00:00Toute décision prise par le Premier Ministre qui répond aux alertes que nous faisions nombreux
00:06de ne pas taxer l'électricité et donc de porter atteinte au pouvoir d'achat des Français,
00:11évidemment qu'on va soutenir cette proposition et que ça va dans la bonne direction.
00:15Donc sur le fond, aucun problème. Mais la forme, elle est désastreuse
00:18puisqu'elle ne procède pas d'une discussion avec tous ceux qui ont porté cette demande.
00:23Elle donne terriblement l'impression que c'est en urgence, dans la panique,
00:28pour essayer d'obtenir les bonnes grâces du Rassemblement national,
00:32confirmant ce que vous évoquiez à l'instant dans votre discussion.
00:35Et ce qu'on sait depuis deux mois, c'est que ce gouvernement,
00:37il a décidé lui-même de se placer sous surveillance du Rassemblement national.
00:42Rappelez-vous, quelques heures ou quelques jours après son arrivée,
00:45Michel Barnier qui décroche le téléphone pour appeler Marine Le Pen
00:47pour s'excuser d'une certaine manière de tel ou tel propos.
00:52On est dans cette situation d'impasse parce qu'il y avait un autre scénario possible
00:56qui était de construire le compromis avec l'ensemble du Parlement.
00:59Je vais vous raconter une chose qui s'est passée hier à l'Assemblée nationale
01:02et qui est peut-être passée un peu inaperçue.
01:04Il y avait la commission mixte paritaire sur l'autre sujet.
01:06Le premier qui va venir, le budget de la Sécurité sociale.
01:09Moi, j'y siégeais comme socialiste.
01:12Et au début de cette commission mixte paritaire, je suis venu en disant
01:16il ne suffit pas que vous soyez mis d'accord à l'intérieur du socle commun
01:20entre les LR et la Macronie.
01:23Essayons de voir un budget de la Sécurité sociale.
01:26Et je l'ai dit très solennellement, sur lequel nous, socialistes,
01:29on pourrait dire qu'on n'est pas contre au bout du résultat.
01:32De faire en quelques heures, voire quelques jours dans cette CMP,
01:35le compromis qui a été impossible.
01:37Fin de non recevoir.
01:39On nous a dit que ce n'est pas le mandat que nous avons sous-entendu du gouvernement.
01:43C'est-à-dire que si on est dans une situation d'impasse,
01:45c'est que plutôt que de négocier des bouts de chandelles
01:48avec le Rassemblement national pour éviter leur éventuelle censure,
01:53c'est avec l'ensemble des parlementaires qu'il fallait le faire.
01:55Moi, je ne me réjouis pas qu'on termine tout ça dans un 49-3,
02:00dans une motion de censure et dans une crise institutionnelle.
02:03Et nous étions prêts à faire des compromis, c'est-à-dire à réduire nos exigences.
02:07Chacun devait mettre de l'eau dans son vin.
02:09– Oui, alors là, quand même, Michel Barnier revient sur la hausse du prix d'électricité.
02:14C'est quand même un geste fort.
02:15Est-ce que ça vous fait réfléchir ?
02:17Est-ce qu'en tant que député socialiste, vous dites,
02:19finalement, il ne faut pas censurer Michel Barnier ?
02:23– Alors d'abord, prenons les choses dans l'ordre.
02:24Le premier 49-3 possible, il n'est pas sur le PLF, le budget de l'État,
02:30il est lundi à 15h dans l'hémicycle.
02:33Puisque dans le budget de la Sécurité sociale,
02:35qui, je le rappelle, est plus important en volume que le budget de l'État,
02:38et qui porte sur l'hôpital, qui porte sur le pouvoir d'achat des retraités,
02:42sur les déremboursements des médicaments qui sont dans les conclusions
02:46qui ont été retenues, ou le déremboursement des consultations médicales,
02:50nous sommes plusieurs à avoir dit, ce n'est pas satisfaisant.
02:52Et je crois même avoir entendu, je l'ai même entendu hier,
02:55le représentant du Rassemblement national qui disait,
02:57ce sont des lignes rouges qui font que nous serons hostiles à ce budget.
03:01Donc, est-ce que ce week-end, le Premier ministre est capable de dire,
03:05eh bien, si j'ai un 49-3, ou si on revient en lecture,
03:09je reviens sur telle ou telle mesure ?
03:10Il ne fait rien en ce sens.
03:13Donc, le 49-3, je suis au regret de dire qu'il est inéluctable,
03:17parce que le gouvernement n'a pas fait le compromis depuis deux mois.
03:22Et indéniablement, il y aura une censure.
03:24Mais oui, c'est la logique institutionnelle.
03:26Quand on refuse de faire ce qu'on a promis dans son discours de politique générale,
03:29quand Michel Barnier nous disait, je n'ai eu que 15 jours pour préparer le budget,
03:33et donc il est perfectible, et qu'en réalité, il a refusé tout bouger,
03:37il a négocié uniquement avec ses propres soutiens,
03:40et je mets beaucoup de guillemets, parce qu'il les soutenait comme la corde soutient le pendu.
03:43Quand M. Attal disait, hors de question, qu'il y a une augmentation du coût du travail
03:48en revenant sur les allégements de cotisation,
03:50ils n'ont fait que négocier sur ça, refusant,
03:53ce qui était quand même aussi les préoccupations, et je le redis,
03:55aussi longtemps qu'on n'aura pas assez de moyens pour l'hôpital public,
03:58qu'on ne soutiendra pas le pouvoir d'achat des Français,
04:00eh bien, il y aura une vraie difficulté et un manquablement à 49-3.
04:04Mais ils en sont les responsables.
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