00:00Vous allez nous raconter ce moment de l'histoire de la Vème République.
00:02D'abord, vous êtes né en effet en Algérie, et l'Algérie française donc à l'époque.
00:06À 13 ans, vous maniez les armes. Pourquoi ?
00:08Mais simplement parce que déjà, j'habitais en maison forestière avec mes parents.
00:13Mon père était agent technique des eaux et forêts.
00:15Et l'administration des eaux et forêts fournissait une dotation d'armes de guerre
00:22à chaque forestier qui se trouvait en maison forestière isolée.
00:25Événement ou pas événement.
00:27Il y avait un mousqueton, une stene, des grenades, un pistolet d'ordonnance, 8 mm.
00:35Et ça, c'était la dotation.
00:36Donc, très jeune, j'ai appris à 8 ou 9 ans à tirer à la stenne.
00:41Et ensuite, ce sont survenus les événements, ce qu'on a appelé la Toussaint Rouge,
00:45c'est-à-dire le soulèvement de l'indépendance de la guerre d'Algérie.
00:50Et là, comme j'allais à l'école seul le matin, je partais de chez moi à maison forestière.
00:56Je faisais 8 km et autant pour revenir.
00:59Et à ce moment-là, le FLN algérien assassinait tout ce qui n'était pas musulman.
01:07Si vous voulez, ça partait des plus anciens au berceau.
01:11Et je faisais partie de ces jeunes qui allaient à l'école à pied,
01:14à traverser une forêt, à traverser les cimetières arabes.
01:18Et par un moment de protection, de sécurité,
01:22j'avais un Walther P38 9 mm parabellum que je mettais dans l'austère.
01:28Arrivé à l'école, je le mettais dans un portail, je le mettais au fond du quartable.
01:32Et le soir, quand je rentrais chez moi,
01:36je le remettais dans l'austère pour refaire les 8 km pour rentrer à la maison.
01:39– Donc, vous êtes dans l'amitié de tous ces...
01:41– Donc, j'étais dans une question de protection personnelle.
01:45Ça veut dire qu'on pouvait m'enlever, m'égorger, me tuer à ce moment-là.
01:48Et je tenais à avoir, je savais manier le pistolet à l'époque,
01:52et c'est ce que j'ai fait.
01:53Il faut que vous sachiez, je vais ajouter juste un mot,
01:56en raison de tous ces événements, je ne les ai pas créés.
01:59Ce sont des événements qui sont venus percuter ma vie d'adolescent.
02:02– Et vous le dites d'ailleurs régulièrement dans le livre,
02:03et c'est important, vous le confiez à Frédéric Ploquin,
02:06combien vous avez basculé progressivement dans cette clandestinité.
02:10– Je n'ai pas progressé, c'est la vie qui m'a fait progresser,
02:12qui m'a fait affronter ces événements.
02:14Et quand les militaires corses sont arrivés en Algérie,
02:17j'étais constamment avec eux parce qu'ils fréquentaient les familles corses qui étaient là-bas.
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