00:00Yvan Colonat, je l'ai connu quand il est arrivé en Corse, il avait 21 ans, il a toujours été proche de nous, il a un accent de dissonnité.
00:10Donc il est accusé d'avoir commis le meurtre du préfet.
00:13Et lors des arrestations, il y a une erreur, on arrête le frère au lieu de l'arrêter lui.
00:18Et donc, quand les policiers s'aperçoivent de leur erreur, ils recherchent Yvan.
00:23Mais Yvan est déjà caché.
00:26Enfin, caché, pas trop, puisqu'il accorde une interview à TF1.
00:33Alors, on me téléphone, je sais, lors des réunions de Miachar, c'était des réunions de l'ensemble des nationalistes après la mort du préfet,
00:41ça a été un choc pour tout le monde, nous essayons de regrouper l'ensemble des nationalistes
00:46et de faire l'union de façon à présenter un projet d'évolution institutionnelle, collectif.
00:53Et c'est ce qui s'est fait.
00:55À ce moment-là, je reçois un coup de fil de mon ami Joseph Cavioli, qui est le beau-frère d'Yvan Colonna,
01:01il me dit « Jo, il nous arrive ça, qu'est-ce qu'on fait ? »
01:03J'ai dit « Acceptez la conférence de presse, mais envoyez une voiture,
01:08ne donnez pas le lieu de rendez-vous où vous allez les recevoir. »
01:11C'est ce qui a été fait, ils font cette fameuse conférence « Je ne reviens pas que vous connaissez ».
01:16Et je dis à Joseph, mon ami, je dis « On se voit ce soir vers 21h30 à l'endroit habituel. »
01:21C'était dans un village de Côtes où habitait sa mère.
01:26Et là on se voit et il y avait Yvan.
01:29Et je passe pratiquement la nuit et une partie de la journée du lendemain
01:34où il me fait part de sa volonté de se mettre en cavale.
01:40Et là je lui dis « Il n'y a pas de problème, mais il faudra que tu te prives de tout.
01:46Tu ne vois plus ton épouse, tu ne vois plus ton fils, tu ne vois plus personne.
01:50Il faut que ça soit strict, sinon ça ne sert à rien. Tu vas te mettre en danger. »
01:54– Un plan quasi-militaire que vous mettez en place. – Absolument.
01:57– Avec cette effiltration, vous repérez un couple de retraités qui chaque jour…
02:01– Ça c'est grâce à mon observation que j'ai de la vie en tant que reporter-photographe.
02:06Je vois tout ce qui est insolite, tout ce qui est repérable et tout.
02:09Et je dis, le piège se refermait de plus en plus sur Yvan.
02:14– Le filet était de plus en plus serré, vous le faites donc sortir.
02:17– Je vois mon ami Joseph Cavioli, moi je ne peux pas mentir,
02:20et j'ai cette idée de fendre cette voiture.
02:23– Une 4L.
02:24– Une 4L qui appartenait à un couple qui était très visible et très connu dans la région.
02:29Les gendarmes, tout le monde les connaissait.
02:31Et j'ai dit, on va mettre en empreinte la 4L.
02:33On met un homme qui ressemble terriblement au propriétaire de la voiture,
02:39un petit vieux, une personne âgée pardon,
02:42et son épouse qui partait régulièrement faire une promenade
02:45pour faire des courses à Jackson.
02:47Et le matin, nous prenons cette 4L,
02:50l'homme qui prend la place à la même casquette,
02:52la même tenue que le propriétaire,
02:55à côté sa femme qui était toujours avec un foulard sur la tête.
02:59– L'épouse, c'est Yvan Colonna.
03:01– Et l'épouse ?
03:02– L'épouse, c'est Yvan Colonna.
03:04– C'est Yvan Colonna qui est cachée, qui est sabotée, qui est déguisée en femme.
03:09Il roule et vous les retrouvez.
03:11– Et nous, je vous dis la vérité,
03:14j'organise devant un ouvreur de route avec un motard très grand
03:19pour ne pas être arrêté parce qu'Yvan faisait 1m70
03:22et tout véhicule, si on passait un bonhomme tout petit sur une grosse moto,
03:25on l'aurait arrêté.
03:27L'ouvreur de route avait un Taki Walkie dans son casque
03:30qui était relié à une oreillette du chauffeur.
03:34Et il me l'a emmené à un point qu'on appelle Caldagnich,
03:40un point précis sur l'ancienne route de Sardine.
03:42Et c'est là que je récupère Yvan et je lui dis ce que vous avez vu dans Paris Match,
03:47à savoir, ta cavale commence ici.
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