00:00C'est évidemment aujourd'hui, et on va voir cette image, l'arrivée de Nicolas Sarkozy et le tribunal de la justice s'interrogent sur un point, je vous le rappelle.
00:05Nicolas Sarkozy a-t-il reçu des dizaines de millions d'euros de Mohamed Kadhafi, le dictateur libyen, pour financer sa campagne de 2007 ?
00:12Christophe, qu'est-ce qui vous interpelle sur cette image ?
00:14D'abord qu'un homme politique est en campagne électorale toute sa vie. 20 secondes d'image, 4 ou 5 poignées de main, des coups d'œil à tout le monde.
00:21Il a été chef de l'État, il a été ministre de l'Intérieur. Il demeure l'homme des administrations.
00:26C'est aussi un moyen de dire aux Français, regardez-moi, je respecte la police.
00:29Vous vous rappelez de Jean-Luc Mélenchon avec les policiers en 2018 ? C'était pas la même attitude.
00:33Et puis sur cette image, j'ai deux choses à vous indiquer. D'abord le mot « prévenu ».
00:37Entrée des prévenus.
00:38C'est pas marqué « entrée des coupables », « entrée des accusés ». « Prévenu », c'est un mot qui apparaît dans la langue française en 1467, pour des raisons de justice.
00:46« Prévenu », c'est celui qui vient devant ses juges. « Prévenu ». C'est pas qu'on l'a alerté, qu'on l'a prévenu, non. Il vient devant ses juges.
00:53La deuxième chose, c'est ça. Ceux qui connaissent bien Sarkozy, ils voient derrière ce sourire qui est plutôt un rictus, la fermeté, la détermination d'un animal de combat.
01:03Les juges vont passer un mauvais moment. Et d'ailleurs, ça a commencé aujourd'hui puisque Nicolas Sarkozy est allé jusqu'à contester la compétence du tribunal.
01:12« Cour de justice de la République », dit-il pour un ancien président, « pas correctionnelle ».
01:16Donc la bataille va être féroce. Le carnassier se voit à ce rictus.
01:19On va revoir l'image de l'arrivée. Qu'est-ce qui vous interpelle ? Qu'est-ce qui vous interroge, Amélie Rosic ?
01:23Moi, ce qui m'interpelle, c'est d'abord qu'il arrive plutôt souriant et avec le teint un peu hâlé. Et puis si la caméra nous avait montré le bas de son pantalon,
01:30peut-être qu'on aurait vu qu'il n'a pas de bracelet électronique. Pourquoi je vous parle de ce bracelet électronique ? Parce que je vais le rappeler, Nicolas Sarkozy a été condamné
01:38définitivement le 18 décembre dernier, décision de la Cour de cassation, à trois ans de prison ferme, dont un ferme aménageable sous bracelet électronique.
01:51Et donc pourquoi je vous disais qu'il a le teint peut-être un petit peu hâlé ? Parce que vous l'avez peut-être vu passer aussi cette image, qu'il revient de vacances au Seychelles avec sa compagne.
01:59Et donc on s'est posé la question, et sa fille d'ailleurs s'est posé la question, de pourquoi a-t-il pu partir alors qu'il devrait avoir un bracelet électronique ?
02:05Et non, il ne le porte pas, parce qu'en fait c'est beaucoup plus compliqué. C'est beaucoup plus long qu'on ne peut l'imaginer. La décision de justice, c'est une chose.
02:12Ensuite, il faut un juge d'application des peines qui détermine les modalités d'exécution de cette peine-là. Et donc en fait, techniquement, ça pourra prendre plusieurs mois.
02:20Et ce n'est pas le cas parce que c'est un ancien président de la République. C'est le cas parce que c'est indécisable.
02:24C'est le cas pour tout le monde et parce que la justice prend du temps.
02:26Comme un autre, un dernier élément tout de même, ce bracelet électronique, peut-être qu'il ne le portera jamais, car au 28 janvier, Nicolas Sarkozy aura 70 ans.
02:34Et que donc, il pourra le faire à une demande de libération constitutionnelle et in fine, ne jamais porter le bracelet électronique habituellement.
02:40Je veux vos regards à tous les trois pour les téléspectateurs qui nous regardent. Elsa Vidal, vous, ce n'est pas forcément Nicolas Sarkozy qui vous intéressez ?
02:45Oui, alors moi je vois bien sûr le plus illustre de ces prévenus, mais je pense naturellement à aussi Brice Hortefeux, Éric Woerth, Claude Guéant qui vont apparaître à l'écran.
02:58Trois anciens ministres de Nicolas Sarkozy.
03:00Trois anciens ministres, trois anciens proches. Éric Woerth, donc que l'on voit maintenant à l'écran et Claude Guéant qui vont apparaître.
03:06On l'a vu aussi.
03:07Très bien. Donc c'est ce qu'on pourrait qualifier de l'équipe rapprochée, peut-être même du clan Sarkozy, qui avait annoncé la fin de la réelle politique
03:15et qui ont pourtant œuvré à la réhabilitation diplomatique, j'entends, du Kononen Kadhafi, arrivé en France pour une première visite un 10 décembre,
03:24rester pendant cinq jours, alors qu'il avait été mis au banc de la société internationale et de la France parce qu'il avait notamment pris à partie, peut-être organisé,
03:33l'attentat qui a coûté la vie à 54 Français, 170 personnes en faisant exploser un Boeing de UTA en septembre 89.
03:40Et c'est la France, en dépit de ces déclarations, qui a permis à Mohamed Kadhafi de revenir en grande pompe et d'avoir droit de cité à Paris.
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