00:00Édito politique sur Europe 1 avec Le Figaro, bonjour Vincent Trémolet de Villers.
00:04Bonjour Dimitri, bonjour Anissa, bonjour Vincent, bonjour à tous.
00:06Vincent, ce matin plutôt que de nous parler des élections européennes,
00:09vous voulez revenir sur les Jeux Olympiques ou plutôt la circulation à Paris à un mois et demi des JO.
00:14Mais pourquoi cette urgence ?
00:16Parce que ce n'est plus supportable Dimitri, parce que les Parisiens, les banlieusards, les touristes vivent un calvaire quotidien.
00:23Je m'excuse auprès de nos auditeurs de province pour cet édito très parisien, mais vous verrez,
00:27à la fin de cette chronique, ils n'auront jamais été aussi heureux de ne pas habiter dans la capitale.
00:32Voici donc ce que vivent les Parisiens.
00:35On va prendre l'exemple de l'Odyssée du banlieusard qui doit rejoindre tous les jours la capitale pour aller travailler.
00:41Ça fait longtemps qu'il ne peut plus atteindre Paris en voiture,
00:44maintenant il dépend des humeurs de la SNCF qui multiplient les retards, les annulations, les grèves et les motifs bidons.
00:49Bon, enfin arrivé dans la capitale par un RER hostile et bondé,
00:53notre Ulysse de banlieue est ensuite bringue-malée dans des rames de métro transformées en boîte à sardines.
00:59Et si pour éviter la dépression nerveuse, il jette son passe-navigo et qu'il se décide à venir à vélo,
01:04et bien depuis quelques jours, il ne sait plus comment franchir la Seine.
01:08Il connaissait le 1 train sur 5 en raison d'un mouvement social,
01:11il découvre le 1 pont sur 3 en raison d'un événement sportif.
01:16C'est à se demander si après le 23 juin et la baignade de la mer de Paris dans la Seine,
01:19il ne sera pas plus simple de rejoindre la rive droite à la nage.
01:23Vous savez Vincent qu'Anne Hidalgo a vertement critiqué les sceptiques comme vous.
01:28Oui, il y a quelques jours elle a moqué ceux qui plutôt que de vivre l'enthousiasme olympique se complaisaient dans le gnagnagna.
01:34Gnagnagnagna, vous noterez que quand Anne Hidalgo fait preuve d'esprit,
01:38on est plus proche de l'école maternelle que de l'académie française.
01:41Mais oui, la mer de Paris a disqualifié le citoyen qui ne déborde pas de joie à l'idée de passer des heures
01:47dans une éprouvante et impossible traversée de la ville.
01:50Elle a rappelé qu'un tel événement c'était une fois par siècle.
01:53Mais c'est justement parce que l'on a au cœur l'esprit olympique et l'amour de la plus belle ville du monde
01:57que ce désordre gigantesque nous révolte.
02:00Ce grand barnum déconcerte le Parisien qui se demande pourquoi les plus beaux décors comme celui de la Concorde
02:05sont défigurés par des gradins tandis que les fontaines sont recouvertes.
02:09Cette anarchie décourage les bistrotiers qui prévoient de tirer le rideau,
02:12les taxis qui épuisés par l'embouteillage perpétuel comptent bien quitter la ville fin juillet,
02:17les habitants qui organisent leur exode, les parents qui ne savent plus où donner de la poussette,
02:22les salariés qui se préparent à travailler chez eux.
02:24Avec le QR code qui remplace l'attestation de sortie, on retrouve finalement toutes les contraintes d'un confinement.
02:32On avait pourtant compris qu'il s'agissait d'une fête populaire, pas d'une nouvelle épidémie.
02:36Est-ce que ce n'est pas là le lot, Vincent, de toute ville olympique de subir toutes ces contraintes ?
02:40Bien sûr qu'il y a des contraintes et si elles sont esthétiques, sécuritaires ou sportives, elles sont tout à fait acceptables.
02:45Mais là, il ne s'agit pas de ça. A Paris, la faute d'anticipation est manifeste.
02:49Franchement, Dimitri, Paris est en travaux depuis des années.
02:52Les chantiers, les trous, les bâtiments préfabriqués sont devenus le décor naturel de notre capitale.
02:58Mais pourtant, on cherche désespérément les grands parkings à l'entrée de la ville comme il en existe à Amsterdam ou à Venise.
03:04On cherche les navettes propres et sûres pour rejoindre le centre.
03:07On cherche les fameuses mobilités douces qui remplaceraient le blocage permanent.
03:12Au lieu de quoi, on a l'atmosphère viciée par les pots d'échappement au touche-touche,
03:15les rues dégradées par un relâchement généralisé,
03:18les migrants répartis discrètement à la campagne,
03:20un tableau pré-olympique qui est celui d'un déclassement spectaculaire.
03:24À ce point-là, c'est une performance de classe mondiale.
03:27Et avant même la fin des épreuves, on peut décerner à Madame Hidalgo une magnifique médaille de plomb.
03:31L'édito politique sur Europe, merci Vincent Trémolet de Villers et Alain Dufigaro ce matin justement.
03:36Paris, le grand embouteillage des Jeux olympiques.
03:39Je signale aussi ce grand entretien avec Raphaël Glucksmann, le troisième homme de cette élection,
03:44qui dit clairement à l'autre gauche, celle de Jean-Luc Mélenchon,
03:47nous n'avons pas le même rapport au monde ou à la vérité.
03:49Voilà, ça c'est envoyé.
03:51Merci Vincent, à demain.
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