00:00L'événement RTL de ce matin va vous faire bondir.
00:05Imaginez, vous allez au travail, comme tous les matins, mais le chemin pour y parvenir
00:09est tellement risqué et truffé de dealers que votre société, votre employeur est obligé
00:14de vous faire escorter par des agents de sécurité.
00:16Ce n'est pas une fiction, c'est bien en France, en 2024.
00:20Bonjour Antoine Decarnes.
00:21Bonjour.
00:22Alors que les ministres de l'Intérieur et de la Justice sont attendus tout à l'heure
00:25à Marseille pour présenter justement un plan contre le narcotrafic, vous vous êtes
00:29rendu au nord de Paris, à la frontière entre le 19ème arrondissement et Aubervilliers,
00:34sur une zone justement où les bureaux sont encerclés par les toxicomanes.
00:38J'arrive au moment où la journée se termine.
00:42Les salariés quittent leurs bureaux, des bâtiments ultramodernes pour rejoindre la
00:45gare RER.
00:46Sur ce chemin de 700 mètres, au-dessus du périphérique, il y a au sol des seringues,
00:52des gants, des vêtements souillés.
00:54Plus d'une cinquantaine de consommateurs de crack se sont installés, des toxicomanes
00:59que croise Marie qui travaille ici.
01:00Tous les jours on convoit des gens qui sont drogués, mais plus plus.
01:05Quand vous arrivez le matin, quand vous repartez le soir, vous êtes sur vos gardes.
01:08Veste de velours noir et mallette bien serrée dans sa main droite, Marie travaille au siège
01:12du ministère de la Justice, 3000 agents sont implantés ici, porte d'Aubervilliers, et
01:17il y a 6 mois, elle s'est retrouvée face à face avec l'un de ces zombies comme elle
01:21les appelle.
01:22Il y a quelqu'un qui a voulu me demander quelque chose et je lui ai fait un signe de
01:26la main pour l'éloigner, et en fait il s'est approché de moi en levant la main
01:30sur moi.
01:31Donc je suis partie en courant.
01:32Mais il était sous l'effet de substances ? Oui, on les voit, le matin c'est walking
01:37dead ici, ils sont tous défoncés au crack, c'est squatté par de la prostitution, par
01:43du deal, par de la violence.
01:45C'est pour ça que la sécurité elle est mise en place.
01:48Une sécurité bien visible, j'ai repéré en marchant une vingtaine d'hommes en noir
01:52des vigiles, chacun leur poste qui quadrille la zone, un dispositif commun à toutes les
01:58entreprises ici depuis 2019, mais largement renforcé depuis septembre.
02:02Et il y a encore plus surprenant Antoine, c'est que désormais certaines entreprises
02:06demandent à leurs vigiles d'escorter carrément les salariés jusqu'au transport en commun.
02:10Et justement, devant le tourniquet d'entrée vitrée du siège de la BNP Paris, un groupe
02:14de salariés s'est formé discrètement autour d'un agent de sécurité, je m'approche
02:19de l'un de ces employés.
02:21Vous sortez du boulot monsieur ?
02:22Ah ouais.
02:23Comment ça se passe, il y a des agents qui vous accompagnent ?
02:25Oui, ils mettent à disposition des points de rassemblement à certaines horaires pour
02:30marcher justement en groupe avec des agents jusqu'au RER.
02:32Toutes les demieurs à un vigile, les escortent donc jusqu'à la station.
02:36Juste à côté, le ministère de la Justice propose lui à ses agents de les raccompagner
02:40en voiture ou même en bateau, comme l'admet son porte-parole Cédric Laugelin.
02:45Il y a également pour le ministère de la Justice des navettes qui sont mises en place
02:48et qui accompagnent les agents jusqu'au transport en commun.
02:51Alors, pardon, mais où est la police Antoine ? On l'entend, la sécurité apparemment
02:56est seulement assurée par des agents privés.
02:58Oui, mais selon les policiers du département, la police n'est plus capable de gérer seul
03:03ces gens sous emprise, ce n'est pas surprenant pour Éric Couvras, secrétaire du syndicat
03:08Unité en Seine-Saint-Denis.
03:09Ça ne me choque pas, la police ne peut pas être présente H24 partout.
03:13Il y a des actions de police qui sont effectuées, il y a des contrôles très fréquents.
03:16Ce qu'on a besoin, c'est des moyens humains et plus de policiers.
03:19Pourtant, face à cette situation, certains salariés comme Julie estiment qu'ajouter
03:24des agents de sécurité ne réglera pas le problème.
03:27Plutôt que de nous protéger ces gens-là, on devrait les aider eux et s'ils étaient
03:30aidés et pris en charge, ils ne seraient pas là, ce n'est pas du tout la solution.
03:34Elle s'attend à ce que ces toxicomanes soient déplacés comme ce fut le cas par le passé
03:37dans un autre coin de Paris, ce qui n'aurait pour elle aucune utilité.
03:41Erthé, l'événement assez impressionnant signé Antoine Decarnes.
03:46Merci à vous.
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