00:00Il est 18h44, bonsoir Didier Leschi, merci de nous rejoindre sur RTL, vous dirigez l'office français de l'immigration et de l'intégration.
00:10Le ministère de l'Intérieur a publié aujourd'hui son rapport annuel sur l'immigration.
00:14Bruno Retailleau s'est fixé l'objectif de réduire le nombre d'étrangers en situation irrégulière dans le pays.
00:19L'immigration reste un sujet brûlant bien entendu, on se souvient des récents propos de François Bayrou sur le sentiment de submersion.
00:26Vous nous confirmez une hausse de près de 27% du nombre de clandestins expulsés en 2024 ?
00:31Oui tout à fait, on a une hausse sensible, même importante, près de 27% de personnes qui sont éloignées,
00:40c'est-à-dire des personnes qui ont été contraintes de partir mais aussi des personnes qui ont décidé par elles-mêmes,
00:47sans doute parce qu'elles ont compris que la fermeté était là, ont décidé de partir
00:52et on a ce qu'on appelle une augmentation des départs aidés, plus 61%,
00:58et une augmentation des départs spontanés, plus 66% dans ce volume global d'augmentation des éloignements.
01:05Justement le ministre de l'Intérieur dit se réjouir de ces résultats grâce à la politique de fermeté qu'il mène actuellement avec le garde des Sceaux.
01:13C'est un vrai changement ?
01:16En tout cas c'est une évolution notable, déjà le précédent ministre de l'Intérieur avait décidé d'accentuer la politique de retour
01:25et là on voit qu'elle augmente et en particulier je pense que les personnes entendent les discours
01:32et comprennent que leur situation dans l'illégalité va être de plus en plus difficile,
01:38d'où l'acceptation de l'aide de retour aidée qu'organise l'OFI ou les éloignements spontanés
01:46puisque quand on a une obligation de quitter le territoire français, vous savez qu'on a 30 jours pour l'exécuter soi-même.
01:52Quand on veut réduire l'immigration, quelle est la première mesure à prendre ?
01:56Quand on veut réduire l'immigration, il y a des dispositions, des tuaux en fonction des items.
02:06On a toujours ce débat sur l'immigration familiale qui a légèrement baissé mais avec des conditions très précises.
02:14On a une immigration étudiante qui reste assez forte mais elle peut avoir un intérêt, plus de 109 000 personnes
02:23et bien évidemment un des facteurs de l'immigration et qui après peut générer des personnes dans une situation irrégulière,
02:30c'est la demande d'asile et elle a baissé de 5,5 % tout en étant à un niveau très élevé, plus de 150 000 demandes.
02:38Mais ça commence par limiter les titres de séjour ?
02:44Non, ça commence par limiter l'accès aux titres, pas limiter les titres,
02:49encore qu'on peut décider dès lors que les personnes ne s'intègrent pas et c'est l'objet de la dernière loi qui a été votée
02:57qu'à partir d'un certain nombre d'années, en l'occurrence trois ans,
03:00une personne qui n'a pas fait l'effort d'apprendre le français, qui n'est pas insérée sur le plan économique,
03:05on ne lui renouvelle pas son titre de séjour et on lui indique qu'elle doit repartir.
03:10Ce sont prioritairement des titres d'étudiants devant les motifs familiaux, vous nous le confirmez ?
03:15Oui, absolument, 109 000 titres étudiants, c'est à peu près la même chose que l'année dernière
03:23mais c'était déjà notable qu'on a une immigration étudiante qui est beaucoup plus élevée que l'immigration familiale
03:30qui elle baisse légèrement autour de 90 000 personnes.
03:34Une migration qui vient essentiellement du Maghreb, vous nous le confirmez, que ce soit d'Algérie, Tunisie, Maroc ?
03:41Bien sûr, ces trois pays à eux seuls font 89 000 nouveaux titres de séjour
03:46et qui viennent s'ajouter aux titres permanents et c'est là aussi les nationalités du Maghreb qui sont en tête, nous le savons.
03:5737 000 Marocains en plus, 29 000 Algériens en plus, 22 000 Tunisiens en plus, c'est ça les principales nationalités.
04:08Après, on peut avoir des Chinois ou des personnes qui viennent des Etats-Unis, en particulier des étudiants
04:16mais ils sont beaucoup moins nombreux que les Maghrebains.
04:19Didier Leschi, j'ai été très surpris de ce chiffre, au 31 décembre, on dénombrerait 4 300 000 titres de séjour valides en France.
04:30Vous nous le confirmez ?
04:31Oui, absolument, il faut bien comprendre qu'il ne faut pas confondre immigrés et titres de séjour.
04:37Un immigré, c'est quelqu'un qui est né étranger à l'étranger mais ça peut correspondre encore à des Portugais, à des Italiens, à des Espagnols.
04:44L'ancienne immigration avec des personnes qui, en général, sont assez âgées, c'est les vagues des années 60-70 pour les Portugais.
04:53Mais oui, on a une très forte augmentation de ce qu'on appelle les ressortissants de pays tiers, c'est-à-dire qui ne sont pas des pays européens
05:01et depuis un certain nombre d'années, en particulier depuis 2007, on est passé de 2 millions à plus de 4 millions, oui.
05:09Les régularisations sont en baisse de 10%, c'est la première fois depuis 2020, ça veut dire quoi ?
05:15Que les critères ont changé, ont évolué ?
05:19Alors, les critères n'avaient pas encore évolué mais l'attention a été demandée en ce qui concerne, au préfet, en ce qui concerne l'insertion réelle
05:27et on voit bien que parmi ceux, les thèmes de régularisation qui ont diminué, il y a le rapport au travail qui est important.
05:35Mais ce qu'on peut comprendre, c'est-à-dire que dès lors qu'on a une situation économique,
05:39où par exemple on a de nouveau, malheureusement, une augmentation du chômage, des faillites d'entreprises,
05:45des secteurs qui, et c'est malheureux, ont utilisé pendant très longtemps des personnes en situation irrégulière,
05:53je peux penser au bâtiment qui est à l'arrêt, du coup les personnes ne sont pas en situation de travail
05:58et du coup ne peuvent bénéficier de la procédure de régularisation.
06:02Et l'actuelle ministre de l'Intérieur a demandé au préfet d'augmenter le délai à 7 ans,
06:09de passer de 5 ans à 7 ans de présence sur le territoire.
06:12Ça a toujours été une discussion, le délai choisi.
06:15Je rappelle que la loi Chevènement en 1997-98 avait fixé 10 ans,
06:20parce que 10 ans, c'est ce dont peut bénéficier un Algérien qui est en situation irrégulière en France.
06:26Au bout de 10 ans, il doit être régularisé.
06:28C'est l'accord dont on discute beaucoup de décembre 1968 qui le prévoit.
06:32Le ministre Bruno Retailleau a eu cette formule, la régularisation n'est pas un droit.
06:36Est-ce que c'est effectif aujourd'hui ?
06:38De toute façon, la régularisation n'est jamais un droit.
06:41C'est une appréciation de l'administration en fonction de votre situation personnelle.
06:47Le droit automatique, c'était justement ce qu'il y avait en 1998.
06:52Ce qui peut exister, comme je viens d'indiquer, pour les Algériens,
06:56qui ont un droit automatique à la régularisation,
06:59dès lors qu'ils font la preuve qu'ils sont là depuis 10 ans.
07:02Ça fait partie des bénéfices qui sont actuellement discutés
07:07et qui font qu'ils sont mieux traités que d'autres nationalités.
07:10Didier Leschi, le nombre de demandes d'asile baisse globalement en UE.
07:14Est-ce que l'on sait pourquoi ?
07:17Elle baisse globalement, d'abord parce qu'on n'a pas les chiffres exacts,
07:23mais il y a une baisse de la demande syrienne.
07:27Il y a d'autres nationalités qui n'ont pas pu traverser la Méditerranée à partir de l'Italie,
07:35entre la Tunisie et l'Italie, puisque là on a une baisse de plus de 60%
07:40des passages en Méditerranée centrale.
07:43Cette baisse n'est pas compensée par une augmentation des passages
07:48du côté de ce qu'on appelle la Méditerranée occidentale,
07:50c'est-à-dire l'Espagne et les Canaries.
07:54Voilà, c'est ça sans doute l'explication.
07:56On va avoir les chiffres stabilisés,
07:59mais il y a une baisse aux alentours de 7-8%, 10%.
08:03Merci beaucoup de toutes ces précisions, Didier Leschi,
08:06directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
08:10Dans un instant, nous retrouvons Marc-Antoine Lebray.
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