00:00Tout le monde s'est demandé, est-ce qu'elle n'avait pas essayé, secrètement, de se débarrasser de toute la famille.
00:06François Ouzon, bonjour.
00:07Bonjour.
00:08Quand vient l'automne, pourquoi ce choix de faire un film de François Ouzon ?
00:12Souvent, après un film terminé, j'ai envie d'aller à l'inverse.
00:17Enfin, faire un peu le film contre le précédent.
00:20Le dernier, c'était une adaptation d'une pièce de théâtre.
00:22Mon crime.
00:23Mon crime, de Louis Verneuil et de Georges Baer.
00:26Voilà, Georges Baer.
00:27Et là, j'avais envie de revenir à un scénario original et de filmer la nature.
00:32J'avais filmé vraiment en studio, à Paris, un film qui jouait vraiment sur la théâtralité.
00:37Là, j'avais envie d'aller vers quelque chose de plus naturaliste.
00:39La Bourgogne, qui est une région que j'aime beaucoup et je trouve qui est sous-représentée dans le cinéma.
00:43Donc, j'avais envie un peu de me plonger dans les forêts de Bourgogne.
00:46Et donc, je suis parti de ça.
00:48Après, il y a des points communs avec d'autres de mes films.
00:51Déjà, c'est un film dont les deux protagonistes sont deux femmes, comme dans mon crime.
00:55Mais elles n'ont pas le même âge.
00:56Là, elles sont beaucoup plus âgées.
00:57Il semblerait qu'à la base, il y a un souvenir vraiment personnel qui vous a inspiré ce film.
01:03Oui, en repensant à la Bourgogne, à la forêt et à l'automne, qui est une saison que j'aime beaucoup.
01:08J'ai repensé à un souvenir d'enfance que j'ai vécu avec une de mes tantes qui avait organisé un repas de famille.
01:12Elle avait ramassé des champignons dans la journée.
01:14Elle a fait le repas de famille et toute la famille est tombée malade.
01:17Certains sont même allés à l'hôpital.
01:18Heureusement, personne n'est mort.
01:20Mais en tout cas, ça a fait beaucoup de bruit dans la famille, sauf elle qui n'en avait pas mangé.
01:24Donc, tout le monde s'est demandé si elle n'avait pas essayé secrètement de se débarrasser de toute la famille.
01:28En tout cas, moi, cette histoire m'a marqué enfant et je suis parti de cette idée pour construire le début du scénario.
01:34Un mot quand même de la distribution.
01:35Elle est digne du féministe François Ozon, en tête, évidemment, la magnifique Hélène Vincent.
01:41Hélène Vincent et Josiane Balasco jouaient dans Grâce à Dieu.
01:44On s'est rencontré à ce moment-là.
01:45Je l'avais déjà rencontré, Hélène, pour un autre film avant, mais ça ne s'était pas fait.
01:48Donc, on s'était rencontré au moment de Grâce à Dieu.
01:51On s'était bien entendu et j'avais envie de lui donner un rôle plus important.
01:54Et puis surtout, j'avais envie de montrer une femme de 80 ans qui assume son âge à l'écran.
01:58Voilà, c'est finalement assez rare aujourd'hui.
02:00C'est vrai qu'il y a une injonction faite aux actrices de rester jeunes de plus en plus, de faire la chirurgie esthétique.
02:05Et ce que j'aime avec Hélène, c'est qu'elle est belle telle qu'elle est.
02:07Elle s'assume.
02:08C'est une grand-mère en qui on a confiance.
02:10Mais est-ce qu'on a raison d'avoir confiance ? Je ne suis pas sûr.
02:12C'est bien ça tout l'enjeu du film.
02:14J'avais envie un peu de désécraliser l'idéalisation qu'on peut se faire de la vieillesse.
02:19Quand on voit des personnes âgées, on se dit que ce sont des gens formidables, gentils.
02:22Mais ils ont un passé.
02:23Et des fois, le passé n'est pas très catholique.
02:25Film auquel je souhaite un plein succès.
02:27Je n'ose pas dire un vénéneux succès, mais un plein succès.
02:30Merci.
02:31Merci François.
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