00:00Non, il y a des conséquences graves à la non-adoption d'un budget.
00:04Les premières, elles sont aléatoires, vous l'avez dit tout à l'heure,
00:06c'est potentiellement une spéculation économique sur à la fois notre déficit,
00:10notre dette et donc des conséquences économiques et financières qui sont potentiellement graves.
00:14Je ne sais pas mesurer ce risque-là aujourd'hui.
00:16En réalité, vous l'avez dit vous-même tout à l'heure,
00:18peu de monde peut prédire ce qui va se passer.
00:20Sur la question de la paie des fonctionnaires,
00:22on est bien évidemment en train de préparer tous les scénarios.
00:24Ils ne sont pas réjouissants et ils sont graves.
00:27Le fait de ne pas avoir de PLF fait que le Parlement doit voter…
00:30Projet de finance, le budget de l'État.
00:31Le budget de l'État, le fait de ne pas avoir de budget, ce qui est assez inédit,
00:34obligerait au vote d'une loi spéciale sur laquelle vous voyez bien tout à l'heure
00:38avec M. Tanguy qu'il a déjà une analyse divergente de M. Coquerel
00:41sur ce qu'on pourrait mettre sur cette loi spéciale.
00:42Donc, il n'est pas donné et garanti qu'il vote à la fin cette loi spéciale.
00:46À partir du 1er janvier, si nous avons une loi spéciale,
00:49à ce moment-là, les fonctionnaires continuent à être payés mais sur une base de 2024.
00:54Donc, il n'y a plus aucune possibilité de faire des revalorisations catégorielles
00:59à partir du 1er janvier 2025 pour améliorer la condition des policiers,
01:03des magistrats, de la pénitentiaire.
01:05Au-delà de ça, au-delà du paiement et des mesures catégorielles,
01:08la question des recrutements se pose puisque vous avez 5,7 millions d'agents
01:11de la fonction publique et il y a un certain nombre de recrutements
01:13qui sont nécessaires pour remplacer des retraites,
01:15des départs en retraite qui sont nombreux, plus de 150 000 dans la fonction publique.
01:19Et si ces recrutements-là ne sont pas faits,
01:21or si nous n'avons pas de budget, si nous n'avons pas de crédit,
01:23ces mêmes recrutements ne sont pas assurés dans tous les ministères.
01:27Autre élément factuel, si aucun budget n'est voté à partir du 1er semestre
01:31de l'année prochaine, les enveloppes se vident
01:33puisque nous sommes sur la base budgétaire de 2024.
01:35C'est pour ça que ce que disent ceux qui sont favorables
01:38au fait de faire chuter le gouvernement, c'est qu'il y aurait un nouveau budget
01:40qui serait voté début 2020.
01:42Oui, mais je n'ai aucune garantie, monsieur Duhamel, et vous non plus,
01:44qu'il y ait une majorité pour le voter.
01:46Et donc, je ne peux le certifier.
01:48Et donc, tant que nous n'avons pas de nouveau budget,
01:50les caisses se vident progressivement.
01:52Et donc, vous remplissez un chariot et un caddie
01:54avec éventuellement un billet pour pouvoir payer vos courses,
01:56mais potentiellement, à la fin, vous arrivez à la caisse
01:58où vous ne pouvez pas payer votre caddie.
01:59Et donc, le risque de tout ça, c'est que l'accumulation du paiement
02:02des fonctionnaires et des éventuels recrutements
02:05qu'on en arriverait à faire dans un contexte
02:07où le budget n'a pas bougé d'un iota par rapport à 2024,
02:10nous crée une situation très compliquée
02:13d'un point de vue des comptes publics,
02:14c'est-à-dire même de paiement à la fin de l'année 2025.
02:17Donc, vous voyez que ce n'est pas sans conséquences,
02:19ce n'est pas anodin.
02:20On n'est pas en train de festoyer joyeusement au 1er janvier
02:23s'il n'y a pas de budget.
02:24Et donc, notre responsabilité, c'est de tout faire pour avoir un budget,
02:27de faire en sorte d'être dans le dialogue et dans les gouttes
02:30et de compter sur la responsabilité parlementaire.
02:32Moi, j'ai été parlementaire pendant 7 ans,
02:33j'ai été député pendant 7 ans.
02:35Je ne me résous pas à l'idée qu'il y ait des alliances contre nature
02:38qui fassent chuter le budget
02:39et qui mettent potentiellement un pays entier dans la difficulté
02:42et prennent même ce risque à partir du 1er janvier.
02:45Je ne m'y résous pas.
02:46Donc, on va continuer le dialogue, comme l'a fait Michel Barnier,
02:48jusqu'au bout.
02:49Mais à un moment, il faut savoir négocier,
02:51il faut savoir arrêter et trouver un deal
02:54et essayer de passer les fêtes tranquilles
02:56et laisser les Français tranquilles à partir du 1er janvier.
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