00:00Et on parle automobile ce matin Nicolas, rattrapé par la crise, Volkswagen engage une thérapie de choc.
00:05De choc, oui. C'est IG Metall qui a sorti les infos, elles n'ont pas été commentées mais ni démenties par la direction.
00:10IG Metall, vous savez, c'est l'énorme syndicat de la métallurgie sur pandémie, quand ils disent un truc, ils savent de quoi ils parlent.
00:16Donc trois usines qui ferment en Allemagne, d'abord en Basse-Saxe, plus une quatrième sans doute en Chine du côté de Shanghai.
00:24Des dizaines de milliers d'emplois supprimés, des dizaines de milliers, la marque Volkswagen y a 120 000 salariés.
00:30L'ensemble du groupe, ça fait 300 000 personnes.
00:33Une baisse des salaires de 10 %, puis un gel des salaires pendant deux ans.
00:38Alors que IG Metall continue à avoir sa revendication de départ et veut une augmentation de salaire de 7 %.
00:44Donc pour l'instant, on ne parle que de la marque Volkswagen et de ses 120 000 salariés.
00:47L'objectif, c'est de réaliser 4 milliards d'euros d'économie après déjà 10 milliards annoncés il y a pratiquement maintenant un an.
00:54La direction ne dément pas, elle n'a pas confirmé non plus.
00:58La région de Basse-Saxe, qui a une position minoritaire au capital mais de blocage, ne s'est pas prononcée.
01:03Mais un porte-parole de Olaf Scholz a quand même considéré que les salariés n'avaient pas à payer les mauvaises erreurs du passé.
01:09On pense notamment au dieselgate.
01:11Voilà, on en est là ce matin, mais c'est vraiment un plan.
01:14Je rappelle que l'entreprise avait le jour en 1937.
01:17Jamais une usine n'avait fermé.
01:18Il y avait une garantie de l'emploi qui avait été signée il y a 30 ans et qui a été dénoncée au début du mois de septembre.
01:22C'est quand même un moment historique.
01:24Nicolas, ce qui se trame chez Volkswagen est la traduction de ce que va ou ce que subit la filière automobile en Europe.
01:32Absolument, mais plus encore Volkswagen.
01:35Il y a trois éléments chez Volkswagen qui sont allemands.
01:38La fin de l'énergie bon marché qui venait de Russie avec la guerre en Ukraine, c'était une spécificité allemande.
01:42La fin du débouché sans limite pour les exportations allemandes vers la Chine, c'est une spécificité du modèle mercantile allemand.
01:49Et la récession en Allemagne qui n'est pas une généralité en Europe.
01:51Maintenant, bien sûr que ce qui se passe chez Volkswagen, premier constructeur d'Europe,
01:55c'est complètement révélateur de ce qui se passe dans l'ensemble de la filière.
01:58Partout, les ventes chutent et notamment c'est vrai dans l'électrique.
02:02Partout, la concurrence des voitures chinoises produites en Chine est là.
02:05Et on a beau mettre des droits de douane en Europe, ça ne suffira pas.
02:08Les Chinois vont pouvoir garder les prix malgré les droits de douane et continuer à faire des marges,
02:12dans la mesure où ils ont des coûts de production extrêmement bas par rapport à ce que nous avons en Europe.
02:17Partout, dans tous les pays, les Occidentaux ont du retard dans l'électrique.
02:20Partout en Europe, les normes et les règlements de dingo sont là avec des dates dès 2025.
02:25Là, il y a une nouvelle contrainte d'empreinte carbone.
02:27Je ne parle même pas de la date de 2035.
02:30Vous avez des constructeurs européens qui commencent déjà volontairement à freiner les ventes de thermique
02:34parce que sinon, en janvier, ils auront des amendes.
02:36Et vous avez les Chinois qui s'installent.
02:38On en a vu un qui a fait de la pub chez nous, notamment.
02:40Il a ouvert un showroom sur les Champs-Élysées l'été dernier.
02:42Il ouvrira sa première usine européenne en Hongrie dans quelques semaines.
Commentaires