00:00Est-ce qu'aujourd'hui, le droit du sol, à vos yeux, pourrait être, devrait être revu ?
00:08– Ça me paraît très décalé par rapport aux questions qui se posent.
00:11Je crois qu'effectivement, il y a des questions qui se posent sur l'immigration dans notre pays,
00:16dans certains quartiers, pour des hommes, des femmes qui sont fragilisés
00:19au plan économique, culturel, etc. Donc il y a des questions qui se posent.
00:22Mais la réponse qui serait de dire qu'il faut changer le droit de nationalité,
00:26le droit du sol, qui concerne 30.000 personnes par an.
00:29C'est 30% des modes d'acquisition de la nationalité française.
00:35C'est un droit qui, en réalité, n'est pas automatique, on n'est pas aux États-Unis,
00:38c'est-à-dire qu'il faut des conditions de résidence.
00:40Donc pour moi, il y a des questions qui se posent sur l'immigration,
00:44sur la maîtrise de l'immigration, mais ça n'a rien à voir avec la question du droit du sol
00:48qui reviendrait en plus à une conception de ce qui nous rassemble dans une nation
00:53qui n'est pas dans notre tradition depuis 1515, vous le rappeliez,
00:56et encore moins en République.
00:59Ce n'est pas le sang qui fait qu'on vit ensemble dans la nation française,
01:03c'est un choix, ce sont des valeurs partagées.
01:06Donc voilà, oui, ça me paraît assez à côté de la plaque.
01:08– Mais ça veut dire, quand je vous écoute, que Pascal Brice, vous dites
01:11un débat sur l'immigration, oui, un débat sur le droit du sol, non ?
01:15– Mais bien sûr, non seulement un débat, mais de l'action.
01:18Vous avez le problème, c'est que ça fait des années
01:20et ça s'aggrave depuis cette loi immigration.
01:22À mes yeux, le problème, c'est quoi ?
01:24C'est que depuis des années, un peu partout dans le monde,
01:26vous le disiez notamment en France depuis la loi immigration,
01:29on pose la question de l'immigration comme si c'était un problème en soi, par nature,
01:33comme si le fait même que quelqu'un soit étranger soit un problème
01:37et que sa présence soit un problème.
01:39Là, je pense qu'on franchit une ligne qui est extraordinairement dangereuse
01:42du point de vue de l'idée que nous faisons de notre République.
01:45En revanche, se dire qu'il y a sur la question de l'immigration
01:48des questions sérieuses qui se posent en termes d'arrivée,
01:52de gestion des arrivées, d'intégration par le travail,
01:56oui, évidemment qu'il y a des questions qui se posent,
01:57mais on n'a pas besoin de débat, on a besoin d'actes
01:59et des actes, je peux vous dire, qui sont à portée de la main
02:02si on arrête de jeter de l'huile sur le feu et d'instrumentaliser
02:06et de faire croire que par principe, un étranger serait un propre problème.
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