00:00Bonjour Cyril, vous n'avez pas eu depuis les championnats du monde, on voulait bien
00:09sûr vous retrouver pour faire un petit bilan de cette saison 2024 et aussi jeter un petit
00:14oeil sur ce qui arrive en 2025.
00:17Déjà premièrement, un petit bilan rapide, qu'est-ce que tu retiens de cette saison ?
00:23La première chose, c'est qu'on a Pogachar qui l'a dominé, on va presque dire, du début
00:34à la fin, avec une maîtrise absolument extraordinaire.
00:39On a un autre personnage qui a aussi maîtrisé, on va dire, tout le début de saison, c'est
00:50Roland-Dercoule avec des résultats absolument extraordinaires.
00:55Et puis un petit réveil français sur le début de l'année avec un certain nombre
01:04de victoires rafraîchissantes dans la mesure où, même si la plupart, ça n'était pas
01:12les grandes épreuves du World Tour, c'est toujours bien et c'est toujours bon de gagner.
01:17Gagner, ça donne envie de recommencer, ça donne confiance à titre personnel, mais également
01:26sur le plan collectif.
01:28Là, ce qu'on peut dire dans un premier temps sur cette saison qui a permis aussi aux Français,
01:40et là j'ai envie de dire merci aux équipes pro d'avoir fait le nécessaire pour que les
01:47Français soient prêts pour les Jeux Olympiques avec cette deuxième et troisième place qui
01:54sont quand même assez extraordinaires, avec des adversaires qui n'étaient pas faciles,
02:01une course bien maîtrisée.
02:04Et puis, j'ai presque envie de dire, finalement, nos Français n'ont pas eu de chance sur ces
02:10Jeux Olympiques parce que la voiture d'Evénepoel était derrière Evénepoel lorsqu'il a crevé
02:17à quelques kilomètres de l'arrivée.
02:18On aurait pu faire un et deux, finalement, de ces Jeux Olympiques, mais c'est quand même
02:23mieux que le plus fort l'ait emporté.
02:27Si on revient un peu sur, tu l'as cité, la domination de Tadej Pogacar, ce n'est pas
02:30que la domination de Tadej Pogacar, c'est également celle de toute l'équipe UAE Team
02:34Emirates avec 81 victoires sur toute la saison.
02:37On n'a presque vu que du UAE toute l'année.
02:42On a fait une petite analyse sur Cyclisme Actu, est-ce que l'équipe UAE Team Emirates
02:47de 2024 est supérieure à celle de Jumbo Visma 2023 en termes de saison, en termes de
02:53résultats ?
02:54Laquelle tu placerais au-dessus par rapport à l'autre ?
02:57On n'est pas loin du dite-dite quand même, les trois Grands Tours, un podium complet
03:05sur l'un des trois Grands Tours, personne ne l'avait encore jamais fait.
03:11Aujourd'hui, Pogacar et UAE, parce que l'information tue l'information, les événements éliminent
03:22les événements passés, ça va très très vite aujourd'hui.
03:25Mémoriser ce qui s'est passé il y a un an ou deux, il faut presque aller rechercher
03:30les archives et cette domination de UAE fait passer au second plan l'exploit de Visma
03:38l'an dernier.
03:39Alors, il y a toujours des explications à cela, on n'est pas une année au-dessus de
03:44tout le monde et l'année d'après mauvais.
03:46Je pense que d'abord il y a eu la grave chute en Espagne et celle de Vingegaard entre autres
03:53et de Evenepoel également, puisqu'il y était dans cette chute, malheureusement, il n'y a
03:58pas que ces deux coureurs, mais ces deux coureurs avaient quand même une influence sur le déroulement
04:07de la saison qui a suivi, qui ont peut-être aussi un peu favorisé UAE.
04:12Alors, UAE, quand le leader voltige, les équipiers voltigent.
04:16Il ne faut pas chercher à expliquer ce qui ne l'est pas.
04:22Quand vous avez un grand leader, vous êtes grands équipiers.
04:25Ces mêmes équipiers dans une autre équipe sans grand leader, vous retirez 20% de rendement.
04:32Et la motivation collective est quand même quelque chose d'extraordinaire et j'ai eu
04:39la chance de connaître ce genre d'épisode remonté autour 84 et vous comprendrez ce
04:49que je veux dire.
04:51On avait quand même gagné dix étapes sur le tour et un et trois au classement général.
04:56Lorsqu'il y a cette euphorie de la victoire, eh bien ça gagne, c'est logique, c'est normal
05:04et c'est d'autant plus logique que c'est l'équipe qui a le plus gros budget, qui
05:10part en voie de conséquence à les meilleurs coureurs.
05:14Deuxième voie de conséquence, c'est celle qui a les moyens aussi d'aller chercher
05:20les meilleurs jeunes dès 17-18 ans, donc dans les catégories junior et donc la relève
05:31se fait de façon naturelle.
05:33Maintenant, est-ce que ça va durer longtemps ou pas, c'est un autre sujet.
05:41Mais ce n'est pas anormal que UAE domine de cette façon-là aujourd'hui compte tenu
05:47des éléments que je viens d'apporter.
05:50Pour partir un peu sur le sujet de ces derniers jours, bien sûr le parcours du Tour de France
05:592025 qui a été dévoilé.
06:00Qu'est-ce que tu en penses ? On sait que nos lecteurs eux sont plutôt contents de
06:06ce parcours, ils l'aiment, on l'a vu sur un sondage qu'on a fait récemment sur le
06:10site.
06:11Toi, qu'est-ce que tu en penses ?
06:13C'est bien de penser beaucoup de choses sur le parcours, sauf que nous n'avons aucune
06:20maîtrise sur la course et qu'on sait, parce que ça a été démontré depuis des années,
06:28que ce ne sont pas les parcours qui font les compétitions et qui font le classement.
06:34Ce sont les coureurs qui vont s'adapter au type de parcours et plus un parcours est
06:41difficile, plus les coureurs sont sur la réserve, les stratèges des équipes avec leurs oreillettes
06:52maîtrisent aussi au maximum ceux qui pourraient les mettre en danger par des offensives peut-être
06:58pas très bien pensées.
07:01Donc, chaque équipe va se mettre dans les conditions d'une course par rapport aux adversaires
07:12mais par rapport au parcours.
07:14Tout parcours trop difficile bloque la course.
07:18Ça, on l'a encore eu sur le tour d'Italie où il fallait faire plus que les autres,
07:27et finalement, on s'est rendu compte que, comme c'est vrai tous les ans, le tour se joue sur 3-4 étapes maximum,
07:38pas sur les 21 étapes, sauf que chaque étape est un des éléments du Pulse qui va permettre
07:49à un moment de faire la décision au travers du plus fort ou des plus forts.
07:56Donc, on peut tourner ça dans tous les sens.
07:59Il en faut pour tout le monde.
08:01Les sprinters ont besoin d'exister, les coureurs, on va dire punchers, ont besoin d'exister.
08:11Donc, la course n'est pas aussi simple que le parcours peut le laisser paraître.
08:18Il n'y aura pas 2 étapes où ça va voltiger et puis 5 où tout le monde va s'écraser.
08:26On peut être satisfait du parcours, oui, parce qu'a priori, on a le sentiment que c'est équilibré.
08:35On en reparlera à l'arrivée du tour, si vous voulez.
08:38Et un parcours 100% français, c'est positif ou alors c'est de l'ordre de l'anecdote ?
08:44Non, je m'en fiche complètement.
08:46Oui, c'est bien ce qu'il me semble.
08:48Non, mais je parle dans le déroulement de l'épreuve.
08:53Non, je trouve que le tour, c'est bien, c'est un des éléments qui fait parler.
09:00On a un tour de France qui est en France.
09:02Moi, quand j'entends le mot tour, c'est plutôt au tour et pas à l'intérieur.
09:09Vous voyez, les mots ont un sens quelquefois.
09:15C'est bien que cette année, ce soit comme ça.
09:18L'année prochaine, on repartira à l'étranger.
09:20N'oublions pas quand même que le tour à l'étranger, partout où il est passé,
09:26ça a toujours été un succès absolument extraordinaire pour vendre le vélo,
09:33mais vendre l'image de la France.
09:36Si tous les sports le vendaient comme le cyclisme, ça serait bien.
09:41Tous les consultants, tous les suiveurs du cyclisme
09:44se sont un peu livrés au jeu d'analyse du parcours en mode
09:48est-ce que ce parcours du Tour de France 2025 convient mieux à Tadej Pogacar ?
09:52Est-ce qu'il convient mieux à Jonas Vindelgaard ?
09:54Est-ce qu'il convient mieux à Remco Evenepoel ?
09:56Est-ce qu'au final, en résumé de tout ça,
09:58on ne peut pas juste dire que sur sa forme de 2024,
10:01de toute façon, peu importe le parcours, il conviendra à Tadej Pogacar.
10:05Il convient toujours au plus fort.
10:08Donc, est-ce qu'il convient plus à Pogacar ?
10:14C'est bien de commencer à construire des châteaux,
10:18sauf qu'on les construit un peu tôt.
10:21Il va y avoir la marée et le château.
10:23Vous savez, quand la marée arrive sur le château de sable,
10:26la plage redevient la plage.
10:32À l'époque où j'étais directeur sportif, à la tête de mes équipes,
10:37je commençais à regarder le parcours du Tour
10:40à trois semaines du Tour, pas avant.
10:45Pour plusieurs raisons.
10:47La première, c'est que vous avez une première vue le jour de la présentation.
10:54On n'est pas des imbéciles.
10:57Une fois qu'on a vu le parcours, on sait déjà beaucoup de choses.
11:01Après, quand on veut écrire l'histoire, c'en est une autre.
11:05Mais pour le directeur sportif, vous savez déjà tout.
11:08Vous savez déjà pratiquement quel type d'équipe vous allez préparer.
11:16Vous savez, à priori, six mois avant, les cours que vous allez mettre.
11:21Et puis, trois mois avant, vous en avez un tiers qui est out.
11:26Eh bien, quand on dit c'est un tour plus pour Evenepoel, pour Pogacar,
11:31pour Vingegaard ou pour un autre, seront-ils au départ ?
11:38Alors, à quoi ça sert de faire des scénarii
11:41quand on ne sait même pas quels sont les acteurs ?
11:44Et les acteurs, dans quel état seront-ils ?
11:50Je n'ai encore jamais vu un tour où tous les plus grands courants,
11:57que ce soit pour le sprint ou pour la montagne et le classement général,
12:03où ils étaient tous au départ.
12:06Et je n'en ai pas encore vu un parmi ceux qui étaient au départ,
12:09qui étaient encore tous là à moins d'une semaine de l'arrivée.
12:14Le tour et le sport ont toujours ces mystères.
12:19Et aujourd'hui, on est dans cette situation où je ne sais pas si Pogacar sera au départ.
12:27Alors, s'il n'est pas au départ, on dira, ah, c'était pourtant un tour qui lui allait très bien.
12:32Très bien, mais sera-t-il au départ ?
12:35Donc, moi, j'ai beaucoup de mal à aller sur...
12:39Alors, bien sûr, je lis, j'écoute, j'entends, quelquefois avec un grand sourire.
12:45Mais quelquefois, il faut aussi combler des minutes d'antenne.
12:51On va refermer cette page Tour de France, puisque dans tous les cas, c'est dans très longtemps.
12:55On a quelques mois qui arrivent avant ça.
12:58Parlons un peu du Mercato, qui a été un peu plus calme cette année que l'année dernière.
13:03On avait notamment eu les cas Roglic, les cas Heuttebroeck,
13:07qui avaient animé cette période de transferts.
13:11Cette année, quels sont un peu les transferts qui t'ont marqué ?
13:15Quelles sont aussi les équipes qui font, selon toi, un bon Mercato ou pas ?
13:20Il y a un Mercato... C'est marrant, d'ailleurs, parce que je trouve qu'on n'en parle pas énormément.
13:28C'est celui de Julien,
13:32qui part dans une équipe qui n'est pas World Tour,
13:37accompagnée, si ma mémoire est bonne, de Hirschi,
13:41qui a été le meilleur coureur sur les deux derniers mois de la saison.
13:49Ça, c'est un Mercato qui est intéressant.
13:52On est très loin du World Tour. On va chercher, bien sûr, à y aller.
13:56Et on fait un recrutement qui est XXL.
14:01Et ça, ça me paraît très intéressant.
14:06Pour le reste de l'ensemble des transferts, c'est relativement calme.
14:10Rappelez-vous, il y a un an, c'était des équipes qui fusionnaient, d'autres qui se rachetaient.
14:15On était loin de la tranquillité, de la sérénité de cette année,
14:22même si on parle de 10 millions d'euros pour Evenepoel pour aller rejoindre la Bora.
14:29Oui, ça entretient les commentaires.
14:39Mais pour l'instant, Evenepoel, il est toujours chez le Fever.
14:43Et puis, on verra bien plus tard.
14:47Non, il y a Lenny Martinez, qui est intéressant à suivre,
14:51parce qu'il part dans une équipe qui n'est pas obligatoirement en phase avec notre culture,
14:59et peut-être même celle tout simplement des Martinez.
15:03Il y a une dynastie Martinez qui a une certaine culture, une certaine idée de ce qu'est le vélo,
15:11que ce soit avec le papa, le tonton, le père.
15:16Et maintenant, j'ai envie de dire le petit-fils.
15:19Comment va-t-il s'adapter dans ce monde-là ?
15:22Je n'ai pas trop peur pour lui, mais c'est quand même quelque chose qui va être intéressant.
15:29Partir dans une équipe dont on a du mal à connaître d'ailleurs l'agriculture aujourd'hui,
15:36qui est un petit peu en deuxième rideau,
15:40parce que Baragne, ce n'est pas l'équipe qui fait rêver aujourd'hui.
15:44Peut-être que Lenny arrivera à faire en sorte qu'on rêve de cette équipe.
15:49Ce sera, à mon avis, difficile.
15:51On a parlé du contrat à 10 millions pour Evenepoel qui ne s'est pas fait,
15:55mais qui a été mis sur la table.
15:56On a eu récemment le contrat de Tadej Pogacar,
15:59qui a été tendu jusqu'en 2030 avec 8 millions d'euros à la clé.
16:03Comment tu évalues justement cette explosion des salaires ?
16:07Encore une fois, on a l'impression que c'est toujours plus d'argent, toujours plus long.
16:12On s'écurise sur des contrats de 5, 6, 7 ans.
16:15On a des jeunes coureurs qui sont engagés jusqu'en 2030, 2031.
16:20Comment tu évalues justement cette tendance-là, toi ?
16:24C'est une évolution qu'on a commencé à avoir depuis quelques années.
16:29À une époque, on signait des contrats pour les jeunes de 2 années.
16:35Je suis bien placé pour en parler, puisque le premier contrat qui a existé,
16:39c'est moi qui l'avais fait à l'époque où j'étais président du syndicat des coureurs.
16:43Donc, ça remonte à quelques années.
16:46Donc, l'obligation de 2 années pour des néopros.
16:51Ça, ça a été conservé.
16:54Ensuite, progressivement, on est passé de renouvellement de contrat sur une année,
17:01voire sur deux maximum.
17:04Des fois, quand on faisait signer 3 ans, on avait quelques surprises.
17:08C'est que les coureurs devenaient plus ou moins fonctionnaires en disant
17:12« je vais surtout me battre la dernière année pour retrouver un contrat ».
17:18Donc, on restait toujours sur des contrats relativement courts.
17:22Et puis, au fil des années, les choses ont évolué.
17:26Les budgets ont aussi évolué.
17:29Ça, c'est important.
17:31Je pense que le contenu des contrats, je ne les connais pas aujourd'hui,
17:34mais je pense que le contenu des contrats a dû également évoluer pour cause.
17:41Avant, on était plutôt sur culture de contrat français.
17:45Après, on est passé, puisque maintenant, vous savez que c'est l'anglais qui est la langue officielle,
17:50et que les contrats, la plupart du temps, se font en anglais.
17:54Et puis, on a les équipes arabes qui sont arrivées,
18:02avec l'UAE, Baragne, etc.
18:05Les compétitions qui sont arrivées également là-bas, pas seulement le cyclisme, le hand, le foot.
18:10Donc, il y a un nouveau courant qui arrive.
18:14Et là, on arrive aujourd'hui avec des équipes qui n'ont pas de budget dédié.
18:21Ils ont le budget nécessaire pour faire la meilleure équipe.
18:25Et donc, ils ont la possibilité de faire des contrats à longue durée,
18:30avec des rémunérations qui sont à la hauteur du talent des coureurs.
18:37Mais moi, ça ne me choque pas.
18:40Comme je dis, je ne connais pas les clauses.
18:42Il va bien y avoir des clauses de sortie d'un côté ou de l'autre.
18:45On ne se marie pas à vie sans possibilité d'en sortir.
18:51Sauf pour Wout Van Aert, au final, qui a signé un contrat à vie.
18:55Qu'en penses-tu de ce contrat à vie de Wout Van Aert à l'Avisma ?
18:58Écoute, quand il aura 82 ans, on en parlera.
19:05Ça ne veut rien dire.
19:09Est-ce que toi, personnellement, dans ce monde du cyclisme 2024,
19:13où on a l'impression qu'il y a de plus en plus d'argent,
19:16que les jeunes sont exploités de plus en plus tôt,
19:21est-ce que ça te plairait d'être manager d'une équipe,
19:24d'être directeur sportif ?
19:26Ou ça a trop changé et ça ne te plairait pas ?
19:32Je vais répondre à la dernière question.
19:36Est-ce que les directeurs sportifs existent encore aujourd'hui ?
19:42Il était il y a quelques années.
19:45Aujourd'hui, effectivement, dans la voiture,
19:47vous avez des gens qui ont l'appellation directeur sportif.
19:52Ils sont surtout des gens qui communiquent à la radio.
19:57Je me suis amusé à faire...
20:00Avant, un directeur sportif, c'est le patron de l'équipe,
20:03c'est le patron des coureurs.
20:06Aujourd'hui, quand vous prenez un coureur professionnel,
20:09dans une équipe, il a au moins, au minimum, sept référents.
20:15Sept référents avec lesquels il va avoir des relations
20:21particulières ou privilégiées.
20:24Alors, rapidement, vous allez voir, ça va très vite.
20:27Il a le directeur sportif qui lui est dans la voiture.
20:30Mais, en fait, l'entraîneur est plus important que le directeur sportif.
20:36Quand l'entraîneur n'intervient pas, y compris dans les programmes coureurs
20:41et dans la stratégie de course,
20:47vous avez, derrière tout ça,
20:50vous avez le psy, le préparateur mental,
20:58le masseur, vous ajoutez à cela le diététicien
21:03qui pèse les carottes râpées et les concombres.
21:07Mais chaque personne est en relation directe avec chaque coureur.
21:12C'est-à-dire que le coureur n'a plus un seul patron dans une équipe.
21:15Il en a 6, 7, voire 8.
21:18D'autant qu'en plus, les directeurs sportifs,
21:20tels que les choses se passent aujourd'hui,
21:22un jour, vous êtes avec Paul, directeur sportif numéro 2,
21:26le lendemain, vous êtes avec Pierre, directeur sportif numéro 4,
21:29ensuite, vous vous retrouvez avec le numéro 1.
21:32C'est-à-dire que vous n'avez pratiquement jamais le même directeur sportif, ou très peu.
21:36Ce qui n'a donc rien à voir avec ce qui se passait il y a 40 ou 50 ans,
21:42où là, les organigrammes étaient très clairs, simples.
21:47Les choses sont beaucoup plus compliquées
21:49parce qu'en plus, au-dessus, vous avez un manager général
21:52ou des managers généraux avec, là aussi, des responsabilités différentes.
21:57N'oublions pas que des équipes comme celle que je dirigeais,
22:01on était à moins de 50.
22:03Aujourd'hui, on est pratiquement à 140, 150.
22:06C'est-à-dire que c'est une véritable entreprise.
22:08Donc, on ne peut plus regarder les choses de la même façon.
22:13Un coureur qui est véritablement la personne la plus importante,
22:16ce qu'on appelait le tiers privilégié,
22:19c'est-à-dire la personne avec qui vous allez aller si vous avez le moindre souci.
22:26Mais il y a tellement de référents
22:29que si vous allez voir votre tiers privilégié,
22:33est-ce que vous allez lui dire ça ne va pas avec Pierre ou ça ne va pas avec Paul ?
22:38Et là, on retombe dans une sorte de marasme relativement difficile et complexe à comprendre.
22:46Je pense qu'aujourd'hui, être coureur cycliste ne doit pas toujours être très marrant.
22:52Et puis, il y a une conséquence à tout ça.
22:55C'est le nombre de coureurs qui passent en burnout.
23:00Moi, j'ai, pendant des années, des coureurs qui sont passés en burnout.
23:05Oui, on a eu deux ou trois en 25 ans, c'est tout.
23:10Aujourd'hui, c'est trois ou quatre par an.
23:15Donc, on ne maîtrise pas très bien les choses.
23:18Mais on ne va pas refaire le monde.
23:22Moi, je n'avais pas de PlayStation quand j'étais gamin.
23:25J'allais garder les vaches.
23:27Ce n'était pas la même approche.
23:29Je pense qu'on a fait le tour avec Cyril.
23:31On le retrouvera très certainement par la suite sur Cyclisme Actu
23:35pour discuter de la suite de l'intersaison
23:38et bientôt le début de la saison qui arrive dans moins de deux mois maintenant sur le cyclisme.
23:43Oui, c'est très bien, pas de souci.
23:46On va garder les vaches.
23:50Merci beaucoup Cyril.
23:51On vous retrouvera bien évidemment dans quelques semaines sur Cyclisme Actu.
23:56Bonne fin de journée.
23:58À bientôt.
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