00:00Un gouvernement d'union nationale, est-ce que c'est possible ?
00:03Non, parce que je pense que les deux opposants, le bloc macronien et le bloc insoumis, ne sont pas pour l'union nationale.
00:11Ils n'aiment pas la France, ils n'aiment pas les Français, ils n'aiment pas les résultats des votes.
00:15Après tout, il y a un résultat de vote, les gens ont voté.
00:18Ils veulent qu'ils sortent dessus ?
00:18Ils descendent dans la rue, ils expliquent qu'ils vont mettre le bazar, qu'ils vont mettre le feu, que c'est interdit,
00:23qu'à un moment donné on se dit que vous êtes des démocrates et que vous méprisez le vote des électeurs.
00:28Votez autre chose, votez autrement, évitez les gens qui n'ont pas voté à aller voter pour que vous ayez peut-être une représentativité élargie.
00:35Peut-être d'ailleurs, les gens qui ont compris, moi le premier, qu'il y avait peut-être une possibilité d'être entendus,
00:42car le problème c'est que les gens ne sont pas entendus depuis des années.
00:45En 92, il s'agissait, au moment du traité de Maastricht, de choisir entre une idée et une opposition à cette idée.
00:51L'Europe de Maastricht, ça n'existait pas, ce serait la fin du chômage, de la misère, de la pauvreté, etc.
00:56C'est facile d'embobiner les gens et de leur présenter l'idée comme la bonne idée,
01:01et en face on aurait des nationalistes, d'autant qu'il y avait Jean-Marie Le Pen de l'autre côté.
01:06Après, les gens ont vu ce qu'était l'Europe, ils se sont dit, misère, chômage, pauvreté, etc. ça n'a pas disparu.
01:11Donc en 2005, ils disent non, traité de constitution, ça ne nous intéresse pas, on n'en veut pas.
01:152008, je l'ai beaucoup dit, mais 2008, coup d'État.
01:18À l'époque du président Sarkozy et de Hollande, tous les deux d'accord,
01:22qui disent, allez, on va demander au Congrès, c'est-à-dire Parlement plus Sénat,
01:26de ratifier le traité de Lisbonne, dont Valéry Giscard d'Estaing, toujours dans Le Monde, excellent journal,
01:30nous fait savoir que c'est le même traité, il y en a juste changé 2-3 paragraphes,
01:34modifié des virgules pour donner l'impression aux gens qu'on avait un autre projet.
01:37Ce que le peuple avait refusé par référendum, la classe politique l'a imposé en mobilisant ses troupes,
01:43les partis, quoi, qui obéissent au doigt et à l'œil, sinon je ne serais plus sénateur, je ne serais plus député, etc.
01:49Et là, on voit bien que les gens en ont assez, des partis, ils en ont assez de ce jeu de partis.
01:55– Mais même du Rassemblement National, parce qu'au contraire, là, on voit depuis 2009
02:00que le parti de Marine Le Pen ne cesse de monter dans les sondages et dans les votes.
02:04– Ma démonstration, je vous dis que ces gens ne voudront pas d'union nationale.
02:09Une union nationale, c'est tout le monde, c'est-à-dire c'est le général de Gaulle
02:12qui dit, par exemple, la France est par terre, la libération vient d'avoir lieu,
02:16que fait le général de Gaulle ? Il dit, sauf les collaborateurs, je prends tout le monde.
02:20Il prend tellement tout le monde qu'il prend Mitterrand qui, lui, a été girodiste, vichiste, maréchaliste, il le prend.
02:25Il prend même des communistes qui, eux, ont été collabos pendant deux ans,
02:28c'est dire quand même que le général de Gaulle faisait de l'union nationale large.
02:32Et puis, il n'a dit pas les collabos, ceux-là, au moins, non,
02:34ils ont joué la carte de l'Allemagne contre la France.
02:37Mais proposer un gouvernement d'union nationale qui va être simplement un gouvernement d'union des droites,
02:42parce qu'il n'y aura pas un socialiste, il n'y aura pas un communiste, il n'y aura pas un insoumis,
02:45il n'y a pas quelqu'un qui dira, allez, mettons tout ça de côté.
02:48Ils sont capables de mettre de côté le Hamas quand il s'agit de sauver leur poste,
02:51quand il s'agit de sauver la France, il n'y en a pas un qui est capable de dire,
02:54mettons de côté ce qui peut nous séparer pour dire, effectivement, sauvons la France.
02:57Ces gens pensent que, il y a des gens qui pensent que l'immigration, par exemple, sauve la France,
03:01et des gens qui pensent que l'immigration perd la France, on ne peut pas gouverner avec ces gens-là.
03:05Des gens qui pensent que la France n'existe pas, ou alors qu'elle est raciste, vichiste, pétiniste,
03:09et d'autres qui disent, non, on a une grandeur de la France qui, depuis dix siècles, etc.,
03:13on ne peut pas faire s'entendre des gens sur un projet d'union nationale.
03:17Alors, c'est un vœu pieux, mais moi, je pense qu'au-delà de l'union nationale,
03:21juste quelque chose qui rassemblerait les Français, pas les appels, pas les états-majors.
03:25Il faut arrêter les partis qui parlent aux partis.
03:27Il faut qu'éventuellement, des partis puissent dire, on en a assez des partis,
03:31ça sert à accéder au pouvoir, peut-être, mais ça sert surtout à rendre la parole au peuple.
03:35Je rappelle que quand Macron dit, je la joue gaulliste en disant,
03:38c'est toujours bon d'en rappeler au peuple.
03:39– On va y venir. Non, non, mais allez-y, qu'est-ce qu'il disait ?
03:42– Oui, il dit, il est toujours bon d'en appeler au peuple.
03:44Il fait un message, ce peuple, cette France que j'aime tant,
03:47enfin, qui peut croire une chose pareille ?
03:48Le général de Gaulle, il ne dit pas, enfin, référendum, si je le perds, je reste.
03:51Le référendum, il dit, si je le perds, ou si je perds les élections, je m'en vais.
03:54– Je m'en vais.
03:54– Lui, il dit, on fait une consultation, si je la perds, je reste.
03:57Je vous préviens, je reste quand même.
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