00:00Mathieu, François Bayrou va donc échapper à la censure sur le budget, puisque les socialistes ont renoncé hier à le rembourser à la fois sur le budget, d'ailleurs, et sur celui de la Sécu.
00:10Il a juste gagné un sursis, le Premier ministre. Qu'est-ce que ça peut durer ?
00:13Alors, ça peut durer sur le papier à trois gros bémols près. Je vous en parle à la fin de l'édito, c'est juste pour m'assurer que vous écouterez jusqu'au bout.
00:20Alors, combien de temps ça peut durer ?
00:22Je crois que les partis qui se rangent aujourd'hui dans le camp de la non-censure y ont intérêt. C'est évidemment le cas de ce qu'on appelle le socle commun,
00:28donc le Renaissance, Horizon, Modem, LR. C'est aussi le cas pour les socialistes qui sont dans une position un peu baroque, il faut bien le reconnaître,
00:35puisqu'ils sont dans l'opposition, mais pas au point de faire tomber le gouvernement. Il n'y a qu'un jour, la direction du PS expliquait déjà en privé
00:41que le même scénario pourrait se répéter à chaque budget jusqu'en 2027. Les socialistes s'imaginaient batailler, négocier, voter contre les textes,
00:49le cas échéant, mais jamais au point de voter la censure.
00:52Pourquoi est-ce qu'ils ont fait ce choix, les socialistes ?
00:54Parce qu'ils ont entendu les inquiétudes des Français, des entreprises, des associations. Nous ne vivons pas dans une bulle, dit Olivier Faure ce matin dans Libération.
01:01Ça, c'est la raison noble avec laquelle ils espèrent redorer leur image de parti de gouvernement. Il ne faut quand même pas oublier qu'il y a deux mois,
01:07ils ne s'étaient pas posé la question en renversant le gouvernement de Michel Barnier et dire qu'on est très responsable aujourd'hui.
01:12C'est peut-être reconnaître en creux qu'on n'a pas été très responsable hier.
01:15L'autre raison qui est moins avouable, c'est que le PS n'a rien à gagner à l'instabilité.
01:19Si les gouvernements chutaient les uns après les autres, si de nouvelles élections étaient convoquées, que ce soit des législatives, une présidentielle anticipée,
01:24les socialistes ne seraient pas prêts. Ils espèrent se refaire la cerise en profitant de ce sursis pour trancher tous leurs problèmes de ligne.
01:30Il y a un prochain congrès qui est prévu, préparer un programme et puis trouver un candidat.
01:34Et François Bayrou alors ? Il peut rester ou il a gagné un sursis ?
01:37Je vais vous parler maintenant des trois gros bémols. Le premier gros bémol dépend des socialistes qui ne sont pas très à l'aise avec cette décision
01:43et qui ont décidé pour faire bonne figure de déposer une motion de censure après les budgets pour protester contre la trumpisation du débat public
01:52après la petite phrase de François Bayrou sur le sentiment de submersion migratoire.
01:56Alors ça se veut symbolique et super malin car le PS estime que le Rassemblement National ne la votera jamais.
02:01C'est peut-être en fait complètement débile quand on sait que Marine Le Pen pourrait très bien décider de la voter.
02:07Y compris avec des mots insultants pour son parti.
02:10Le second bémol il est pour François Bayrou qui doit comprendre que s'il veut que cet attelage dure, il faut qu'il ménage les socialistes dans la durée
02:17et donc qu'il s'abstienne de petites erreurs qui pourraient passer pour de grosses provocations comme le sentiment de submersion.
02:22Mais aussi ça pose des questions. Qu'est-ce qui va se passer pour la loi sur l'immigration ? On attend de voir comment le vivront les socialistes.
02:28Enfin le dernier bémol, c'est le verdict des urnes lors des municipales 2026.
02:32Est-ce que les socialistes seront remerciés, récompensés par leurs électeurs pour cet esprit de responsabilité ou est-ce qu'ils seront sanctionnés ?
02:38Le débat reprendra évidemment de plus belle à ce moment-là.
02:41Jean-Luc Mélenchon a acté hier leur départ du nouveau Front Populaire comme s'il en était le patron.
02:46Ce qui n'est pas le cas, le nouveau Front Populaire c'était une alliance électorale.
02:48Mais on voit bien que c'est aussi la bataille du leadership à gauche qui se joue évidemment derrière ce choix de non-censure et ça ne fait que commencer.
02:54Et à droite alors, on en parlera avec Laurent Wauquiez qui est l'invité du face-à-face d'Apolline de Malherbe à 8h30.
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