00:00Sud Radio André Bercoff.
00:02Ça balance pas mal.
00:04Bercoff dans tous ses états, ça balance pas mal sur Sud Radio.
00:08Mesdames et messieurs, eh oui, il ne faut pas que l'arbre des élections
00:12cache la forêt des Jeux Olympiques quand même.
00:15C'est bientôt, c'est bientôt, là on ne parle que d'élections.
00:18Mais bientôt, dans deux semaines, ça y est on est là, Paris, la France
00:24va être occupée par effectivement des millions de spectateurs,
00:29des dizaines de milliers d'athlètes dans tous les domaines, on ne parle que de ça.
00:33Tous les immeubles de Paris sont mobilisés, en tout cas leurs terrasses,
00:37pour accueillir les caméras, les télévisions, les radios du monde entier,
00:41évidemment, et Sud Radio évidemment sera là.
00:44Alors, en attendant quand même, un petit livre très drôle, très très très drôle,
00:50eh bien c'est un écrivain, je ne dirais pas sulfureux, mais il n'est pas seulement écrivain,
00:55il est chorégraphe, il est créateur, il est musicien, il s'appelle Tristan Edelman,
01:00et il a écrit effectivement un livre très drôle, un petit livre,
01:05qui s'appelle Opération Jeux Olympiques, aux éditions Thalma.
01:09Alors Opération Jeux Olympiques, je suis commencé à le lire, c'est quoi ?
01:12Eh bien c'est des scénarios.
01:13Qu'est-ce qui peut arriver, c'est de la, j'allais dire de la politique-fiction,
01:17non c'est du sport-fiction, qu'est-ce qui peut arriver
01:20durant ces Jeux Olympiques, pendant ces quinze jours, où ça va se dérouler un peu partout.
01:26Tristan Edelman, bonjour.
01:28Bonjour, est-ce que vous m'entendez bien ?
01:30Très bien, très bien, et vous, vous m'entendez bien ?
01:33Ouais, super, impeccable, j'ai bien rigolé avant.
01:36Alors Tristan Edelman, dites-moi, qu'est-ce qui vous a pris de faire d'ailleurs ces scénarios,
01:41attention, c'est des scénarios vraiment sulfureux, et des fois c'est borderline,
01:45mais c'est très très amusant, et c'est vrai, on rigole.
01:48Qu'est-ce qui vous, d'abord, pourquoi ces scénarios-là ?
01:51Parce qu'ils sont vraiment, vous êtes allé dans l'excessif, mais au bon sens du terme.
01:55Racontez-moi.
01:57Déjà parce que je trouve le réel de plus en plus délirant,
02:00et donc j'ai été pris dans un concours avec le réel,
02:04je me suis dit bon bah quitte à faire du délire, allons-y à fond,
02:07mais en tant qu'artiste, écrivain, on adore ça.
02:10Donc pour moi ça a été un trip, et en écrivant, il y a eu des moments où j'ai pleuré de rire quand même,
02:16j'avais vraiment les larmes qui coulaient.
02:18Bah vous n'êtes pas le seul, vous n'êtes pas le seul, oui.
02:20Alors racontez-nous, racontez-nous, écoutez, prenons,
02:23parce que je trouvais que vous racontiez, d'ailleurs le premier, même le premier scénario qui est très drôle,
02:27racontez-nous, vous avez imaginé quoi ?
02:29Mais c'est venu comme ça, c'est venu très vite, vous l'avez écrit très vite, je crois.
02:33Ah oui, je l'ai écrit à toute vitesse,
02:35au début je voulais que ce soit des articles un peu satiriques, voilà.
02:42Et puis ça a commencé à prendre des allures de nouvelles, de récits, de pièces de théâtre,
02:47et je me suis complètement laissé aller.
02:49Le premier scénario s'appelle Opération Terminator One.
02:54Il y a pendant les cinq scénarios, ou fiction, ça dépend, toute une culture cyberpunk.
03:04Le cyberpunk peut-être le grand public ne connaît pas, mais il connaît forcément les...
03:10Non, mais surtout, je voudrais que vous nous racontiez l'un ou deux scénarios, surtout.
03:16Alors, je ne veux pas trop spolier non plus...
03:19Non, mais vous donnerez l'envie, au contraire, d'aller lire le livre, si vous ne le racontez pas.
03:24Voilà.
03:25D'accord.
03:26Et disons que le premier, ce sont les décideurs du monde, soi-disant cachés, qu'on ne connaît pas,
03:33qui se réunissent pour imaginer un scénario à partir de Terminator.
03:40Imaginer ce que ça peut donner.
03:42Donc, ils imaginent plein de scénarios.
03:45Ils veulent vendre de l'eau, de l'air pur, mais qu'ils feront payer, évidemment, très très cher.
03:51Donc, c'est une sorte de parodie complètement folle sur le marketing, sur le capitalisme.
03:57Et ils sont comme ça en secret.
03:59Oui.
04:00Et il y a une agence privée qui s'appelle N1 et N2, qui va leur proposer des produits incroyables.
04:08C'est une agence de conseil, un peu ?
04:10Vous avez pensé à une agence de conseil ?
04:12Une agence de conseil.
04:13Voilà.
04:14Et donc, ils décident de gérer la population sous le terme des cafards, des moustiques et des punaises de lit.
04:20Ah, d'accord.
04:21Les moustiques, ce sont les étrangers, parce qu'ils vont forcément amener plein de maladies.
04:27Les cafards, c'est la flemme.
04:30Vous allez vous faire bastonner, les étrangers qui amènent des maladies.
04:34Vous allez vous faire bastonner.
04:36Ah, mais j'ai tiré dans tous les coins.
04:38Et les punaises de lit, c'est la police, les fonctionnaires d'État et tout le monde.
04:42Donc, ils ont des idées de contrôler tout ça.
04:44C'est une tendance un peu...
04:48Il n'y a pas de parti pris, quoi.
04:51C'est vraiment le réel, dans tout son délire, que je pousse jusqu'à l'absurde.
04:56Alors ensuite, le deuxième s'appelle Opération Nikilouks.
05:00Alors là, je ne vais pas trop en dire, mais...
05:03Il y a carrément, qui sait peut-être, des extraterrestres qui débarquent.
05:08Ah, carrément ?
05:10Ils débarquent et ils sont très très spéciaux.
05:14Ils sont très gentils, apparemment.
05:15Est-ce qu'ils participent aux compétitions ?
05:18Dans votre scénario ?
05:20En fait, ils gèrent toutes les compétitions pour le bien de tout le monde.
05:25Ils décident d'exploiter la planète sous le libre consentement des peuples
05:30qui vont, pour certaines raisons technologiques, accepter tout ça.
05:35D'accord.
05:36Il y a aussi des scénarios où le peuple reprend les stades,
05:42parce que les bugs complètement fous,
05:44les drones commencent à voler n'importe comment.
05:47Il y a aussi une référence avec les gilets jaunes qui se réveillent,
05:51les immigrés qui sont jetés puis qui reviennent, qui prennent l'Élysée.
05:54C'est complètement fou.
05:56Si vous voulez chercher quelque chose de partisan, vous allez être perdus,
06:00parce qu'il n'y a rien de partisan.
06:01C'est aussi à l'intérieur de l'artiste.
06:04On prend le réel tel qu'il arrive et puis on le pousse.
06:07Moi, je me souviens que j'avais lu des lettres entre Marx et Engels
06:11où ils parlaient de la Martine au moment des journées de 48.
06:14Ils disaient « Lui de gauche, lui de droite »,
06:16puis ils disaient « Mais la Martine, on ne sait pas où il est ».
06:18Parce qu'en fait, il décrit tout et il ne prend pas parti.
06:20Pour moi, c'est un peu ça.
06:22Je m'amuse à pousser.
06:25Et l'humour, c'est un peu un humour spécial, un peu un humour juif.
06:31L'humour juif, c'est en fait quelque chose que je peux résumer comme ça.
06:35On a accepté la catastrophe.
06:38De toute façon, on va peut-être à la fin de l'humanité,
06:41peut-être tout ça va disparaître.
06:42Donc, il y a une acceptation.
06:44Mais ça ne nous empêche pas d'en rire.
06:46Voilà.
06:48Cette acceptation va te permettre d'en rire,
06:50va te donner un recul,
06:52qui va te permettre de réinvestir le réel avec beaucoup plus de joie.
06:56Donc, c'est un humour très particulier, universel.
07:00Attention, on peut le retrouver dans d'autres cultures aussi.
07:02Mais c'est cette idée de « Allez, on accepte la catastrophe,
07:06on la regarde en vrai, on se réveille,
07:08on ne fait pas semblant,
07:10on rit et on va au-delà du rire. »
07:15Vous avez poussé très loin les scénarios.
07:18C'est pour ça que c'est un petit livre qui se lit avec plaisir.
07:21Parce que vous avez poussé très loin les scénarios.
07:24Mais vous, dites-moi alors,
07:26là je parle aux citoyens, aux sportifs,
07:29Edelman, vous êtes aussi spécialiste des arts martiaux,
07:31Tristan Edelman,
07:32est-ce que vous êtes optimiste ou pessimiste sur la tenue des Jeux Olympiques ?
07:36D'ailleurs, vous y serez, vous, vous regarderez ça à la télévision ?
07:41Non, moi je ne vais même pas regarder en fait.
07:43Moi, en tant que sportif,
07:45ce n'est pas le genre de compétition qui va m'intéresser.
07:48Il y a trop d'argent.
07:49Du coup, l'esprit sportif, il est parti.
07:51Je fais des arts martiaux, du sport,
07:53de haute compétition depuis petit.
07:55Donc ce n'est pas un bel esprit,
07:57c'est du sponsoring,
07:58c'est un peu les Jeux du Cirque à la César,
08:02c'est-à-dire une grande version...
08:04Mais Tristan Edelman, il y a de belles compétitions quand même,
08:06il va y avoir des très belles choses, non ?
08:09Vous ne croyez pas ?
08:10Je pense même que ce sera grandiose,
08:12ce sera comme Rome qui brûle.
08:15Je pense que ce sera grandiose.
08:17Mais non, ce n'est pas mon esprit, les Jeux Olympiques.
08:20Ce n'est pas mon esprit, après chacun son truc.
08:22Moi, justement, à un moment, il y a des scénarios
08:25où le sport amateur, au sens du sport citoyen,
08:30reprend ses droits,
08:31et même les compétiteurs finalement laissent tomber la piste,
08:34ils vont courir avec leurs copains.
08:36Et c'est le peuple qui commence à courir,
08:39à faire du saut à la perche, etc.
08:42Je reconnais là votre côté anarchiste.
08:47C'est bien d'aller jusqu'au bout,
08:49et encore une fois, ce que j'ai aimé dans ce petit livre,
08:53qui se lit avec plaisir,
08:54c'est que vous laissez votre imagination galoper,
08:57vous l'écrivez, vous écrivez bien,
08:59et donc on part avec ça,
09:01et on sait très bien que ce n'est pas très vraisemblable,
09:04mais ce n'est absolument pas le problème,
09:06ce n'est absolument pas la question.
09:08La question est qu'on passe un beau moment,
09:10maintenant, et pour ceux qui vont regarder les Jeux Olympiques,
09:13ou y assister, évidemment,
09:15on ne peut que leur souhaiter beaucoup de bonheur,
09:17parce que ça va être en tout cas très bruit,
09:19et on espère, surtout,
09:21qu'il n'y ait pas des crétins qui abîment ça.
09:24Oui, absolument.
09:25Moi, après ce livre, je l'ai conçu, il est court,
09:28je me suis dit,
09:29c'est pour les Parisiens et les Marseillais,
09:31puisqu'ils accueillent les Jeux Olympiques,
09:33il faut que ça puisse se livrer en un aller-retour dans la journée.
09:36Sachant que, là j'étais à Paris,
09:39je prends le métro,
09:40déjà c'est difficile parce qu'on est dans une boîte de sardines,
09:42il s'arrête, il est dévié,
09:44tu attends, tu n'en peux plus, tu transpires,
09:46et là, hop, tu sors.
09:48Opération JO, et tu te marres.
09:50Voilà, il le dit, effectivement.
09:52C'est dans cet esprit-là.
09:54Pour ceux qui prennent le métro, que ce soit à Marseille ou à Paris,
09:56ou même pour ceux qui ne le prennent pas,
09:58vous ne vous ennuierez pas en lisant ce livre,
10:01Opération JO.
10:03Merci Tristan Edelman.
10:05Merci d'avoir été avec nous,
10:06on va marquer une courte pause sur Sud Radio,
10:08on revient dans un instant pour les perles, les huées,
10:10et les bravos d'André Bercoff.
10:11A tout de suite sur Sud Radio.
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