00:00Et cette parole, elle n'existait pas lors de la présidentielle 2022 que j'ai eu la chance de suivre pour cet avouement.
00:04J'avais jamais vécu ça. J'en ai vécu, auparavant, le 9 juin, un message par mois, un message tous les 3-4 semaines.
00:10Là, c'est 4-5 messages par jour. Et c'est assez désagréable. Et c'est désagréable aussi pour nos proches qu'on reçoive.
00:15Je pense notamment à ma maman et à ma sœur. Et on se dit « Mais pourquoi ? ». Voilà. Pourquoi ?
00:21Ça dit quelque chose du climat et des craintes qu'on peut avoir au soir du 8 juillet prochain.
00:26Mais surtout, je voudrais juste dire un truc. J'aimerais bien qu'on arrête de m'essentialiser en fonction de mon prénom ou de mon nom
00:32ou de ma prétendue origine ou de ma prétendue religion. J'aimerais bien qu'on... Si on me disait par exemple « Vos sujets, Mohamed, sont nuls »,
00:38ça ne me dérangerait pas, en fait. Je l'accepterais. Mais j'en ai marre qu'on me dise « T'es un bico, t'es un musulman, t'es un salarable ».
00:43Qui connaît ma vie, en fait ? Qui sait, le soir, quand j'entre à la maison, quelles sont mes valeurs, quelles sont mes origines,
00:50quelles sont ma religion, en fait ? J'aimerais bien qu'on se dise, qu'on l'essentialise en tant que journaliste français
00:55qui vit en France depuis l'âge de trois semaines, un mois, et qu'on arrête de me dire « T'es un sale bougnou, t'es un sale bico, t'es un sale musulman,
01:01t'es un sale un tel, un tel ». Juste qu'on me dise « T'es un journaliste », et qu'on n'accepte pas tes valeurs, qu'on n'accepte pas tes propos, tes sujets,
01:07peut-être, mais qu'on arrête de me ramener à ce côté rebeu, musulman, arabe, bico. Je suis un Français, journaliste, citoyen, c'est tout.
01:16Et rien d'autre. Et en fait, c'est assez bouleversant de se dire qu'on se bat tous les jours pour fédérer les gens et de se manger ça au quotidien.
01:23Et on n'est pas fait pour ça, et on ne se lève pas le matin pour ça.
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