00:00Priorité au direct, on va tout de suite écouter la prise de parole du collectif des victimes de Notre-Dame-de-Bétarame.
00:06...armerie pour l'effet de violence physique en parallèle des trois gardes à vue.
00:12A l'issue, le surveillant laïc né en 1965 restera en détention et une information judiciaire est ouverte le concernant.
00:23J'appelle toutes ces victimes à se manifester auprès de la justice pour tous les faits criminels qu'il a pu commettre au sein de l'établissement de Bétarame
00:33où lors des sorties scouts entre 1984 et février 2024 date de sa suspension.
00:42De même, pour l'autre surveillant général né en 1955 et qui a fréquenté des établissements à Orléans et à Châteauroux,
00:52j'appelle également tous ces anciens élèves à témoigner la prescription empêchant à ce jour toute poursuite à son encontre.
01:02Enfin, après un combat de plus de 60 ans, le prêtre, auteur des faits criminels sur la personne de Jean-Marie Delbosse,
01:12les a donc reconnus pour celui-ci et celui-ci uniquement.
01:18Ceci étant dit, nous regrettons que pour le moment une information judiciaire contre la personne morale de Bétarame ne soit pas ouverte
01:27alors qu'il est manifeste qu'elle a accueilli en son sein de manière répétée et systémique toutes ces violences et perversités.
01:38Les victimes seront reçues jeudi prochain à 9h30 au palais de justice à huis clos par le procureur et par le responsable de l'enquête.
01:49Je ne doute pas que le procureur communiquera à l'avenir sur l'avancée de ce dossier tentaculaire suite aux nombreuses plaintes que nous recevons actuellement.
02:00A ce sujet, je peux d'ores et déjà vous indiquer que le chiffre de 140 plaintes est déjà dépassé, dont près de 70 plaintes de nature sexuelle.
02:12Le nombre d'agresseurs également progresse avec deux nouveaux prêtres qui sont décédés.
02:18De même, des victimes collatérales apparaissent dans ce dossier avec un élève surveillant lui-même abusé à 12 ans
02:27qui a commis des violences physiques sur des plus jeunes.
02:30Sur le volet politique, madame Elisabeth Borne, ministre de l'Éducation nationale, reconnaît que l'État n'a pas été au rendez-vous sur ce dossier.
02:41Je tiens à rendre hommage à la parole de la ministre, car en démocratie, il est sain que nos gouvernants reconnaissent leurs erreurs pour leurs prédécesseurs.
02:50Oui, l'État a failli et n'a pas protégé les enfants de Bétharame qui n'avaient que leur pleurs comme soutien.
02:59Aussi, j'appelle à un sursaut national pour faire des violences une priorité nationale.
03:04Et le collectif des victimes que je représente y prendra toute sa part afin de travailler à la reconnaissance et à la réparation des enfants victimes d'abus physiques et ou sexuels.
03:16C'est dans cet esprit que j'ai échangé avec Jean-Marc Sauvé pour aller plus loin que les mécanismes déjà existants.
03:25De même, j'ai demandé à madame Borne d'être entendue par la mission d'inspection diligentée pour Bétharame le 17 mars afin de porter à leur connaissance
03:37des faits plus récents n'apparaissant pas forcément encore dans le dossier pénal.
03:43Par ailleurs, nous nous félicitons de l'ouverture d'une commission parlementaire transpartisane pour faire la lumière sur cette douloureuse affaire.
03:53Enfin, nous nous réjouissons de voir les communiqués institutionnels pleuvoir des syndicats enseignants, de la Conférence des évêques,
04:04du responsable de l'enseignement, du OCSIS, bien absents jusqu'à présent sur ce dossier.
04:10Les victimes se sentaient bien seules, elles ne le sont plus désormais.
04:14Nous sommes dans un moment de tension extrême et j'appelle toutes les victimes qui témoignent à rester dignes dans leurs propos
04:22afin de faire avancer la cause que nous défendons tous, celle des enfants victimes et afin que de tels faits ne se reproduisent plus jamais sur le domaine national.
04:34Merci à tous.
04:36Est-ce que deux hommes restent en liberté à cause de cette prescription ? Comment réagit le collectif de victimes ?
04:43La prescription, elle touche dans notre pays énormément de faits.
04:48J'en ai parlé également avec François Bayrou le soir même de notre entrevue samedi.
04:56Je pense que les pouvoirs publics vont se saisir de cette question de l'imprescriptibilité des crimes.
05:02Est-ce que c'est douloureux à entendre ?
05:05En fait, ce qui était douloureux à entendre pour les victimes, c'était jusqu'à présent qu'elles étaient dans l'ombre.
05:11Aujourd'hui, elles sont dans la lumière et c'est une fierté incroyable.
05:16Selon le procureur, les gardés à vue reconnaissent la violence, mais pas les violences sexuelles où il les viole ça dessus et ils ne reconnaissent rien.
05:26En tout cas, ils n'y ont pas intérêt.
05:29De toute façon, ce qui est prescrit, vous le savez bien, les lois ne sont pas rétroactives.
05:35Le fait qu'il y ait aujourd'hui une personne qui soit faite en détention ce soir, pour vous, c'est quand même un pas immense qui a été accompli ?
05:42C'est un pas incroyable. On n'attendait pas aussi bien.
05:48Quand j'ai commencé il y a 15 mois, j'étais tout seul avec mon petit groupe Facebook.
05:54Et là, on a réussi à faire incarcérer un des criminels de Bétharame.
05:59Donc, on est vraiment satisfait.
06:02Est-ce que votre satisfaction, c'est aussi que c'est un déclencheur pour que d'autres victimes trouvent le courage de témoigner comme vous
06:09et que peut-être qu'il y aura d'autres Bétharame en France ?
06:12C'est sûr qu'il y aura d'autres Bétharame en France.
06:16On le voit bien, les services de l'État ont dysfonctionné dans le contrôle des établissements sous contrat.
06:22Donc, je pense qu'il y aura d'autres Bétharame.
06:26Mais sur notre dossier de Bétharame, il va y avoir beaucoup de nouvelles plaintes.
06:30Quand j'annonce le chiffre de 140, j'ai envoyé beaucoup d'autres serfats, évidemment.
06:36Mais je communique sur les retours que j'ai eus et que je déposerai prochainement.
06:40Est-ce que vous attendez d'autres garde-à-vous, peut-être, dans ce dossier ? D'après vous, est-ce qu'il en faut d'autres ?
06:46Est-ce qu'il en faut d'autres ? Il y en aura d'autres.
06:50Vous parlez des cas plus récents aussi des Bétharame ?
06:53Et sûrement des cas plus récents, effectivement.
06:56C'est très difficile pour les victimes.
06:58Il faut un temps de maturation.
07:00Ça prend du temps de dire je suis victime et j'ai envie de parler.
07:06C'est très important pour chacun d'entre nous d'en avoir conscience.
07:10C'est un cheminement, c'est long, c'est pénible.
07:13Ça coûte.
07:14Vous parliez de réparation des victimes. Est-ce que ça commence maintenant ?
07:18La réparation des victimes, ça commence maintenant, évidemment.
07:22Après, nous allons aller plus loin.
07:24Mais là, nous allons travailler avec les pouvoirs publics.
07:27Et qu'est-ce qu'il faudrait faire, selon vous, pour l'établissement qui continue, qui s'appelle plus Bétharame, qui continue d'exister ?
07:32Vous savez, il y a une grosse discussion autour de cette question.
07:36Est-ce qu'il faut fermer l'établissement de Bétharame ou pas ?
07:39Sur le collectif des victimes, on estime que l'établissement peut continuer de fonctionner à partir du moment où il est contrôlé régulièrement.
07:47Moi, pour avoir échangé avec des élèves internes, ils se sentent bien dans l'établissement aujourd'hui.
07:53Je pense que l'établissement est propre désormais.
07:57Donc, je ne vois pas quel serait l'intérêt, en fait, pour les enfants d'aujourd'hui de le fermer.
08:02Les 4 laïcs qui ont été auditionnés en éducation libre, entre guillemets, eux reconnaissent des violences, c'est prescrit.
08:09Mais ça montre quoi ? Il y a une systématisation de la violence qu'il y avait, en tout cas, à Bétharame ?
08:14Bétharame, c'était un système de violence institutionnalisé.
08:18C'est pour ça que nous aimerions que la congrégation des pères de Bétharame et plus récemment l'OGEC s'expliquent sur cette violence qui a perduré pendant autant de temps.
08:29Y compris après l'OGEC, après 2009.
08:32Et qu'ils s'expliquent devant la justice ?
08:34Ça, ce n'est pas à moi d'en décider.
08:37Il faudrait mettre en cause des responsables politiques ?
08:41En fait, je crois qu'il faut se remettre tous en cause sur ce dossier.
08:45Tout le monde a dysfonctionné.
08:47Donc, il est temps de réparer ces choses-là.
08:49Et poursuivre en justice ?
08:51Ça, je ne peux pas vous répondre.
08:55La suite pour vous, c'est quoi, la prochaine étape ?
08:57La prochaine étape, c'est le...
09:00Enfin, on n'en est qu'au départ.
09:02Vous savez, ce n'est pas un point d'aboutissement aujourd'hui.
09:05Ce dossier, il est tentaculaire.
09:07Donc, il va y avoir de nouvelles plaintes.
09:09Moi, je suis persuadé qu'il va y avoir aussi,
09:11dans les établissements où sont passées ces personnes,
09:14d'autres plaintes.
09:17Sur le groupe des victimes, nous avons beaucoup d'élèves,
09:20notamment de Léon XIII, qui nous rejoignent.
09:23Donc, on communiquera ultérieurement sur ce dossier
09:27avec des faits précis.
09:29Léon XIII, c'est un château-roue, c'est ça ?
09:31Léon XIII, c'est un château-roue.
09:34Il y a des signalements aussi sur un établissement voisin de Bétharram.
09:38On parle davantage de Garezon.
09:40On parle de tous ces établissements catholiques à proximité.
09:44Ça peut être le collège Haché-Copard à Saint-Palais, par exemple,
09:47où le père Caricard a fait une mission de plusieurs années.
09:51On parle évidemment de notre dame de Garezon,
09:54parce qu'il y a eu déjà aussi des faits sur Garezon.
09:58On sait que là-bas, c'était très dur également.
10:01On parle de Cendrillon à Dax.
10:04Je pense qu'il va y avoir d'autres Bétharram qui vont venir.
10:07D'autres Bétharram qui vont se manifester,
10:09parce que la parole est en train de se libérer
10:11grâce à la jurisprudence Bétharram.
10:14Il y a un problème au sein de l'enseignement catholique,
10:16au regard de ce qu'on est en train de dire ?
10:18En tout cas, il y a un problème dans tous les établissements confessionnels
10:21qui sont sous contrat avec l'État.
10:23Il faut tous les contrôler, les catholiques comme les autres, en fait.
10:27Le fait que l'inspection soit annoncée le 17 mars,
10:30c'est une inspection particulière, quand même ?
10:32C'est sûr que ce n'est pas une inspection surprise.
10:36Maintenant, je pense que là encore,
10:38des inspections aléatoires se feront.
10:41C'est ce que le collectif a demandé à l'avenir.
10:44On a déjà un premier pas.
10:46On ne peut pas tout avoir.
10:47On ne peut pas changer les mentalités du jour au lendemain.
10:51Merci à tous.
Commentaires