00:00Bruno, il y a un chiffre qui m'a interpellé dans ce sondage, c'est celui des indécis.
00:03Un électeur sur quatre pourrait encore changer d'avis, ça représente 8 millions de voix.
00:08Est-ce que ça pourrait faire basculer l'élection ?
00:10Oui, probablement. En tous les cas, peut-être pas autant qu'on peut l'imaginer. Pourquoi ?
00:16Parce que d'abord, le Rassemblement national a beaucoup d'avance.
00:19Et c'est l'un des enseignements de cette courte campagne,
00:22c'est que le pari du président qui était de se dire
00:24« le scrutin européen, c'est différent du scrutin législatif »,
00:28eh bien non, pour l'instant, dans les sondages, on voit que le Rassemblement national
00:31fait la course en tête de la même manière qu'il l'avait fait pendant des semaines avant les européennes.
00:35Ensuite, la sûreté de vote. C'est une notion un petit peu compliquée, mais qu'on peut expliquer en deux mots.
00:41Les 36% qui disent ce matin qu'ils sont prêts à voter Rassemblement national,
00:4982% d'entre eux sont certains de leur choix. Donc, ils ont déjà décidé leur choix.
00:54Et c'est le niveau de certitude le plus élevé parmi toutes les catégories de vote politique.
00:59C'est 70%, par exemple, pour les électeurs de la majorité.
01:03Donc, ça atténue ces fameux 8 millions d'électeurs qui pourraient encore changer d'avis.
01:09Ce sera sans doute suffisant pour inverser l'ordre d'arrivée des trois blocs,
01:13à moins d'une immense surprise. On ne la voit pas, on ne la lit pas pour l'instant dans les enquêtes d'opinion.
01:18En revanche, ça pourrait peut-être resserrer les écarts entre le Rassemblement national,
01:23le nouveau Front populaire et la majorité, auquel cas ça relancerait peut-être une incertitude pour le second tour.
01:34Parce qu'on sait bien que l'écart est quand même fondamental dans une élection à deux tours,
01:38puisque le deuxième peut toujours rattraper le premier. C'est le principe même de la démocratie.