00:00Je m'appelle Koudé Biligou, j'ai 29 ans, je nage pour la ville d'Aubervilliers.
00:30Je ne connaissais pas juste la natation loisir, ni la natation sportive, je ne regardais même pas la natation à la télé.
00:36La première fois, c'était au Cameroun, je me rappelle, c'était un dimanche.
00:40J'ai mes amis qui m'ont dit « Qu'est-ce que tu fais aujourd'hui, tu vas déjà aller à la piscine ? »
00:44Moi j'étais excité, oui, on va à la piscine, j'étais content.
00:47On arrive à la piscine, il y a un grand bassin, un petit bassin, je suis allé au grand bassin,
00:51j'ai lâché le bord, je vois encore l'image et je coulais.
00:54J'étais là, je voyais l'amour venir, je suis parti au fond.
00:57Je ne sais pas combien d'années il m'a entendu, il m'a tiré, il m'a mis au bord.
01:02Il sort une cigarette, il m'a soigné, je suis rentré chez moi et je suis passé à la piscine.
01:09Et la deuxième fois, je suis arrivé en France en 2008-2009, et quand je pars, je vois cette piscine.
01:13Je me dis « Waouh, c'était très très beau ».
01:15Une piscine dans une belle vitrée, l'eau turquoise, c'était très beau.
01:19Je suis allé voir le petit bassin, c'est ce qui m'a frappé en premier lieu, c'était plus là-bas.
01:23Après je me suis dit « J'ai pied, ça va ».
01:25Je suis venu ici.
01:27Et quand il a sauté, oh mon Dieu, j'ai encore vu l'amour arriver.
01:37J'étais dans mes heures de travail au niveau municipal,
01:40donc je suis maintenageur aussi au niveau de la ville.
01:43Claudio a sauté au grand bas et il s'est retrouvé au grand bassin avec une profondeur de 1,80 m.
01:49Il me tire la perche, je ne vois pas la perche, il saute.
01:52Il me met vraiment au bord de l'eau, il me dit « Sors de l'eau, va là-bas, ne viens pas ici ».
01:57Je suis allé au petit bassin et je pense que, du coup, je me suis dit
02:02« Je ne veux pas rester sur cet échec-là, je veux faire des sauts pour quelque chose ».
02:10J'ai vu qu'il était vraiment déterminé à apprendre à nager.
02:13Une fois qu'il a réussi à nager, j'ai fait un petit test au grand bassin.
02:18Il a réussi à faire une longueur et là je lui ai dit « Tu ne veux pas t'inscrire dans un club de natation ? ».
02:23Il m'a dit « Je ne connais pas nager, je veux nager ».
02:27Moi j'étais d'accord, mais mes parents ne voulaient rien entendre.
02:30J'ai appelé sa mère, on a longuement discuté pour pouvoir qu'il intègre le club.
02:35Il avait 14 ans.
02:37J'ai expliqué qu'en fait, cet enfant-là a peut-être une passion pour la natation.
02:41Son objectif, c'est d'apprendre à nager, voire faire des grandes compétitions.
02:45C'était très compliqué d'entrer au club.
02:47Quand je suis arrivé dans le club, il y avait des nouvelles personnes que j'ai croisées.
02:51Il y avait des cadres qu'il fallait respecter.
02:53Ils travaillaient une fois, il fallait que je travaille deux ou trois fois pour les rattraper.
02:58Mais je pense qu'avec ma détermination, il y a un an, j'ai commencé à étudier.
03:07C'est un douze ? C'est un douze-vingt ou un cinquante ?
03:09C'est un vingt-cinq.
03:11C'est un vingt-cinq.
03:14Je suis tombé.
03:17Il a 17-18 ans.
03:18Je me suis dit que je pourrais faire mon métier, mon sport.
03:21Atteindre mes rêves de sportif d'haut niveau.
03:24Le moment où j'ai découvert qu'il était bon pour le haut niveau, c'est qu'il venait tout le temps.
03:28Il ne loupait jamais aucun entraînement.
03:30Il m'écoutait.
03:32Il essayait vraiment de reproduire tout ce que je lui demandais.
03:35Et il était déterminé.
03:42Avec la FGT, je pense qu'on fait aussi beaucoup de compétitions.
03:45On essaie d'aller loin avec eux.
03:48Je pense que la FGT m'apporte aussi.
03:51Si on ne fait pas beaucoup de compétitions, c'est comme des footballeurs.
03:53Si un footballeur ne joue pas, il perd des sensations, il perd un repas.
03:56Même si je peux beaucoup entraîner pendant des années, pendant des années,
03:58si je ne compétis pas, ce n'est pas bon.
04:00Je pense que le fait que chaque week-end, la FGT gagne des compétitions, c'est une bonne chose.
04:05J'ai commencé par la FGT et j'ai inculqué à mes nageurs que une compétition reste une compétition.
04:10Même si on peut penser que c'est de l'amateur,
04:13Claudio s'est qualifié à une compétition internationale de la FGT.
04:16Et il a vu une autre dimension que les compétitions qu'on faisait au niveau départemental.
04:22Ça forge beaucoup, pourquoi ?
04:24Parce que derrière, on a une première compétition internationale.
04:27Et on peut se dire qu'on est allé au summum, par exemple, de la FGT.
04:30Bon, là, c'est les Jeux Olympiques, c'est encore plus haut.
04:33Le fait qu'on soit sélectionné pour les Jeux, qu'on soit fêté pour mon club,
04:37bien sûr que c'est un fêté pour mon club.
04:41En vrai, je suis très reconnaissant.
04:44Comme je l'ai toujours dit, si aujourd'hui, je peux donner ma vie pour lui, pour le club.
04:56Je tiens à remercier mon entraîneur Sébastien, Sébastien Perrateau, Corinne Perrateau
05:02et tous les bénévoles qui sont autour de nous chaque année, chaque week-end.
05:07Et merci à FGT d'avoir cru en moi.
05:37Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org
Commentaires