00:00avec Antonin André, Jean-Claude Dacier, pour parler de ces hausses d'impôts, de ces 65 000 foyers
00:09qui ont été choisis pour payer une taxe supplémentaire encore plus grande
00:16que cette taxe qui a été instituée sous Nicolas Sarkozy en 2011 et qui était là également
00:22et dont on avait dit qu'elle serait temporaire.
00:26Nous sommes en 2024 et les très très hauts revenus en France, c'est-à-dire plus de 250, plus de 500 et plus d'un million par an
00:35continuent à payer, c'est-à-dire que plus de 250 000 vous payez 3% de plus que 45% la dernière tranche d'imposition, donc 48
00:42plus de 500 000 vous payez 4% de plus, donc vous êtes à 49%
00:47et ce qui change à plus d'un million de revenus, c'est que que vous soyez seul ou pas seul, vous payez de toute façon 4% de plus
00:54et c'est peut-être ça que Laurent Saint-Martin veut changer, c'est-à-dire que ces 3% deviendraient peut-être 4 ou 5 ou 6, on n'a pas encore le détail.
01:02Écoutez Laurent Saint-Martin, le ministre des Comptes publics et du budget, il était ce matin sur France 2.
01:07Aujourd'hui, nous considérons que pour quelques ménages, on parle de 0,3%.
01:13Prenez un ménage sans enfant qui touche à peu près des revenus de 500 000 euros par an.
01:20Je crois qu'après les années de protection de l'emploi, des revenus, de la croissance que nous avons eues ces dernières années,
01:26nous pouvons demander légitimement aux contribuables les plus fortunés de ce pays de participer,
01:31exceptionnellement, temporairement, à cet effort de redressement.
01:34Un an seulement ?
01:35Parce que, nous verrons ça dans le débat, mais il faut que ce soit temporaire.
01:38C'est le macroniste Laurent Saint-Martin qui parle et il a l'aval d'Emmanuel Macron qui, en Allemagne, a dit « ok, si c'est limité à un an ».
01:46Alexis Corbière, invité de France Info TV, en fin de matinée, voilà ce qu'il en pense.
01:52C'est la moins des choses que les plus riches soient sollicités.
01:54Il faut aller au-delà des 0,3%.
01:57Il faut bien évidemment avoir une révolution fiscale qui crée les conditions que 80 à 90% des ménages ne soient pas touchés.
02:03Nous, c'est ce qu'on propose.
02:04Mais après, les 10% au moins les plus riches doivent être davantage sollicités.
02:08Et puis, évidemment, tous les surprofits qui sont réalisés par des groupes qui reversent encore plus de dividendes à leurs actionnaires,
02:15tout ça doit être réorienté vers des dépenses publiques utiles.
02:18Parce que quel est le fond du problème ? Pourquoi le déficit a-t-il été creusé ?
02:22Là-dessus, il y a un débat de fond et un désaccord de fond.
02:25Il n'a pas été creusé parce qu'on a trop dépensé.
02:28Il a été creusé parce qu'il y a eu moins de recettes.
02:30Et dans ces conditions, Gérald Darmanin, ce ministre de l'Intérieur, ne votera pas le budget.
02:34Je ne voterai aucune augmentation d'impôt.
02:35Pour l'instant, le budget tel qu'il est annoncé me paraît inacceptable, en effet.
02:38Pourquoi ?
02:39Donc ça veut dire quoi ? Ça veut dire que vous êtes dans l'opposition ?
02:40Ça veut dire qu'on va avoir un débat parlementaire.
02:42Vous savez, le pouvoir est désormais au Parlement.
02:45Le gouvernement fait une proposition, c'est normal, et le Parlement va débattre.
02:48C'est pour ça qu'on a été élus.
02:49On aurait un retour en arrière vers François Hollande, là.
02:52Ça, c'est très inquiétant parce que ça va créer le chômage de demain.
02:55Jean-Claude Dassier, quel est votre point de vue ?
02:58Économiquement, ça peut se défendre.
03:01C'est vrai que taxer les riches ou les super-riches,
03:06demander une cotisation supplémentaire aux grandes entreprises
03:09n'est probablement pas ce dont nous avons immédiatement besoin.
03:12Mais, mais, mais, mais, là, je le crains,
03:15M. Darmanin ne fait pas d'économie, il fait de la politique.
03:20Il est en phase avec, semble-t-il, une majorité de Français
03:26qui ne souhaitent pas non plus voir les impôts augmenter,
03:31mais qui en revanche sont plutôt d'accord pour augmenter, encore une fois, ceux des super-riches.
03:36Je trouve franchement que M. Darmanin, col ouvert,
03:40il a oublié de mettre sa cravate encore aujourd'hui.
03:42Il n'y en a plus, il n'y en a plus.
03:44Je pense que M. Darmanin perd de vue ce qui me paraît devoir être l'essentiel,
03:52et c'est notre intérêt à tous, c'est l'intérêt général de ce pays.
03:55Il ne faut pas se raconter de krach en 15 jours ou 3 semaines,
03:58le budget de 2025 est infaisable,
04:01il va être fait comme ils le pourront en travaillant jour et nuit,
04:04les économies ne vont pas y suffire.
04:06Les économies, ça veut dire aussi l'abandon ou la modification profonde
04:11d'un certain nombre de grands services publics
04:13ou de périphéries qui gâchent un argent absolument incroyable.
04:18Il y a du boulot, et je pense que sur le budget de l'année prochaine,
04:22il ne suffira pas de faire des économies.
04:24Il y a combien ? Il y a 40 ou 45 milliards d'annoncés ?
04:28Il y a 60 milliards, 40 milliards d'économies, et 20 milliards d'euros.
04:34J'ai tendance à penser qu'il faut que le Premier ministre et son équipe réussissent son affaire,
04:41enfin réussissent, je pense que la situation est tellement grave,
04:44les français ont du mal à s'en rendre compte,
04:46ils ont beaucoup de mal à s'en rendre compte et à accepter l'idée,
04:48qu'éventuellement c'est la Grèce qui l'équipe.
04:51On leur dit, et on leur redit depuis un certain temps,
04:54il faut souhaiter quand même que M. Barnier puisse mettre en place
05:00un début du début du début d'une politique de redressement.
05:04Ça ne suffira pas à en donner tous d'accord.
05:06Oui, je pense que c'est inaudible l'argument de Gérald Darmanin,
05:09c'est-à-dire qu'effectivement, je ne vois pas ce qu'il y a de scandaleux
05:11à faire participer les très riches à un effort supplémentaire.
05:16Il ne faut quand même pas oublier que la baisse de la fiscalité
05:18et en tout cas les allègements d'impôts sous Emmanuel Macron sont quand même considérables,
05:21et on s'en félicite.
05:23Oui, il participe déjà, mais dans les moments de crise,
05:25c'est normal qu'on demande aux plus riches.
05:27Ensuite, si on veut parler des vraies questions qui fâchent,
05:29parce que si on veut vraiment remettre à plat la fiscalité,
05:33je pense qu'il y a des sujets qu'il faudrait mettre à plat.
05:35Par exemple, l'alignement de la CSG des retraités sur les travailleurs.
05:39Par exemple, arrêter d'indexer les pensions des retraités les plus aisées sur l'inflation.
05:44Parce que vous avez quand même des secteurs où certains retraités
05:47touchent davantage que les actifs.
05:49Donc en fait, il y a des sujets structurants dans la fiscalité
05:51auxquels il faudrait s'attaquer, parce que là,
05:53là vraiment, vous ferez des économies de long terme
05:55et vous rationaliserez un peu plus
05:57les efforts des uns et des autres.
05:59Là, on est dans l'urgence.
06:01Je ne vois pas comment le gouvernement peut faire autrement
06:03que de mettre à contribution les plus riches.
06:05En plus, ils ont l'air de dire que ce sera temporaire.
06:07C'est relativement à Delors.
06:09En 2011, ça devait être temporaire aussi.
06:11Je pense que Gérald Darmanin est relativement isolé dans son propre camp.
06:13Et il pourra ne pas voter le budget tout seul, mais il sera tout seul.
06:17Vous voulez dire que...
06:19Attal ne sera pas sur cette ligne-là.
06:21C'est très compliqué aujourd'hui,
06:23devant les classes populaires, devant les Français,
06:25de combattre une taxation des plus riches.
06:27Comment vous voulez justifier ?
06:29Quand vous entendez, cher ami, que les Français,
06:31majoritairement semble-t-il,
06:33sont pour la suppression de la réforme des retraites,
06:35là, je tombe de l'arbre.
06:37Bien évidemment qu'il faut la faire, la réforme des retraites.
06:39On peut l'améliorer.
06:41Mais le travail à 64 ans,
06:43c'est indispensable.
06:45Tous les syndicats sont contre.
06:47On est où ? Au Moyen-Âge ?
06:49On est à Moscou ?
06:51Mais c'est impensable
06:53que l'on puisse tenir un discours public
06:55en disant qu'il faut me ficher en l'air
06:57la réforme des retraites.
06:59Il faut travailler plus.
07:01Et c'est le seul moyen que nous avons de payer moins d'impôts.
07:03Attal ne dit pas ça.
07:05La CGT, oui. Et quelques autres.
07:07Au cœur de l'histoire, c'est tous les jours de 15h à 16h
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