00:00RTL midi, pour tout comprendre de l'actualité.
00:04Alerte rouge sur les comptes publics, mesdames, messieurs.
00:07Le déficit qui devait pourtant se résorber, eh bien, il se creuse encore et encore.
00:12Il risque d'atteindre 5,6% du PIB cette année,
00:16selon les ministres démissionnaires Bruno Le Maire et Thomas Cazenave,
00:19qui ont transmis leurs prévisions aux parlementaires.
00:22Et cela alors qu'on le rappelle, l'État s'est engagé auprès de l'Union européenne
00:27à combler ce déficit pour qu'il revienne sous la barre des 3% en 2027.
00:32Pour en parler avec nous, Martial You, éditorialiste économique à RTL, bonjour.
00:35Bonjour.
00:36Et Olivier Bost, chef du service politique, bonjour Olivier.
00:38Bonjour.
00:39Martial, on a le sentiment que ça dérape encore et encore, comme le disait Eric.
00:45Comment l'expliquer ?
00:46Alors, ce n'est pas un sentiment, ça dérape, je vous le confirme.
00:48L'équation, elle est malheureusement assez simple, assez mathématique.
00:51On a moins de recettes et plus de dépenses.
00:53Donc, moins de recettes parce que la croissance est relativement faible.
00:56Autour de 1%, donc il y a moins de rentrées de TVA par exemple.
00:59Et puis plus de dépenses parce qu'on a géré les crises inflationnistes,
01:02les gilets jaunes, le Covid, l'augmentation du minimum retraite ces derniers jours.
01:07Et surtout plus de dépenses parce qu'on a une énorme boule de neige
01:11qui grossit d'année en année.
01:12C'est le remboursement des intérêts de la dette.
01:13Ce sera 70 milliards en 2027.
01:15Ce sera le premier budget.
01:16Juste les intérêts de la dette, pas la dette, juste les intérêts.
01:19Un déficit de 5,6% du PIB cette année, comme l'indique Bercy.
01:23C'est, comment dire, c'est si grave que ça ?
01:26Oui, c'est grave, on est un ménage surendetté.
01:29Ça veut dire qu'aujourd'hui, on prend du crédit conso pour payer nos dettes.
01:33Voilà en gros ce que fait la France.
01:35Donc, quand vous avez un déficit qui est deux fois supérieur à celui de l'Allemagne,
01:38quatre fois supérieur à celui du Portugal,
01:40une fois et demie supérieur à la moyenne européenne,
01:42oui, c'est un problème et on ne vit en fait, on n'est plus maître de son destin.
01:45On ne vit que parce que l'Europe nous laisse faire,
01:48même si on est sous procédure de haute surveillance, on va dire en ce moment.
01:53L'Europe nous laisse pour l'instant faire et puis les agences de notation aussi.
01:57Olivier Bost, chef du service politique.
01:59Ce constat, il arrive dans une période particulière,
02:01alors que l'on attend de connaître le nom du futur locataire de Matignon.
02:05Ça veut dire quoi pour le prochain gouvernement ?
02:07Qu'il n'y aura tout simplement aucune marge,
02:09aucune marge de manœuvre pour une nouvelle politique
02:12ou plutôt que les options seront en fait très contraintes.
02:15Impossible, par exemple, de revenir ou d'envisager de revenir sur la réforme des retraites
02:19puisque c'était une source d'économie.
02:22Il faudra faire des économies massives un peu partout et où trouver de l'argent
02:27et pour trouver de l'argent, il n'y a qu'une solution, c'est d'augmenter les impôts.
02:30Ce qui va être intéressant, c'est si Xavier Bertrand devient Premier ministre,
02:34c'est la dernière hypothèse en vogue,
02:36la droite a toujours dit qu'il n'y aurait aucune augmentation d'impôts.
02:40Ça fait partie de leur totem, de leur repère absolu.
02:43Mais le bloc central, la majorité battue, celle d'Emmanuel Macron,
02:48s'est faite l'aile à l'idée d'aller taxer les super-profits
02:51ou de revoir les aides aux entreprises.
02:53Donc, il y aura forcément des débats pour savoir comment gouverner.
02:57Autre contrainte pour le prochain gouvernement, et pas des moindres,
03:00c'est bien sûr le calendrier.
03:02Il doit avoir envoyé sa copie, le prochain gouvernement,
03:05son budget de 2025 avant le 1er octobre.
03:08Donc, le temps de désigner un Premier ministre,
03:10je vous rappelle qu'à cette heure, ce n'est toujours pas fait.
03:12Le temps de faire un gouvernement, c'est-à-dire de désigner un nouveau ministre de l'économie
03:17et des finances, et un nouveau ministre du budget,
03:19ça veut dire qu'il restera à peine 15 jours pour boucler un budget,
03:23pour faire un budget pour le prochain gouvernement.
03:25C'est un exercice déjà quasi impossible.
03:27Ça promet quelques nuits blanches, effectivement.
03:29Olivier Bost et Martial You sont dans le studio.
03:32François fait le 3210, mon cher François, bonjour !
03:35Bonjour Céline, bonjour Eric, et bonjour à vos deux intervenants.
03:40Oui, j'ai écouté, et moi j'ai une question à leur poser,
03:44c'est dans quel poste peut-on faire des économies véritables
03:49sans mettre en crispation les gens qui vont subir ces économies ?
03:54C'est la quadrature du cercle, ce que vous demandez François.
03:57C'est bien pour ça d'ailleurs qu'on dit qu'un budget, c'est politique.
04:00C'est parce qu'en fait, les marges de manœuvre, elles ne sont pas énormes.
04:03Vous avez soit la taxation des super profits,
04:06la taxation des rachats d'actions, des versements de dividendes,
04:09et donc là, vous tapez plutôt les entreprises.
04:12Soit vous allez du côté de la CSG progressive pour les retraites,
04:15ça, ça a été évoqué à gauche par la NFP,
04:18ça veut dire que vous taxez les grosses retraites.
04:20Soit vous allez sur les prestations sociales.
04:24On se souvient que juste avant les législatives,
04:27il y avait eu une réforme de l'assurance chômage
04:29où on compliquait un tout petit peu, où on réduisait les indemnisations.
04:33Vous voyez, c'est ce genre de choses.
04:34Donc, il y a toujours, de toute façon, une victime
04:37dans une décision politique qui consiste à faire des économies.
04:42François, voilà, on ne sait pas trop.
04:44Ça dépend un peu de la couleur du gouvernement,
04:45mon cher François, pour répondre à votre question.
04:48Enfin, la France qui devient un peu la Grèce, quoi.
04:52Ce qui est terrible, c'est que c'est plus la Grèce que le Portugal, effectivement, en ce moment.
04:55Le Portugal a réussi à se relever, redresser d'une situation économique catastrophique.
05:00La Grèce aussi, mais à cause du FMI.
05:03Et là, pour l'instant, on ne sait pas très bien qui va nous redresser.
05:05L'augmentation des impôts, en tout cas,
05:08quelle que soit la forme de l'augmentation, elle aura lieu.
05:10On ne sait pas si ce sera...
05:11C'est la ressource la plus évidente.
05:13Après, ça peut être la TVA.
05:14Vous pouvez augmenter d'un point de TVA, ça vous fait 13 milliards.
05:17Ce ne sera que des heureux.
05:19Mais dans votre vie de journaliste économique,
05:21jamais la situation financière de la France n'a été aussi basse que maintenant.
05:24D'une part, et puis surtout,
05:27je n'ai jamais connu un gouvernement qui, sortant,
05:31laisse une telle copie à son successeur en disant
05:34On ne vous a pas dit, mais il y a 15 milliards de plus à faire encore d'économie dans l'année qui vient.
05:38Et donc là, le gouvernement a vraiment failli.
05:41On peut le dire, il a vraiment failli.
05:43Mais vous dites ce que vous voulez, réfléchissez-vous.
05:45Dans un instant, on va vous parler, on va retrouver le sourire de Louis Chédid,
05:48qui sort un nouvel album, et ce n'est pas le premier.
05:51C'est le 18e album de Louis Chédid.
05:54Et surtout, il dévoile un titre sur RTL.
05:57Steven Bellery l'a rencontré, à tout de suite.
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