00:00Un an tout juste, mais auparavant, moi, je voulais vous montrer une image. Je voulais vous montrer l'image d'un homme que vous allez voir, qui s'appelle Abou Sangaré.
00:08Voilà. C'est ce garçon. Il est acteur. Il était chez nos confrères de CETAVU sur France 5 vendredi. Et cet acteur a une particularité. C'est qu'il était sur le plateau de l'émission,
00:19mais il est sous OQTF. La préfecture de la Somme lui a signifié un troisième refus de demande de régularisation, alourdit d'une obligation de quitter le territoire.
00:31Abou Sangaré serait rentré sur le territoire français sans visa. Le jeune acteur n'a également aucune famille dans l'Hexagone. Et pour alourdir son dossier,
00:39la préfecture lui reproche également de ne fournir aucune fiche de salaire. Il a été célébré au Festival de Cannes, parce que c'est le héros d'un film.
00:48Là, il est sur le plateau d'une chaîne de services publics. Alors moi, je vais vous dire la vérité. Je suis peut-être le seul à avoir été étonné par ça.
00:57Mais moi, ça m'a étonné, parce qu'on est dans un moment où on n'arrête pas de nous dire les OQTF. Il faut – j'allais dire les exécuter, mais je voulais dire
01:04exécuter l'OQTF, bien évidemment. C'est-à-dire il faut les mettre dehors, il faut les sortir de France. Et là, on a quelqu'un qui vient tranquillement sur un plateau.
01:11Il est sous OQTF. Il a trois fois sa demande de régularisation qui est refusée. Et il vient tranquillement sur un plateau télé parler et nous raconter son histoire.
01:19Allez-y, Argaud. C'est-à-dire s'il y a autre chose qui vous choque, allez-y. — C'est peut-être un acteur. On peut peut-être...
01:24— C'est un acteur. C'est pas peut-être. C'est un acteur. — Moi, ce qui m'a choqué, c'était de savoir comment ça se fait qu'il a été refusé trois fois,
01:28alors qu'on voit bien qu'il a une volonté d'insertion, qu'il participe à la créativité artistique.
01:33— Donc c'est la décision judiciaire qui vous choque ? C'est la décision administrative ? — Moi, je pensais que ce qui était choquant, c'était de savoir qu'il était tout le temps...
01:39— Qu'un OQTF vienne à la télé, qu'un OQTF se parra d'enfance. C'est-à-dire que vous n'avez aucun respect de l'autorité.
01:45— Non mais ça arrête. Ça arrête. — Argaud, vous êtes un homme politique... Attendez. Vous êtes un homme politique...
01:49— Les plateaux télé, c'est pas des postes de commissariats. On va pas... — Excusez-moi, Argaud. Vous n'avez aucun respect pour l'autorité.
01:54C'est-à-dire que vous avez l'autorité française... — Je vous en prie. Je vous en prie. — Non mais vous pouvez m'en prier.
01:57Mais bien sûr. — Les plateaux télé, c'est pas les endroits où on exécute des peines. — Mais c'est pas grave. Mais c'est pas grave.
02:02C'est pas grave. Excusez-moi. Vous n'avez aucun respect pour l'autorité. Vous avez l'autorité qui a décidé de le mettre dehors.
02:07Et vous dites... Ah bah moi, ça me choque pas. — Je savais même pas ce que c'est un OQTF, d'ailleurs. L'exécution de l'OQTF, ça se fait pas comme ça.
02:12Ça se fait pas en arrêtant les gens dans les rues et les emmènent dans un avion comme ça. — Ça fait des mois qu'il est là. — D'accord. Mais ça se fait pas comme ça.
02:16— On sait que votre gouvernement ne sait pas le faire, les OQTF. Ça, il n'y a pas de souci. On sait qu'il ne prend pas immédiatement...
02:22— On le fait mieux que tous vos amis. — Moi, j'ai pas d'amis. J'ai pas d'amis. Donc c'est pas choquant d'avoir un OQTF qui vient à la télé. C'est pas choquant.
02:30— On peut... — Vous, ça vous choque pas ? — La seule chose qui vous choque, c'est ça. Ça vous choque ? Ça vous choque pas qu'il y ait un acteur
02:35qui a été primé dans notre pays, qui a une créativité artistique, qui, je pense, produira d'autres choses...
02:40— Parce qu'il est sous-occupé. Pour moi, il n'a pas été là. Excusez-moi. Mais alors vous remettez en cause les décisions. C'est surréaliste.
02:45— Donc vous êtes policier, vous êtes juge et vous l'appliquez... — Mais je suis pas... Attendez. Attendez. Juste un mot. Ergoun, je ne suis ni policier ni juge.
02:51Simplement, il y a une décision de justice. C'est pas moi qui l'ai prise, ces décisions. Il y a un préfet qui a dit 3 fois...
02:56— C'est pas les chaînes de télé qui vont décider ça. — Mais qui vous dit ça. Je vous dis juste qu'on l'accueille tranquillement sur un plateau télé
03:01alors qu'il ne devrait pas être là. Vous, ça ne vous choque pas ? Vous, ça ne vous choque pas ? — C'est vrai que c'est une anomalie.
03:06Mais de là à dire que c'est la solution... — Ah, c'est une anomalie, maintenant. D'accord, c'est une anomalie.
03:09— Désolé, mais... — Philippe Ballard. Philippe Ballard, c'est pas un acteur. C'est un homme sous eau QTF.
03:15— Non mais... Et c'est plus un acteur. — Quelqu'un qui est sous eau QTF qui ne devrait pas être en France.
03:19— Alors quelqu'un qui est sous eau QTF, il est hors-la-loi. D'ailleurs, moi, j'attends la réaction de l'ARCOM, d'ailleurs, entre parenthèses, là,
03:25parce qu'avoir quelqu'un qui est hors-la-loi qui se retrouve sur un plateau télé, ça ne vous choque pas ?
03:34— C'est la seule chose qui vous choque. Il y a un acteur qui est primé, qui est dans cette situation...
03:38— Et donc quand on est acteur primé, on a le droit de tout faire ? On a le droit d'enfreindre la loi ? Acteur primé, on a le droit d'enfreindre la loi ?
03:43Répondez à ma question. Est-ce qu'acteur primé, on a le droit d'enfreindre la loi ? Répondez à ma question.
03:50— Ergon, est-ce qu'acteur primé, on a le droit d'enfreindre la loi ? Est-ce qu'acteur primé, on a le droit d'enfreindre la loi ?
03:56Cinquième fois que je la pose. — C'est pas un délinquant, ce monsieur. Il a créé...
03:59— Si, il est hors-la-loi. — Il est hors-la-loi. — Il est sous eau QTF. Mais en vous écoutant, moi, je comprends...
04:04— Bien sûr. — ...qui engreignent la société française. — Vous êtes le reflet. Vous êtes le reflet, le forme-parole de l'accusatoire.
04:09— Vous vous souvenez de ce qu'a dit Emmanuel Macron au moment de la campagne présidentielle de 2022 ? Il avait dit...
04:15— On va exécuter toutes nos eau QTF. C'est Emmanuel Macron qui l'avait dit. On va exécuter toutes nos eau QTF.
04:20On en exécute... Alors les eau QTF, évidemment, ceux qui sont sous eau QTF, à peu près 8%, 9%. Voilà. C'est ça, la réalité.
04:28Et après, il y a les sépassés consulaires, parce que vous allez m'amener là-dessus. Vous savez, il y avait un très bon papier dans le Figaro,
04:34une tribune de l'ancien ambassadeur de France en Algérie qui expliquait... — Mais c'est pas... Arrêtez de dire n'importe quoi.
04:39— Non mais vous êtes ridicule. Vous êtes ridicule. Mais non, mais vous êtes... Parce que vous êtes ridicule. C'est ça, vos arguments.
04:45C'est ça, vos seuls arguments. Vous avez quelqu'un qui est en situation illégale sur un plateau télé. Et vous dites dans vos sommes chaudes
04:50« pas », c'est pas normal. — C'est pas non plus quelqu'un. C'est quelqu'un qui a été primé.
04:52— Et alors ? Et c'est pas quelqu'un. Quelqu'un qui a été primé, c'est pas quelqu'un. — C'est pas une actualité.
04:55— Quelqu'un qui a été primé, c'est pas quelqu'un. — Il se passe pas quelque chose ? — Bah oui, il se passe quelque chose.
04:57— C'est qu'il est sur un plateau télé alors qu'on lui a refusé 3 fois d'être en France. M. Anthony Bem, bonjour. Bonjour. Merci d'être en direct avec nous.
05:04Est-ce qu'il prend un risque en venant à la télé, ce garçon ? — Pas vraiment. La preuve, c'est qu'il est à la télé et que rien ne lui arrive.
05:13En effet, pour revenir sur ce qui vient d'être indiqué, il existe 2 types d'OQTF. L'OQTF qui oblige celui qui en est destinataire
05:22de quitter le territoire dans un délai de 30 jours et l'OQTF qui oblige de quitter le territoire sans délai lorsqu'il existe une menace pour l'ordre public,
05:31ce qui n'est pas le cas de cet acteur jusqu'à preuve du contraire. Néanmoins, il avait un délai de 30 jours pour quitter le territoire.
05:39Et le risque de passer à la télé pour lui, c'est qu'en effet, il risque d'être placé en mesure de rétention, que des forces de l'ordre puissent l'interpeller,
05:48le place en centre de rétention. Mais vous savez que ce centre de rétention ne pourra le garder que 48 heures. Et c'est donc la raison pour laquelle,
05:56d'une part, il ne risque rien parce qu'il y a peu de probabilités pour que des forces de l'ordre l'attendent à la sortie du plateau de télé,
06:04et d'autre part qu'au bout de 48 heures, il se retrouve à nouveau libre. Et vous le savez, on vient de l'indiquer à l'instant, il n'y a que très peu d'OQTF
06:12qui sont réalisés, un peu moins de 9% pour l'année dernière, sur les plus de 150 000 OQTF qui sont prononcés, à défaut de l'essai passé consulaire,
06:23c'est-à-dire que le pays d'accueil doit délivrer un document administratif, diplomatique, qui permet de le faire voyager et de le retourner
06:31dans son pays d'accueil, dans le pays duquel il vient. — Mais la preuve qu'il ne risque pas grand-chose, c'est qu'en mai, il était au festival de Cannes,
06:37il a monté les marches du festival de Cannes, et il est toujours là. Donc finalement, ça veut dire qu'il n'y a aucun risque.
06:42— Il n'y est toujours pas. Et que c'est partie des 90% de personnes qui ont une OQTF et pour lesquelles il ne se passe rien. Donc tant qu'il n'est pas délinquant,
06:50qu'il ne commet aucun acte de délinquance, je dirais, pour l'ordre public, il n'y a pas de problème. Ce n'est qu'un problème, je dirais, de l'égalité
06:59et de respect de la loi et de l'autorité préfectorale. Mais dès que c'est un délinquant, on en parlera à la télé. Cela fera la une des médias,
07:08comme très souvent sur votre plateau. — Merci beaucoup, en tout cas, pour ces précisions. François Coq, vous m'avez demandé la parole depuis un petit moment.
07:15Je vous la donne juste avant la pause. — Non. Il y a une limite à cette idée de respect de l'autorité. Voyez la décision du préfet.
07:21Il vient de prendre connaissance de cette situation. Et il vient de dire qu'il est très étonné qu'il y ait eu 3 refus pour cette personne.
07:26Et il demande que son dossier soit réexaminé. Donc il n'y a pas d'argument d'autorité sur la question de l'autorité, justement, et de la légitimité de l'autorité.
07:34Par contre, on a une question de fond qui nous est posée. Il y a des chiffres qui viennent de nous être rappelés sur l'exécution ou plutôt la non-exécution
07:39des OQTF, sur lesquelles il y a beaucoup de choses à faire. Mais il y a quand même un problème sur le nombre des OQTF en tant que tel.
07:46Moi, j'avais 130 000. On me dit 150 000 OQTF. Déjà, ayons en tête qu'un quart de ces 130 000 ou 150 000 OQTF annuels vont conduire derrière
07:56à des dossiers qui vont devoir être révisés et qui seront abandonnés lors des appels. Donc tout ça encombre l'ensemble du dispositif.
08:03Et les OQTF ne frappent pas de la même manière ceux qui devraient être frappés, c'est-à-dire qu'il n'y a que 1 700 places dans les centres de rétention administrative
08:10qui seraient là normalement pour isoler ceux qui présentent un danger pour la société, ce qui manifestement n'est pas le cas de ce monsieur,
08:16qui non seulement est un acteur, mais qui en plus est quelqu'un qui a... Non seulement c'est quelqu'un qui est un acteur, mais qui a priori travaille.
08:27Et il y a une situation qui fait que le préfet... Écoutez, le préfet demande à ce que ce soit réexaminé au regard non pas du rétireur.
08:34On lui a dit non trois fois. Eh bien, vous irez dire ça au préfet qui dit qu'il faut réexaminer son dossier. Parce que là, c'est pas vous, monsieur Morandini,
08:41qui contrevenait à la légalité, c'est le préfet. Mais c'est le préfet.
08:44On a dit non trois fois et il en sort là. Mais on est chez les dingues. On est chez les dingues, excusez-moi.
08:49On est obligés de faire la faute.
08:51Prends le problème à l'envers en réalité. On nous dit, ça engorge les services de justice, il y aura des appels qui seront faits, ça va déboucher à rien,
08:57et donc il vaut mieux ne pas prendre l'OQTF. Désolé, mais c'est prendre le problème à l'envers.
09:02On considère qu'il y a une loi, il y a des gens qui n'ont rien à faire ici, qui habitent ici.
09:07Les tribunaux, ça ne sert à rien. Les tribunaux, ça ne sert à rien.
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