00:00Donnez-nous votre avis au 04 67 58 6000, vous prenez la parole tous les matins à 8h15.
00:05Et je vous donnerai le résultat dans 5 minutes, on vous donne 3 choix de réponses,
00:09parce que les produits sont de qualité, sont trop chers, parce qu'on ne cuisine plus ou parce qu'on a pris de mauvaises habitudes.
00:15C'est assez partagé, mais il y a quand même une petite tendance qui se dégage.
00:18Et notre invité aujourd'hui, Jean-Marie Brugeron, président du Secours Catholique de l'Hérault.
00:24Bonjour Jean-Marie Brugeron. Bonjour.
00:25Le Secours Catholique qui s'intéresse à l'alimentation, tiens donc, c'est nouveau ça ou pas ?
00:31Oui, ça peut paraître un petit peu étonnant, mais je crois qu'il faut quand même dire que le Secours Catholique s'intéresse à l'alimentation depuis longtemps.
00:36Et il s'intéresse surtout à l'alimentation de qualité.
00:41Vous savez, Jean-Rodin, notre fondateur, disait que la table, c'était plus important que ce qu'on mettait dessus.
00:45Effectivement, puisque ça favorisait l'échange.
00:47Ensuite, on a développé des plans d'accès à la nourriture de qualité à travers nos épiceries.
00:53Et donc, aujourd'hui, on s'intéresse, avec des partenaires qui sont le CIVAM, Paysans Solidaires et la Fédération des Diabétiques, à cette question de l'alimentation.
01:01Et alors, vous organisez aujourd'hui, mardi 17 septembre, ça commence dans trois quart d'heure, à 9h, au centre Epidore à Montpellier,
01:08une journée de réflexion et d'échange autour du thème, l'injuste prix, dites-vous, l'injuste prix de notre alimentation.
01:15Quel coût pour la société et la planète ?
01:17Oui, on organise ce colloque aujourd'hui à Epidore.
01:19Epidore, c'est le centre de prévention de l'ICM, du Centre de lutte contre le cancer de Montpellier.
01:23Et donc, on a fait un partenariat avec eux sur ce sujet.
01:28Et donc, participeront à ce colloque un certain nombre d'experts, de médecins et de spécialistes,
01:33pour nous aider à réfléchir à cette question, à partir du rapport que nous produisons aujourd'hui, au plan national, sur ce coût.
01:39Et on va expliquer pourquoi on a voulu travailler ce coût caché de l'alimentation.
01:44Alors, c'est ça qui est intéressant, si c'est l'étude que vous publiez ce jour, au niveau national, le Secours catholique français,
01:51étude dans laquelle vous vous rendez compte qu'on se rend compte, quand on la décrypte un peu,
01:55en fait, qu'on marche sur la tête en termes d'alimentation dans ce pays.
01:59Oui, on marche sur la tête, vous avez raison, et il ne faut pas que ça continue.
02:03Et donc, nous, nous souhaitons agir à notre niveau pour qu'il y ait une prise de conscience de ces questions-là.
02:08On marche sur la tête, pourquoi ?
02:09Puisqu'aujourd'hui, il y a 8 millions de personnes en France qui ont des difficultés pour accéder à une nourriture de qualité, qui sont la précarité alimentaire.
02:18Elles ont ces difficultés parce que, vous reconnaissez, cette nourriture de qualité, elle coûte trop cher ?
02:23Elle coûte bien sûr trop cher.
02:26Mais aussi parce que souvent, elles n'ont pas accès, parce que leur environnement ne leur permet pas d'y accéder aussi.
02:32Il y a aussi cette question-là, c'est-à-dire quand vous êtes en ville, quand vous n'avez pas la possibilité d'aller sur ce type de marché.
02:38Et puis alors, autre question aussi, c'est qu'aujourd'hui, vous avez le diabète qui a augmenté de façon très importante.
02:43En 20 ans, le diabète a augmenté de 180%.
02:46À cause de l'industrie agroalimentaire ?
02:49Effectivement, c'est une des causes qui est pointée.
02:52Et ensuite, vous avez également le fait que cette agriculture aujourd'hui, telle que nous l'avons, a des effets néfastes sur la planète.
03:01Je ne vais pas vous parler de l'eau, je ne vais pas vous parler des oiseaux dans les champs qui ont diminué en 20 ans, là aussi, de 36%.
03:06Donc, tout ça est un tout.
03:08Et donc, nous avons voulu, nous, voir ce qu'il y avait à la conjonction de ces trois problématiques.
03:13La problématique de l'accès de tous à une nourriture de qualité, la santé et la protection de l'environnement.
03:19Et nous pensons qu'il ne faut pas opposer sur ces questions des acteurs de cette filière.
03:23On ne va pas opposer les agriculteurs et les consommateurs.
03:25C'est pour ça qu'on veut les mettre autour du thème.
03:27C'est souvent le problème, on l'a vu notamment chez les agricoles du début d'année,
03:30où les agriculteurs voulaient défendre un modèle parce qu'ils ont besoin de gagner leur vie aussi.
03:35Bien sûr, et c'est légitime.
03:37Mais on s'aperçoit aujourd'hui que les agriculteurs sont eux-mêmes en précarité.
03:41Il y a 18% des agriculteurs qui aujourd'hui sont sous le seuil de précarité.
03:45Donc, je veux dire, on voit bien que ce système ne fonctionne pas.
03:48Mais là où ça devient quelque chose, et c'est ce que produit, ce que notre rapport indique,
03:55c'est qu'on consacre beaucoup d'argent...
03:57On va y revenir.
03:59On va revenir aux sommes que vous présentez dans cette étude.
04:01Avant ça, on va rappeler nos auditeurs.
04:03Ce qu'ils veulent intervenir, c'est vraiment maintenant qu'il faut appeler François.
04:05Oui, 04-67-58-6000.
04:07Pourquoi mange-t-on de plus en plus mal ?
04:09Venez témoigner sur votre quotidien, le rapport que vous avez avec la nourriture notamment.
04:13Alors, Jean-Marie Brugeron, les sommes pharaoniques que vous présentez dans cette étude,
04:17vous dites, pardon, 19...
04:20Alors, MM, c'est milliards ou c'est millions ?
04:22C'est des milliards.
04:2319 milliards d'euros, oui, pour compenser et réparer les impacts du système alimentaire.
04:28C'est-à-dire quoi ? C'est toutes les maladies qu'il y a derrière ?
04:30Oui, c'est bien sûr des impacts qui sont sur la santé.
04:33Il y a 12 milliards d'impacts qui ont été chiffrés sur la santé.
04:36Il y a des impacts écologiques et puis il y a aussi des impacts sociaux.
04:39Mais il y a aussi tout un tas d'impacts qu'on n'a pas chiffrés
04:42parce qu'ils ne sont pas chiffrables.
04:44Comment vous allez chiffrer le malaise paysan
04:46et les fractures que vous avez dans la société ?
04:48Ça, c'est un réel problème.
04:49Comment vous allez chiffrer aussi la défiance politique que ça produit ?
04:55Autre chiffre que vous avancez, Jean-Marie Brugeron,
04:57dans cette étude nationale du secours catholique.
04:59C'est-à-dire 19 milliards pour réparer les dégâts, si j'ai bien compris,
05:01mais 48 milliards pour les entretenir d'une certaine manière.
05:05Parce que ces 48 milliards, c'est pour entretenir
05:07un système qui est néfaste pour tout le monde.
05:09Et ce chiffre est particulièrement intéressant
05:11parce qu'il nous permet de voir qu'il y a des leviers possibles.
05:14C'est-à-dire qu'aujourd'hui, nous consacrons en France
05:1648 milliards à maintenir ce système-là.
05:19Et curieusement, et moi c'est ce qui m'a frappé dans cette étude,
05:23c'est que dans ces sommes-là,
05:25il y a une partie beaucoup plus importante,
05:29il y a 59% qui sont à la main de l'État français.
05:31Parce que quelquefois...
05:33— Donc c'est pas l'Europe la faute ?
05:35— Oui, quelquefois on dit c'est la PAC, c'est l'Europe.
05:37C'est pas uniquement la PAC et l'Europe.
05:39La PAC et l'Europe, ça représente 21 et quelques pourcents.
05:41Par contre, à la main de l'État français,
05:43il y a presque 60%.
05:45C'est-à-dire, c'est quoi ?
05:47Ce sont des exonérations fiscales,
05:49ce sont des exonérations de cotisations sociales, etc.
05:53— Comme ça a été encore décidé au printemps.
05:55— Oui, donc on voit bien qu'on peut agir.
05:57On a des leviers.
05:59Donc nous ce qu'on propose finalement,
06:01c'est qu'on se mette autour d'une table, tous,
06:03c'est pour ça qu'aujourd'hui on est avec les agriculteurs du CIVEM,
06:05pour dire qu'est-ce qu'on fait pour essayer de changer ce système
06:07qui ne va pas bien.
06:09— Oui, en fait ce que vous dites, Jean-Marie Brugeron,
06:11ce que prône le secours catholique,
06:13c'est un changement total de notre système alimentaire.
06:15Mais basé sur quoi en fait ?
06:17— On sait très bien que tout ça va demander du temps.
06:19Et que ce que nous proposons là,
06:21ça ne va pas pouvoir se faire dans les jours.
06:23Mais nous souhaitons
06:25qu'il y ait une véritable politique alimentaire
06:27qui soit mise en place
06:29au niveau de l'État français.
06:31Une politique alimentaire
06:33qui prendra en compte à la fois
06:35ce souci de l'accès de tous à l'alimentation,
06:37le souci de la santé
06:39et le souci de la protection de l'environnement.
06:41— On ne sait pas qui seront les prochains ministres concernés.
06:43On est toujours dans l'attente d'un gouvernement.
06:45On a l'impression que le souci de ce futur gouvernement,
06:47ça va plus être de savoir
06:49s'il va être censuré que de se préoccuper
06:51de la santé des Français, non ?
06:54— Oui, on sait bien qu'il y a beaucoup de préoccupations
06:56et que ça ne va pas se faire comme ça.
06:58Mais on souhaite aujourd'hui témoigner
07:00qu'on peut faire autre chose et qu'on peut agir autrement.
07:02C'est ce que font nos équipes
07:04lorsqu'elles participent à la caisse alimentaire à Montpellier
07:06ou à d'autres expérimentations
07:08sur le territoire.
07:10On peut agir autrement
07:12au regard de l'alimentation pour permettre
07:14à des personnes d'avoir accès
07:16dans des conditions économiques acceptables
07:18à ces denrées de qualité.
07:20— On va donner le résultat de notre sondage.
07:22Vous êtes, je rafraîchis ma page,
07:24252 à avoir voté.
07:26Vous répondez, tiens, à égalité.
07:2837% parce qu'on ne cuisine plus.
07:30Bon, ça oui, c'est évident.
07:3237% parce que les produits de qualité sont trop chers.
07:34Et 26%
07:36parce qu'on a pris aussi
07:38de mauvaises habitudes. On en revient
07:40aux grandes idées que vous avez développées
07:42il y a un instant. Jean-Marie Brugeron,
07:44les résultats de ce sondage ne vous surprend pas, j'imagine.
07:46— Non, je crois que c'est ce que nous disent
07:48nos bénévoles et les personnes que nous accueillons
07:50dans nos centres. Cette question
07:52de l'alimentation, d'une part, est importante
07:54parce qu'elle est importante pour tout le monde
07:56et elle a des aspects économiques
07:58et des aspects santé. Donc
08:00c'est clair, je crois que les auditeurs ont
08:02bien vu quel était l'enjeu de l'alimentation
08:04et nous, au Secours Catholique, aujourd'hui, on veut témoigner
08:06qu'on peut agir autrement. Et c'est ce que nous faisons
08:08avec nos équipes de bénévoles. Donc
08:10venez nous rejoindre au Secours Catholique
08:12pour travailler avec nous sur ces sujets
08:14parce qu'ils sont passionnants et il y a un travail immense.
08:16— Et si ces questions vous intéressent, vous pouvez vous rendre aujourd'hui
08:18au Centre Epidor, avenu des Apothicaires à Montpellier
08:20à l'occasion de cette grande journée
08:22que vous organisez avec des scientifiques, des associations
08:24pour réfléchir à l'alimentation de demain.
08:26Merci beaucoup Jean-Marie. — Merci.
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