00:00Bah non, rien n'est joué dans ce procès parce que précisément on est face à des infractions à l'approvité,
00:04nous c'est notre spécialité à Anticor et c'est des infractions qui sont dissimulées, qui sont compliquées à démontrer.
00:11Compliquées pour trouver des preuves ?
00:12Voilà, on n'est pas sur un crime, là on a des valises de billets, des virements bancaires,
00:18il n'y a pas d'empreintes digitales qui ont été trouvées sur les valises de billets.
00:23Donc oui c'est compliqué, après là dans ce dossier il y a un faisceau d'indices quand même très très important
00:28et l'accusation considère que Nicolas Sarkozy et un certain nombre d'anciens ministres auraient commis des infractions très très graves.
00:35Et vous, chez Anticor, votre conviction est faite ?
00:37Non, nous notre conviction n'est pas faite, nous c'était très important à Anticor qu'on soit présent à l'audience,
00:43que les trois associations d'anticorruption soient présentes à l'audience,
00:46ce qui est historique, qui ne s'est jamais produit.
00:48Là on a Anticor, Sherpa, Transparency International France qui sont conjointement participées dans ce procès.
00:54Et pourquoi ?
00:55Parce qu'on considère qu'on est face à des faits présumés qui pourraient être d'une gravité sans précédent.
01:00Si Nicolas Sarkozy a véritablement corrompu Kadhafi, qui est un dictateur qui était au banc des nations, pour le remettre en fait...
01:11Il commençait déjà à revenir, pour être honnête, Jacques Chirac avait été en Libye,
01:15il commençait déjà à être introduit dans le jeu des nations.
01:18Si le pacte de corruption il y a, ce qu'on explique c'est qu'il y aurait eu des contreparties économiques, diplomatiques et judiciaires.
01:23En fait il y a trois contreparties, je ne sais pas si vous en avez déjà parlé parce que je suis arrivée un petit peu tardivement,
01:28mais ces trois contreparties présumées, elles sont hyper importantes.
01:31On a d'abord cette contrepartie diplomatique, le retour sur la scène internationale de Kadhafi avec évidemment...
01:36La fameuse tente dans le Jardin de l'Élysée.
01:38On a aussi des contreparties économiques qui sont importantes et qu'il ne faut pas négliger.
01:42Ces contreparties présumées, c'est notamment des contrats nucléaires qui auraient été conclus avec la Libye,
01:46alors qu'Areva était contre la conclusion de ces contrats, donc c'est hyper important.
01:51On a des contrats de surveillance, des contrats pétroliers qui feraient partie de ces contreparties
01:55et on a aussi une contrepartie juridique qui est en fait à la fois extrêmement grave et extrêmement triste
02:00qui est la promesse de la levée du mandat d'arrêt d'un terroriste qui aurait été responsable
02:06d'un attentat terroriste qui a touché plusieurs dizaines de Français qui sont décédés.
02:10C'est le beau frère de Muhammad Kadhafi.
02:12Et en même temps c'est Nicolas Sarkozy qui a fait chuter Kadhafi avec les Anglais.
02:16Plus tard, bien plus tard.
02:18Ils ont dit qu'il n'aurait pas été reconnaissant l'argument de Nicolas Sarkozy
02:22c'est que je ne peux pas avoir fait de pacte de corruption puisque je l'ai participé à sa destitution
02:28donc je n'aurais pas été reconnaissant s'il m'avait donné des billets.
02:30Il dit que les ex-dirigeants se vengent en fait.
02:32Ou alors il a essayé de se débarrasser des gênants.
02:36En fait Sarkozy dans ce dossier il a dit beaucoup de choses.
02:38Il a dit d'abord que c'était une...
02:40Et Akeddin aussi a dit beaucoup de choses.
02:4217, oui.
02:44Il faut l'écouter dans les deux sens, c'était Akeddin, pas seulement quand il l'accuse.
02:48Ce qui est intéressant c'est que le dossier ne repose pas du tout sur le témoignage d'Akeddin.
02:52Je crois que c'est important de le dire aussi.
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