00:00En effet, vous avez bien raison. Beaucoup de ressemblances avec la situation de Naomi Musanga,
00:07qui, je vous le rappelle très brièvement, à 22 ans, n'a pas été prise en charge par le SAMU et est décédée quelques heures après.
00:13Il y a incontestablement des questions ou des attitudes qui ne sont pas posées.
00:19Alors forcément, sur le cadre d'aujourd'hui, c'est difficile, puisque nous n'avons que peu d'éléments et surtout pas la bombe sonore.
00:25Nous savons que pour Naomi, il y avait eu plus qu'un mépris. Il y avait eu un comportement inhumain et détestable.
00:32Et toute la famille se bat encore aujourd'hui pour éviter que ces situations se répètent.
00:38On a entendu l'ami de cette jeune fille décédée qui parle de mépris ou en tout cas d'une difficulté d'être prise au sérieux.
00:47Alors je comprends qu'on m'explique qu'on ne peut pas saturer le SAMU de personnes étant victimes de fièvres et de diarrhées.
00:54Pour autant, si la personne souffre au point de demander de la morphine, qu'elle ne peut plus bouger, et ce dès le premier appel,
01:00j'ai du mal à accepter cet argument.
01:04Et je pense qu'il y a de la part de l'assistant, mais aussi du médecin régulateur, un certain nombre de questions qu'il convenait de poser.
01:12On entend parler de perte de connaissances avant le premier appel. Est-ce que des questions ont été posées à la victime ?
01:19Alors tout cela, c'est très difficile et c'est un travail compliqué aux urgences, bien évidemment.
01:23Mais encore une fois, je constate, et malheureusement j'ai plusieurs victimes qui viennent vers moi, je constate une attitude qui n'est pas toujours
01:32à la hauteur de l'urgence qui est nécessaire, parce que la question n'est pas de savoir ce que l'on peut offrir.
01:37On avait le sentiment qu'après le drame qui avait touché Naomi Musenga, je précise que le pératrice a été condamné,
01:44que les choses avaient un peu changé, qu'on avait par exemple amélioré la formation de ceux qui décrochent, justement.
01:50On ne l'a pas amélioré la formation, on l'a, pour ainsi dire, créé. Il n'y avait pas réellement de formation auparavant, si ce n'est la formation
01:56qui était donnée par les anciens aux nouveaux assistants de régulation médicale. Aujourd'hui, il y a un diplôme et il y a une formation,
02:03vous avez raison de le rappeler, depuis 2019, c'est-à-dire quelques temps après le drame de Naomi Musenga.
02:08Et ça, c'est un progrès, c'est inévitablement une très bonne décision, une très bonne chose. Cependant, je crains que cela ne suffise pas.
02:16Il y a du mieux, mais nous voyons bien, à travers le témoignage du drame d'aujourd'hui, que la situation n'est pas parfaite, loin de là,
02:25et qu'il y a des situations où le dysfonctionnement peut amener un certain nombre de questions, et l'enquête qui est en cours nous permettra, je pense, d'y répondre.
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