00:00Il est 18h17, bonsoir Nicolas Nordman, vous êtes adjoint à la maire de Paris chargé
00:08de la prévention et de la sécurité, merci de prendre la parole sur RTL ce soir, un adolescent
00:12a donc été poignardé à mort ce matin devant le lycée Rodin dans le 13e arrondissement
00:16de Paris.
00:17L'enquête a été requalifiée en assassinat par le parquet, un individu a été interpellé.
00:22Monsieur l'adjoint à la maire, vous avez en charge la sécurité, quelle est votre
00:25réaction ?
00:26Ma réaction c'est qu'évidemment c'est un drame très important et que je voudrais
00:32d'abord avoir une pensée pour cette jeune victime, pour sa famille, il n'est pas acceptable
00:38qu'un jeune puisse décéder dans ces circonstances dans les rues de Paris.
00:42Ce phénomène des violences entre bandes d'adolescents se développe-t-il ?
00:46Alors c'est un phénomène qui n'est pas nouveau, c'est un phénomène que nous connaissons
00:50à Paris depuis maintenant quelques années, que nous connaissons aussi dans d'autres
00:54régions malheureusement.
00:56Nous avons d'ailleurs mis en place depuis quelques années à Paris une stratégie parisienne
01:02de prévention des rixes, qui permet justement d'essayer d'éviter que ces rixes n'arrivent,
01:07mais quand elles arrivent, bien évidemment c'est un drame et ça nous incite à redoubler
01:12d'efforts.
01:13Peut-on parler de règlement de compte ? En tout cas dans le 13e on aurait constaté
01:16huit affrontements entre bandes depuis le mois de mai, c'est une information du parquet
01:20de Paris, et si c'est le cas comment l'expliquez-vous ?
01:23Alors je ne sais pas si c'est des règlements de compte, vous savez les rixes c'est des
01:27phénomènes qui sont par nature imprévisibles, là en l'occurrence l'enquête nous dira
01:31précisément quelles sont les raisons, mais c'est vrai et je dois le dire que l'année
01:372024, depuis le début de cette année, après avoir eu deux années plutôt en régression
01:42par rapport au nombre de rixes constatés à Paris, nous avons une forme de résurgence
01:47malheureusement des rixes, encore une fois pour des raisons qui sont parfois très difficiles
01:51à comprendre.
01:52En cela est-ce que vous êtes en train de nous dire que par exemple le trafic de drogue
01:57n'est pas forcément impliqué ?
01:58Le trafic de drogue non, pas forcément, ça peut arriver mais ce n'est pas le cas de
02:02manière générale, c'est des affrontements dont on ne connaît pas forcément toujours
02:06les raisons.
02:07D'ailleurs très souvent les rixes prennent racine sur les réseaux sociaux, on voit que
02:13des jeunes se filment, parfois s'affrontent via les réseaux sociaux et puis ça se débouche
02:19à certains moments par des affrontements physiques dans la rue avec des rendez-vous
02:22qui sont donnés, etc.
02:24La victime était scolarisée à Alfortville dans le Val-de-Marne, est-ce que ça veut
02:28dire qu'en quelque sorte il y a des allées et venues comme ça entre les adolescents qui
02:32sont victimes ou tout simplement acteurs de ces violences ?
02:35Alors oui, nous avons parfois des affrontements entre jeunes venant d'arrondissements parisiens
02:40différents, nous avons également constaté des affrontements entre jeunes venant de villes
02:46différentes, d'ailleurs de l'approche très proche couronne parisienne.
02:49Rappelons-nous ce qui s'était passé il y a quelques années dans le 15e arrondissement,
02:54les jeunes sont très mobiles donc il n'y a pas forcément de lien avec le lieu où s'est
02:59produit la risque.
03:00Le maire du 13e arrondissement de Paris explique ne pas comprendre la localisation de ce drame
03:04mais en fait c'est ce que vous venez de nous dire, selon lui il n'y avait aucun signe
03:07avant-coureur.
03:08On parle quand même d'un meurtre à l'entrée d'un lycée quasiment, que dire aux parents
03:12et aux adolescents de ce quartier qui doivent être traumatisés et dont certaines familles
03:16nous écoutent ce soir ?
03:17Alors ce qu'on peut dire c'est que ce n'est pas un quartier où habituellement il y a
03:21ce type de phénomène, précisément autour de cet établissement scolaire-là, donc ça
03:25peut être le fruit du hasard d'une rencontre ou même peut-être d'un rendez-vous qui aurait
03:29été donné, ça on ne peut pas le dire au moment où on se parle, parce que l'éducation
03:33qu'on a mis en place dès ce matin c'est une cellule psychologique à l'intérieur
03:36de l'établissement pour évidemment accompagner les jeunes qui ont pu être présents, qui
03:41ont pu peut-être assister aussi à cet événement, à ce drame, et donc oui pour pouvoir les
03:46accompagner et les soutenir.
03:48Les chiffres publiés par la préfecture de police sont impressionnants, les RICS entre
03:52bandes rivales auraient progressé de 10% dans l'agglomération parisienne, les blessés
03:56ont augmenté de 28% et l'utilisation d'une arme de 22%.
04:00Parfois on se demande si on est spectateur et comment on peut être acteur pour que ce
04:03genre de violence baisse.
04:05On essaye d'être acteur au maximum, nous avons développé à Paris une stratégie parisienne
04:10de prévention des RICS, elle a maintenant quelques années, nous la relançons de manière
04:14extrêmement régulière, elle se joue à deux niveaux, il y a évidemment le niveau de l'urgence,
04:19par exemple dès ce matin suite à ce drame nous avons activé des boucles d'urgence qui
04:24existent dans tous les arrondissements parisiens concernés par les RICS, l'idée c'est d'envoyer
04:28sur le terrain toute une série d'acteurs, des médiateurs de la ville, nous avons une
04:32équipe de médiateurs qui sont spécialisés sur la question des RICS, mais aussi des éducateurs
04:37de rue, mais aussi des policiers municipaux, la police nationale, l'idée c'est d'éviter
04:41qu'il y ait des matchs retours parce que quand on a ce type d'affrontement, notre crainte
04:45c'est qu'il puisse y avoir des répliques si je puis dire, donc on a une stratégie qui
04:50permet de réagir à chaque fois que se produit une RICS pour que de nouveaux drames ne se
04:55produisent pas.
04:56Et puis il y a aussi des actions de long cours, c'est-à-dire qu'il faut faire de la prévention,
05:00la prévention elle doit se faire auprès des jeunes évidemment avec des interventions
05:04en milieu scolaire, avec l'organisation aussi de rencontres entre jeunes, par exemple des
05:10jeunes de quartiers différents qui ont des habitudes d'affrontement, on organise, on
05:14a organisé par exemple le mois dernier toute une série de rencontres sportives pour justement
05:19faire en sorte que les jeunes apprennent à se côtoyer dans des contextes différents
05:24que ceux de la rue.
05:26Et puis on a aussi des actions de prévention sur ce qui se passe sur les réseaux sociaux
05:30parce que encore une fois les réseaux sociaux c'est aujourd'hui le lieu où s'organisent,
05:35se développent des affrontements qui après arrivent dans la rue.
05:39Et puis bien entendu une action en direction des familles parce qu'il faut appliquer les
05:43parents et donc dans le cadre de cette stratégie parisienne nous avons aussi beaucoup d'actions
05:48d'accompagnement des familles et des parents, parfois des parents dont les enfants ont été
05:52hauteurs, parfois des parents dont les enfants ont été victimes, parce que bien évidemment
05:56il faut aussi à ce niveau-là que chacun puisse en responsabilité agir.
06:01Je suis frappé de voir que depuis le début de cet entretien vous avez plusieurs fois
06:05cité les réseaux sociaux, ils jouent un rôle dans ces affrontements, c'est évident
06:08pour vous ?
06:09Vous savez, il y a, moi je le dis parfois, il y a la rue réelle et il y a la rue numérique.
06:15La rue numérique finalement c'est là où on a le moins de prises, d'abord parce que
06:21les réseaux sociaux, les jeunes les utilisent abondamment, que ce sont des lieux qu'on
06:27ne peut pas contrôler et finalement des jeunes se retrouvent parfois livrés totalement à
06:32eux-mêmes, parfois en se lançant des défis, en se filmant, en se mettant sur les réseaux
06:37sociaux et donc c'est une vraie difficulté.
06:39C'est la raison pour laquelle on a développé toute une série d'actions de prévention
06:44d'informations.
06:45On pense aussi par exemple qu'il faut éduquer les adultes, par exemple les éducateurs de
06:50rue, par exemple nos médiateurs, parce qu'ils ont évidemment l'habitude d'intervenir dans
06:55la rue réelle mais c'est beaucoup plus compliqué d'intervenir dans la rue numérique.
06:59Vous venez de me dire qu'il faut éduquer, pardonnez-moi de vous interrompre mais je
07:02me mets à la place de nos auditeurs, vous venez de nous dire qu'il faut éduquer les
07:05éducateurs ?
07:06Sur les réseaux sociaux, oui, bien évidemment, on a besoin aujourd'hui de pouvoir avoir
07:12des personnes, des acteurs qui parlent le langage des jeunes et aujourd'hui le langage
07:18des jeunes c'est via les réseaux sociaux.
07:19Une toute dernière question qui est en même temps une remarque, on est quand même stupéfait
07:23des structures qui semblent s'occuper de ces violences, groupements locaux de traitement
07:27de la violence, GLTD, on y trouve le parquet de Paris, la préfecture de police, la préfecture
07:31de région, la ville de Paris, l'éducation nationale, la protection judiciaire de la
07:35jeunesse, qu'est-ce qu'il faut faire ?
07:37Ça ne marche pas.
07:38Qu'est-ce qu'il faut faire de plus, pardonnez-moi ?
07:44Moi je le dis, à chaque fois qu'un drame se produit, il faut être capable de se remettre
07:50en cause, de relancer les dispositifs, de les affiner, de les améliorer.
07:54Pour nous c'est un combat à la salle que nous avons, en tout cas nous avons par exemple,
08:00dans le cadre de notre stratégie parisienne, nous avons activé en 2024 déjà 86 fois
08:06notre dispositif d'alerte RICS qui permet de déployer immédiatement sur le terrain
08:10des acteurs pour justement éviter qu'il y ait des affrontements.
08:13Dans la très grande majorité des cas, heureusement qu'on y arrive et donc on évite les affrontements,
08:19mais dans certains cas, comme malheureusement ce matin, soit parce qu'on n'a pas eu l'information,
08:24soit parce que c'est le fruit d'une rencontre qui peut être tout à fait par hasard entre
08:29des jeunes, on n'est pas là et finalement on n'arrive pas à éviter.
08:33Mais je crois qu'on arrive néanmoins à mener des actions, en tout cas on le fait
08:40de manière extrêmement résolue, parce qu'on ne peut pas se satisfaire du fait que des
08:45jeunes s'affrontent de manière extrêmement violente dans les rues de Paris ou de régions
08:51puisque c'est un phénomène malheureusement qui n'est pas spécifique à Paris.
08:5586 alertes RICS nous dites vous cette année, votre attention revenu plusieurs fois dans
09:00cet entretien sur les réseaux sociaux qui joueraient un rôle dans ces affrontements.
09:04Merci infiniment Nicolas Nordmann, adjoint à la mairie de Paris, chargé de la prévention
09:08et de la sécurité d'avoir pris la parole ce soir sur RTL.
09:10Et dans un instant, toute l'actualité dans le journal de 18h30, puis RTL Inside.
09:15Nous vous proposons tous les soirs de la semaine un produit lié aux fêtes de fin d'année,
09:18et ce soir une belle curiosité, le caviar, oui mais le caviar végétal,
09:23notre journaliste va-t-il le piquer ? C'est laissé tenter et vous entendrez que cette
09:27nouveauté marche très très fort. J'aime pas le caviar, alors moi le caviar végétal,
09:30vous voyez ce que je veux dire ? Très bien, à tout de suite.
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