00:00C'est la dernière ligne droite.
00:02Petit boulot ventre.
00:03L'ascension de l'Innoxtag au sommet de l'Everest,
00:05c'est un beau challenge personnel,
00:07mais on ne peut pas parler d'exploit.
00:24J'ai une démarche qui est plutôt belle de dire
00:26je vais aller me former quand même pendant un an.
00:28Je sors au pied de la montagne et j'apprends à cramponner à cet endroit-là.
00:31C'est des choses qu'on voit en réalité.
00:32Cet été, j'étais sur le K2
00:34et on a vu des gens arriver
00:36et ils apprenaient à mettre des crampons pour la première fois
00:38alors qu'ils allaient faire le deuxième sommet le plus haut du monde.
00:41Et là, on se dit mais là, ça ne marche pas.
00:43Ce n'est pas une démarche qui est correcte.
00:45Ces gens-là réussissent à aller sur des expéditions comme ça
00:47parce qu'ils ont beaucoup d'argent.
00:49Ils vont se payer plusieurs Sherpas, de l'oxygène,
00:52tout un staff qui va gérer complètement toute la partie montagne.
00:57Et ça veut dire que ces gens-là qui arrivent sans aucune expérience,
01:00je ne parle pas de l'inox pour le coup parce qu'il s'est formé réellement.
01:03S'il arrive quoi que ce soit dans la montagne,
01:05ils sont incapables de redescendre tout seuls.
01:07Ils n'ont aucune autonomie sur la montagne.
01:09Et ça, c'est problématique.
01:11Bouteille d'oxygène.
01:12On ne va pas la mettre dès maintenant mais un peu après.
01:14Bouteille prête. Ready.
01:17Là, on a 700 mètres de dénivelé à faire
01:19pour aller jusqu'en 3.
01:20Moi, avec mon père, quand on a fait notre ascension en 90,
01:24on a utilisé la logistique d'une expédition.
01:26Les tentes qui étaient mises en place au camp de base.
01:28Après, sur la montagne, on est monté par nos propres moyens
01:32et on a utilisé de l'oxygène à partir de 8000 m
01:36au camp 4 du col sud
01:38parce qu'on portait un parapente qui faisait 6 kg.
01:41Aujourd'hui, pour la plupart des gens,
01:43monter avec oxygène, c'est presque devenu normal.
01:46Il y a eu une vraie différence entre une ascension sans oxygène
01:49et une ascension avec oxygène.
01:51L'ascension d'Inès au sommet de l'Everest,
01:53c'est un beau challenge personnel.
01:55Mais on ne peut pas parler d'exploit.
01:57Alors qu'effectuer une ascension sans oxygène,
02:00pour le coup, ça reste un exploit, quel qu'elle soit.
02:02On va au bout de soi-même,
02:04on va au bout des limites du corps humain, tout simplement.
02:14J'ai eu la chance d'aller par deux fois sur le sommet de l'Everest.
02:17Une première fois avec mon papa, quand j'avais 17 ans.
02:21Et à cette époque, j'étais le 15e Français au sommet de l'Everest.
02:24C'est pour dire qu'il n'y avait pas grand monde qui allait là-bas.
02:26J'ai jamais connu les embouteillages qu'on peut voir maintenant
02:29dans les images sur l'Everest.
02:31On va en montagne pour se ressourcer,
02:33pour être dans des paysages extraordinaires.
02:35Là, en l'occurrence, c'est tellement haut qu'on est entre la Terre et l'espace.
02:38Et si c'est pour se retrouver avec des dizaines et des dizaines de personnes autour de soi,
02:42ça n'a plus aucun sens pour moi.
02:44Interdire la montagne, je ne trouve pas que ce soit une bonne chose.
02:46Il faudrait trouver un juste milieu où on dise,
02:48on limite l'accès, entre guillemets, aux touristes,
02:53à ceux qui ont peu d'expérience,
02:55et limiter le nombre aussi.
02:57C'est-à-dire, on dit, je vais dire n'importe quel chiffre,
02:59mais au-delà de 100 personnes, ça devient compliqué.
03:09Moi, j'ai eu un papa qui était guide de haute montagne
03:12et qui m'a amené depuis tout petit à faire plein de choses avec lui.
03:16Il m'a amené au sommet du Mont Blanc, j'avais 11 ans.
03:19A 14 ans, il m'a fait traverser toutes les Alpes à ski.
03:22On a fait 2000 km en ski de randonnée.
03:24J'ai raté l'école de février aux vacances de Pâques.
03:27Et après, par contre, l'été, il a fallu que je reprenne des cours.
03:30Et quand il m'a proposé d'aller à l'Everest,
03:32pour moi, c'était naturel d'aller en montagne,
03:34de faire des choses avec mon père,
03:36que ce soit le Mont Blanc, n'importe quel sommet, quelque part.
03:39Je n'avais pas cette ambition de dire,
03:42je vais aller au sommet du monde pour prouver quoi que ce soit, en fait.
03:47Ce n'est pas tout à fait la même démarche qui noctague aujourd'hui,
03:50qui veut vivre une expérience unique.
03:52Rien n'est pareil, c'est ce qui fait la singularité des gens.
03:55C'est qu'on est tous différents, on a tous nos impréhensions,
03:58notre sensibilité est différente.
04:01Maintenant, c'est à mon tour.
04:03L'étape la T.
04:05La descente était aussi différente.
04:08On avait un parapente.
04:09L'idée de s'envoler était vraiment forte.
04:12En 90, la première fois, je n'ai pas pu ouvrir le parapente au sommet de l'Everest,
04:16parce qu'il y avait trop de vent.
04:17Donc, on a réussi quand même à descendre depuis le col sud à 8000 avec mon père.
04:21Et là, effectivement, c'était une expérience absolument incroyable
04:25où j'ai la responsabilité d'amener mon père avec moi.
04:29Et lui me fait une confiance totale.
04:31Donc, ça, c'est assez magique.
04:33Et on vole jusqu'au camp de base, en fait.
04:36On a évité aussi tous les dangers de l'icefall.
04:38Et ça, c'était 20 minutes de vol absolument extraordinaires,
04:42où tout d'un coup, on passe d'un mode où on n'avance pas,
04:45on est en marche vraiment à deux à l'heure.
04:48Et de se retrouver en l'air comme un oiseau, c'est phénoménal comme sensation.
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