00:00Il est 6h13, chaque matin à cette heure-ci, l'un des principaux titres du jour passé
00:09au crible.
00:10Dominique Pellicot va-t-il passer aux aveux tout à l'heure ? L'homme condamné dans
00:14la sordide affaire des viols de Mazan sera extrait de sa cellule pour être interrogé
00:19dans le cadre d'une autre enquête, deux affaires non élucidées pour lesquelles il
00:23est mis en examen.
00:24Interrogatoire au pôle colcaise de Nanterre.
00:26Vous êtes l'avocate des deux victimes.
00:29Florence Rowe, bonjour.
00:30Oui, bonjour.
00:31Vous représentez Sophie Narme, une agente immobilière tuée en 1991, elle avait 23
00:37ans.
00:38Et Marion, autre agente immobilière qui, elle, a pu échapper à son agresseur, victime
00:43d'une tentative de viol.
00:44C'était en 1999, elle avait 18 ans à l'époque.
00:48D'abord, qu'est-ce que vous attendez de ce nouvel interrogatoire ?
00:52Alors, je ne sais pas si on peut attendre grand-chose de ce nouvel interrogatoire dans
00:57la mesure où, compte tenu de ce que nous savons de la manière d'opposer sa défense
01:03de Dominique Pellicot, il a, sur le dossier de Marion, commencé par évidemment nier
01:08toute implication, mais dur comme fer, jusqu'à ce que les enquêteurs lui opposent la preuve
01:15ultime de l'ADN, son ADN, qui avait été retrouvé sur la chaussure de la victime,
01:21en 1999, lors de l'agression, et qui avait matché au fichier des empreintes génétiques.
01:27Par conséquent, compte tenu de son comportement dans cette affaire, on comprend qu'il ne
01:37parvient à reconnaître sa participation que quand il y est vraiment obligé et contraint.
01:43Lorsqu'il est au pied du mur.
01:44Et qu'il n'y a pas d'autre issue à quand il est au pied du mur.
01:46Si vous ne lui opposez pas une preuve formelle, il est certain qu'on ne peut rien espérer.
01:53Je crois qu'au procès de Mazan, le psychiatre qui avait déposé et qui l'a expertisé
02:00dans le cadre de l'affaire de Mazan avait bien relevé et a bien déposé en ce sens
02:07et ne reconnaît que quand il est obligé.
02:09Si on ne lui met pas la preuve sous le nez, il n'y a rien à faire.
02:13Florence Roux, vous avez assisté à une confrontation entre Marion et Dominique Pellicot.
02:17C'était il y a près d'un an.
02:18C'était le 2 février 2024, en effet, donc ça fait maintenant un an.
02:23Voilà, il y a près d'un an.
02:24Il se comporte comment ? Il est manipulateur ? Il est fuyant ? Comment il se comporte cet homme-là ?
02:29Il n'est pas particulièrement fuyant, c'est quelqu'un qui au contraire est très attentif
02:36à tout ce qui se dit, qui calcule plus vite que n'importe qui et qui est toujours dans
02:42l'anticipation et qui attend surtout d'avoir bien compris le sens de la question pour
02:47y apporter une réponse, sans qu'il cherche à...
02:50En tout cas, il n'est pas spontané, il n'a pas voulu poser une question, il n'apporte
02:59pas une réponse tout de suite, non, il réfléchit, il donne l'impression d'être quand même
03:03un grand manipulateur, évidemment, il reconnaît les faits mais tout en donnant des explications
03:11pour essayer de vous faire croire qu'il n'avait aucune intention malveillante.
03:16Cela étant, quand on n'a pas d'intention malveillante, on ne part pas avec une arme
03:21blanche, avec des cordelettes et avec de l'éther pour endormir les gens.
03:25Oui, parce que l'éther, c'est le point commun entre ces deux affaires, ces deux cold case.
03:29Il n'y a pas que l'éther qui est le point commun, il y a les baillons, il y a la façon
03:36de déshabiller aussi les victimes.
03:38Cela étant, il faut rester prudent, peut-être que c'est quelqu'un d'autre qui a commis
03:43le crime sur Sophie Narm, simplement, il y a quand même de telles similitudes dans le
03:50mode opératoire, dans la manière d'aborder les victimes, et les victimes sont tellement
03:54identiques aussi, qu'on peut légitimement se poser beaucoup de questions.
03:58C'est la raison pour laquelle la justice a estimé qu'il y avait des indices graves
04:02et concordants qui permettaient de le mettre en examen dans les deux dossiers.
04:05Il y a eu le procès des viols de Mazan tout récemment, est-ce que ça pourrait l'avoir
04:08fragilisé ? Est-ce qu'il pourrait apparaître moins sûr de lui, Dominique Pellicot ?
04:12De ce que j'ai pu en voir, Dominique Pellicot est un homme qui est très sûr de lui, c'est
04:17dans sa constitution, rien ne l'ébranle, donc je ne pense pas franchement qu'il ait
04:23pu être ébranlé par le procès de Mazan, qu'il ait été fatigué par quatre mois
04:27d'audience, n'importe qui le serait, mais je ne vois pas en quoi, lui, ça pourrait
04:34l'atteindre.
04:35Il a vraiment le mental qui n'est pas le vôtre, qui n'est pas le mien.
04:39Vous représentez les victimes et les familles des victimes, on parle de deux affaires anciennes
04:46quand même, 1999 et 1991.
04:49Mais oui, Sophie Narmes c'est 1991, Marion c'est 1999, l'affaire de Marion était
04:59enterrée, c'était un dossier sur lequel jamais personne ne pensait obtenir l'identité
05:08de l'auteur.
05:09Et puis finalement, vous voyez, il ne faut jamais désespérer parce que l'ADN a matché.
05:14Heureusement, sur ce dossier-là, on avait conservé précieusement toutes les données.
05:19Il y avait le dossier, il y avait aussi les prélèvements, il y avait l'ADN, il y avait
05:24tout ce qu'il fallait.
05:25Et ça avait été prélevé, surtout à l'époque.
05:26Et les familles attendent beaucoup de l'interrogatoire de tout à l'heure, j'imagine.
05:30Alors, la famille de Sophie Narmes, parce que Marion, elle sait qui l'a agressé, donc
05:34c'est maintenant déjà une question qui a obtenu une réponse.
05:38Maintenant, elle espère bien que son agresseur sera jugé un jour.
05:42La famille de Sophie n'a pas de réponse du tout.
05:46Qui a violé et qui a tué Sophie, pour l'instant, ça reste un point d'interrogation.
05:51Merci beaucoup Florence Rau, merci d'avoir été notre invitée ce matin sur RTL.
05:55Merci à vous.
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