00:00Julien, bonjour ! Déjà, comment va le capitaine de l'équipe de France de Billie Jean King Cup ?
00:11Bah écoutez, ça va, ça va. D'un titre personnel, tout va bien.
00:16Voilà, petit à petit, on prépare l'échéance d'avril qui va arriver.
00:25Mais forcément, on va réunir la situation, que la situation soit différente avec un maintien dans le groupe mondial.
00:36Mais voilà, la situation, elle est comme elle est.
00:40On va essayer de tout refaire, de tout faire, par contre, pour essayer de remonter dès cette année.
00:48Oui, justement, vous le dites, c'est vrai que la situation est particulière.
00:53Ça va être un peu étrange ce format mi-avril.
00:56C'est inhabituel quand même pour l'équipe de France de se retrouver confrontée à ça.
01:01Ce format-là, oui, dans un passé pas si lointain, de se retrouver dans le deuxième groupe, dans le groupe 1, c'est déjà arrivé.
01:15C'est déjà arrivé.
01:16Mais sur ce format-là, oui, c'est particulier.
01:2413 équipes au même endroit pendant une semaine, avec beaucoup de rencontres dans la même semaine.
01:30Oui, ça va être particulier.
01:32Et comment vous avez vécu, maintenant qu'on a un petit peu de recul, l'échec en Colombie ?
01:38Est-ce que quand ce genre de rencontre se produit, on réfléchit aussi à son avenir ?
01:45Finalement, en réfléchissant si on doit rester ou pas, comment on appréhende un peu ce genre d'échec ?
01:54Le résultat brut fait mal.
02:00Sur le coup, ça fait mal.
02:03On a joué aussi un peu de malchance.
02:09On n'a pas de chance que Diane se blesse.
02:15C'est notre numéro 1 sur cette rencontre et elle se blesse le premier jour.
02:21Je crois qu'on oublie un peu si elle se blesse ou pas.
02:28La journée de dimanche peut être différente.
02:32Elle, sur son 5, même si c'était dur d'aller battre aux Orioles,
02:35elle avait tout hasard pour aller battre aux Orioles.
02:39Et Diane était prévue en double aussi.
02:43C'est une très bonne joueuse de double.
02:44Notre double aurait peut-être été aussi meilleure.
02:48Le sentiment, à ce moment-là, c'était de l'abattement, d'une grande déception.
03:00Et puis, les cas personnels, c'est « secondaire ».
03:09C'est-à-dire que si certaines personnes pensent que je ne suis plus la bonne personne pour ce poste-là,
03:17qu'ils me le disent, qu'ils argumentent, qu'ils prennent des décisions.
03:22J'ai une mission. Je suis habité par cette mission, par le travail que je fournis,
03:40par essayer de trouver les meilleures solutions pour l'équipe, de travailler avec un staff,
03:48d'être là pour les joueuses et d'essayer de les aider.
03:55Ce sont des choses qui sont en moi, qui m'habitent et qui me donnent une énorme motivation
04:12pour ramener cette équipe en groupe mondial.
04:18Après, c'est sûr qu'au moment où on perd, il y a une énorme déception.
04:26Et après, vient le temps de l'analyse, vient le temps de plein de choses,
04:30de savoir ce qu'on aurait pu faire, comment, mieux, qu'est-ce qu'on n'a pas bien fait,
04:37avec moi, le staff, les joueuses.
04:43Mais oui, ce sont des moments qui sont difficiles à vivre, c'est sûr.
04:47Il y a sans doute eu aussi des discussions avec la Fédération,
04:50pour vous dire que peut-être aussi vous regonflez votre morale à bloc
04:54et maintenir leur confiance, on va dire.
04:59Écoutez, cette rencontre est arrivée aussi à un moment un petit peu particulier.
05:05On était en pleine réélection, enfin en pleine élection,
05:11qui a répondu à la réélection de Gilles Moreton.
05:14Donc, les capitaines, que ce soit Paris-Mathieu ou moi,
05:18on était en fin de contrat à la fin de l'année 2024,
05:25parce que c'était corrélé avec l'Olympiade, avec Paris 2024.
05:30Le président devait attendre d'abord d'être réélu,
05:35de confirmer Ivanovicic dans ses fonctions.
05:39Donc, c'était aussi une période un peu particulière par rapport à ça.
05:45D'accord.
05:46Vous disiez, après la rencontre, qu'il fallait tirer un peu les conclusions
05:49et se poser des questions pour savoir un peu comment être plus fort pour remonter.
05:53Donc, c'était vos mots.
05:54Est-ce que maintenant, avec le recul, vous avez des éléments de réponse,
05:57des idées qui ont émergé sur la manière de permettre au groupe d'avoir un niveau supérieur ?
06:07Alors, la grande difficulté, c'est de ne pas être au quotidien avec les joueuses.
06:16Elles ont chacun leur staff, leurs entraîneurs.
06:23Elles ont chacune leur équipe.
06:31Des idées pour essayer de faire progresser.
06:42On en a.
06:43Quand je dis « on », c'est moi, c'est des personnes du staff de l'équipe de France
06:48qu'on transmet, qu'on émet.
06:50Après, c'est aux joueuses de faire, de ne pas faire, de prendre des bonnes décisions,
06:56de bien s'entourer, de solliciter.
06:59C'est un juge qu'on peut être aidant.
07:02Ça, c'est sur l'équipe de France, sur le très haut niveau, le court terme.
07:09Aujourd'hui, depuis la Colombie, on voit que c'est compliqué.
07:15Il y a Caroline qui revient, qui avait pris un temps de repos intemporel depuis l'U.S. Open.
07:27Elle avait fait juste un sac tournoi depuis l'U.S. Open, mais depuis le début de saison,
07:32elle revient.
07:34Après, Yann Paris, Clara Burel ont des ennuis de santé.
07:38Barbara Gracheva a changé d'encadrement de staff.
07:44Ce n'est pas aussi fluide.
07:50Chloé Paquet connaît un début de saison difficile en termes de résultats, sans avoir changé son équipe.
07:59On ne se le cache pas.
08:01Sur le haut niveau, c'est difficile quand vous n'avez que quatre joueuses en table.
08:06L'équipe reflète le niveau global du téléséminaire.
08:18La numéro 1 française est aujourd'hui la 70e mondiale.
08:21On n'en a que quatre dans le tableau final qui rentrent avec leur classement.
08:26Aujourd'hui, il n'y en a que trois dans le tableau final d'un grand chef.
08:31Ce n'est pas illogique qu'on se retrouve en groupe 1 et plus en groupe mondial.
08:37En plus, avec un groupe mondial resserré.
08:45C'est la réalité du moment.
08:49On voit en ce moment l'optimisme concernant le tennis masculin français.
08:55Chez les dames, c'est compliqué.
08:57Trois françaises dans le top 100.
08:59Vous l'avez dit aussi, c'est Barbara Gracheva, les 71e.
09:03Comment vous arrivez à expliquer cette catastrophe du tennis féminin français ?
09:09Est-ce que vous avez un avis ou une idée sur ce qui a pu se passer
09:12pour qu'on arrive aujourd'hui dans cette situation ?
09:14Même si tous les cas sont différents selon les joueuses.
09:19Aujourd'hui, on paye ce qui a été mal fait ou ce qui n'a pas été fait il y a quelques années.
09:28Aujourd'hui, ce n'est pas le travail d'il y a 2 ou 3 ou 4 ans qui est mis en place et qui paye.
09:35Non, on paye ce qui a été mis en place il y a une quinzaine d'années.
09:41Ce qui n'a pas été mis en place dans la formation, forcément.
09:48Dans la formation de joueuses.
09:57Dans la reconnaissance du tennis féminin en France.
10:04La valorisation, que ce soit des joueuses, des encadrants, des personnes compétentes,
10:12des personnes reconnues avec de l'expérience.
10:18Voilà, c'est certaines personnes qui étaient en place, à mon avis, par défaut.
10:27Il y en avait d'autres qui ne sont plus là alors qu'ils avaient une légitimité, une expérience
10:35et des résultats dans le tennis féminin français.
10:40Donc, il y a tout un tas de choses qui conduisent forcément à cette situation.
10:53Aujourd'hui, il faut arriver à se poser les bonnes questions sur différents sujets, différents niveaux.
11:08Quand je dis différents niveaux, c'est à la fois en termes de classement, mais aussi en termes d'âge.
11:20En termes d'âge, c'est de savoir qu'est-ce qu'on peut proposer, qu'est-ce qu'on peut et on doit mettre en place
11:30de manière obligatoire pour relancer et en sachant que ça va prendre beaucoup de temps.
11:39Est-ce que vous sentez justement, là la situation, vous la décrivez bien,
11:44est-ce que vous sentez une prise de conscience un petit peu à la fédération, dans tout le tennis féminin français ?
11:51Vous sentez qu'il y a quelque chose, qu'on essaie de réamorcer une dynamique ou vous sentez que c'est compliqué ?
11:57Dans tout le tennis féminin français, je ne sais pas.
12:01À la fédération, je crois qu'il y a une considération et une prise de conscience de la situation.
12:18Concernant Caroline Garcia, on l'a dit, elle tente un peu de relancer la machine et de repartir de l'avant.
12:25La mauvaise nouvelle, c'est que selon ses performances, elle peut quand même sortir du top 100 au mois de mars, selon ce qui se passera.
12:32Quel est le souci, selon vous, principal avec Caroline Garcia ?
12:37Qu'est-ce qui fait qu'elle n'est plus parmi les top joueuses du circuit depuis maintenant de longs mois ?
12:45Aujourd'hui, je crois qu'elle recherche déjà une certaine sérénité, une certaine paix à l'intérieur avec elle-même,
12:53que ce soit en tant que femme et en tant que joueuse de tennis.
12:56Elle n'a pas envie que sa personne de femme soit jugée ou valorisée en fonction de ses résultats tennis.
13:18Et la gestion du stress, elle l'a publiquement dévoilée à la fin de la saison dernière.
13:31C'est quelque chose pour elle qui est prégnant, qui est là.
13:39Elle essaie déjà de retrouver cette forme de sérénité, de plaisir de compétitrice, de jouer en tournoi.
13:47Elle est avec son fiancé, son futur mari, dans ce but d'essayer de bien vivre le circuit et d'être heureuse.
13:59C'est très important.
14:02Aujourd'hui, petit à petit, elle refait de plus en plus de tournois.
14:07On va voir à quel point elle va avoir maintenant une « exigence » sur ses résultats.
14:15Je pense que le classement, pour elle, aujourd'hui, n'a pas trop de valeur.
14:19Ce qu'elle a envie, c'est de pouvoir jouer certains tournois, performer dans certains tournois,
14:25mais surtout de bien vivre cette situation.
14:30Et la Billie Jean King Cup reste dans ses priorités ?
14:36Je pense que cette année, c'est quelque chose qui peut lui faire du bien.
14:44Elle a forcément un rôle à jouer dans l'équipe, sur le terrain ou en dehors.
14:51Ça peut être en fonction de comment on vit la chose, comment les choses sont présentées,
15:07et comment l'organisation va se faire.
15:15C'est une semaine, en tout cas sur ce mois d'avril, où elle peut apporter énormément de choses à l'équipe.
15:28On en a discuté, elle en est consciente et on va laisser faire les choses tranquillement.
15:33En dehors de vos semaines d'équipe de France, est-ce que vous avez un rôle pour essayer de l'aider ?
15:38Est-ce qu'elle vient vers vous pour essayer d'avoir des conseils ?
15:43Est-ce qu'il y a vraiment un rôle en dehors de l'équipe ?
15:48Ça fait partie de mon rôle, les aides ponctuelles.
15:53Là, je vais aller à Indian Wells, elle m'a déjà demandé ce que je pourrais taper avec elle.
15:59Après, c'est valable pour toutes les joueuses, c'est ce que je leur dis, elles le savent.
16:06On peut être des ressources pour les accompagner, les aider.
16:20Caroline n'a pas d'entraîneur intitulé, elle est venue quelques jours au mois de décembre,
16:27elle s'est entraînée un peu avec Albert Costa en Espagne.
16:30Il y a trois jours au mois de décembre, elle était avec Ivan Lovitchi.
16:33Là, Indian Wells, je serais un peu avec elle.
16:42Toutes les joueuses savent qu'on est là pour elles et qu'on est à leur disposition
16:47si elles ont besoin d'aide ou conseils.
16:49Après, c'est à elles de ressentir le besoin si elles en ont ou pas.
16:56Christina Mladenovic, on sait qu'ensemble, c'est compliqué, ça a du mal à revenir.
17:03Par contre, en double, elle montre qu'elle est toujours une joueuse aussi redoutable.
17:07Quels sont les plans avec Christina concernant l'équipe de France ?
17:13Est-ce qu'elle va être opérationnelle pour l'équipe ?
17:18Je pars du principe que l'équipe de France, pour moi, c'est au-dessus de tout.
17:26Il y a un capitaine qui est là pour apporter la meilleure équipe possible
17:35en prenant en compte beaucoup de paramètres, le simple, le double, le physique, le mental,
17:41la cohésion d'équipe, plein de choses.
17:45Comme vous l'avez dit, Christina essaie de revenir en simple.
17:49Elle fait beaucoup d'efforts, beaucoup d'humilité au niveau de la programmation de tournois
17:57pour repartir sur les IDF et essayer de revenir en double.
18:03Elle est toujours aussi compétitive.
18:07On a vu que l'US Open a fait finale, l'Australie est en quart,
18:15elle a fait finale d'un gros tournoi à Abu Dhabi, donc elle est toujours compétitive.
18:21Elle est tout à fait sélectionnable pour le mois d'avril, c'est sûr.
18:27Finalement, le double peut largement suffire à l'intégrer,
18:33sachant qu'en plus elle a un bilan très positif avec l'équipe de France.
18:41Oui, bien sûr.
18:47Je vais attendre d'ici la mi-mars pour donner une première sélection.
18:56On va avoir un peu le format définitif et le calendrier des rencontres prévisionnelles
19:04assez vite de la part de l'ITF.
19:08Je suis en contact parvenant avec des personnes de la fédération
19:12qui est dans mon équipe, dans mon staff qui gère ça.
19:17En fonction de ces calendriers, du nombre de rencontres qu'on va avoir à jouer,
19:22on va définir le nombre de joueuses que je vais prendre
19:25et les différentes stratégies qui peuvent s'opérer.
19:34Je vais attendre aussi.
19:35Je vous ai dit qu'il y a quelques joueuses qui ont des ennuis de santé aussi.
19:40Forcément, tout ça va rentrer dans ma réflexion pour appeler le groupe
19:44de vraisemblablement cinq joueuses qui feront partie du voyage.
19:50Tout à l'heure, vous parliez de Diane Paré et Clara Burel.
19:55Effectivement, elles ont des soucis de santé,
19:57mais on sent aussi qu'il y a une sorte de stagnation.
20:02On a du mal à y voir clair dans les performances.
20:05Ça manque un petit peu de régularité.
20:07Comment vous expliquez ça ?
20:09Est-ce que déjà vous avez une explication à ce phénomène-là ?
20:16Une explication, je ne sais pas.
20:24Après, pour être constant dans la performance et progresser,
20:30il faut travailler tous les jours, tous les jours, tous les jours.
20:34Il faut accepter aussi la difficulté du circuit,
20:42la difficulté que ce soit physique, sur les matchs, les niveaux de match,
20:48l'intensité que ça demande, ça c'est la première chose.
20:52Et aussi la difficulté du circuit de par son itinérance et sa longueur.
20:58Surtout avec les Masters 1000, la majorité des 1000 maintenant,
21:02sur 10-12 jours, sur les longues tournées,
21:05sur savoir être capable de partir longtemps de chez soi,
21:09être capable de bien s'entourer, de bien vivre le circuit et de travailler.
21:14Aujourd'hui, que ce soit chez les hommes ou les femmes,
21:18le niveau d'exigence, le niveau de performance est tellement élevé
21:23que si on n'est pas habité entre guillemets 24 heures sur 24,
21:27si la vie de joueur ou la vie de joueuse de tennis professionnel
21:31n'est pas la priorité absolue numéro une, on stagne forcément.
21:36Donc ce sont ces choses-là qu'il faut qu'elles se posent comme questions
21:46et de savoir en corrélation avec ces réponses-là,
21:54en cohérence, plutôt qu'en corrélation,
21:57en cohérence, qu'est-ce que je fais et comment je le fais.
22:03Et ça, c'est un défi, j'imagine, Pornhub, de se faire comprendre ça
22:06parce qu'on parle quand même de remise en question.
22:09Exactement.
22:10Donc j'imagine qu'il y a des discussions assez frontales.
22:15Assez frontales ? Non, on n'essaye pas d'être frontale.
22:24Mais oui, ce sont des discussions que j'ai déjà eues avec les unes et les autres.
22:29Elles le savent, je l'ai eue après la Colombie,
22:31on en a eu un peu après les Jeux olympiques.
22:33Et comme je le dis, c'est elles qui sont maîtres de leur carrière,
22:38c'est elles qui sont maîtres de leur projet avec leur staff
22:41et avec ce qu'elles font à l'entraînement tennis physique au quotidien.
22:45C'est ça la clé.
22:50Bon, quand même, on a parlé beaucoup de négatifs.
22:53Vous restez quand même optimiste pour la rencontre du mois d'avril.
22:56J'imagine que les ambitions dans cette compétition sont quand même toujours là ?
23:01Pour les rencontres, il faut y aller étape par étape.
23:04Les ambitions sont là.
23:07C'est-à-dire qu'il faut absolument qu'on fasse partie des équipes
23:11qui sont qualifiées pour se donner une chance de jouer la montée au mois de novembre.
23:22Comme je l'ai dit, on va voir le calendrier des rencontres.
23:26C'est une formule qui est un peu alentiquée, qui n'est pas commune.
23:32On s'est mis là-dedans tout seul. Nous, nous en sortirons.
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