00:00Vous êtes toujours en situation régulière en France.
00:02Votre troisième demande de régularisation a été rejetée.
00:06Ça, vous l'avez appris à la veille de la projection du film à Cannes.
00:10Et votre histoire est comme celle de Suleymane.
00:12C'est une odyssée pour venir jusqu'en France,
00:15où certaines mains se tentent, mais où beaucoup se ferment.
00:18Et vous êtes heureux que ce film mette la lumière sur votre quotidien,
00:21mais aussi sur celui de très nombreux sans-papiers en France ?
00:25C'est ce qu'on dit toute la terre.
00:31Votre émotion, c'est parce que vous ressentez de la colère,
00:34de l'injustice d'être aujourd'hui encore dans cette situation ?
00:38Vous, qui avez appris à lire et à écrire en France,
00:40qui avez passé des diplômes, décroché un CAP,
00:43avez été sollicités par de très nombreuses entreprises,
00:48mais qui vous êtes retrouvés face à ce refus ?
00:53Alors, bonjour à tous. Merci de votre accueil.
00:58En fait, alors, je veux...
01:02En fait, en ce qui concerne moi, de mon parcours ici en France,
01:06si vous voyez, je pleure parce que c'est quelque chose qui m'a beaucoup souffri.
01:12En fait, j'ai tout fait parce que, quand j'étais dans mon pays,
01:16la seule chose que mes parents m'ont appris,
01:18en gros, c'est de rester positif envers les gens, droit envers les gens.
01:24Et je suis quitté dans mon pays comme ça.
01:27Et en attendant le nom de la France commandée dans mon pays,
01:31je me disais que la France aussi, peut-être, c'est un pays qui est comme ça,
01:35qui accueille les gens, qui accepte, enfin, qui protège les gens.
01:40Du coup, je suis arrivé comme ça, avec cette idée.
01:42Et à mon arrivée ici, alors, je vais dire que, voilà,
01:46je pensais que tout allait être facile, mais ce n'était pas le cas.
01:51Administrativement, c'était compliqué, mais,
01:54du jour où j'ai mis mon pied en France jusqu'à aujourd'hui,
01:58j'ai quand même eu des personnes autour de moi qui m'ont aidé.
02:02Je prononce bien les noms des associations, dont RSF, les écoles.
02:08Ça veut dire que, d'un côté, on ne m'a pas laissé tomber d'un coup,
02:11mais, administrativement, ça a été compliqué.
02:13Jusqu'à aujourd'hui, c'est compliqué.
02:15Mais la production du film, Boris, a décidé de ne pas rester les bois casés.
02:19Vous avez embauché une avocate hiloise spécialisée en droit des étrangers,
02:23qui a déjà déposé deux recours.
02:25Et c'est très joli parce que vous dites que le film ne sera terminé
02:28que lorsqu'Abou aura ses papiers.
02:30Ben oui, forcément, quand on prend quelqu'un qui n'appartient pas au cinéma
02:35et on le fait venir dans un projet de film, c'est une histoire merveilleuse,
02:39mais c'est aussi une grosse responsabilité.
02:42Et j'étais vraiment convaincu, pendant qu'on faisait le film avec Sangaré,
02:47qu'il aurait cette régularisation à la fin du film.
02:50Ça n'a pas été le cas.
02:51Donc après, on s'est dit, il y aura Cannes.
02:53Il y a eu Cannes.
02:55Il a eu un prix à Cannes.
02:56On s'est dit, dans la semaine, on va régler ça.
02:58Ça a été un peu plus compliqué, mais quand même, bonne nouvelle.
03:01Fin août, la préfecture de la Somme,
03:03qui a compris que son cas était un peu particulier maintenant,
03:07lui a écrit un mail et lui a proposé de redéposer une demande.
03:09Donc on a de nouveau de l'espoir.
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