00:00À quelques jours du début des Jeux Olympiques de Paris,
00:02Voiles et Voiliers et la Fédération Française de voile
00:04vous emmènent à la rencontre des 14 athlètes sélectionnés pour représenter la France.
00:08Des femmes et des hommes, tous tournés vers le même objectif,
00:12rafler des médailles et tous unis autour d'une même passion, la mer.
00:16C'est l'occasion d'entrer dans l'esprit des Jeux Olympiques de Paris,
00:20et d'entrer dans l'esprit des Jeux Olympiques de Paris.
00:27Bonjour Camille.
00:28Bonjour.
00:29Bonjour Jeremy.
00:30Bonjour.
00:31Ce sera tes 3e Jeux Olympiques, mais tes premiers en mixte.
00:35Est-ce que tu penses que ce sera différent de par ton nouvel équipier, nouvelle équipière ?
00:41Ce sera forcément différent parce qu'à chaque fois que j'ai changé d'équipier,
00:45ça a été différent avec les uns et les autres.
00:47Il n'y a pas la même manière d'appréhender le bateau,
00:50il n'y a pas la même manière de gérer un événement en général.
00:55Donc ça a été différent avec Sofiane, ça a été différent avec Kevin,
00:58et ce sera différent avec Camille, c'est certain.
01:00Mais par contre, pour moi, il n'y a pas de différence du fait que ce soit une femme,
01:04à part le fait que physiquement, il y a des choses qu'on ne peut pas demander aux femmes
01:07qu'on demandera aux hommes.
01:09Mais sinon, sur le plan mental, collaboration, synchronisation,
01:12ce n'est pas différent.
01:13Il faut juste qu'on s'adapte avec Camille à des nouvelles choses et ça marche bien.
01:16Ça a vraiment apporté de la nouveauté, de la fraîcheur de passer en équipage mixte,
01:21de recréer un équipage.
01:23Moi, j'étais vraiment très contente de pouvoir reconstruire un équipage avec Jérémy.
01:29Et puis au niveau mondial, ça a pas mal rebattu les cartes
01:32et la hiérarchie a un petit peu changé entre maintenant en flotte mixte
01:36et précédemment chez les féminines.
01:40Donc ça rend aussi les choses intéressantes.
01:42Si tu te remets dans la peau du petit garçon que tu étais,
01:46est-ce que tu t'imaginais arriver là, à tes troisièmes Jeux olympiques
01:50et en plus les courir en France ?
01:52Non, pas du tout.
01:53J'ai commencé sur le lac de Sargy-Pontoise à 11 ans.
01:56Donc déjà, je n'ai pas commencé très tôt.
01:58Quand j'ai commencé, il y en avait déjà qui savaient faire de la voile beaucoup mieux que moi.
02:01Je n'ai pas trop cette culture-là dans ma famille,
02:04donc je n'aurais pas du tout pensé que ça pourrait me mener un jour aux Jeux olympiques
02:07ou à faire une Transat Jacques Vabre comme j'ai fait.
02:11Aujourd'hui, j'en suis là et je pense que ça montre vraiment
02:14qu'en y croyant au quotidien, juste en se mettant à fond dans ce qu'on fait,
02:19on peut soulever un peu des montagnes et arriver à des endroits improbables.
02:23Quand tu fermes les yeux, est-ce qu'il y a une image des Jeux auxquels tu as participé
02:28qui te reste en tête ?
02:30Je pense qu'il y a quand même l'image des premiers Jeux que j'ai vécus à Londres
02:34où il y a quand même la magie de la première fois.
02:37Je me rappelle être galvanisée par la cérémonie d'ouverture,
02:43l'allumage de la flamme olympique, tous ces symboles qui font les Jeux
02:48et l'entrée dans le stade pour la cérémonie d'ouverture.
02:52Ce sont des moments vraiment très forts et ils n'ont jamais été aussi forts
02:55que quand je les ai vécus la première fois.
02:57Ça, ça restera gravé à jamais.
02:59La médaille, c'est quelque chose que tu as envie de revivre,
03:03le moment où tu sais que tu es médaillée ?
03:06Oui, évidemment. Après, il y a eu les JO avec la médaille.
03:11C'est aussi une sensation, un sentiment qu'on a envie de revivre.
03:16Pour être passée aussi à côté de la médaille, je sais ce que ça fait aussi.
03:20Forcément, j'ai plutôt envie d'être du côté de ceux qui repartent avec une médaille.
03:24Ça, c'est évident.
03:26Le mix, c'était important pour toi de partager justement ça,
03:29d'autant plus une Olympiade qui est très engageante ?
03:34Déjà, ce qui est top, c'est qu'on est quand même dans les seuls sports,
03:38on est avec le NACRA aussi, où c'est vraiment que mixte.
03:41Parce qu'il y a plein de sports où ils ont de la mixité, c'est top.
03:44C'est vraiment des épreuves qui rajoutent aux épreuves individuelles
03:47qu'ils ont hommes et femmes séparés.
03:49Nous, c'est une épreuve mixte.
03:51C'est vraiment beau comme message et ça marche super bien.
03:54Je suis très content de le faire pour plusieurs raisons.
03:57Déjà, en termes de gabarit, ça m'a permis d'être un peu plus relax
04:00parce que Camille est plus légère.
04:02Je ne suis pas très loin de mon poids d'avant,
04:04mais je me prends un peu moins la tête là-dessus,
04:06donc ça, c'est quand même vraiment top.
04:08De deux, ça a relancé une toute nouvelle aventure
04:10dans une discipline que je connaissais déjà.
04:12En termes de technique, je n'ai pas eu beaucoup de trucs à apprendre,
04:15même pas grand-chose.
04:16Par contre, on a dû juste se réadapter avec Camille
04:18et c'était vraiment un renouveau.
04:20Ça a enlevé la lassitude qu'on peut avoir des fois de plusieurs Olympiades
04:23où on fait toujours le même support.
04:25Là, c'était le même support, mais avec un fonctionnement complètement différent.
04:28Tu te souviens de tes premiers bords ?
04:30Mes premiers bords, c'était au Havre, sur un des bassins,
04:33sur le bassin du Commerce, en optimiste.
04:35C'était un de mes premiers stages l'été en optimiste.
04:38J'avais cette sensation de liberté une fois qu'on partait du ponton.
04:45C'était vraiment l'aventure et aussi des peurs.
04:48À l'époque, on naviguait sur le bassin,
04:51donc il y avait quand même les murs qui étaient proches
04:53et j'avais toujours peur d'aller foncer dans le mur.
04:56C'est bon, tu as enlevé toutes tes peurs là maintenant ?
04:59Tu n'en as plus quand tu vas sur l'eau ?
05:01Si, les peurs ont changé.
05:03On a toujours le trac, la peur d'échouer.
05:07Après, les peurs évoluent et on apprend aussi à vivre avec.
05:13Quel rapport tu entretiens avec la mer ?
05:16Parce que tu passes beaucoup de temps pour travailler sur l'eau,
05:19mais est-ce que tu apprécies quand même juste de prendre plaisir sur l'eau ?
05:25J'aime beaucoup le milieu marin, ça m'intéresse.
05:27J'ai aussi fait des études dans ce domaine-là.
05:30Je ne suis pas très sport nautique,
05:33parce que rapidement, j'ai envie de me confronter aux autres
05:36et je ne peux pas m'enlever de cette idée
05:38de toujours aller plus vite que les autres.
05:41Quand je vais sur l'eau, ce n'est pas pour le loisir.
05:43J'apprécie toute manière de faire un sport en extérieur et dans la nature.
05:47C'est évident.
05:48Cet esprit de compétition, tu l'as tout le temps ?
05:53Oui, je pense que je l'ai toujours plus ou moins eu
05:56parce que quand j'étais petite, j'ai aussi fait d'autres sports en compétition
06:03et ça me plaisait.
06:05J'aurais pu faire un autre sport en compète.
06:08Après, mon choix s'est porté vers la voile,
06:10mais je pense que j'aurais toujours été dans la compète en tout cas.
06:14Vous vous entendez bien là-dessus, justement ?
06:17Oui, je m'ennuie un peu pendant les entraînements,
06:21plus ou moins, mais j'ai toujours besoin qu'il y ait cette petite compétition dans le truc.
06:25D'ailleurs, quel que soit le support, je fais du 4-7,
06:28mais après, ça peut être sur des plus gros bateaux.
06:30Au bout d'un moment, la vitesse importe peu
06:33parce que tu veux juste être un peu plus rapide que le voisin.
06:35C'est ça que je recherche un peu dans le plein d'activités.
06:37C'est pour ça que j'adore la période qu'on vit maintenant.
06:40On a passé la période hivernale qui était très importante
06:43et où on a réussi à passer des petits crans techniques.
06:46Mais maintenant qu'on revient dans la compète,
06:48c'est vraiment là que je me régale vraiment.
06:51Et ça, tu le vis mal quand tu passes derrière les autres ?
06:56Ça dépend un petit peu du contexte.
07:00Là, en ce moment, par exemple, on n'est pas encore au jeu.
07:03Et si on n'est pas devant-devant, je ne vais pas m'inquiéter
07:06parce que ce qui m'importe, c'est vraiment plus pendant ces compétitions,
07:09de voir qu'on peut être rapide, de voir qu'on arrive à faire les bons coups.
07:13Si on fait des erreurs, on en fera forcément.
07:15Je préfère qu'on les fasse maintenant plutôt qu'au jeu,
07:17donc je ne vais pas être compétiteur au mauvais moment.
07:20Mais quand même, il n'y a pas beaucoup de manches
07:22où je n'ai pas envie de gratter une petite place ou deux,
07:24même des petites manches d'entraînement,
07:25même la manche de retour au port,
07:26comme on l'appelle souvent à la dernière manche de la journée.
07:29Toujours un peu envie de les gagner.
07:31Tu as déjà mentalisé un peu ces Jeux à Marseille ?
07:35Toi qui connais l'exercice, mais là, ce sera à la maison ?
07:40Non, pas trop parce que déjà, je n'aime pas trop anticiper tous ces trucs-là.
07:46Je pense que c'est vraiment important d'être dans le moment présent.
07:50Je pense que je partage ça avec d'autres athlètes,
07:55mais on est tellement nés dans le guidon qu'on n'a pas le temps d'y réfléchir.
07:58On a tellement de choses à améliorer tous les jours.
08:01On est tout le temps en train de se dire qu'il faut encore progresser,
08:05grappiller des petits dixièmes de nœud et aller toujours plus vite.
08:09En fait, on n'a pas le temps de réfléchir à comment ça va se passer.
08:12On est en train de monter en puissance.
08:14Après, il ne faut pas non plus penser que ce serait le rêve, ce serait génial.
08:18Mais après, il ne faut pas non plus penser qu'on va absolument survoler tout le monde pour gagner.
08:22Ça se fera aussi très probablement dans la douleur si ça se fait.
08:26Ça ne se fera peut-être pas.
08:27On va essayer de tout faire pour gagner.
08:29On va essayer de tout faire pour avoir une médaille et on va essayer de ne pas avoir de regrets.
08:32Mais je rêverais qu'on arrive à passer un cran de fou et que les Jeux se passent bien
08:37et qu'on soit là-dessus et qu'on va tout donner pour ce qu'on fait en ce moment.
08:42Merci.
08:43Au top.
08:48Rendez-vous à Marseille du 28 juillet au 8 août pour suivre l'équipe de France.