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Christine Kelly et ses chroniqueurs débattent de l'actualité dans #Facealinfo
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00:00Face à l'info, bonsoir à tous, 19h05. Quelques petits soucis techniques mais on est là, on a un peu poussé les murs, nous sommes là.
00:09Charlotte Dornelas, Gabriel Cluzel, Marc Menand, Mathieu Boccoté.
00:13Au sommaire ce soir, l'antisémitisme a surgi au cœur des législatives.
00:19On ne connaît pas tout encore du cauchemar qu'a vécu cet enfant de 12 ans samedi à Courbevoie.
00:25Pire qu'un viol, une horreur, des actes de barbarie.
00:29Alors que l'enquête se poursuit, un millier de personnes se sont rassemblées hier soir devant l'hôtel de ville pour dire non à l'antisémitisme.
00:36Comment l'antisémitisme est-il redevenu un sujet majeur en France ? L'édito de Mathieu Boccoté.
00:43La gauche est-elle en train de se faire grand remplacer ? Comment analyser les propos de Rima Hassan ?
00:51La députée européenne a déclaré lors du meeting du Front populaire à Montreuil, je cite,
00:56« l'antiracisme a besoin de visages incarnés et non pas de porte-parole éloigné de ses réalités ».
01:03En clair, il faut des porte-parole qui ressemblent à ceux qui sont victimes de racisme.
01:07Assiste-t-on à certains dégagismes ? A gauche, l'analyse de Gabriel Cluzel.
01:14Un raf de service, Salle Serpillère, Beurette, Hanane, Mansoury, candidate LR soutenue par le RN, est victime d'un déferlement raciste, victime d'une campagne de haine.
01:26« Pendant que la gauche m'insulte sur mes origines, je préfère me battre aux côtés des vrais universalistes et patriotes », déclare la candidate en Isère.
01:34Comment est-on arrivé à voir la gauche, porteuse de hautes valeurs humanistes, tomber dans le racisme le plus vil ?
01:42Comment cette inversion de valeurs peut-elle aveugler ainsi la gauche ? Peut-elle encore être la gauche ? Le regard de Marc Menon.
01:51Toujours dans la dangereuse inversion de valeurs, le collectif Urgence Notre Police Assassine, fondé par une candidate du Front Populaire, a affiché en victime un homme qui avait agressé au couteau des policiers à jouer les tours au cri d'Allah Akbar
02:09et a affiché son soutien à l'Etat islamique. Comment peut-on dresser en héros des ennemis de la République, des ennemis de la France, le décryptage de Charlotte Dornelax ?
02:22Et puis, presque tous les anciens premiers ministres se sont positionnés dans la campagne des législatives.
02:27Manuel Valls, Jean-Pierre Raffarin, Lionel Jospin, Jean Marqué, Robernard Cazeneuve, Édouard Philippe, François Fillon de ce côté,
02:33tout en critiquant la droite nationale s'est positionnée contre l'extrême gauche qui menace l'unité nationale.
02:40Mais Dominique de Villepin a fait trembler les murs. L'homme de droite se positionne pour la gauche du Front Populaire.
02:48De quoi son ralliement est-il le nom ? L'édito de Mathieu Bocoté.
02:53Une heure pour prendre un peu de hauteur avec nos mousquetaires en retard, mais on est là quand même et on est heureux. C'est parti !
03:03Générique
03:13Bonsoir à tous, ravie de vous retrouver. Mathieu Bocoté, on va commencer tout de suite. J'ai un petit son à vous faire écouter dans un instant.
03:20Mais d'abord, cette question de l'antisémitisme, il faut le constater, est au cœur de la présente campagne des législatives,
03:27comme elle était au cœur des élections européennes, et elle frappe particulièrement LFI.
03:33Est-elle appelée à devenir la question la plus déterminante de cette campagne, selon vous ?
03:39À tout le moins, elle devient structurante. Pour deux raisons. La première, politique. La deuxième, sociologique.
03:47Sur le plan politique, on le sait depuis le 7 octobre, c'est un fait reconnu en fait, une partie de la gauche a cru trouver son avantage électoral en jouant, en flirtant avec l'antisémitisme.
04:01Je dis ça, je reviendrai dans un instant pour dire qu'une partie de la gauche le reconnaît elle-même et s'en désole sur le mode autocritique.
04:07Donc nous le savons, il y a cette gauche qui flirte en se disant, il y a un électorat disponible qui répond aux signaux antisémites, et dès lors on va envoyer ces signaux pour récupérer cet électorat.
04:18Moi, je me pose souvent la question, qu'est-ce qui est le pire ? Est-ce que ce qui est le pire, c'est un antisémite de conviction ?
04:23Ou quelqu'un qui ne l'est pas au fond de lui-même, mais qui décide de jouer cette carte parce qu'il sait que c'est payant auprès de centaines de milliers, sinon des millions de personnes, qu'on va gagner ?
04:33Quand on dit antisémitisme d'opportunité, c'est-à-dire qu'il y a une opportunité possible à jouer la carte de l'antisémitisme.
04:40Opportunité.
04:41Ayons ça à l'esprit, et dans certaines catégories de l'électorat.
04:45Mais là, depuis hier en fait, hier avant-hier, c'est d'une toute autre nature.
04:50Là, on a l'antisémitisme sociologique qui est très présent depuis une vingtaine d'années en France et qui a engendré, on a déjà utilisé cette formule ici,
04:58une forme de nettoyage ethnique ababruidige à l'endroit des Juifs dans plusieurs quartiers qui leur étaient historiquement associés.
05:07On connaît l'histoire de Sarcelles, on pourrait en nommer d'autres.
05:09On connaît des figures associées, des figures martyres, à bien des égards Sarah Halimi, Mireille Knoll, Jérémy Cohen.
05:15Et aujourd'hui, il y a cette jeune fille de 12 ans qui a été...
05:19Cet enfant.
05:20Oui, vous avez raison, cet enfant qui a été...
05:22Et là, je vais utiliser le mot de manière le plus neutre possible, je ne rentre pas dans les détails, c'est trop horrible.
05:27Mais violée sur le mot de pogrom.
05:29Qui a été violée sur le mot de pogrom.
05:31Et qu'est-ce qu'un viol sur le mot de pogrom?
05:33Il s'agit en fait de frapper le groupe à travers elle.
05:36Il s'agit d'humilier la communauté juive dans son ensemble et de blesser et d'humilier et de violer la communauté juive dans son ensemble à travers elle.
05:45Donc, on est devant un viol qui ne relève pas simplement de l'horreur ordinaire qu'on connaît avec la bête humaine.
05:51On est devant le viol comme technique d'intimidation politique.
05:54Le viol comme technique d'affirmation de soi sur une communauté à qui on dit vous n'êtes plus les bienvenus ici.
06:01On sait, soit dit en passant, que la jeune fille ne voulait pas divulguer le fait qu'elle était juive parce qu'elle redoutait les conséquences pour sa sécurité.
06:07Ce en quoi elle avait raison.
06:09Ce en quoi le dévoilement de sa judéité la transformait en cible pour ceux qui voulaient poursuivre la logique du pogrom en s'en prenant à cette jeune fille par des jeunes garçons, soit dit en passant.
06:20Je pense qu'on se pose tous la question, mais qu'est-ce qu'ils ont appris à la maison?
06:23On a beau mettre tout ça sur le dos des réseaux sociaux, qu'est-ce qu'ils ont appris à la maison pour être capables de faire des choses semblables?
06:30Mais cet antisémitisme, comment le caractériser?
06:33Et là, c'est à ce moment que ça devient politique, ça devient médiatique.
06:36Nous savons de quel antisémitisme il s'agit, d'un antisémitisme marqué par l'islamisme, d'un antisémitisme d'importation.
06:46Nous le savons.
06:48Mais nous avons tout un système médiatique, mais aussi juridique, mais aussi politique, qui a tout fait pour nous empêcher de savoir ou de dire pendant des années.
06:58Je vais donner deux exemples assez récents.
07:00Avant vos exemples, remarquons que les identités n'ont pas été révélées, mais est-ce qu'on a même besoin des identités aujourd'hui?
07:08C'est une question qu'on peut se poser.
07:10Je crois et on devine qu'on n'est pas nécessairement sur le profil de Suédois ou d'Islandais.
07:17Disons ça comme ça.
07:19Mettons au conditionnel.
07:21Au conditionnel, bien évidemment, il est possible qu'on soit surpris, mais il est possible qu'on ne le soit pas aussi.
07:25C'est peut-être ça le problème.
07:27Or, quoi qu'il en soit, qu'est-ce qu'on voit ici?
07:29On voit une volonté de le nier.
07:31Je donnais deux exemples.
07:33Georges Bensoussan a parlé de l'antisémitisme islamiste il y a quelques années déjà, il ne faut pas l'oublier.
07:40Il a été poursuivi devant les tribunaux en l'accusant globalement de propos haineux.
07:46Il a été poursuivi, je précise, par des organisations qui sont aussi associées à la communauté juive.
07:50C'est particulier.
07:52Donc, une partie de la communauté juive condamnait Bensoussan, un historien exceptionnel, ça vaut la peine de le dire,
07:58très courageux, qu'il nommait ce problème.
08:01Eh bien, il a été poursuivi.
08:03Finalement, ça a tombé, mais c'est quand même particulier.
08:05Donc, il y avait une censure sur le réel.
08:07Tout récemment, Geoffroy Lejeune, que nous connaissons, a nommé cette question d'un antisémitisme d'importation marqué du sceau de l'islamisme.
08:15Il a été, plus largement la chaîne, sanctionné par les autorités médiatiques compétentes et affichées pour avoir rappelé ce diagnostic.
08:24Certains diagnostics ne peuvent pas, ne doivent pas être mentionnés.
08:28On va vous faire payer financièrement, juridiquement, politiquement, pour avoir osé nommer certaines vérités.
08:36Donc, le commun est mortel finit par comprendre.
08:39On sait tous ce dont il est question et on sait le prix à payer si on décide de le mentionner.
08:44J'ajoute que ce récit de l'invisibilisation de la souffrance des juifs de France a été reconduit dans l'actualité ces jours-ci.
08:51D'abord, avec Emmanuel Macron.
08:53Emmanuel Macron qui dit qu'on va faire finalement une séance d'éducation à travers l'ensemble du système de l'éducation nationale pour sensibiliser à la question de l'antisémitisme aujourd'hui.
09:02Une séance de réflexion.
09:03Mais on aura envie de dire au président de la République, avec tout le respect qu'on lui doit,
09:06Monsieur le président de la République, ce n'est pas l'ensemble de la population qui a besoin d'avoir ce cours particulier d'empathie,
09:12je ne sais pas comment on dit aujourd'hui, d'éducation civique, ou de bonne manière, ou de savoir-vivre.
09:16Décider de faire porter à l'ensemble de la collectivité la responsabilité d'un phénomène communautaire à bien des égards,
09:23je prends toutes les nuances nécessaires pour le dire,
09:25eh bien, c'est ne pas vouloir voir ce qu'on sait.
09:27Il faut dire qu'Emmanuel Macron a lui-même dit que cet antisémitisme était inexplicable et que plusieurs ont voulu depuis lui expliquer.
09:35Jean-Luc Mélenchon, quant à lui, dit que c'est la faute de la masculinité toxique, c'est la faute de la violence présente dans cette société.
09:42Et il nomme à la fin de son tweet, on en parlait hier, à la fin, toute fin, la question de l'antisémitisme parce qu'il ne peut pas complètement évacuer le réel.
09:49Mais globalement, qu'est-ce qu'on voit dans cette campagne?
09:51Il y a tout un discours médiatique dominant pour ne pas nommer ce que nous savons et que nous voyons.
09:57Je note, soit dit en passant, et je trouve ça rassurant, qu'il y a eu un événement pour marquer la solidarité avec cette jeune fille hier,
10:06donc un événement politique pour soutenir cet enfant qui a été violé.
10:10Il a rassemblé beaucoup d'associations.
10:12Ah oui, et je note que M. Dupont-Moretti s'y est rendu et je note qu'il n'a pas condamné, heureusement, cet événement comme il l'avait fait pour la jeune Lola.
10:18Donc là, pour une fois, je comprends que c'est un événement qui mérite, heureusement, avec raison, qu'on en parle politiquement.
10:23J'aimerais savoir pourquoi ce n'était pas le cas pour Lola, mais peut-être est-ce une mauvaise question.
10:27On n'était pas, peut-être, pendant les législatives?
10:29Je n'en sais rien.
10:30Vous avez évoqué le rapport complexe du nouveau Front populaire avec l'antisémitisme.
10:35Mathieu Bocoté, comment comprendre la grande tolérance de la gauche avec ce fléau?
10:40Alors, on est en ce moment devant une séance de thérapie collective.
10:42Regardez Mme Rousseau, Sandrine Rousseau, qui confesse sur une autre chaîne à quel point il est difficile pour elle d'être associée à des antisémites
10:52parce qu'elle ne l'est pas personnellement, je n'en doute pas, parce qu'elle dit que la gauche n'est pas structurellement antisémite.
10:58Peut-être possible encore, mais c'est difficile.
11:01Vous comprenez ma souffrance d'être associée à des antisémites?
11:04On aurait envie de dire, mais ma chère amie, démissionnez.
11:07Si c'est si dur que ça pour vous, quittez à l'instant ce rassemblement d'individus toxiques.
11:12Eh bien non, parce qu'il faut néanmoins se rassembler pour battre l'extrême droite qui, elle, serait structurellement antisémite,
11:19même si elle n'en donne pas de signes publiquement.
11:21Je reviendrai sur la question des signes dans un instant.
11:23Il y a Delphine Orveilleur, intellectuelle de référence, philosophe, rabbin, qui nous dit qu'il faut purger le front populaire de son antisémitisme.
11:33Ça, c'est sur BFM. Il faut purger le front populaire de son antisémitisme.
11:36Donc là, on comprend qu'il y a un problème fondamental chez elle avec ce nouveau front populaire.
11:41Et, elle nous dit, ça va encore plus loin, elle nous dit que c'est un vrai problème.
11:47Elle doute de ceux qui, dans ce parti, condamnent l'antisémitisme.
11:50Alors, on pourrait croire que chez elle, elle se dirait qu'on va se tourner ensuite vers l'autre parti,
11:55un peu comme le fait M. Clarksville qui dit finalement on va se tourner vers le RN qui se veut le protecteur des juifs aujourd'hui.
12:01Elle dit non, parce que fondamentalement, le RN demeure dangereux, j'ai la citation exacte, pour l'altérité, l'étranger.
12:07Il flirte avec le populisme, il est dangereux pour le juif aussi.
12:10Elle ne donne pas d'exemple, mais c'est parce qu'elle manquait de temps, c'est évident, sinon on en aurait trouvé des tonnes.
12:14Alors, j'ai cherché à comprendre pourquoi cette gauche est aussi tolérante envers l'antisémitisme.
12:19Parce que c'est une vraie question.
12:20Finalement, je me tourne vers le XXe siècle.
12:23Rappelons-nous ces communistes qui disaient l'URSS, c'est horrible, en effet.
12:27Il y a le goulag, c'est horrible.
12:29Il y a des millions de morts, c'est horrible.
12:31Mais il nous faut sauver le communisme de la réalisation concrète du communisme avec le goulag, avec les morts, avec le totalitarisme, avec la police politique.
12:38Parce que ce communisme, avec tous ses défauts, vaut toujours mieux que ce qui n'est pas le communisme, c'est-à-dire les sociétés capitalistes.
12:45C'est le même raisonnement, aujourd'hui, qui est appliqué à la question de l'antisémitisme et de la gauche.
12:49C'est-à-dire que c'est les dérapages ?
12:50Les dérapages sont toujours des dérapages par rapport à une ligne virtueuse en soi.
12:54On est vertueux, donc le communisme était toujours bon.
12:56C'est juste que l'application ne fonctionnait pas.
12:58Mais de la même manière, aujourd'hui, la gauche est vertueuse en elle-même.
13:00Pratiquement, elle s'associe avec des antisémites, mais ça ne dit rien de la nature de la gauche, si on comprend bien.
13:05C'est bougrement tordu.
13:07Or, ce qui est intéressant ici, c'est que c'est la même logique qui s'applique.
13:10Oui, la gauche se compromet avec l'antisémitisme.
13:15Mais rien ne serait jamais aussi horrible que si l'extrême droite arrivait au pouvoir.
13:22Je note que dans tout ça, ils ont besoin de rappeler que l'antisémitisme est bien partagé.
13:26Et ça nous ramène à ce dont on parlait hier, parce qu'il y a eu des suites.
13:29Vous vous rappelez cette espèce de fake news autour d'un candidat RN qui serait antisémite.
13:34Et là, le RN l'a éjecté pour cela.
13:37Je reviens sur ça, parce qu'il y a eu une suite, aujourd'hui.
13:39Donc, ce candidat, je le rappelle en deux mots, éjecté du RN parce qu'une fake news de libération qu'il traite d'antisémite.
13:45On apprend que ce n'est pas le cas. C'est démenti à la fin de la journée, quand même.
13:48Il n'y a aucun doute. Même Libération est obligée de reconnaître à demi-mot qu'ils ont versé dans la fake news.
13:53C'est quand même quelque chose.
13:55Ce matin, on est plusieurs heures plus tard.
13:57Madame Apolline de Malherbe, pour qui j'ai la plus grande estime, je prends la peine de le dire,
14:02pose la question à un représentant du RN, Jean-Philippe Tanguy, comme si le démenti n'avait pas eu lieu.
14:08Elle était au contact de la fake news d'origine, mais c'est comme si Mme de Malherbe ne travaillait plus dans les médias
14:14et n'avait pas suivi que, pendant plusieurs heures ensuite, la nouvelle avait été démentie.
14:18Donc, elle pose la question à Tanguy du RN en disant que vous avez quand même des problèmes d'antisémitisme dans votre parti.
14:25Et Tanguy dit que c'est vrai. On a un antisémitisme résiduel dans nos rangs, mais on fait tout pour s'en débarrasser.
14:30Donc, il plaide coupable à propos d'une fake news et il s'accuse d'antisémitisme résiduel,
14:37alors que tout ça relève d'une fake news produite par Libération et reproduite ensuite par le système médiatique.
14:43Donc, vous voyez que même après le démenti, même après qu'il a été prouvé, prouvé dans le JDD, dans l'incorrect et ailleurs,
14:50les preuves étaient nombreuses qu'il n'y avait pas de candidat antisémite au RN avec ce monsieur hier dont on parlait, Joseph Martin,
14:55eh bien, au final, le mensonge demeure, parce que le mensonge qui est celui de cette candidature antisémite
15:01sert le récit des deux extrêmes qui seraient équivalents en matière d'antisémitisme. C'est fascinant.
15:06J'ai une petite dernière question. Comme on a commencé très en tard, je vais enlever à chacun une petite minute.
15:12Pardonnez-moi, je suis obligée de faire comme ça. Juste un mot peut-être sur les intellectuels,
15:17d'importants intellectuels qui ont signé une tribune aujourd'hui pour dénoncer l'antisémitisme de LFI.
15:23Est-ce que, selon vous, là, c'est un tournant dans l'histoire ?
15:27Dans l'histoire, je dirais que c'est important. C'est-à-dire Pascal Bruckner, Boislem Sansalle, Bérénice Levé, Bernard Kouchner,
15:32Antoine Gallimard, Michel Onfray, Pierre-André Taguieff. On n'est pas devant des petits joueurs.
15:36On n'est pas devant des chroniqueurs de Mediapart. On est devant des intellectuels de référence.
15:40Ils nous disent quoi ? Ne nous trompons pas de cible. L'antisémitisme, aujourd'hui, est associé globalement
15:46au Nouveau Front populaire, à cette gauche radicale. L'antisémitisme a un lieu, et ce lieu, c'est cette gauche radicale.
15:53Ce qui nous amène, et je terminerai avec cela, Alain Finkielkraut, lui-même, disait il y a quelques jours, je crois,
15:58il dit, c'est au nom de la lutte contre l'antisémitisme que je pourrais, dans un deuxième tour LFI-RN, que je pourrais voter RN.
16:10C'est parce qu'au nom de la lutte contre l'antisémitisme, je pourrais voter RN, ce que dit aussi M. Clarkfield.
16:14On pourrait dire que l'histoire a basculé de ce point de vue. C'est parce que nos amis qui se voulaient antifascistes
16:19demeurent antifascistes et en lutte contre l'antisémitisme qu'ils se tournent aujourd'hui, disent-ils, contre LFI,
16:26contre le Nouveau Front populaire. De ce point de vue, on pourrait y voir un vrai retournement dans le débat public.
16:34Merci beaucoup pour votre analyse, mon cher Mathieu. Monde d'inversion de valeurs, on en parlera dans un instant avec Charlotte,
16:40on en parlera aussi avec vous, Marc, puisque c'est vrai qu'on perd un peu ses repères et c'est important de garder son bon sens.
16:46Essayons de garder son bon sens avec vous aussi, Gabrielle, puisque le phénomène le plus frappant de ces législatives dont on parle peu,
16:53comme si c'était tabou, c'est l'implacable mouvement de, je cite, on va dire, d'égagisme, entamé à l'extrême-gauche.
17:02Expliquez-nous, puisque là aussi, on peut perdre son bon sens.
17:05Oui, alors cette fois, il faut le reconnaître, l'extrême-gauche, c'est grand remplacé.
17:10Alors vous savez, le grand remplacement pour l'extrême-gauche, c'est un peu la logique du chaudron de Freud,
17:16c'est-à-dire qu'en même temps, ils disent que ça n'existe pas, d'ailleurs il ne faut même pas en parler,
17:19et en même temps, ils l'appellent de leur vœu et ils se réjouissent de le voir devenir réalité.
17:24C'est ce que Jean-Luc Mélenchon appelle improprement créolisation, parce que ça ne veut pas dire ça du tout, mais c'est un mot très joli et apaisant.
17:33Alors ce qui est très frappant, et pourquoi je dis qu'on en a peu parlé, c'est que, pourtant, cela aurait dit alerter les journalistes.
17:41Lors du dernier meeting à Montreuil du Front Populaire, la nouvelle eurodéputée, donc Rima Hassan, n'a pas caché ses menaces d'égagistes, c'était vraiment très clair.
17:51Alors elle a dit, je cite...
17:53Vous permettez, on passe le son, et on l'écoute. On va l'écouter.
17:58L'antiracisme a besoin de voix et de visages incarnés, et non pas de porte-parole éloigné de ses réalités.
18:12Cette époque du porte-parole est révolue.
18:18Nous la voulons derrière nous, car tout ce qui est fait sans nous est fait contre nous.
18:27C'est pourquoi, dans cette quête d'union, nous n'avons pas le droit de négliger, d'invisibiliser, ou d'oublier les voix politisées concernées par le racisme et les discriminations.
18:37Qu'est-ce que cela signifie ?
18:39Alors vous aurez noté le sourire légèrement crispé de Mathilde Panot sur fond de drapeau palestinien, du reste, quand on voit en grand le paysage.
18:48C'est le même principe en somme que les féministes. Vous vous souvenez, les féministes, elles dénient aux hommes le droit de parler en leur nom.
18:56Elles disent pas d'utérus, pas d'opinion. Et bien là, c'est une façon de dire, c'est pareil, pas racisé, pas le droit de parler.
19:02Mais ce n'est pas nouveau. Et à l'aune d'aujourd'hui, c'est très intéressant de revenir sur un débat, il y a deux ans, en juin, donc c'était avant les précédentes législatives,
19:10qui avait été organisé par le média d'extrême-gauche Street Press, entre Raquel Garrido et celui qui l'a évincé, vous savez, on en a beaucoup parlé, Ali Diwara.
19:19Alors à ce débat, il y avait aussi Sandrine Rousseau, mais qui n'est pas du tout intervenue, en tout cas sur ce sujet.
19:25Elle est intervenue au début sur le féminisme, mais pas sur ce sujet. Alors je rappelle Ali Diwara, c'est ce candidat franco-gambien controversé,
19:31comme on dit publiquement, quand on dit controversé d'un candidat de la gauche, c'est en général qu'il a dit des trucs absolument scandaleux,
19:37et dont les publications sur les réseaux sociaux sont truffées de références au sioniste, au blanc.
19:43Il a dit de Glucksmann qu'il était le candidat sioniste de la droite libérale de gauche, et il a soutenu l'imam Iqwissed.
19:49Et donc c'est très intéressant de revenir sur ce débat, parce qu'il avait clairement dit à Raquel Garrido qu'il y avait un problème de représentativité,
20:02de représentativité, donc, pour le 93.
20:07Alors, on va essayer de comprendre en clair, si tu n'es pas noire ou arabe, tu ne peux pas être porte-parole des noirs et des arabes.
20:15Je suis un peu caricaturale, mais c'est comme ça.
20:18Mais c'est ce que lui a dit Raquel Garrido. Elle a utilisé ces mots-là, et au début elle a kiessé, c'est ça qui est intéressant.
20:22On marque une pause et on va décortiquer ça, à tout de suite.
20:29Retour sur le plateau de Face à l'Info, amputé de 5 minutes, alors attention, vos chroniques, on doit rendre à l'heure ce soir.
20:36On a eu un petit problème technique, donc on est obligé de tenir nos temps.
20:40Je reviens avec vous, ma chère Gabrielle, on parlait de Raquel Garrido et d'Ali Diora,
20:47et on parlait du fait que la gauche est en train, en quelque sorte, en caricaturant un peu, de se faire grand remplacé.
20:52Oui, exactement. Et encore une fois, celui qui aujourd'hui a remplacé Raquel Garrido, il y a deux ans,
20:58dénonçait un manque de représentativité dans le 93, où était Raquel Garrido.
21:04Au début, Raquel Garrido a kiessé, et puis au bout d'un moment, elle a compris qu'il l'accusait en filigrane d'avoir été parachutée,
21:10de ne pas du tout être à sa place, d'être illégitime.
21:12Et là, elle s'est énervée, parce qu'il a dit qu'on ne peut pas parler à la place des autres, à la place des gens qui vivent cela.
21:19Donc je trouve que vu avec la perspective de ce qui se passe aujourd'hui, c'est assez intéressant.
21:24Alors, Ourya Boutelja a d'ailleurs dévoilé la stratégie de la gauche décoloniale dans cette alliance du Nouveau Front Populaire, c'est ça ?
21:33C'est exactement. Alors, vous savez, en parlant de l'alliance de la carpe et du lapin, c'est plutôt du renard et du lapin.
21:37Et qui va gagner à la fin ? Je vous laisse imaginer.
21:40Ou du renard et de la poule, ça dépend.
21:42Alors, peut-être, resituons la militante décoloniale indigéniste Ourya Boutelja.
21:48C'est celle qui, en 2007, avait parlé des sous-chiens.
21:53Et puis, en 2020, après les vagues d'antisémitisme essuyées par Miss Provence, elle avait écrit sur un blog de Mediapart, alors l'apparition a été supprimée depuis,
22:00« On ne peut pas être israélienne innocemment ».
22:03Donc, vous voyez, là aussi, avec tous les événements récents, ça prend une dimension supplémentaire.
22:08Et donc, elle explique très bien sur le site QG décolonial la stratégie.
22:12Elle l'explique parce qu'il y a un certain nombre de gens qui sont furieux de voir arriver le Parti Socialiste, Hollande, dans cette alliance avec LFI.
22:21Alors, elle dit qu'il faut garder la tête froide, rester stratège, définir des objectifs à court et moyen terme, gagner en rapport de force, viser 2027.
22:31Et elle l'explique très bien.
22:32Alors, elle dit déjà que le Hamas n'ait pas été qualifié de terroriste, que juste les actes du Hamas, les opérations du Hamas, dit-elle, l'étaient.
22:40C'est déjà une victoire.
22:41C'est un point important pour l'avenir.
22:43Vous savez, c'est quelque chose qu'on évoquait hier.
22:46Et elle se réjouit de l'exclusion des députés sortants.
22:49Elle dit, non, non, il ne faut pas appeler ça une purge.
22:52Et vous savez comment elle les qualifie ?
22:54Elle dit, il s'agit de députés de l'aile droite et ultra laïcarde de la France insoumise.
23:00Donc, c'est de l'extrême droite, de l'extrême gauche de droite.
23:03En somme, je ne sais pas si vous voyez.
23:05Donc, on se souvient d'ailleurs que Rima Hassan avait qualifié Carole Delga, qui n'est pas rancunière Carole Delga, parce qu'aujourd'hui, elle fait vraiment la promotion du nouveau Front populaire.
23:14Elle avait qualifié de gauche coloniale pour son manque d'empressement à défendre Gaza.
23:19La révolution dévore ses enfants.
23:22L'expression est agaçante tellement elle est mise actuellement à toutes les sauces, Gabrielle Cluzel.
23:28Mais le propre d'une expression galvaudée, c'est qu'elle est juste.
23:32C'est qu'elle est vraie.
23:33C'est comme une citation de Bossuet, bien connue, ou une autre de Peggy.
23:37Mais c'est tout à fait vrai.
23:39Et je dirais que Jean-Luc Mélenchon lui-même a du souci à se faire.
23:42Parce qu'avec son double prénom très en vogue dans la France gaullienne, composé de deux évangélistes, on pourrait lui dire, mais de quel droit s'arroche-t-il avec Morgue, le droit paternaliste ?
23:55Enfin, la fonction paternaliste de parler au nom de victimes du racisme, comme s'il les pensait moins capables que lui de le faire.
24:03Et d'autres que lui sont sur des sièges éjectables.
24:07Mathilde Panot, dont on parlait, il y a eu un incident pendant la campagne des Européennes qui m'a beaucoup frappée, dont on a peu parlé.
24:13Elle avait appelé sur les réseaux sociaux à manifester contre la transphobie.
24:19Et il y avait l'Union des démocrates musulmans de France, l'UDMF, qui s'était agressée directement à son électorat et qui avait dit, musulmans, avez-vous vraiment envie de voter pour cela ?
24:31Mais, et on peut peut-être finir par là, Rima Hassan elle-même avait été durement reprise par quelques musulmans lorsqu'elle avait reproché à Marion Maréchal son positionnement anti-GPA.
24:47Je ne sais pas si vous vous souvenez.
24:49Et alors j'avais suivi ça de près et j'avais fait un florilège des commentaires qui avaient été faits par des gens qui arboraient des drapeaux algériens, palestiniens, marocains et qui se revendiquaient musulmans.
25:02Et il y avait écrit, si pour être admis par LFI, il faut accepter l'inacceptable, je préfère militer seule pour la Palestine.
25:10Ou encore, Rima Hassan est favorable à l'échat de bébés par les couples LGBT.
25:16Et quelqu'un d'autre encore, l'HGPA est haram, écrit six fois au-dessus du poste de Rima Hassan.
25:21Donc vous savez, Rima Hassan, elle peut un jour faire figure de harki, de supplétif de cette gauche coloniale, être accusée d'avoir porté des valeurs occidentales dévoyées telles que l'HGPA.
25:34Parce que finalement, on est toujours le colonialiste de quelqu'un.
25:39Et il me semble que c'est une leçon que chacun devrait retenir, parce que ça en dit long de l'avenir de la gauche chez nous.
25:47Il n'y a qu'un pas entre ce que vous venez de dire et la connexion de Marc Menand, Arabe de service, Salser Pierre, Burette.
25:56C'est Anan Mansouré, candidate LR, soutenue par le RN en Isère, qui est victime d'un déferlement raciste.
26:05Alors, dans mes titres, je disais comment est-ce qu'on est arrivé à cette inversion de valeurs ?
26:09Comment est-ce qu'on est arrivé aux antiracistes qui deviennent racistes ?
26:13Non mais c'est extraordinaire, c'est-à-dire que non seulement, apparemment, on a une couleur pour être dans un camp,
26:20et par conséquent, il est impossible, si vous êtes d'origine en l'occurrence algérienne, d'être de droite.
26:27Et pourquoi vous êtes de droite ? C'est ça la question. L'erreur fatale, comment est-elle arrivée ?
26:34Alors il faut visiter la carrière, l'existence de cette jeune femme, qui est d'une famille totalement assimilée.
26:42Les parents lui ont dit, à l'école, on travaille. A l'école, il n'est pas question de regarder les mouches voler,
26:49on est avec ses livres, on s'imprègne de la culture, et un jour, on peut connaître la réussite.
26:56C'est donc ton avenir qui t'appartient, en fonction de ton investissement.
27:01Alors ce qui est extraordinaire, c'est qu'elle l'a découvert très tôt, que les professeurs, en général,
27:08peut-être qu'il y a eu quelques exceptions, mais c'est ce qui l'a marqué, et déterminé, lui disaient,
27:13mais avec tes origines maghrébines, tu ne vas quand même pas envisager un jour d'avoir une place dans cette société.
27:20Ils sont là, ils font la ségrégation, tu te trompes, ce n'est pas pour toi.
27:26Avec ton nom et ta couleur, ça ne sert à rien de travailler.
27:31Elle s'est accrochée forcément, étant ainsi bien qu'à 18 ans, elle est entrée au mouvement républicain.
27:39Elle est même devenue présidente de ce mouvement. C'est d'autant plus amusant qu'elle habite à Grenoble.
27:46Et dans cette région, vous le savez, vous avez la tendance écologiste qui oublie pourquoi elle lutte,
27:54puisque l'écologie, théoriquement, c'est faire en sorte qu'on respire mieux demain, qu'il n'y ait pas de pesticides, etc.
28:00Mais là, l'obsession du maire, c'est que l'on puisse aller se baigner avec un burkini.
28:06Eh bien voilà, vous me suivez. Et forcément, cette jeune femme qui, quand elle était avec ceux partageant son origine,
28:15qui essayait de la rappeler à l'ordre, en disant, mais quand même, on a une culture, on a une identité,
28:21là, tu vis comme si t'étais française, comme si t'étais citoyenne. C'est pas ta place.
28:27Et par conséquent, elle manifeste contre les décisions du maire. Elle n'est pas toute seule.
28:32Il y a ces jeunes qui sont avec elle au mouvement républicain. Elle est plusieurs fois agressée.
28:39Et cette jeune femme a donc décidé, dans ses convictions, dans son amour de la France, dans son amour de la culture,
28:47c'est ça que l'on offre. Cette folie, depuis des années, de dire, mais si vous cherchez à vivre en étant bien dans cette société,
28:57c'est que vous êtes des traîtres. C'est au-delà du principe d'aversion. Vous n'avez pas le droit d'aimer la France.
29:06Vous êtes là pour faire en sorte qu'un jour, et là, ce sont toutes les influences des frères musulmans et autres,
29:13pour qu'un jour, eh bien, on puisse vivre chez nous en étant voilés, et il y en a de plus en plus comme ça.
29:19Et elle, elle a cette indécence-là. Elle ne veut pas rentrer dans le rang. Alors, forcément, quand on l'a vue soutenue par M. Ciotti,
29:30ce déferlement de haine, des centaines et des centaines de tracts, et puis les insultes qu'elle peut entendre.
29:37Alors, moi, j'aime ça. J'aime ces gens résolus. Ceux qui ont la conviction juste. Elle est imprégnée des lumières.
29:47Elle est imprégnée de ce principe de liberté. Elle veut vivre grand. Et il n'est pas question de céder. Et ça la galvanise.
29:55Alors, on aurait pu attendre d'un autre candidat. Donc, à gauche, personne n'a réagi. Mais il y en a un autre. Il est Hélaire.
30:03Alors, j'ai retenu son nom, parce qu'il y a des noms... – Candidat Hélaire en Isère.
30:07– Oui, Hélaire. Donc, il y a deux listes, là, qui se concurrentent. Il s'appelle Jean-Claude Lassalle.
30:12On aurait pu penser que cet homme se montre dans la dignité et qu'il dise ce que je viens d'entendre.
30:18Nous sommes en concurrence. Il y a des perceptions différentes. Mais c'est intolérable. Rien. Le silence le plus absolu.
30:27Qu'est-ce que l'on voit à travers tout ça ? Eh bien quand on essaie de nous montrer et démontrer dans tous les médias,
30:35les hommes politiques, cette fièvre, cette ardeur pour dire « la droite est infréquentable, la droite est raciste »,
30:42eh bien en réalité, c'est ce positionnement, c'est ce faussoiement de la laïcité, ce faussoiement de la République
30:51qui, tout doucement, s'est imposée et qui fait en sorte que ce soit le communautarisme qui nous gouverne,
30:59que nous ne soyons plus, donc, dans ce qui a été l'origine même du mouvement républicain.
31:05Eh bien, bravo à cette jeune femme, mais interrogeons-nous tous à travers les chroniques Mathieu, Gabriel,
31:13parce que là, on est vraiment dans un constat. On se voilait la face depuis des années.
31:18« Non, non, tout ça, c'est monstrueux, vous êtes raciste ! »
31:22Comme si défendre la laïcité, c'est être raciste. Eh bien voilà où nous arrivons.
31:27Et je reprends sa phrase « Pendant que la gauche m'insulte sur mes origines, je préfère me battre aux côtés des vrais universalistes patriotes ».
31:36Et elle n'a que 23 ans.
31:38Oui.
31:39Elle n'a que 23 ans.
31:40Charlotte, juste avant de parler avec vous du collectif Urgence Notre Police Assassine, là aussi, il y a des choses à dire, on en parle avec vous,
31:47j'aimerais vous faire écouter dans la droite ligne de votre première chronique et dans l'actualité qu'on vit en ce moment et de l'antisémitisme qui est au cœur de la campagne,
31:55le cri d'un homme que j'ai entendu ce matin chez Pascal Praud et j'ai envie de vous faire réécouter et de vous faire réagir.
32:02Et vous me direz aussi, est-ce que vous pensez comme lui, s'il y a, oui ou non, un avenir pour les Juifs en France ?
32:10Je me pose la question aujourd'hui et je ne suis pas le seul, Pascal.
32:15Y a-t-il un avenir pour les Juifs en France ?
32:18Moi, je n'ai plus de mots, je n'ai plus de mots.
32:21Une gamine violée parce qu'elle est juive qui reproduise ce que l'on dit et la responsabilité de ce parti antisémite.
32:29Le premier combat contre l'antisémitisme, c'est de battre ces antisémites.
32:34Et je cite des noms, et je cite des noms.
32:37Les Portes, les Caron, les Panot, les Soudet, les Obono n'ont rien à voir à l'Assemblée nationale.
32:43Ce n'est pas leur place.
32:45Et les dernières provocations de ce triste cire, M. Caron, dans son tweet d'hier, qui est une honte, qui est une abjection
32:54et qui ose ensuite, d'ailleurs, insulter pratiquement Delphine Horvilleur parce qu'elle dit mais où sommes-nous ?
33:02Enfin, mais où sommes-nous ?
33:04Eh bien, ces gens-là, la première façon de lutter contre l'antisémitisme, c'est de leur dire on ne veut pas de vous dans la représentation nationale.
33:11Y a-t-il un avenir, Charlotte Donnella, selon vous, pour les Juifs en France ?
33:16La question, elle est extrêmement angoissante.
33:18C'est exactement ce que disait Mathieu, le seul calvaire de cette jeune fille qui n'avait pas dit qu'elle était juive
33:24parce qu'elle avait peur de ce qui pourrait lui arriver et qui finit par vivre un calvaire abominable
33:29précisément parce qu'il découvre qu'elle est juive génère cette question-là.
33:34Je ne peux que comprendre qu'elle se pose, cette question-là.
33:37Donc ça devient, en effet, un enjeu politique.
33:39D'ailleurs, on le voit bien, ça s'invite mais pas exactement de la manière dont on nous l'avait imposé ces dernières années.
33:45Le danger ne vient pas exactement de là où on pensait, en tout cas pas existentiellement.
33:49Gabrielle Pluzel, on a l'impression que l'État ne les protège plus, qu'ils ne sont plus protégés, qu'il n'y a pas de solution ?
33:56Moi, ce qui me frappe...
33:58C'est une vraie question qui se pose aujourd'hui.
34:00Là, on atteint le bout du bout de l'abomination.
34:03Une petite fille violée, je ne sais pas, c'est vraiment...
34:07Ça rappelle, et on l'a dit le 7 octobre, pour les parents, ça doit être terrible.
34:11C'était des gens qui se disaient, je vais élever ma fille dans un pays qui nous protège.
34:16Et en réalité, ce n'est pas le cas.
34:17Et surtout, ce qui est frappant, c'est qu'il y a une minimisation
34:20où, en tout cas, on voit bien que la réponse n'est pas du tout à la hauteur des attentes.
34:23La réponse d'Emmanuel Macron n'est pas à la hauteur.
34:25Et même auparavant, quand Stéphane Séjourné disait, non, non, tout va bien, il n'y a pas d'importation,
34:29c'est étrange quand même.
34:30Gouverner, c'est prévoir.
34:31Donc ça, c'est vraiment proprement troublant.
34:33Mathieu Bocoté, vous entendez ce cri ?
34:35On dirait qu'il a les larmes aux yeux.
34:37On a envie de pleurer aussi avec lui.
34:38Et on se dit qu'aujourd'hui, un juif, demain, qui ?
34:41Alors, vous savez, quand je parlais tantôt de gens qui avaient condamné Georges Bensoussan
34:46pour ses propos sur la communauté, sur l'antisémitisme dans l'islam,
34:51M. Djokovic faisait partie de ceux qui ont condamné Georges Bensoussan.
34:55Alors, peut-être l'a-t-il fait.
34:57Si c'est le cas, je m'en excuse.
34:58Je m'excuse de ne pas l'avoir noté, mais j'aimerais à tout le moins une petite autocritique peut-être
35:02pour avoir dit, ceux qui ont tout fait pour nous alerter,
35:05ceux qui osaient parler quand c'était interdit,
35:08moi, j'ai cherché à les persécuter, à les amener devant les tribunaux.
35:11Et aujourd'hui, publiquement, je tiens ce propos.
35:14J'espère que je comprends parfaitement ce qu'il dit.
35:16Je partage sa douleur, je m'en inquiète.
35:18Mais j'aimerais, à moi qui l'ai déjà fait,
35:20une petite autocritique pour dire, j'avais tort de traîner devant les tribunaux
35:25les hommes qui ont voulu nous alerter à l'époque.
35:28Les juifs ne peuvent pas avoir peur de l'avenir.
35:31Il faut qu'ils aient confiance en la République.
35:33Mais cette République, il faut qu'elle soit réhabilitée par les hommes politiques.
35:37Il faut qu'elle soit réhabilitée par les Français.
35:39Il faut que chacun comprenne qu'aujourd'hui,
35:42le communautarisme qui n'a cessé de s'imposer
35:46et qui entend venir l'éliminer totalement
35:51ceux qui ont fait nos valeurs depuis trois siècles,
35:54eh bien, c'est intolérable.
35:56Et nous avons un devoir, un engagement vis-à-vis des Français,
36:00vis-à-vis des Juifs et vis-à-vis également de femmes
36:04comme mademoiselle Anna Mansoury, c'est-à-dire des gens qui viennent d'ailleurs.
36:08– Marc, vous êtes juif, vous restez en France ?
36:11– Oui, il faut rester en France, il ne faut jamais partir.
36:14Et nous serons avec eux, nous nous battrons avec eux.
36:17Et c'est comme ça, parce que sinon, on va tous s'en aller.
36:20– Je suis juive aussi. – Oui, voilà.
36:23– C'est faux, mais c'est vrai.
36:25– Je me permets un commentaire, je parlais à deux amies juives récemment
36:28et je leur ai posé la question.
36:30Elles m'ont répondu chaque fois, mais je suis française,
36:32mais où est-ce que tu veux que j'aille ?
36:33Israël, c'est pour moi, c'est un autre pays, je comprends, c'est un refuge tout ça,
36:36j'ai un lien privilégié, mais je suis française.
36:38Je n'ai pas de pays de rechange, je n'ai pas de patrie de rechange.
36:41Ça c'est ce qu'on oublie peut-être, comme si on se trouvait avec un pays,
36:44un peuple qui a une patrie de rechange, c'est plus compliqué.
36:47– Et les femmes qui portent le voile parce qu'elles ne peuvent pas,
36:50elles font penser à elles aussi.
36:51Donc arrêtons tout ça, plus de signes dans la rue.
36:54Ça sera le premier espoir offert aux Juifs et aux autres.
36:59– Et peut-être un regard différent sur la politique migratoire.
37:02Est-ce qu'on a le droit d'en parler ?
37:04– Non. – Ah voilà, c'est ça.
37:06– Le collectif Urgence Notre Police Assassine, fondé par une candidate NFP
37:13aux législatives, a affiché en victime un homme qui avait agressé au couteau
37:21des policiers à jouer les tours au crédit d'Allah Akbar
37:25et a affiché son soutien à l'État islamique.
37:27Que comprendre, Charlotte Dornelas ?
37:29– Là où c'est intéressant, c'est que le collectif en question,
37:33Urgence Notre Police Assassine, cette jeune femme l'a fondée
37:37et depuis elle a été, vous l'avez dit, investie pour les Européennes.
37:41Et ce qui est intéressant, c'est de voir qu'elle a été investie
37:43en portant ce combat précisément, et donc voir ce qu'il recouvre.
37:47Et pour comprendre le combat, on comprend aussi que les mots utilisés
37:53rendent non seulement le débat impossible,
37:55mais les mots eux-mêmes sont biaisés d'avance.
37:57Notre Police Assassine, on va revenir dessus.
38:00Alors je vais d'abord revenir sur son histoire à elle,
38:02et ensuite j'en viendrai à votre question pour qu'on ait l'idée tout entière.
38:07En 2012, en pleine campagne présidentielle, cette fois-ci, son frère Amin,
38:12donc le frère de cette jeune femme, est tué d'une balle tirée par un policier.
38:16Et le sujet anime fortement la campagne.
38:19Les policiers d'un côté manifestent en évoquant la légitime défense,
38:23Nicolas Sarkozy, candidat à l'époque, parle de l'idée de la présomption
38:27de légitime défense pour les policiers.
38:29La famille d'Amin remet en cause le récit porté par le policier.
38:33Toute la politique s'en mêle.
38:35Les années passent, et il y a une première cour d'assises,
38:39donc en Seine-Saint-Denis, qui acquitte le policier,
38:42qui lui continue à dire qu'il était en état de légitime défense.
38:45Il y a un appel, et une seconde cour d'assises condamne le policier
38:50à 5 ans de prison avec sursis pour, je cite,
38:53« violence volontaire ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».
38:58Il y a forcément ce que l'on comprend toujours,
39:00vous savez, entre une première instance et un appel,
39:02ce sont des jurys populaires, et on a toujours du mal à se dire,
39:06c'est tout le poids de l'intime conviction,
39:08mais vous allez comprendre que dans les circonstances
39:11où se passent ces tirs de policiers, l'intime conviction c'est lourd,
39:15parce que ça veut dire que c'est compliqué de comprendre
39:19exactement ce qui s'est passé, quelles étaient les intentions
39:22de tel ou tel. Donc l'état de légitime défense n'est pas retenu
39:25dans la condamnation finale, mais certainement pas l'assassinat non plus.
39:29Un assassinat, il y a la préméditation, vous avez le meurtre,
39:33vous tuez et vous avez volonté de tuer,
39:35et dans l'assassinat il y a la préméditation pour aller tuer.
39:39Donc ce policier, en l'occurrence celui qui concerne sa vie à elle
39:42et le drame de la mort de son frère, ça n'est clairement pas un assassinat,
39:47c'est pourtant le mot qu'elle a choisi dans le collectif qu'elle a fondé.
39:50Juste pour préciser, et je le précise souvent,
39:52mais je le reprécise là dans cette campagne,
39:54un trafiquant de drogue, quand il paye un gamin pour aller en tuer un autre,
39:58lui il assassine. Un terroriste, quand il part pour aller tuer des gens,
40:02lui il assassine. Un braqueur par exemple, il peut prévoir d'assassiner
40:07puisqu'il prend tout ce qu'il faut pour éventuellement tuer,
40:09pour parvenir à ses fins. En l'occurrence, un policier
40:13dans ces circonstances, et c'est souvent ces circonstances-là
40:16qui sont au cœur de nos débats, n'assassine pas, jamais.
40:19Il peut se tromper, il aurait parfois dû ne pas tirer,
40:23mais il n'assassine pas, il ne part pas le matin en se disant
40:25je vais en tuer un que je vais croiser aujourd'hui.
40:27Alors nous reviendrons sur la question des profils,
40:30et en l'occurrence du profil-là sur lequel la France Insoumise
40:33peine à dire un mot, et en l'occurrence cette femme également,
40:38mais venons-en maintenant à votre question,
40:40parce qu'en effet, dans cette même logique d'accusation préalable
40:43et de culpabilité préalable qui repose sur le policier
40:47qui éventuellement tire, le collectif a affiché
40:50Bertrand Nzoha Bonahou, alias Bilal, parce qu'il avait changé de nom
40:54après s'être converti à l'islam, qui était entré dans un commissariat,
40:58vous l'avez dit, en 2015, qui avait poignardé plusieurs policiers
41:01dans le sas d'entrée, et qui avait crié à la walk-bar,
41:04selon la plupart des témoins présents sur place,
41:07avant d'être abattu par une policière.
41:10Sa famille, très rapidement, a contesté la version des policiers,
41:15qui était pourtant accréditée par le procureur.
41:18En gros, il serait entré, la version des policiers
41:22accréditée par le procureur, il aurait crié à la walk-bar
41:25avant de poignarder trois policiers dans le sas d'entrée.
41:28Sa famille, et le collectif reprend aujourd'hui, des années après,
41:31c'était en 2015, elle conteste, il aurait été emmené par la police,
41:35donc il aurait été interpellé, emmené par la police au commissariat,
41:38ce que le procureur n'a cessé de contester,
41:41il n'y a absolument pas d'interpellation enregistrée,
41:44il n'aurait jamais crié, et il se serait fait abattre, donc sans raison.
41:47Mais le frère de ce dernier, parce que sa mère a expliqué
41:50qu'il n'avait jamais été radicalisé, que c'était converti à l'islam,
41:53mais c'est tout. Son petit frère, en revanche, lui était fiché,
41:56notamment pour ses intentions de rejoindre la Syrie,
41:59il était fiché pour radicalisation, qui était revendiqué.
42:02Lui-même était converti, donc je vous l'ai dit,
42:05et quelques jours avant cette attaque-là, il postait sur ses réseaux sociaux
42:08un drapeau de l'Etat islamique. Etat islamique qui, en 2015,
42:11venait de demander à ses soldats à travers le monde,
42:14et particulièrement en France, de prendre n'importe quel moyen
42:17pour aller frapper. Mais le collectif Urgence,
42:20notre police assassine, reste contre toute vraisemblance
42:23et contre les différents acteurs qui sont intervenus
42:26sur cette lecture. Quoi qu'il arrive,
42:29la police tue, elle assassine, sciemment et volontairement,
42:32et ils rajoutent, la plupart du temps, en raison
42:35de la couleur de peau des victimes qui sont visées
42:38dans un système, par ailleurs, qui fait tout pour protéger
42:41ces policiers, qui visent donc des personnes
42:44issues de l'immigration, et qui les tuent pour cette seule raison.
42:47Vous avez évoqué, Charlotte Dornelas,
42:50les profils de ces jeunes qui meurent sous des balles policières
42:53et que LFI ne commente pas. Pourquoi faudrait-il le faire ?
42:56Alors, certainement pas, et je le dis,
42:59et je le précise, et je le redirai autant de fois qu'il le faudra,
43:02c'est le geste du policier qui a tiré. Evidemment que le profil,
43:05et on le dit souvent, il y a des profils, souvent les profils
43:08sont des personnes connues, des services de police,
43:11voire même de justice, ça ne justifie en rien
43:14le tir au moment où il est fait, et par ailleurs, le policier,
43:17au moment où il tire, ignore absolument tout du casier judiciaire,
43:20en général, de la personne qu'il a en face de lui.
43:23L'avocate de la famille, d'ailleurs, avait déclaré, assez légitimement,
43:26ce n'était pas un ange, mais il ne méritait pas d'être abattu
43:29comme un chien. Elle avait raison de le dire, ça n'est évidemment pas lié,
43:32les deux choses ne sont pas liées, et il est important de le dire,
43:35parce qu'eux essayent parfois de le faire croire. Mais il faut expliquer
43:38que, un, le système n'encourage à rien, je note que toutes ces personnes
43:41qui demandent justice, une fois que la justice passe, ils n'acceptent pas
43:44non plus le résultat de la justice, et que la couleur de peau
43:47n'est certainement pas choisie dans les situations
43:50que l'on est amené à commenter en permanence.
43:53Et Amal Ben-Tounsi, cette jeune femme,
43:56le sait. Pourquoi est-ce qu'elle le sait ? Parce qu'on va s'attarder
43:59cette fois-ci sur la situation qui a mené à la mort de son frère
44:02et qui ne retire absolument rien, ni à sa douleur, ni à son engagement,
44:05ni à la manière dont elle le mène, et qui serait assez indécent
44:08de discuter pour elle-même, mais là je parle pour le collectif
44:11et la manière dont il est propulsé dans la vie politique.
44:14Amine Ben-Tounsi, donc son frère, il est né à Meaux.
44:17Il est placé en foyer, les parents, enfin c'est compliqué,
44:20il est petit, nerveux, nous le dit-on à l'époque, il consomme de la drogue,
44:23il sort de l'école, bref, enfance extrêmement chaotique.
44:26Première comparution à 15 ans.
44:29Première condamnation à 15 ans également.
44:32Puis ensuite, la suite, toutes les années qui suivent, c'est vol aggravé.
44:35A 17 ans, il retourne en prison, il est à nouveau condamné à la prison.
44:38Il ressort, trafic de stupéfiants.
44:41Interdiction de séjour à Meaux pendant 3 ans.
44:44Un an plus tard, il est recondamné pour violence.
44:47En 2004, il passe carrément devant la cour d'assises, vol avec arme,
44:50auquel un de ses complices tire sur la police.
44:53Lui-même est armé pendant une partie de ce braquage.
44:56Cette fois-ci, il est condamné à 10 ans d'interdiction de séjour à Meaux.
44:59Il est donc condamné, il recommence.
45:02Braquage à main armée encore une fois.
45:05Il y a une histoire de confusion des peines, il repart en prison,
45:08il s'échappe lors d'une permission de sortie,
45:11et le soir où il meurt, il est signalé par un appel anonyme à la police.
45:14Il est donc recherché, il est en cavale,
45:17et il est donc recherché à ce moment-là.
45:20Les policiers arrivent, ils lancent une grenade,
45:23qui s'avérera fausse, mais enfin qui peut le savoir au moment où ils la lancent,
45:26à destination des policiers qui arrivent, et il tient à la main une arme
45:29qui est chargée, puisqu'on la retrouve juste après.
45:32Voilà le contexte dans lequel un policier
45:35a deux secondes pour réagir.
45:38Il est évident qu'il faut le préciser,
45:41parce que ça change tout évidemment dans l'intention du policier,
45:45quand bien même, en l'occurrence, la justice a décidé en appel
45:48qu'il n'avait pas l'intention de donner la mort, mais que le geste n'aurait pas dû être celui-là.
45:51Alors évidemment, même le palmarès que je viens de vous dicter
45:54ne mérite pas la mort. Mais ces profils à répétition,
45:57pourquoi il est important de le dire ? Parce que leur assurance,
46:00leur défiance, leur impunité,
46:03leur dangerosité, elles n'enclenchent probablement pas
46:06les mêmes réactions en face notamment de la police,
46:09qui connaît par cœur ces profils-là,
46:12que nous qui les croisons, Dieu merci, assez rarement.
46:15La police les connaît beaucoup mieux, et eux, dans leur manière de se comporter
46:18en face de la police, quand vous avez une vie délinquante,
46:21voire criminelle pareille, évidemment
46:24que vous ne vous arrêtez pas, c'est toute l'histoire,
46:27notamment dans les refus d'eau tempérée. D'où la nécessité de faire stopper
46:30l'impunité, notamment pour empêcher les comportements à risque
46:33qui génèrent parfois des morts. Et qui en parle ?
46:36Et qui parle de leurs victimes ? Et qui parle de leurs victimes
46:39lors d'un braquage armé ? Parce que quand vous partez avec une arme
46:42pour faire un braquage, là il n'y a aucune légitimité, même qu'ils se discutent
46:45devant un tribunal. Quelle que soit la situation, vous aviez tort
46:48d'être armé, de vous servir de votre arme. Ce qui n'est pas
46:51le cas, toujours, chez un policier. C'est pour ça qu'il y a systématiquement
46:54une enquête, et que la réponse n'est pas connue d'avance.
46:57Dans son programme, Charlotte Dornelas,
47:00le nouveau Front Populaire promet de revenir
47:03sur la doctrine d'ouverture du feu, notamment
47:06dans les cas de refus d'obtempérer. Et qu'est-ce qu'ils veulent dire,
47:09en fait, exactement ? Alors, c'est évidemment lié. Souvent, c'est d'ailleurs dans les refus
47:12d'obtempérer qu'on a ces débats-là. Depuis 2017, il y a eu un changement
47:15dans le Code de Sécurité Intérieure. Un policier peut, je cite,
47:18tirer pour immobiliser un véhicule s'il estime
47:21que le refus d'obtempérer fait courir un risque à lui-même
47:24ou à autrui. Donc, en trois secondes,
47:27il doit estimer, de manière à pouvoir le défendre devant un tribunal,
47:30que la personne fait courir un risque à lui-même
47:33ou à autrui. Mais une fois, si vous ne tirez pas
47:36et qu'il arrive quelque chose, vous pouvez dire
47:39« je ne savais pas, je n'ai pas estimé, je n'estimais pas nécessaire ».
47:42Si vous tirez, il n'arrive rien derrière ? Mais comment
47:45est-ce que vous prouvez qu'il pouvait arriver quelque chose ? Vous voyez que c'est
47:48très difficile de s'en sortir. Il existe des situations
47:51où un policier tire légitimement. Je vais prendre l'exemple
47:54caricatural. Au Bataclan, personne n'a reproché au policier
47:57d'avoir tiré. Parce que cela fait partie de son métier,
48:00contrairement aux délinquants et criminels dont
48:03LFI ne parle jamais et qui pourtant font, eux,
48:06beaucoup de morts. Et beaucoup de morts dans les banlieues et beaucoup de morts
48:09chez les enfants de l'immigration. Et eux veulent l'interdire.
48:12Mais le risque, alors, c'est de voir des parfaits innocents
48:15mourir après le refus d'obtempérer.
48:18LFI, aujourd'hui, et le nouveau Front Populaire dans ce programme,
48:21choisit de répondre que le risque de la mort d'un
48:24innocent après un refus d'obtempérer mérite d'être
48:27pris en toutes circonstances. Il y a un débat.
48:30Ils assument ça politiquement, mais il faut le savoir.
48:33Merci beaucoup pour cette analyse,
48:36ma chère Charlotte. Dominique de Villepin
48:39l'a dit. S'il devait choisir au second tour
48:42des législatives, Mathieu Bocoté, entre le Front Populaire et le Rassemblement
48:45National, il choisirait le Front Populaire.
48:48Certains sont surpris, d'autres non. Comment
48:51comprendre ce ralliement d'un ancien Premier ministre
48:54de droite à un Front Populaire qui a en appel
48:57à une rupture radicale, même révolutionnaire ?
49:00On est perdus ce soir. Alors, vous dites un Premier ministre de droite,
49:03je dirais un Premier ministre chiracien. C'est peut-être une nuance importante
49:06dans les circonstances. Je vais évoquer différentes
49:09hypothèses sans trancher pour l'une d'entre elles, parce qu'elles
49:12se croisent probablement. La première, c'est
49:15tout simplement... Alors, je précise, en premier tour, il voterait évidemment pour le Bloc Central.
49:18Il parle d'un deuxième tour, il y aurait un affrontement.
49:21Il n'a pas le courage de répondre dès maintenant.
49:24Plusieurs fuient en ce moment. Plusieurs disent, on n'est pas encore rendu au deuxième tour,
49:27je préfère pas me prononcer. Non, lui, il dit clairement ce qu'il préfère là-dedans.
49:30Première possibilité, par conviction,
49:33il se peut qu'entre un parti, le Rassemblement National,
49:36qui veut restaurer la souveraineté nationale,
49:39qui veut limiter l'immigration massive et tout ça,
49:42il se peut que Dominique de Villepin, par conviction, se dise, je partage
49:45l'utopie immigrationniste, pour reprendre les mots du Président de la République,
49:48du Nouveau Front Populaire.
49:51Il peut être favorable à la création du statut
49:54de réfugié climatique. Il peut se dire, c'est une bonne chose,
49:57un jour, les réfugiés climatiques viendront, il faut les accueillir,
50:00donc je suis favorable à ça. Il peut être favorable,
50:03peut-être est-il indifférent à l'argent, il peut être favorable, par exemple,
50:06à une hausse massive des impôts proposés, en se disant qu'il est bien que les
50:09prospères, les nantis, dans une société, fassent leur contribution,
50:12et il veut lui-même, il demande au Nouveau Front Populaire de faire le travail
50:15pour forcer les prospères et les nantis à collaborer davantage
50:18à l'effort de solidarité nationale. Il peut se dire ça, donc.
50:21Hypothèse 1, par conviction. Hypothèse 2,
50:24moins gentille, par le syndrome de Stockholm idéologique.
50:27Dominique de Villepin, on le disait,
50:30était chiracien. Il fait partie, donc, de cette droite
50:33qui, à l'échelle de l'histoire, n'est qu'une gauche pâle, une gauche au ralenti.
50:36Une droite idéologiquement dominée,
50:39comme jamais par la gauche. Une droite obsédée par l'idée
50:42de plaire moralement à la gauche.
50:45La gauche va nous dire ce qui est légitime
50:48et ce qui ne l'est pas. Je note que cette
50:51droite, et souvent, se réfère au gaullisme
50:54pour justifier sa soumission à la gauche, plutôt qu'une association
50:57avec ce qu'elle appelle l'extrême droite. Je vais citer ici,
51:00en représentant ce gaullisme redéfini,
51:03Edwin Plenel, qui dit « Enfin, une figure
51:06sauve le gaullisme de résistance, celui du CNR.
51:09Dominique de Villepin choisit le nouveau front populaire
51:12face au péril d'extrême droite. Va-t-il rester le seul ? »
51:15Un tweet très applaudi, j'ai vu. Ce qui est très intéressant
51:18ici, c'est que Dominique de Villepin se reconnaît
51:21dans la définition du gaullisme fixée par Edwin Plenel.
51:24Donc, c'est intéressant. La gauche, alors, en temps réel, il faut dire
51:27que la gauche aimait un peu moins le gaullisme. En temps réel,
51:30la gauche associait le gaullisme au fascisme. En temps réel,
51:33le gaullisme, c'était du fascisme. En temps réel, il faut se souvenir
51:36de Fascio Chirac. C'était le terme utilisé pour parler de lui.
51:39Mais le gaullisme est devenu une référence affranchie du Général de Gaulle
51:42lui-même. Et dès lors, on peut l'utiliser pour dire « La droite
51:45qui se soumet à la gauche, nous la nommerons gaulliste ».
51:48C'est ce que j'appelle le syndrome de Stockholm idéologique.
51:51Raison 3, tout simplement, qui est possible, un décalage.
51:54Il serait trop vieux. J'entends, par exemple, que vous connaissez la formule
51:57terrible du Général de Gaulle qu'on pourrait peut-être, si on était sévère en droit
52:00de Dominique de Villepin, l'utiliser. « La vieillesse est un naufrage ». Il l'utilisait
52:03dans leur contexte. Certains pourraient se dire que c'est un homme qui est aujourd'hui
52:06– je ne veux pas faire de lagisme – en décalage avec les références
52:09politiques des temps présents, qu'il est bloqué quelque part en 1997
52:13au moment de la glorieuse dissolution qui a permis à la France de connaître
52:16enfin la cohabitation en version Lionel Jospin.
52:19Donc peut-être est-il de cette période, de cette époque, il ne voit pas
52:22que les temps ont changé. L'autre possibilité, je l'ai vue aujourd'hui,
52:25mais je la trouve injuste, c'est l'idée de l'intérêt personnel. Certains diraient
52:28« C'est l'homme du Qatar, donc il s'aligne sur le nouveau Forum populaire ».
52:31Ça me semble une accusation injuste. Un homme de cette qualité n'est évidemment
52:34pas soumis à une puissance étrangère, soyons sérieux. Mais elle a été évoquée.
52:38Et finalement, la peur. La peur, tout simplement, vous savez,
52:41quelquefois, c'est la bourgeoisie. La bourgeoisie sent où est la force.
52:44D'un côté, il y a une force conquérante, le nouveau Forum populaire, LFI,
52:47son nouvel électorat, son électorat conquérant. Et de l'autre,
52:50il y a un sentiment de puissance à la Rima Hassan.
52:53Et de l'autre côté, un rassemblement national qui, effectivement,
52:56rassemble souvent des proscrits, rassemble des gens qui ont pour l'instant été vaincus,
52:59des gens qui s'opposent dans leur esprit à ce qui serait une forme
53:02de nouvelle capitulation devant l'étranger. Et devant cela, il se pourrait,
53:06pas l'étranger en tant que tel, mais en fait devant l'islamisme,
53:09et il se pourrait que devant ce défi, ce dilemme historique,
53:12Dominique de Villepin choisisse la force parce qu'il a peur.
53:15Je ne dis pas que ce n'est jamais arrivé dans l'histoire.
53:17Il arrive que la bourgeoisie se couche devant la force.
53:19Il n'est pas interdit de penser que ça puisse réarriver.
53:21– Alors, on me dit que c'est fini dans l'oreillette.
53:23Il reste quand même 15 secondes pour la dernière question.
53:26– Pour autant, un autre Premier ministre, François Fillon,
53:29a lancé un autre appel. Pour lui, le plus grand danger, c'est l'extrême-gauche.
53:33– Alors, comme quoi, je ne sais pas si les gaullistes…
53:36parce que c'est du gaullisme pour lui. Il nous dit que l'extrême-gauche
53:39est un véritable problème, elle menace l'unité nationale.
53:42Il faut dire que François Fillon a déjà connu ce qu'on pourrait appeler
53:44les russes du système qui cherchent à tout prix à éjecter
53:46un infréquentable du débat public. Peut-être, c'est-il dit,
53:49ce système médiatique nous a conduit à une telle catastrophe.
53:52De mon point de vue, on n'est pas obligés d'être d'accord.
53:54C'est la force révolutionnaire qui veut déconstruire la France,
53:57qui veut déconstruire, au nom de tout ce que l'on sait,
54:00une certaine idée de la France, qui l'amène à se dire
54:02le véritable péril est de ce côté. Ce qui est certain,
54:04c'est qu'entre les premiers ministres, ils ne sont pas tous d'accord
54:06pour désigner le plus grand mal auquel s'opposer,
54:09à chacun ensuite de se prononcer selon ses préférences.
54:11– En tout cas, tous les premiers ministres sont dans la bataille.
54:14Merci à vous tous. Excellente suite de programme,
54:16l'heure des produits avec Pascal Praud.
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