00:00Romain, vous l'avez dit, depuis la frappe du 21 novembre,
00:02on a appris à connaître des informations sur un missile qu'on ne connaissait pas bien,
00:06parce qu'en réalité, c'est un missile qui était toujours en phase expérimentale.
00:10On ne connaît pas le nombre dont dispose exactement la Russie.
00:13On sait que sa portée aujourd'hui est une portée régionale
00:17et peut couvrir l'ensemble des villes de l'Ukraine,
00:19mais également l'ensemble des villes de l'Europe de l'Ouest,
00:21comme on le voit sur cette image.
00:22Le but de ce missile, c'est de nous dissuader, de nous faire peur,
00:25donc c'est l'intérêt de montrer ces images.
00:27En particulier, les montées, il est difficile à détruire
00:29parce qu'il est monté sur un véhicule, il est mobile,
00:31donc pas facile de trouver sa position.
00:34Et une particularité, c'est qu'effectivement,
00:36il peut délivrer à la fois des ogives nucléaires et des ogives conventionnelles.
00:40Dans la frappe qu'il a effectuée sur Dnipro, c'était même des ogives inertes.
00:43Et effectivement, il est très difficile à intercepter
00:45avec les systèmes en service actuellement en Europe
00:48et donc il est quand même globalement invulnérable si les Russes décident de l'utiliser.
00:53Donc c'est vraiment une nouvelle menace sur le théâtre ukrainien.
00:56Est-ce qu'on peut craindre une nouvelle attaque avec ce missile ?
01:00Je pense que la question qui se pose effectivement,
01:01c'est celle de cette nouvelle attaque.
01:02La réponse est probablement oui, possiblement oui concernant l'Ukraine,
01:06mais très vraisemblablement non concernant les pays de l'OTAN.
01:10Et d'abord, s'il y a une frappe comme celle du 21 novembre,
01:12elle ne sera pas nucléaire, elle sera conventionnelle.
01:15Je rappelle, c'était même des ogives inertes qui ont fait très peu de dégâts,
01:18alors ils pourraient mettre des charges conventionnelles pour faire plus de dégâts,
01:20mais ce n'est pas simple, jamais personne ne l'a fait pour l'instant.
01:23Le but est de nous impressionner, c'est de nous dissuader,
01:25de renforcer notre soutien à l'Ukraine.
01:27Ce n'est pas de déclencher une guerre mondiale,
01:28c'est toujours une ligne rouge absolue à la fois pour les Américains et pour les Russes.
01:33Et en fait, c'est le contexte de l'approche des négociations
01:36qui rend la phase du conflit extrêmement tendue.
01:39Et Poutine veut pousser son avantage en nous faisant peur.
01:43Il veut compter sur notre faiblesse parce que Poutine ne connaît que la force.
01:46Donc c'est vraiment le moment, il ne faut évidemment pas faire n'importe quoi,
01:49mais surtout pas non plus lui faire preuve de faiblesse.
01:52Le sort de l'Ukraine se joue dans ces dernières semaines.
01:55Quand on dit le sort de l'Ukraine,
01:57c'est également le sort de la sécurité de l'architecture européenne.
02:00Donc c'est également le sort de la sécurité et la sécurité de la France.
02:03Ce qui se passe est effectivement très important en ce moment.
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