00:00Jérôme Marty nous accompagne aussi. Bonsoir, vous êtes médecin généraliste, président de l'Union française pour une médecine libre.
00:05Je le disais, l'épidémie de grippe hivernale qui s'intensifie, qui est sévère cette année, qui s'intensifie notamment en ville.
00:15Vous, médecin généraliste, le constatez chaque jour qu'il passe ?
00:18Oui, bien sûr. On est face à une demande de soins extrêmement importante qui vient se greffer sur un état du système sanitaire qui n'est pas au mieux.
00:26On le sait tous, que ce soit l'hôpital ou la médecine de ville. Et une grippe qui donne de très forts symptômes.
00:30Il y a trois souches virales qui circulent en ce moment, du H1N1, du H3N2, du B. victoria.
00:36Et donc une grippe qui tape très fort, autant chez les enfants que chez les adultes et que chez les seniors, avec des gens qui arrivent aux urgences
00:43parce que la médecine de ville n'arrive pas à tout absorber, malheureusement, et donc des urgences qui sont embolisées.
00:48Et on connaît l'état des hôpitaux autant que des cliniques privées, d'ailleurs.
00:52Et tout ça fait que cette résultante un peu des politiques sanitaires qui ont été menées jusqu'à aujourd'hui fait qu'on a malheureusement des difficultés à prendre en charge tous les gens.
01:01Vous diriez que vous n'aviez pas vu de grippe aussi violente, sévère depuis un certain nombre d'années ?
01:10Oui, oui. Ça fait bien longtemps qu'on n'avait pas eu une épidémie de grippe aussi importante, dans ses conséquences, dans sa symptomatologie,
01:19et avec aussi une politique vaccinale qui est au ras du sol parce qu'on n'a pas voulu communiquer là-dessus depuis plusieurs mois,
01:27qu'on a laissé trop de champs libres à la mouvance anti-vax. Et aujourd'hui, on a une quantité de gens qui devraient être vaccinés, qui malheureusement ne le sont pas.
01:35C'est peut-être des gens même qui ne le souhaitent pas, docteur ?
01:39Qui ne le souhaitent pas pour certains, c'est vrai, mais qui ne le souhaitent pas, ça veut dire qu'il y a un déficit d'explications.
01:44Encore une fois, l'explication du vaccin, elle se fait autant dans les cabinets que dans les services de soins.
01:50S'il n'y a pas eu en amont toute une politique vaccinale d'explication, si on a abandonné la santé publique, on en arrive à ces extrémités-là.
01:58Et ça, c'est extrêmement dommageable d'être à 40 % de taux vaccinal de moins que la Grande-Bretagne. Ce n'est absolument pas normal.
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