00:00Oui, tout à l'heure, Benjamin, je vous montrais ces réfugiés, ces déplacés qui avaient pu trouver refuge dans des écoles, dans des couvents.
00:06Mais malheureusement, il y en a tellement qu'ils n'ont pas tous cette chance-là.
00:09Ils sont obligés, vous allez le voir sur les images de Sonia Reynaud, de se retrouver à même le sol, dormir sur des matelas de fortune.
00:15Des réfugiés, des déplacés qui arrivent par centaines tous les jours pour fuir les bombardements.
00:21On est aux côtés d'un Libanais. Georges, merci d'être avec nous.
00:25Racontez-nous, vous, vous habitez Beyrouth depuis plusieurs années.
00:28Vous avez vu cette ville changer ces dernières semaines, ces derniers jours ?
00:31Oui, au fait, du jour au lendemain, tout s'est chamboulé.
00:36Du jour au lendemain, il y a eu les explosions qui ont commencé à se passer.
00:39Toute la nuit, ça fait là presque une semaine qu'on entend des bombardements, qu'on n'arrive pas à bien dormir.
00:44Ça s'est passé tellement rapidement avec les déplacés qui sont maintenant un peu partout.
00:48C'est triste de voir mon pays se transformer comme ça.
00:51On parlait de ces centaines, ces milliers de déplacés qui fuient les bombardements, notamment dans le sud du pays.
00:56Il y en a aussi dans le centre de Beyrouth, dans la banlieue sud.
01:01Vous ne vous habitez pas très loin, vous les entendez.
01:02Racontez-moi, comment ça se passe une fois que la nuit tombe ?
01:04Là, on a peur, on a la boule au ventre. Comment ça se passe ? On a du mal à dormir ?
01:07Oui, au fait, c'est ça. Chaque soir, on a peur.
01:10On a peur. À partir de 11 heures, on commence à stresser.
01:13C'est devenu dans nos habitudes.
01:14Au fait, chaque soir, à partir de 11 heures, on s'attend aux explosions qui vont venir.
01:18Chacun rentre chez soi. Et c'est vrai, moi, j'habite à cinq minutes de tout ce qui se passe.
01:23Du coup, on voit tout et on entend tout. Et ça fait très mal au cœur.
01:26Chaque soir, on a mal au cœur. Chaque soir, on a du mal à dormir.
01:29Et c'est dur. C'est dur. C'est dur de voir ma famille, au fait, subir ça avec moi.
01:33Ce n'est pas évident pour moi et mes amis.
01:35Merci beaucoup, Georges.
01:36Vous l'aurez donc compris, l'inquiétude, la peur aussi de ces milliers de Libanais
01:40qui ont tout simplement l'impression parfois aussi d'être pris en otage dans cet embrasement du conflit.
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