44:24qu'on avait des souches hyper rares. Donc, quand on allait
44:26abattre des souches hyper rares, c'était catastrophique.
44:28Et ce qu'on a fait, c'est qu'on est allé au cabinet
44:30du ministre, carrément, et on a eu un ministre
44:32formidable qui a pris les mesures, qui nous a
44:34autorisés, dans certaines mesures, à échapper à l'abattoir
44:36avec des mesures de sécurité draconienne.
44:38On a des vétérinaires spécialisés chez nos éleveurs
44:40qui suivent. Et on est arrivés... Là, on a eu
44:42merci au ministère d'avoir eu cette écoute.
44:44Or,
44:46mais Dieu veut réagir. C'est vrai que,
44:48notamment pour l'économie sociale et solidaire, ça, c'est des choses
44:50qui peuvent dissuader des jeunes de s'installer
44:52la surnorme, la
44:54surprotection, etc.
44:56Oui, j'imagine. Alors, moi, j'ai pas de réponse
44:58à ça. En plus, ce n'est pas du tout mon domaine d'expertise
45:00sur les questions d'hygiène et de contrôle,
45:02mais je pense que ce qui est important, justement,
45:04c'est d'être lucide par rapport
45:06à tout ça. Il existe aujourd'hui des
45:08formations
45:10qui permettent aussi de se tester pendant
45:12un, deux, trois ans, en conditions réelles,
45:14en ayant sa propre ferme
45:16ou en allant sur d'autres fermes pour
45:18pouvoir travailler et voir si on
45:20tient le coup. Néanmoins, on n'est pas...
45:22On n'a pas de cadre qui permette
45:24de protéger les agriculteurs et les agricultrices
45:26de ça, en fait.
45:28Ni même de la question des marchés.
45:30Moi, je pense qu'un élément qui, moi, me semble
45:32intéressant, c'est plus de sécuriser les filières
45:34de revente derrière. Alors, je fais un pas de
45:36côté par rapport à la question dont vous parliez
45:38sur la question de la santé.
45:40Mais il me semble
45:42assez fou qu'on importe... Enfin, dans
45:44ce côté d'avoir uniformisé la nourriture,
45:46etc., c'est quand même dommage qu'on
45:48n'arrive pas, justement, à redonner de la
45:50place au localisme sur les questions
45:52de nourriture. Et je pense notamment
45:54aux cantines, aux cantines scolaires. C'est là
45:56où on peut éduquer les enfants à manger
45:58des produits locaux, à pouvoir retrouver.
46:00Et ça, les coopératives, je pense aux sociétés
46:02coopératives d'intérêt collectif,
46:04sont des
46:06super modèles dans les territoires pour mettre
46:08autour de la table les producteurs
46:10et les collectivités territoriales pour trouver des modèles
46:12où on refait du localisme sur des produits.
46:14Tiens, chez vous, au Pays Basque, dans les
46:16cantines des écoles, ils mettent du port basque au menu ?
46:18Ah oui, oui. Dans la vallée,
46:20chez la fille qui s'occupe
46:22des cantines,
46:24tous les matins, elle ne passe chez les producteurs
46:26que des produits de la vallée.
46:28On a eu 2-3
46:30émissions qui le montrent bien
46:32et c'est sympa.
46:34Mais ça, l'Union Européenne, elle nous empêche
46:36aussi parfois dans les marchés de pouvoir le faire.
46:38Il faut travailler sur ça.
46:40Parce qu'ils font les bons fonds.
46:42Interdire dans les cantines
46:44de manger aux algudes
46:46du port basque, qui vient des algudes, mais dire
46:48qu'on peut manger du bœuf qui vient d'Argentine ou de l'agneau
46:50qui vient de Nouvelle-Zélande.
46:52C'est un gros travail de plaidoyer.
46:54C'est l'asile psychiatrique à ciel ouvert, là, non ?
46:56C'est un gros travail de plaidoyer qu'il faut faire
46:58pour que le localisme sur les questions alimentaires
47:00soit prioritaire.
47:02Merci beaucoup à vous tous.
47:04Merci beaucoup. On remercie encore
47:06Gabrielle Halpern. Merci. Et bravo
47:08Clarissa Bartoulot, meilleure
47:10apprentie d'Île-de-France en boucherie
47:12qui a gagné le prix
47:14au Salon de l'agriculture de meilleur apprentie
47:16concours Interbev, qui maintenant
47:18est en compétition pour être meilleur apprentie
47:20de bouchère de France. Véronique Langlais,
47:22présidente du syndicat des bouchers de Paris.
47:24Pierre Oteitsa, éleveur, producteur et artisan
47:26charcutier. Maintenant, on ne va pas aller au rugby.
47:28Vous qui êtes basques, ça va vous plaire.
47:30Aurore Médieux, responsable transition écologique
47:32de SS France. Et Sarah Oseille,
47:34présidente de Pro Natura France.
47:36Bonsoir Cyprien Béthout.
47:38Bonsoir, bonsoir tout le monde.
47:40Oui, la boucherie c'était hier à Rome ?
47:42Oui. Ah ben là, c'est sûr qu'on a fait de l'Italie
47:44de l'osso bucco. 73 points.
47:46Le plus gros jeu de dépôt britannien
47:48à la fin du match, ça c'est sûr. On va en parler dans un instant
47:50d'ailleurs. On arrive à la voie du rugby.
47:52Et ça rend optimiste avant d'aller jouer à Dublin ?
47:54En tout cas, c'est un peu mieux qu'une
47:56courte victoire ou même une défaite.
47:58Donc non, c'est encourageant. On va en parler avec Pascal Papé
48:00qui sera notre invité.
48:02C'est une très grande deuxième ligne.
48:04Qui était bouché sur le terrain aussi.
48:06Oui. On reste dans la thématique.
48:08Ben écoutez, la boucherie continue
48:10avec... Je ne sais pas comment il faut le prendre.
48:12La boucherie continue avec les vraies voies
48:14du rugby. Allez, on se retrouve demain
48:16avec Cécile Domenibus et les vraies voies
48:18à partir de 17h.
Commentaires

Recommandations