00:00Est-ce que vous avez l'impression d'avoir remporté une victoire idéologique
00:03quand vous entendez François Bayrou parler, à son tour, de submersion
00:06comme vous le faites depuis des années ?
00:07Oui, mais cette victoire, elle était déjà remportée depuis longtemps.
00:10Les gouvernements précédents utilisent nos mots depuis bien longtemps
00:13mais comme l'a dit Marine Le Pen ce matin, les mots ne suffisent pas.
00:17Il n'y a pas d'actes qui suivent.
00:18Donc c'est sûr que vous vous donnez raison.
00:20Il y a des actes ? Bruno Retailleau a adressé une circulaire au préfet
00:22pour durcir les règles de régularisation pour revenir sur la circulaire valse.
00:26Il y a des actes ? Ils sont là ?
00:27Non, parce que si vous voulez, c'est toujours une circulaire de régularisation.
00:30Il n'y a pas à régulariser des personnes qui sont entrées sur le territoire de manière illégale.
00:34Alors c'était laisser au préfet la possibilité, en fonction de certaines situations,
00:38de régulariser, notamment pour les jeunes de plus de 18 ans
00:41qui ont été scolarisés en France,
00:43d'avoir cette possibilité-là de pouvoir les régulariser à leur majorité.
00:47Aussi pour les femmes victimes de violences conjugales,
00:49pour un certain nombre de cas précis qui ne sont pas prévus par la loi.
00:52Et la circulaire valse permettait effectivement cette régularisation sur des cas bien précis.
00:56Oui, c'était surtout une régularisation des travailleurs,
00:59ceux qui travaillent au Black depuis des années.
01:01Et donc c'était une récompense à la fois aux patrons voyous
01:03et aux personnes qui sont entrées de manière illégale sur le territoire.
01:06On pouvait toujours naturaliser des gens qui sont en situation de détresse particulière.
01:11Donc vous ne faites pas conscience aux préfets pour juger d'une situation…
01:15Mais en fait, je ne me défausse pas sur les préfets.
01:17Donc en fait, quand on dit « c'est les préfets »,
01:19les préfets obéissent au gouvernement de manière stricte et directe.
01:23Donc les préfets, quand M. Valls leur donnait l'ordre de régulariser massivement
01:27des étrangers en situation clandestine, ils le faisaient.
01:29Et M. Rotaillot, certes, revient à une situation antérieure.
01:32Mais par exemple, il ne veut pas, ou en tout cas il a renoncé,
01:35à rétablir le délit de séjour illégal.
01:37Ça veut dire concrètement qu'en fait, les clandestins,
01:40les étrangers qui sont en situation irrégulière en France,
01:42qui sont rentrés de manière illégale sur notre territoire
01:45ou qui s'y maintiennent de manière illégale,
01:47depuis François Hollande, ce n'est plus considéré comme un délit.
01:50Évidemment, tant qu'on ne reconnaîtra pas et qu'on ne rétablira pas
01:52ce délit de séjour irrégulier qui a toujours existé
01:55jusqu'au mandat de François Hollande, on ne pourra pas lutter.
01:57– Est-ce que vous mettez ça dans la balance pour ne pas censurer le gouvernement ?
01:59– On l'a toujours mis dans la balance.
02:00– Et qui ne changeait rien au schmilblick.
02:01– Si, il y avait moins de régularisation, il y avait moins de clandestins,
02:03on a des records, on a des records totaux.
02:05– Le RN et le FN dénonçaient quand même…
02:08– Oui, vous aussi à une époque.
02:09– Mais non, mais moi j'ai dit que ce n'était pas scandaleux,
02:12le RN et le FN dénonçaient quand même l'immigration de masse,
02:15bien que ce délit existât.
02:18Donc ça ne change pas grand-chose ce délit de séjour irrégulier.
02:22Ce n'est pas l'Alzheim, l'Oméga de la politique de désolération.
02:24– J'imagine que vous dénoncez le cambriolage.
02:26– Je pense que…
02:28– Est-ce que la loi empêche les cambriolages ?
02:29– Non mais d'accord, mais c'est pas…
02:30– Ça n'a rien à voir en fait.
02:32– Oui mais c'est un peu l'écume des choses, regardez par exemple.
02:34– Non, ce n'est pas l'écume des choses.
02:35Vous considérez qu'un clandestin illégal, il y a un problème.
02:38– Le sujet c'est par exemple les fameux laissés-passer consulaires
02:41et l'exécution des OQTF, ça c'est un vrai sujet.
02:44Vous avez vu que Trump, de ce point de vue-là,
02:47nous a quand même donné une leçon en matière de laissés-passer consulaires,
02:50puisqu'il a obtenu en un bras de fer d'à peine deux heures
02:56avec le président colombien,
02:57il a obtenu que la Colombie reprenne ses ressortissances
03:00que nous n'arrivons pas nous à obtenir.
03:01Ça c'est des vrais sujets plus que la question du délit de séjour irrégulier.
03:06– Il faut s'inspirer Donald Trump.
03:08– Mais non, mais ce n'est pas le sujet de s'inspirer de Donald Trump
03:12ou je ne sais quel dirigeant étranger.
03:15La France, si elle le veut, a les moyens d'obtenir l'application du droit international,
03:19à savoir qu'un pays doit reprendre ses ressortissances.
03:22– On voyait que ça ne marche pas.
03:24– Mais c'est parce qu'il n'y a pas vraiment de doctrine
03:27pour renvoyer les étrangers en situation illégale ou les OQTF en France.
03:31C'est-à-dire qu'en France, on considère que l'immigration est la bienvenue,
03:35qu'on a besoin d'immigration.
03:36– Ce n'est pas vraiment le cas Monsieur Tanguay.
03:38– Je l'ai dit toute la journée, par les institutions européennes.
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