00:00Quand on parle de randonnées et d'espaces nature à Saint-Etienne,
00:10souvent on évoque le parc naturel régional du Pila.
00:13Entre forêts, lands et prairies, ce magnifique territoire
00:16abrite plusieurs zones Natura 2000, des zones naturelles reconnues sites écologiques européens.
00:22Un programme de financement en partenariat avec l'équipe du parc naturel régional
00:27aide à sa protection et sa gestion.
00:29Au carrefour de plusieurs influences climatiques,
00:32ce parc débute à 300 mètres au bord du Rhône jusqu'au craie de la Perdrie à 1400 mètres.
00:38Cette situation favorise une biodiversité très riche.
00:42Les acteurs du parc parlent de protection de milieux plutôt que de protection d'espèces.
00:47À l'échelle européenne, on n'est pas sur des espèces mais plutôt sur des milieux.
00:52C'est par exemple l'Allende à Myrtille et à Calune qui est à protéger
00:57et qui est à préserver parce qu'à l'échelle européenne,
00:59elle est reconnue comme étant emblématique de cette zone-là.
01:03Comme une mosaïque, les richesses varient d'un endroit à un autre
01:07en fonction du climat, de la localité, des sols et des activités.
01:12Parmi ces activités, l'une est essentielle à la biodiversité du site de Chaucitre.
01:17C'est l'agriculture.
01:19Là, on est sur le plateau du Haut-Pilat à hauteur de 1200 mètres d'altitude.
01:26Ce qui fait qu'on a une biodiversité plutôt de montagne
01:31avec des espèces typiques des montagnes.
01:35Ici, mes pieds, c'est le fenouil des Alpes.
01:40C'est une espèce qui pousse dans les prairies d'altitude uniquement.
01:44Son nom, c'est fenouil des Alpes.
01:47C'est une plante qu'on peut manger, que les troupeaux mangent
01:53et qui est bonne pour les troupeaux.
01:57C'est une flore typique des milieux montagnards.
02:02Sur ce site de Chaucitre, c'est grâce aux agriculteurs
02:06qu'on a cette vue aujourd'hui, qu'on peut avoir ces points de vue magnifiques
02:11sur les monts du Forêt, les monts d'Ardèche et de Haute-Loire.
02:17Parce qu'on a travaillé ensemble, le Parc du Pilat, les agriculteurs,
02:21les communes de Saint-Régis-du-Coin et de Marles,
02:24c'est dans les années 90 où tout le monde s'est mis autour de la table
02:28et s'est dit que ce crête-chaucitre qui n'est plus pâturé,
02:31qui n'est plus exploité au niveau agricole,
02:34comment on fait pour faire en sorte qu'il reste ouvert
02:38et qu'on puisse continuer à avoir ces vues et ces milieux ?
02:41C'est en remettant du pâturage sur le crête-chaucitre,
02:45en mettant des prairies de fauches,
02:47mais c'est aussi ce qui fait que c'est plaisant de voir des troupeaux pâturés.
02:51Quand on se promène, on n'a pas besoin d'aller dans les Alpes,
02:55sur les estives des Alpes, on a aussi des estives ici au parc
02:59avec des troupeaux qui viennent passer l'été à chaucitre.
03:02Grâce à un plan pastoral territorial, le parc naturel régional
03:06aide les agriculteurs à reconquérir ces terres non entretenues
03:10qui progressivement s'embroussaillent.
03:13Pour ce site classé Natura 2000, c'est la solution la plus efficace.
03:19Le parc recherche donc des agriculteurs motivés
03:22par le défi de ce terroir riche en biodiversité mais difficile à exploiter.
03:27C'est en grande partie ça qui m'a donné le coup de cœur sur cette ferme
03:30pour m'installer ici, c'est que c'est vraiment très sauvage,
03:34c'est un grand espace, une bonne quarantaine d'hectares,
03:38et il y a vraiment un défi un peu,
03:41parce que pendant un moment ça a été un peu délaissé au niveau élevage,
03:46parce que c'est sûr que ce n'est pas les meilleurs terrains.
03:49C'est dur quand même, pour les vaches,
03:51ce n'est pas la végétation qu'elles adorent naturellement,
03:53en tout cas ce n'est pas ce qu'on voit dans la plupart des fermes.
03:56Je ne sais pas si vous voyez, il y a un petit peu des graminées,
03:59il y en a un tout petit peu, et donc ça c'est ce qu'elles vont manger en premier.
04:03Mais petit à petit, le troupeau s'y est fait,
04:06et puis commence à manger un peu de la myrtille,
04:09alors elles mangent les feuilles, et puis un petit peu les tiges.
04:13Et après il y a plein d'autres espèces,
04:15là c'est ce qu'on voit là, mais elles mangent même,
04:18il y a du genet par exemple,
04:20il va y avoir un peu des pousses aussi de pain,
04:23éventuellement du genévrier, même un petit peu,
04:26c'est un peu dur, mais bon elles y arrivent un peu,
04:28du houmou, de la ronce.
04:30En tout cas moi je le vois vraiment comme un atout,
04:33parce que ce qu'on va avoir comme intérêt avec ces ressources naturelles,
04:38c'est qu'elles sont certes moins riches,
04:41mais par contre elles sont plus souples d'utilisation souvent,
04:44donc on peut les manger au printemps comme plein d'autres espèces,
04:47souvent elles n'aiment pas trop, elles sont assez fragiles au printemps,
04:50donc si on veut les faire disparaître ça peut être une solution.
04:53Mais aussi elles vont finalement, en été elles vont rester un peu pareilles,
04:58à l'automne aussi, en hiver,
05:00enfin moi en tout cas, sur ma ferme en particulier,
05:03c'est vraiment un objectif d'arriver à faire du pâturage toute l'année,
05:06donc hiver compris,
05:08et donc pas de foin, c'est vraiment que les vaches qui restent dehors
05:13et qui se trouvent qu'elles ont pour se nourrir,
05:17et c'est quelque chose qui est quand même assez technique en fait.
05:26Patures et fauches favorisent depuis des siècles
05:29une spécialisation des espèces sur ces milieux,
05:32et avec une mosaïque différente,
05:34on obtient des milieux riches en biodiversité.
05:38Les prairies sont-elles suivies tous les trois ans
05:40pour analyser leurs évolutions en fonction des pratiques.
05:43À quoi ça sert ?
05:44La biodiversité représente une main d'œuvre essentielle
05:47pour la nature mais aussi pour l'agriculture.
05:49Avec sa disparition, les coûts de production augmentent
05:52quand les rendements diminuent.
05:54Sur l'ensemble des parcs en gestion,
05:56le bilan de cette disparition reste moins important.
06:02Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org
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