00:00Écoutez le chancelier allemand, permettez, on va l'écouter, c'était une prise de parole qui est attendue.
00:06Bonjour, nous sommes réunis aujourd'hui entre chefs d'État et de gouvernement européens pour échanger sur la façon dont nous traitons notre soutien à l'Ukraine et pour échanger sur la sécurité européenne.
00:23Ainsi, nous pouvons parler de notre propre force. Le format habituel est celui du Conseil européen ou des structures de l'OTAN, mais nous sommes quand même réunis.
00:35Pourquoi ? Car il y a beaucoup d'acteurs et de participants qui ont des choses à dire sur ce dossier.
00:41Cette rencontre informelle a été extrêmement importante dans une situation très difficile pour l'Europe.
00:47Bien. Une chose est claire pour nous. Nous devons continuer à soutenir l'Ukraine. L'Ukraine peut avoir confiance en nous. Nous allons continuer à la soutenir.
00:55Nous nous félicitons pour parler pour la paix. Pour nous, une chose est également claire et évidente, cela ne signifie pas qu'il y ait une paix de diktat imposée à l'Ukraine.
01:07L'Ukraine ne peut pas accepter tout ce qui lui est présenté sous n'importe quelle condition.
01:11Nous sommes donc en lien avec l'Ukraine et son président et nous sommes sur sa ligne sur ce point.
01:17Une chose est évidente, l'Ukraine doit pouvoir vivre et a une perspective d'adhésion à l'Union européenne.
01:23Elle doit défendre sa souveraineté et sa démocratie et elle doit être en mesure d'entretenir des forces militaires importantes.
01:30C'est pourquoi, avec nos partenaires, nos amis américains et internationaux, nous allons continuer à permettre à l'Ukraine de se renforcer militairement en temps de paix.
01:41Ces choses ne sont pas au menu des négociations et je crois qu'il était très clair de le souligner encore.
01:47Nous avons également échangé sur la façon dont nous pouvons être en capacité de prendre en compte les défis qui nous attendent,
01:57à savoir renforcer l'Europe, à savoir renforcer ses capacités en matière de sécurité et de défense.
02:06Il faut prendre des décisions sur ces sujets.
02:09Nous avons déjà échangé et nous sommes d'accord pour dire que nous sommes prêts à dépenser tous au moins 2% de notre PIB pour la défense.
02:21Certains ne le sont pas encore mais ils sont en chemin.
02:23Pour l'avenir de la défense de l'Europe, il faut que chacun fasse ce qu'il a à faire.
02:28Il y aura donc un débat, ce débat a déjà commencé, un débat sérieux.
02:34Et si les Etats européens dépensent davantage que 2% de leur PIB pour la défense,
02:41alors l'Allemagne est favorable à la ligne qui veut que ces dépenses ne soient pas prises en compte dans les calculs de déficit budgétaire européens.
02:54Il y a donc différentes variantes.
02:56Il est clair qu'un engagement durable est nécessaire pour la défense, et ce au niveau européen.
03:06Et pour cela, il faudra faire les investissements nécessaires.
03:10En outre cet objectif de 2%, nous avons également décidé que dans le cadre de l'OTAN,
03:18il y a un certain nombre d'enjeux et d'objectifs à remplir, objectifs qui définissent ce que chaque pays doit faire.
03:25Il faut également définir les voies et moyens pour tenir ces engagements.
03:30Donc le débat est lancé, il arrive au bon moment, il s'inscrit également dans le cadre de ceux des débats qui sont menés au cadre de l'OTAN.
03:40C'est un moment important pour la sécurité.
03:44C'est pourquoi nous devons travailler, et je tiens à compléter que tout ce que j'ai dit s'applique également à l'Allemagne.
03:51Encore une fois, il est clair que nous devons continuer à soutenir l'Ukraine, et cela n'est possible que si nous le finançons.
04:04Financement via des coûts budgétaires, dans d'autres domaines, via des réductions d'investissements dans nos infrastructures,
04:16ou via des réductions de financement de nos modèles sociaux.
04:20Ces réductions ne sont pas à l'ordre du jour, car on perd à ce moment-là le soutien de l'opinion publique et des citoyens européens.
04:32Il faut financer ces investissements de manière différente.
04:37En outre, il y a également la question de nos 2% au niveau allemand.
04:46L'Allemagne va continuer à investir pour sa Bundeswehr, c'est ce que j'ai initié.
04:52Nous ne pourrons le faire à court terme que si nous mettons sur la table chaque année au moins 30 milliards d'euros supplémentaires.
04:59Cela n'est possible que si l'Allemagne allège sa règle d'or budgétaire, c'est-à-dire son frein à l'endettement.
05:06Cela est d'autant plus vrai si nous souhaitons respecter l'ensemble des engagements pris.
05:16Il faut donc le dire clairement à tous les Allemands, mais c'est également vrai pour tous les Européens,
05:21nous avons besoin d'un débat clair sur le défi de sécurité, un débat qui doit être mené et conduit sérieusement.
05:28La question qui se pose ensuite, une fois qu'on a répondu à un certain nombre de questions, c'est comment finançons-nous nos réponses ?
05:34Je suis disponible et prêt à en parler.
05:382 questions.
05:39Monsieur le Chancelier, est-ce que vous êtes pour un financement commun des Européens ?
05:47Nous sommes en train de réfléchir à cette question.
05:51J'ai proposé de permettre une marge de manœuvre budgétaire supplémentaire.
06:02Il y aura d'autres propositions.
06:05Il faudra étudier ces propositions.
06:08L'enjeu, bien sûr, est de garantir la stabilité de nos finances publiques.
06:16Je le répète, ma proposition est la suivante, assouplissement des cadres budgétaires.
06:22L'Allemagne s'impliquera peut-être dans la garantie de sécurité apportée à l'Ukraine.
06:27Il est beaucoup trop tôt pour mener cette discussion.
06:31Je suis même un peu irrité, si vous me le permettez, que cette question soit lancée à ce stade.
06:36On parle ici dans le dos de l'Ukraine.
06:41On parle sur la base d'un accord qui n'existe pas,
06:45et auquel l'Ukraine n'aurait pas été impliquée dans le cadre des négociations.
06:51C'est complètement inapproprié, pour dire très franchement.
06:54Nous ignorons quels seront les résultats de ces négociations.
06:57De mon point de vue, beaucoup de points différents seront évoqués.
07:03Troupe de maintien de la bonne vivante nationale, et ainsi de suite.
07:08C'est un débat inadapté au mauvais moment et sur un sujet inapproprié.
07:12Donc j'écarte la question. On n'est pas encore au moment de la paix.
07:16On est en plein milieu d'une guerre brutale.
07:20Je crois qu'il y a un autre aspect que j'aimerais évoquer.
07:27En disant cela, je suis certain que je suis sur la même ligne que tous les responsables politiques européens.
07:36Je dis la chose suivante.
07:38Il ne peut pas y avoir de répartition ou de dissociation de la responsabilité et de la sécurité entre l'Europe et les Etats-Unis.
07:47L'OTAN, ça signifie qu'on agit ensemble et qu'on partage les mêmes risques.
07:51C'est comme ça que nous assurons notre sécurité. Cela ne doit pas être remis en cause.
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