00:00— Donc vous sauvez François Bayrou, les socialistes ? Vous avez décidé de sauver François Bayrou ?
00:05— On a surtout décidé de sauver le budget pour la France. On voit bien ce que l'absence d'adoption d'un budget
00:11aurait pour conséquence pour le pays dans un moment où on a une grave crise. 40 % de plans sociaux supplémentaires,
00:1730 % de chômage en plus au mois de janvier, d'inscriptions à Pôle emploi. Et dans ces conditions,
00:23nous devons faire preuve de responsabilité. S'il n'y avait pas de budget, ce serait 3 mois d'attente pour les entreprises
00:29qui attendent de recevoir certaines aides qui leur sont promises, pour les agriculteurs qui attendent désespérément
00:33les aides qu'on leur a promises il y a maintenant plus d'un an. Ce seraient aussi des attentes pour les collectivités locales
00:38qui veulent investir et qui ont besoin de ces subventions d'investissement. Et puis ce serait un nouveau gel de 75 % des crédits,
00:45puisque c'est le régime. Quand il y a une loi spéciale, on gèle 75 % des crédits. Et donc autant de recrutements bloqués,
00:51de subventions empêchées. Il faut un budget. On a négocié le budget le plus fortement possible. Et moi, j'y ai mis tout mon cœur,
00:58toute mon âme en tant que négociateur sur le projet de loi de finances.
01:01— Qui t'a créé la fracture au sein même de votre parti, au sein même du Parti socialiste, M. Brun ?
01:05— Écoutez, le Parti socialiste, à quasi-unanimité, a voté pour la non-censure. Et le bureau national a voté très très nettement,
01:13je crois, seulement quelques voix contre la résolution que nous avons adoptée. Et j'ai la conviction que le groupe socialiste
01:21ne votera pas la censure dans son écrasante majorité. — Mais il n'est pas facturé. Il n'est pas facturé, le PS sur cette histoire, alors.
01:27— Écoutez, moi, je vous dis les choses très clairement. On est dans une situation politique...
01:30— Donc vous êtes unis, solides. Il n'y a pas de faille. — Il n'y a aucune faille aujourd'hui au sein du Parti socialiste.
01:34Je vous le dis, nous sommes des opposants à François Bayrou. Il n'a pas besoin de le démontrer. Nous ne sommes pas d'accord
01:39avec certaines orientations de ce budget. Nous avons négocié et nous y avons mis tout notre cœur, toute notre âme pour emporter
01:45des victoires pour les gens. On a obtenu 4 000 postes de profs de plus. On a obtenu la fin de la taxe sur l'électricité.
01:50On a obtenu 2 milliards pour l'hôpital. On a obtenu 18 000 postes de plus pour l'hôpital. On a obtenu la réinvestition des retraites.
01:55On a obtenu 600 millions d'euros pour les TER. — Donc au PS, vous avez obtenu ce qu'il fallait. Mais vos amis du Nouveau Front populaire
02:00ou plutôt de la France insoumise, et notamment Éric Coquerel, vous disent... Finalement, vous êtes passés mécaniquement
02:07de soutien au budget donc de soutien au gouvernement. Vous faites imploser le NFP. — On fait rien d'imploser du tout.
02:13Et Jean-Luc Mélenchon, jusqu'à preuve du contraire, n'a pas le pouvoir de dire qui a le droit de faire partie ou non du NFP,
02:19qui est une alliance entre égaux, entre quatre parties égaux.
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