00:00Ces accords de libre-échange, ils vont encore nous pénaliser,
00:02baisser nos droits, baisser notre émunération.
00:04C'est absolument pas normal.
00:05À Reims, une quinzaine de producteurs locaux
00:07se sont rassemblés à l'appel de la Confédération Paysanne
00:10afin de dénoncer les conséquences désastreuses
00:12que pourrait avoir le projet de traité de libre-échange Mercosur
00:16sur le secteur agricole français.
00:18On va faire une petite action en faisant une petite pièce de théâtre,
00:20en échangeant quelques brebis contre une voiture.
00:24Parce que les accords de Mercosur, c'est ça,
00:26c'est vendre un petit peu d'industrie dans les pays d'Amérique du Sud
00:31en échange de produits que nous, par contre, on produit.
00:34En échange de viande.
00:35En Amérique du Sud, si on est capable de produire à moins cher qu'en France,
00:39malgré qu'on ait du transport et des tas de choses comme ça,
00:41moi, j'y vois qu'une chose, c'est la misère en Amérique du Sud.
00:44Parce que si on crée la misère ici, ça veut dire que le paysan de Labol
00:46l'a vendu encore moins cher que ce que nous, on est capable de le faire.
00:49C'est aller tout le temps au moins dix ans
00:50et c'est des choses qui me révoltent un petit peu.
00:52Au-delà du projet d'accord de libre-échange Mercosur,
00:55les producteurs réclament l'application du prix plancher
00:58promis par le président Macron lors du dernier salon de l'agriculture.
01:02Il y aura un prix minimum, un prix plancher.
01:06C'est-à-dire que l'indicateur qui est défini dans une filière,
01:09on va repartir sur la construction du prix de l'avant,
01:12ce sera un prix plancher en dessous duquel le transformateur ne peut pas l'acheter
01:16et donc en dessous duquel, après derrière, le distributeur ne peut pas vendre.
01:19La base de tout ça, c'est le prix plancher.
01:21Il faut absolument qu'on redise concrètement aux agro-industriels,
01:25à ceux qui récupèrent notre valeur,
01:28que notre rémunération, elle n'est pas négociable.
01:30Elle n'est plus négociable, ce n'est plus possible.
01:33Il faut redonner une vraie valeur pour compenser nos coûts de production
01:37qui ont augmenté depuis un certain nombre d'années,
01:39nous permettre de nous rémunérer et permettre de payer nos charges sociales.
01:43On a perdu bientôt 700 000 paysans en 20 ans, 25 ans.
01:50On nous annonce dans 10 ans une perte de 100 à 150 000 paysans.
01:53Il faut absolument arrêter cette hécatombe.
01:55Donc l'idée, c'est vraiment de se dire, ces accords de libre-échange,
01:58il faut revenir dessus.
01:59On n'est pas contre des échanges internationaux, mais sous d'autres formes.
02:03Et surtout, on revient sur du prix plancher, prix minimum d'entrée.
02:06Pour Corentin, jeune paysan maraîcher dans la Marne,
02:09l'agro-industrie a pour seul objectif la baisse des coûts de production.
02:13C'est la logique capitaliste de faire du profit.
02:17C'est que c'est plus rentable pour l'agro-industrie de faire ça.
02:20C'est la seule et unique raison pour laquelle on le fait.
02:23On est capables de faire du beurre en France,
02:24mais on le vend 5 000 euros à l'étranger dans la latine,
02:27alors que nous, on peut l'importer pour 2 000.
02:29Le calcul chez Président, il est vite fait.
02:31C'est l'argent, l'argent, l'argent, toujours l'argent.
02:34Mais quand il n'y aura plus rien à manger, l'argent, on n'en rêvera pas.
02:37Parce que quand il n'y aura plus rien à manger, ça sera mort.
02:40Pour Étienne, éleveur de porc et au vin bio dans les Ardennes,
02:43la viande importée d'Amérique latine peut être de bonne qualité.
02:47Tout ce qui est Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay,
02:49ils sont capables de produire de la viande avec à peu près la même qualité que nous,
02:54puisqu'ils ont des élevages très extensifs.
02:56On leur a vendu notre génétique il y a une trentaine d'années.
02:58Donc aujourd'hui, ils sont capables de nous fournir de la viande de bœuf,
03:01de blonde d'Aquitaine, de limousine, d'Angus ou quoi d'autre.
03:05En 2003, on avait été manifester à Saint-Julien-en-Genevois
03:08pour du bœuf qui arrivait avec de la carcasse à 1 euro.
03:10Ce n'est même pas le prix de l'abattage.
03:14C'est le prix du ciseau.
03:20C'est le prix du ciseau.
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