00:00Concrètement où est-ce qu'on en est et qu'est-ce que vous espérez après cette journée un peu
00:14mouvementée ? Je vais commencer comme tout à l'heure. Je l'ai dit, le sport s'assume pas au
00:21budget parce que c'est bien plus que ça, mais à un moment donné il faut quand même parler budget.
00:24On peut pas non plus faire toutes nos activités sans avoir un budget décent. Ce que nous portons
00:30comme message commun au sein du mouvement sportif, c'est de dire qu'on a vu une année 2024
00:36extraordinaire, on a vu ce que porte le sport d'une manière générale à la société bien plus que
00:41d'ailleurs les Jeux Olympiques qui sont un élément du sport. Mais le sport c'est la cohésion, c'est
00:46vivre ensemble et on a naturellement besoin d'avoir plus de sport. Pour ça nous estimons déjà
00:52collectivement que historiquement le budget du sport est faible dans ce pays et que souhaitons
00:58qu'il puisse se développer. Or là ce qu'on voit c'est qu'au contraire, il se trouve restreint et
01:03que par rapport aux premières restrictions qui ont déjà été prévues, là on avait un coup de
01:08rabot supplémentaire qui en plus était totalement inacceptable, illégitime à nos yeux et c'est le
01:14message commun qu'on a porté chacun avec nos mots. Marie-Amélie avec beaucoup de vigueur et d'ardeur
01:20disant on peut pas accepter ça. Et on l'a dit, on est très heureux que le président de la République
01:26ait clairement aussi soutenu les propositions qui étaient les nôtres. Et ce qu'on attend
01:32maintenant c'est que le travail de la commission mixte paritaire ramène le curseur là où il doit
01:38être et qu'il nous permette de mener nos actions. Ce qui est navrant c'est de voir que celles et
01:42ceux qui ont porté de tels amendements ne raisonnent que sur un aspect purement comptable. On parle
01:49d'abord de 34 millions d'euros. Quand on voit à l'échelle globale du budget, à l'échelle quand
01:53même globale des bienfaits du sport, c'est absolument un non-sens et c'est ce que nous
01:59dénonçons aujourd'hui et c'est ce que le conseil d'administration du CNESF, après de longs débats
02:03cet après-midi, dénonce et que nos fédérations n'acceptent pas. On n'accepte pas que nous soyons
02:09encore plus mis à contribution alors qu'au contraire on a un afflux comme jamais dans nos
02:13clubs. On ne voudrait pas que l'héritage de Paris 2024 soit complètement tronqué par un budget qui
02:18n'est pas à la hauteur des ambitions en matière sportive. Où doit se situer selon vous l'honneur
02:22acceptable de ce budget ? Au bon niveau ? On est à 0,2% du budget du pays. Je pense qu'il faut
02:35aussi raisonner avec le budget cumulé de l'ensemble des collectivités territoriales. On estime nous au
02:40contraire que ce budget devrait être développé. Je pense que légitimement que nous puissions
02:48atteindre un milliard d'euros nous semble à peu près légitime en matière de budget du sport.
02:52Madame la ministre, on vous dit que le Premier ministre a entendu aussi. Qu'est-ce que ça veut
02:55dire ? Vous avez eu des échanges avec lui cet après-midi ? Nous sommes dans une période de
02:58dialogue. Ça ne nous a pas échappé. Il y a effectivement un amendement qui a été proposé la
03:01semaine dernière qui a été rejeté massivement par les sénateurs à l'unanimité et donc on continue
03:06à travailler la feuille budgétaire. Aujourd'hui nous avons des discussions en cours. Il y a une
03:11commission expéritaire qui se profile et donc on continue effectivement à discuter tant que la
03:16commission expéritaire ne s'est pas prononcée. On ne sait pas quel budget est accepté et donc
03:20pour l'instant la position que moi je défends c'est une position qui est partagée avec le
03:26mouvement sportif qui est celle de s'en tenir finalement à la mouture budgétaire du gouvernement
03:31barillé. L'effort supplémentaire qui est demandé est trop conséquent au regard de ce que peut
03:35proposer le sport comme effort. L'effort consenti était déjà suffisant. Nous voulons tous
03:41évidemment faire des efforts. Il y a beaucoup de censure qui est passée par là mais là l'effort
03:47consenti était déséquilibré par rapport à la réalité du besoin du sport. On est au lendemain
03:52des Jeux, ça a été très clairement dit par Marie-Anne Lévi-Lefure et David Labartien. Il y a
03:56des besoins réels aujourd'hui dans les clubs. Il y a beaucoup de clubs qui n'ont pas pu accueillir
04:00de nouveaux licenciés. Faute d'équipement, faute d'encadrant. Il faut entendre ce sujet-là et je
04:04crois que les sénateurs et les députés l'ont entendu puisque eux-mêmes ont voté un amendement.
04:08Monsieur Savin a voté sénat, monsieur Diers a voté député et donc ces amendements ils sont sur la
04:13table pour la prochaine commission exparitaire. Vous avez pourtant défendu l'amendement au sénat,
04:18c'est-à-dire que vous avez changé d'avis depuis ? Non, je n'ai pas changé d'avis. Sur l'amendement
04:23que vous avez défendu au sénat ? Oui, à l'amendement que j'ai défendu au sénat. Moi je suis au
04:30gouvernement, je défends les positions qui sont proposées par le gouvernement mais vous avez bien
04:35entendu aussi que j'ai défendu l'amendement de monsieur Savin au sénat. Oui bien sûr mais en
04:39tant que ministre vous avez défendu au sénat la proposition du camion que vous êtes en train de
04:43dénoncer là aujourd'hui. Parce que ce n'est pas que je change d'avis, c'est qu'on est dans une phase
04:48de dialogue au sein du gouvernement avec les parlementaires pour trouver le bon équilibre
04:51des budgets de l'Université. Président, vous avez employé le mot de déclassement de preuve que
04:58l'on ne doit pas accepter que le sport français soit déclassé ? Non, on ne veut pas que le sport
05:03français soit déclassé, on estime qu'on mérite mieux que ça et je pense que Maria Melli pourra
05:07donner aussi son point de vue qui est bien sûr notre point de vue est aussi partagé. Il y a un
05:13engouement, les françaises et les français, on voit les bienfaits du sport, ont envie de plus de
05:19sport, ils ont envie après les Jeux de Paris 2024 de s'engager dans nos clubs, on le voit
05:24je veux dire massivement, massivement dans nos clubs respectifs on a des arrivées et réduire les
05:30budgets alors qu'on a des arrivées dans le sport nous semble effectivement être un non-sens. Donc
05:35moi j'ai utilisé le mot aussi de défaser pour celles et ceux qui ont proposé des amendements
05:40de cette nature. Vous savez, on a le sentiment que quelque part un certain nombre d'acteurs pensent
05:48que le mouvement sportif n'est pas tout à fait comme nos amis de la culture, ça n'allongera pas
05:54devant le train et donc on peut continuer de nous tondre sans raison. Eh bien c'est ça qu'on a voulu
06:00avec force sans doute aujourd'hui dénoncer, c'est que non nous n'acceptons pas que sans arrêt on
06:05s'acharne en fait sur le sport par des gens qui visiblement sont loin d'en connaître l'ensemble
06:12des bienfaits et ça ne peut que les inciter à rejoindre nos clubs. Marie-Amélie vous serez
06:15prête à fermer les clubs pour protester par exemple ? C'est une idée juste jetée comme ça.
06:19C'est malheureusement peut-être une réalité qui nous guette, on l'a rappelé, ce n'est pas des
06:24économies à la marge qui nous sont demandées, c'est des économies d'échelle, moins de 300
06:29millions d'euros sur un budget qui pèse seulement 0,2% du budget d'état, c'est des fermetures de
06:34clubs qui sont devant nous, c'est des bénévoles qui se sont engagés pendant sept ans qui vont
06:38être totalement désabusés. Alors même, et c'était aussi le sens des vœux de ce soir, c'est de
06:43démontrer le bilan, que l'investissement qu'on avait eu et obtenu dans le sport depuis cette
06:48année parce qu'on était unis derrière cet objectif absolument fabuleux des Jeux de Paris 2024,
06:53a été un investissement qui nous a permis à la fois d'être à la hauteur de nos engagements sur
06:57les hautes performances, sur le haut niveau, sur le résultat de l'équipe de France aux Jeux
07:01olympiques et paralympiques, mais ça a eu aussi un impact structurant dans les territoires et quand
07:06on vous dit que les moyens de l'État, les moyens que nous avons mis collectivement, ont structuré
07:10la pratique parasportive avec une hausse de 127% dans certains territoires, avec mille nouveaux
07:15clubs formés, ça démontre bien que nous sommes des acteurs quand on leur donne les moyens qui
07:20agissent en responsabilité, pas pour leur précaré mais tout simplement pour l'intérêt général,
07:26pour le bien commun, pour finalement cette valeur sociale et sociétale du sport qu'on
07:31défend toutes et tous. Voilà le message qu'on voulait porter ce soir, c'est en ce sens que
07:35nous avons interpellé madame la ministre, bien évidemment on sait qu'elle a notre écoute parce
07:41que la ministre c'est l'incarnation de l'héritage de Paris 2024, mais ce soir c'était important de
07:47lui démontrer que oui, le mouvement sportif est mécontent de cette bête budgétaire qu'on lui
07:52demande de faire, alors même encore une fois que nous ne pesons que 0,2% du budget d'État.
07:57Madame la ministre, vous parlez de loyauté que vous donnez au mouvement sportif dans votre discours,
08:01jusqu'où êtes-vous prête à aller par loyauté ? On se pose forcément la question ce soir,
08:04est-ce que si ces 34 millions sont maintenus, c'est sans doute ?
08:08Moi j'en suis pas à faire de menaces, c'est pas du tout mon rôle, moi aujourd'hui mon rôle c'est
08:13de peser aux côtés du mouvement sportif, aux côtés des athlètes qui ont une revendication
08:18que je trouve légitime, donc mon action aujourd'hui c'est de dialoguer avec les
08:22parlementaires, les sénateurs, les députés, le gouvernement pour réfléchir à cette position
08:26et trouver le bon équilibre de l'effort qui doit être consenti par le budget des sports.
08:29Merci à vous.
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