00:00L'histoire s'écrit maintenant, bonjour à toutes et à tous, bienvenue au grand palais
00:20éphémère.
00:21L'équipe de France 2 Fleuret va tenter de décrocher l'or comme il y a 3 ans à Tokyo.
00:25Le matin on se réveille avec l'objectif d'être champion olympique, on se réveille
00:28aussi avec la boule au ventre.
00:29Franchement l'avant compétition c'est toujours le pire, c'est le moment où il y a beaucoup
00:33d'incertitudes, le cerveau humain il n'aime pas d'incertitudes, chacun a ses routines,
00:37c'est un grand moment de solitude presque avant une grande compétition comme ça.
00:41C'est parti pour ce quart de finale, l'équipe de France en Trolice passe à la Chine, une
00:46équipe redoutable et redoutée.
00:47Moi j'étais le premier relais donc je savais que si je faisais un bon premier relais et
00:53que je mettais de l'avance ça allait être plus facile pour nous donc j'avais beaucoup
00:56de pression parce qu'à l'inverse si je prenais une rouste au premier relais on allait
00:59courir après le score.
01:00Je ne savais pas à quoi m'attendre parce que c'est mes premiers Jeux olympiques et
01:03je savais que mon équipier que je suis remplacé venait de faire un bon relais donc c'était
01:06à mon tour de prendre la main, ils m'ont sélectionné aux Jeux olympiques pour ce
01:13job là donc je savais que maintenant j'avais plus qu'à tirer mon ice cream et vraiment
01:16vivre l'instant présent.
01:17Et du coup après on a été devant et tout le match on avait pas mal d'avance, ça
01:23n'a pas été un match facile mais c'est un match qu'on a pu gérer et on s'en est
01:26bien sorti.
01:27Le dernier carré France-Japon, un match extrêmement important pour déterminer qui se retrouvera
01:36dans la grande finale.
01:37Cinquième relais, 23 partout, la tension est à son comble, ça va être compliqué
01:42dans ce dernier relais, aïe aïe aïe malheureusement, malheureusement ça ne passe pas pour les
01:46bleus et l'équipe de France s'arrête aux portes de la finale mais maintenant un seul
01:51objectif, la médaille de bronze.
01:53On pouvait faire beaucoup mieux parce que j'étais persuadé que notre premier match
01:59serait compliqué et que si on passait le premier match, derrière on avait des adversaires
02:05qu'on pouvait battre en fait et en fait on n'a pas fait ce qu'il fallait pour la demi-finale
02:09sur le Japon et c'est plus la frustration de ne pas avoir fait ce qu'il fallait aussi
02:14bien eux que moi parce que je suis dans le même bateau qu'eux.
02:16Donc en fait c'est un moment où il faut accepter qu'il y ait une période de tristesse, de
02:20déception et de deuil, ça dure à peu près une heure, une heure et demie au moins, où
02:24on voit noir, on n'est que dans la colère, il n'y a pas beaucoup de lumière au bout
02:28du tunnel.
02:29Et du coup nous pour le coup on a vraiment fait une grosse sieste, on avait une petite
02:32période où on pouvait se reposer donc on a fait deux heures de sieste et après personne
02:36crache sur une médaille de bronze quoi donc on n'a pas le temps de se dire on voulait
02:39que l'or, voilà on a perdu, maintenant il faut aller chercher tout ce qu'on peut prendre.
02:44On s'est laissé tout seul pendant deux heures trente à peu près, trois heures, où chacun
02:49était face à lui-même, il devait se remobiliser individuellement, on se donnait un peu d'énergie
02:53quand il y avait besoin mais c'était vraiment encore une fois, chacun gérait sa routine,
02:57sa manière de se remettre dedans, il y en a qui ont eu besoin de parler à la psy, il
03:00y en a qui avaient besoin d'être tout seul, il y en a qui ont eu besoin de faire un échauffement
03:02de malade et à une heure du match, là on s'est agroupé et là c'était le moment
03:06où on se disait ok maintenant on est ensemble, moi je me rappelle avoir réuni les gars et
03:10leur avoir dit maintenant qu'on gagne ou qu'on perde, ça ne changera rien notre amitié,
03:14ça ne changera rien au fait qu'on s'aime.
03:15Nous y sommes, enfin, la petite finale France-Etats-Unis, un logre américain qui est tout simplement
03:21la bête noire de nos bleus depuis quelques années.
03:24Quand je me suis vu aller tirer la troisième place sur les américains qu'on avait pas
03:27tapé une seule fois en trois ans, je me suis dit on va revenir bredouille.
03:31Ce qu'il se passe entre la demi et le match pour la troisième place c'est que le coach
03:34vient me voir, Emric, en gros il sent qu'il faut enlever un peu de pression à Enzo, en
03:38fait Enzo son rôle c'est vraiment de faire un gros scoring parce qu'on sait qu'il peut
03:40faire des gros écarts, ce qu'il a réussi à faire d'ailleurs ce match sur la troisième
03:43place.
03:44J'ai changé la composition de l'équipe, celui qui est le premier tireur, deuxième
03:48tireur et troisième tireur.
03:49J'ai senti que je devais faire quelque chose, c'est-à-dire que si on repartait trois heures
03:53plus tard sur le même schéma, sur les mêmes choses, on allait répéter exactement la
03:56même chose que sur Japon et j'avais pas envie en fait.
03:58J'avais pas 36 000 solutions, j'avais que trois gars, je peux plus les changer donc
04:02j'ai dit il faut que je trouve quelque chose et en fait tu te dis ça mais en même temps
04:05si tu perds on te dit excuse-moi le mot, t'es un poireau et t'as rien compris quoi, parce
04:09que tu fais plus finir ton meilleur tireur depuis 4-5 ans qui est double champion du
04:14monde, qui a un palmarès long comme le bras pour mettre quelqu'un qui finalement a moins
04:18d'expérience que lui.
04:19Ça a été vraiment une bascule psychologique parce qu'être finisseur c'est vraiment porter
04:23l'équipe un peu sur son dos parce qu'on peut avoir tous les points d'avance qu'on veut,
04:26c'est sur le dernier relais le finisseur ne met pas la dernière, l'équipe elle perd.
04:29Donc ça a été un changement tactique important qui moi m'a mis beaucoup de pression.
04:33Quand on rentre dans la nef du Grand Palais, que là il y a Stade qui est voué à notre
04:40cause, qu'il y a un bruit de malade, qu'il y a des tifos comme au foot, qu'il y a nos
04:44têtes sur des cartons et là je me rappelle, on regarde et il y a Enzo qui me fait Max
04:48Max regarde le tifo et moi je... parce que moi j'étais focus quoi, je me tourne, je
04:52vois Stade et il y a presque ouais je sais pas, il y a 30 secondes on est comme des enfants
04:56alors qu'on doit rester dans le combat.
04:58Le début de la rencontre a compliqué, ils nous ont très vite menés, on était derrière
05:03et au fil des relais on a réussi à disons un peu casser le jeu, c'est à dire prendre
05:08notre temps, recoller petit à petit et ensuite Enzo a fait un relais monstrueux sur un Américain,
05:14il nous a fait passer devant, ça les a fait douter je pense et après ils nous ont pu
05:18revu, on a pris vraiment le large.
05:20Au début du dernier relais on a 10 touches d'avance, soit je gagne et c'est normal,
05:24soit je perds et je passe pour le clown de service, donc la pression elle est présente
05:28et ma dynamique c'était de me dire je vais pas attendre qu'il essaie de mettre des touches,
05:32je vais pas subir, je vais l'agresser, c'est ce que j'ai fait, je l'agresse, je mets les
05:35deux premières et là une fois que j'avais mis les deux premières ça m'a un peu libéré,
05:39lui il a senti que là c'était fini et après j'ai pu terminer.
05:43Allez la dernière touche de Maxime Poitier, il faut qu'elle arrive, elle est arrivée,
05:46voilà c'est fait, la France est médaillée de bronze au jeu de Paris à la maison, devant
05:51leur public, une aventure extraordinaire.
05:54Le moment où il y a la dernière touche c'est un soulagement, ensuite quand on se retrouve
06:04avec les copains là ça commence avec de la joie et après c'est de l'euphorie, c'est
06:07de l'euphorie, je me rappelle avoir dit au coach adjoint, là les 24h, 48h qu'on va vivre,
06:13c'est aussi pour ces moments là qu'on essaie de faire des médailles.
06:15Plus rien ne compte, presque, il n'y a plus de misère sur terre, il n'y a plus de problèmes
06:27dans la vie, tout va bien et voilà ces 48h qui sont un peu utopiques, un peu fausses
06:32mais où il faut profiter et voilà c'était euphorique, franchement c'était très agréable.
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