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  • il y a 2 ans
Cyber-arnaques : Un piège pour tous Chacun d'entre vous a déjà été victime de tentatives d'hameçonnage : " J'ai reçu un faux mail de b-post " ; " J'ai commandé un chemisier sur internet et je n'ai rien reçu " ; " Ma prétendue banque m'a téléphoné car il y a des transactions suspectes sur mes comptes " ; " J'ai reçu un sms et j'ai cliqué sur le lien "... Avec le développement du digital, les arnaqueurs deviennent de plus en plus inventifs et créatifs. Ils font en sorte que vous participiez, sans le savoir, à votre propre dépouillement. Pour mieux comprendre ce phénomène en vogue, Investigation a rencontré des victimes et des arnaqueurs. Distinguer le vrai du faux, l'équipe d'Investigation va tenter de vous éclairer.

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Transcription
00:00 Où que vous soyez, quoi que vous fassiez, on est en permanence observé, traqué.
00:09 On est une croix facile.
00:13 Notre journaliste se rend à un rendez-vous.
00:17 Elle a la tête dans ses pensées, car elle est en train d'enquêter sur les arnaques.
00:21 Jusqu'au moment où elle reçoit un SMS.
00:26 Elle clique sur le lien téléphone. C'est un numéro liégeois.
00:30 Allô ?
00:33 Bienvenue chez Cardstock.
00:35 Une personne lui demande ses coordonnées bancaires.
00:38 Ok, ça va. Je rappelle dès que j'ai mon DigiPass. Ok, ok, merci.
00:44 C'est en raccrochant qu'elle se rend compte qu'elle était à deux doigts de se faire arnaquer.
00:49 Elle, vous, on a tous un jour failli tomber dans le panneau.
00:54 De retour au bureau, elle décide de rappeler le fameux numéro.
00:58 Bienvenue chez Cardstock.
01:03 Le système a détecté une activité inhabituelle sur votre carte,
01:07 suite auquel elle a été suspendue.
01:09 Pour sécuriser l'appel, veuillez préparer s'il vous plaît votre numéro de carte ainsi que votre lecteur.
01:22 Cardstock, je n'ai pas ce service.
01:24 Oui, j'ai reçu un SMS disant qu'il y avait des actions frauduleuses sur ma carte.
01:28 D'accord. Alors, pour ce qui est, par exemple, des achats en ligne, des frais communs ?
01:34 Oui, j'ai acheté un chemisier.
01:36 Très bien. Vous avez votre carte avec vous ?
01:38 Euh... Non, je ne l'ai pas sur moi. Il me faut ma carte ?
01:42 Oui, votre carte et aussi votre lecteur avec, pour aider vous à vous assurer.
01:48 Vous êtes de la banque ou vous êtes de Cardstock ?
01:51 Cardstock.
01:53 Pour investigation, notre équipe a découvert un nombre impressionnant d'arnaques.
02:03 SMS, alertes, appels téléphoniques, faux profils, difficile de ne pas se faire avoir.
02:09 Maintenant, ça devient hyper propre. Plus de fautes d'orthographe, plus de fautes de français.
02:14 Il ne faut pas dire "je ne me laisserai pas prendre".
02:17 J'ai donné toutes les armes pour me faire tuer à l'arnaqueur.
02:21 Avec le digital, les arnaques prennent de plus en plus d'ampleur.
02:25 On a maintenant des banques organisées, donc on a vraiment un business. Il n'est sans foi ni loin.
02:30 Nous nous sommes rendus en Côte d'Ivoire pour rencontrer des arnaqueurs
02:34 et comprendre ce qui les pousse à agir de la sorte.
02:37 Il n'y a pas de travail. Donc, pour ça, on s'est intéressé un peu à l'arnaque.
02:41 Grâce à ça, aujourd'hui, moi, je me fais une place au soleil.
02:44 Derrière leur GSM ou leur ordinateur, il y a des victimes.
02:47 500, 600 et 1100.
02:49 Parfois ruinées.
02:50 Qu'est-ce que vous avez encore comme argent ?
02:52 Rien. Rien, pas de pension. Je vis difficilement, péniblement.
02:57 On n'est pas protégés. On n'est pas protégés du tout.
03:01 Et c'est très difficile de se protéger soi-même tout le temps.
03:04 Que faire pour se défendre face à ces escroqueries ?
03:07 Comment y voir clair face à ce fléau sans limite ?
03:10 Pour Investigation, nous sommes partis à la recherche de ces réponses.
03:14 Christine est une femme élégante et alerte.
03:26 La déco, elle adore.
03:28 Son histoire, c'est peut-être la vôtre.
03:31 On va vous la raconter.
03:33 Alors, il est où ce meuble ?
03:35 Ah, voilà. Ce fameux meuble qui, au départ,
03:40 devait me rapporter 25 euros et il m'en a coûté 10 000.
03:46 Ah oui ? C'est en or ?
03:48 Oui. C'est en or.
03:52 Enfin, on a décidé de le garder, en tout cas.
03:54 Pourquoi ?
03:55 Ben, pour ne plus se faire arnaquer, on y pense toujours.
03:58 Donc, voilà, ça nous rappelle nos erreurs.
04:01 La table de nuit, elle décide de la vendre sur le site Internet Marketplace,
04:06 l'outil de vente de Facebook.
04:08 Elle poste une annonce.
04:10 Suite à ça, une personne m'a envoyé un message pour dire qu'elle était intéressée.
04:15 Cette personne s'appelait Marianne Jamot,
04:18 donc aide sanitaire, un profil assez réconfortant.
04:23 Donc, je lui dis, OK, si vous êtes intéressée, y a pas de souci, on peut faire affaire.
04:28 Et elle me dit, écoutez, comme j'habite loin, à Moucron,
04:33 je voudrais passer par le service DPD Express.
04:36 DPD, c'est un service de colis, comme Mondial Relais, UPS, Colissimo et d'autres transporteurs.
04:44 Elle m'explique plus longuement que l'argent va me parvenir sous enveloppe
04:49 et qu'à ce moment-là, DPD viendra chercher la petite table de nuit.
04:53 Ne connaissant pas du tout ce système de transport, mais ouverte à toute nouveauté,
04:58 puisque aujourd'hui, tout évolue très vite, je lui dis, OK, on peut faire ça, pas de souci.
05:03 Christine n'y voit aucun mal.
05:07 Elle trouve même cela très pratique qu'un transporteur vienne chercher le meuble à son domicile.
05:12 Mais au fil de la conversation, l'arnaqueur explique à Christine
05:16 qu'il ne veut pas envoyer le transporteur pour rien.
05:19 Il veut être certain que c'est bien elle qui vend l'objet.
05:23 Il dit alors à Christine que DPD va la contacter pour qu'elle s'identifie.
05:28 Effectivement, je reçois un mail de DPD qui me fait cliquer sur un lien
05:35 et qui me demande déjà à ce moment-là mon nom, mon prénom, mon numéro de compte, ma banque et mon numéro de client.
05:42 Jusque-là, je me dis, bon, j'ai pas donné de code, tout va bien, je donne des indications.
05:50 Et puis, bon, ben voilà, c'est fait.
05:52 Elle me renvoie un message en disant, maintenant, ils vont vous téléphoner,
05:56 mais préparez votre carte de banque et le lecteur.
06:00 Peut-être une ou deux minutes après, je reçois un coup de téléphone d'une personne.
06:06 Allô ?
06:07 Et cette personne me dit, bonjour, madame, nous allons donc valider votre compte.
06:10 Prenez votre lecteur de cartes, introduisez votre carte, appuyez sur Identify et donnez-moi le code.
06:18 Donc 5, 6, 6, 8, 9, 10.
06:21 Je ne m'inquiète pas encore trop jusque-là puisqu'on ne parle pas encore d'argent et je donne le code en question.
06:27 Christine ne sait toujours pas qu'elle est en contact avec un arnaqueur.
06:32 À ce moment précis, son compte va être débité par milliers d'euros.
06:37 Elle ne le réalisera que bien plus tard.
06:41 Comment était cette personne au téléphone ?
06:45 Elle était très calme, très douce, d'une voix à la fois réconfortante mais autoritaire.
06:52 Et il m'était en confiance.
06:54 Au total, elle s'est fait voler 10 000 euros.
06:57 Une somme considérable pour Christine.
07:00 C'était toute une grosse partie d'argent que j'avais économisé.
07:04 À la fois, ce que j'avais mis de côté, ce que j'avais sur mes comptes à vue,
07:08 mais aussi le crédit que j'avais sur mes comptes à vue.
07:11 Donc c'était 1250 sur chaque compte.
07:14 Donc je ne me suis pas retrouvée à zéro, je me suis retrouvée à moins de 2 500.
07:19 Le débit...
07:27 Tout comme Christine, Marc a perdu ses économies.
07:30 C'est simplement indiqué achat, c'est tout.
07:33 Mais ici, l'arnaque est différente.
07:36 C'est du smishing.
07:38 Un SMS qui est envoyé dans le but de voler des données bancaires.
07:43 Ah oui, voilà.
07:45 En quelques minutes, Marc a perdu 4 700 euros.
07:49 Ah oui, ils l'ont fait en plusieurs fois.
07:51 En trois fois. 500, 600 et 1100.
07:53 Et puis par la suite, encore ?
07:55 Et puis après, encore sur l'autre compte.
07:57 Là, c'était 1 000 et 1 500.
07:59 Et on peut retirer 1 500 ?
08:01 Apparemment, oui, puisqu'il n'y a pas eu de blocage au niveau bancaire.
08:04 Oui.
08:05 Donc c'est pas facile.
08:07 Cet après-midi-là, Marc est plongé dans la rédaction d'un discours
08:12 qu'il doit prononcer en soirée.
08:14 Qu'est-ce que c'est que ça ?
08:19 J'ai ouvert le SMS qui m'a tout de suite dirigé vers le site "It's me".
08:25 En tout cas, ce qui apparaissait comme le site "It's me",
08:28 me demandant de réintroduire des données pour réactiver le compte.
08:32 Je ne me suis absolument pas méfié
08:35 parce que le site était tellement parfait
08:38 que je suis entré dedans
08:40 et j'ai fait toutes les opérations qu'on m'a demandées
08:42 sans aucune pensée négative,
08:45 ce qui ne me serait peut-être pas arrivé si c'était arrivé par mail,
08:48 parce que j'aurais vérifié l'adresse mail.
08:50 Mais bon, je suis tombé dans le piège.
08:52 Et de fil en aiguille, je me suis retrouvé sur le site de Belphius.
08:56 Et là, j'ai réintroduit les données demandées,
09:01 ce qui fait qu'en fait, j'ai donné toutes les armes pour me faire tuer à l'arnaqueur,
09:07 mais sans aucune idée de ce que je faisais,
09:09 puisque c'était tellement parfait que je ne me suis pas méfié une seconde.
09:13 On ne sait pas de qui ça vient.
09:16 C'est simplement indiqué "achat", c'est tout.
09:20 - Comment on se sent comme ça quand on...
09:23 Est-ce qu'on se sent bête ?
09:25 - On se sent ulcéré, on se sent frustré,
09:29 on se sent fâché vis-à-vis de soi-même.
09:32 On se dit "mais quel con, qu'est-ce que tu as fait comme bêtise ?"
09:36 Et puis on réagit tristement.
09:40 - C'est une grosse blessure psychologique.
09:48 - Oui.
09:49 - Oui.
09:50 Disons que ce qui m'a surtout surpris, c'est que ça m'arrive à moi.
09:55 Dans le sens où...
09:58 C'est vrai que comme je suis très ouverte aux nouveautés,
10:01 je n'ai pas peur du PC.
10:04 Je clique à gauche, je clique à droite, je lis, je fais
10:07 et j'essaye de trouver une solution.
10:09 Et tout mon entourage m'a dit "mais Christine, toi,
10:13 toi qui es toute la journée devant un PC,
10:16 qui es toute la journée dans ces systèmes,
10:19 tu te laisses avoir."
10:30 Christine, comme Marc, manie tous les jours l'ordinateur.
10:34 Ce sont des personnes compétentes, averties et très prudentes.
10:38 Alors, par quels mécanismes sont-elles tombées dans le piège ?
10:43 Pour comprendre, nous donnons rendez-vous à Axel Lequey.
10:47 - Donc voilà une salle de cours.
10:49 - Il est professeur de cybersécurité à l'Université catholique de Louvain.
10:53 - On leur apprend à hacker les ordinateurs.
10:57 Et donc évidemment, quand ils savent hacker un ordinateur,
11:00 ils savent aussi se protéger.
11:02 Tout le monde peut se faire arnaquer, y compris moi.
11:05 - Vous vous êtes fait arnaquer ?
11:06 - Bien sûr, ça est déjà arrivé.
11:07 Qui ne s'est pas fait arnaquer, qui ne s'est pas fait avoir ?
11:09 Et donc souvent, on se fait avoir parce qu'on est dans l'urgence.
11:13 J'ai besoin de vendre l'objet parce que je dois payer ma facture d'électricité.
11:17 Je reçois cette email le soir alors que je dois m'occuper de ma famille.
11:21 Et donc, en fait, on peut éviter beaucoup de ces arnaques
11:24 juste en se posant.
11:25 - Rappelez-vous, au début du reportage,
11:28 notre journaliste était à deux doigts de se faire arnaquer.
11:31 Elle était pressée lorsqu'elle a reçu un SMS
11:35 qui menait tout droit à une arnaque.
11:38 - Si vous regardez les conditions d'utilisation de CardStop,
11:41 la première chose que CardStop va vous dire,
11:43 c'est que c'est à vous de faire la démarche de bloquer votre carte.
11:46 Donc CardStop ne va jamais décider de bloquer votre carte
11:49 et de vous contacter par SMS.
11:51 Aucune banque ne va vous contacter par SMS.
11:54 Mais les arnaqueurs sont intelligents
11:56 parce qu'ils savent que depuis la crise Covid,
11:59 les banquiers font beaucoup de choses en ligne.
12:01 Et donc, ils jouent là-dessus en faisant croire aux citoyens
12:04 que l'étape suivante est en fait l'absence totale d'un conseiller,
12:08 même pour les pratiques, on va dire, les plus sensibles
12:11 de la gestion de votre compte bancaire.
12:14 - Notre journaliste y a cru car le SMS de départ
12:17 renvoyait vers un 04, un numéro liégeois.
12:20 Habitant Liège, elle s'est sentie tout de suite en confiance.
12:24 Mais comment se fait-il que ce soit un numéro liégeois ?
12:28 - Pour acheter des numéros de téléphone,
12:31 il y a par exemple quelque chose qui s'appelle le dark web.
12:35 - Le dark web, c'est la face cachée d'Internet.
12:38 C'est le monde souterrain du web
12:40 où on ne peut pas vous identifier ni vous retrouver.
12:43 Un endroit où vous pouvez avoir accès à des informations interdites.
12:47 C'est en quelque sorte un paradis pour les arnaques.
12:51 - On peut acheter sur le dark web des numéros de téléphone,
12:54 on peut acheter des profils d'utilisateurs
12:56 comme un numéro de carte de crédit,
12:58 on peut acheter des cartes d'identité et tout autre service
13:01 et pour lesquels on ne pourra pas pister le vendeur.
13:04 Donc ça, c'est vraiment un business
13:07 où de nos jours, on peut acheter des informations sur des gens.
13:11 Et tout ça, en fait, c'est très intéressant aussi
13:14 pour la psychologie de l'arnaqueur.
13:16 L'arnaqueur, il doit montrer qu'il vous connaît.
13:19 - Et tout cela pour des prix dérisoires.
13:21 De 7,50 euros pour acheter une carte d'identité
13:24 à maximum 80 euros pour un profil plus complet.
13:28 Un profil usurpé comme celui de Marco.
13:42 C'est un profil volé sur Facebook.
13:45 Différentes sources nous conseillent de nous y attarder.
13:49 Là, on découvre une arnaque
13:52 dont on n'avait encore jamais entendu parler.
13:55 Elle est à la mode actuellement.
13:57 C'est une escroquerie à la location.
14:00 Alors, on décide de jouer le jeu.
14:03 On se fait passer pour quelqu'un qui cherche un logement.
14:06 Marco, c'est un homme au profil rassurant.
14:09 Il se dit propriétaire,
14:11 il affiche de très belles photos d'un appartement.
14:14 On le contacte.
14:16 Il nous demande d'emblée une garantie locative de 225 euros
14:19 et nous promet les clés le lendemain.
14:22 Tout se passe par écrit.
14:24 On lui demande où se situe le bien.
14:27 Il ne répond pas.
14:29 Il continue de nous presser.
14:32 En fait, l'adresse, il l'invente.
14:35 Le bien, il n'existe pas.
14:38 Et les photos, il les a prises sur Internet.
14:42 Et quand on l'accule, lui démontrant qu'on a compris,
14:45 il devient agressif et impoli.
14:49 Comme des millions de profils, celui de Marco a été volé.
14:53 Il y a 4 ans, un gros scandale éclate.
14:56 530 millions de données d'utilisateurs Facebook sont piratées.
15:01 Alors, on se demande si les systèmes de protection sont insuffisants, imparfaits.
15:06 Pour le savoir, on contacte la société Meta
15:09 qui regroupe Facebook, Messenger, Instagram et WhatsApp.
15:13 Oui, bonjour, Anne-Catherine Croffert de l'équipe d'investigation à la RTBF.
15:18 On demande plusieurs fois à les rencontrer.
15:21 On insiste par téléphone, on envoie des mails, mais rien n'y fait.
15:24 OK, ça va. Au revoir, monsieur.
15:27 Nous ne pouvons pas répondre à une demande d'interview avec quelqu'un de Meta.
15:33 [Musique]
15:36 Bonjour, madame. Je voudrais une recharge Néosurf de 50 euros.
15:49 De 50 euros, d'accord. J'arrive.
15:53 Et voilà. S'il vous plaît, madame.
15:58 Je vais vous remettre ici.
15:59 Ça fait 50 euros, s'il vous plaît.
16:02 Je venais avec des sommes importantes.
16:04 Parfois, je prenais 10 recharges à 250.
16:08 Et puis j'allais encore ailleurs et je recommençais.
16:11 Et vous étiez arnaquée, donc ?
16:13 Oui, j'ai été arnaquée, oui, très clairement.
16:15 Oui.
16:16 Cette arnaque, d'une toute autre ampleur, a complètement ruiné Bernadette.
16:25 À 78 ans, cette ancienne prof de français vit seule dans un petit appartement au centre de Liège.
16:32 Le 29 mai 2018, une tragédie l'a fragilisée.
16:37 Ma fille a été assassinée par un terroriste.
16:45 Elle était policière en service.
16:48 Elle a été assassinée devant un coup de couteau en compagnie de sa collègue et amie.
16:55 Perdre son enfance, c'est terrible.
16:58 Surtout que les circonstances de la perte sont des circonstances horribles.
17:06 C'est le début de la descente aux enfers.
17:09 C'est le début de la descente aux enfers, très clairement.
17:14 Si votre fille vivait toujours, est-ce que ça vous serait arrivé, cette situation ?
17:18 Honnêtement, je dirais non. Non. Non.
17:22 Il y avait un vide affectif, une solitude qui devenait insupportable.
17:28 Pour combler sa solitude, des amis la poussent à s'intéresser aux réseaux sociaux.
17:36 Elle s'inscrit alors sur Facebook.
17:39 L'arnaque aux sentiments s'installe.
17:42 Je reçois une invitation de la part de M. Jean-Philippe Mollet.
17:47 Je n'y ai vu aucune malice.
17:49 Je n'ai même pas fait attention au fait que c'était un homme.
17:52 Je ne me suis pas intéressée à son âge.
17:55 Vraiment, je ne pensais à rien du tout.
17:57 Mais M. Mollet apparemment connaissait ma situation.
18:01 Il avait dû lire les messages sur Facebook.
18:05 Il m'a parlé de ma fille.
18:08 Il m'a manifesté énormément d'empathie.
18:11 Très vite, il est devenu indispensable.
18:14 C'était l'ami à qui je pouvais confier mon désarroi,
18:19 qui essayait de m'encourager.
18:21 J'ai même dit que M. Mollet, quelque part,
18:24 malgré tout le mal qu'il m'avait causé,
18:27 m'avait aussi sauvé la vie.
18:29 Parce que j'allais perdre pied à un moment donné.
18:37 Donc ça a duré approximativement quatre mois.
18:41 Au début, M. Mollet m'a dit
18:44 « Est-ce que tu pourrais me rendre un petit service ? »
18:47 Ben oui, quel service ?
18:49 Il se présentait comme quelqu'un qui faisait de l'import-export de voitures.
18:53 Il a dit qu'il avait un problème avec un client étranger
18:57 et qu'il ne pouvait pas se procurer de recharges Neosurf.
19:02 Neosurf, c'est un système de paiement peu connu
19:06 et utilisable partout dans le monde.
19:08 Il ressemble à un ticket de caisse.
19:10 On l'achète dans une librairie ou à un point de vente similaire.
19:14 On paye en liquide.
19:16 Sur le ticket, un code,
19:18 il permet à n'importe qui, dans n'importe quel pays,
19:21 d'encaisser cet argent dans un autre point Neosurf.
19:25 Et ce, sans carte d'identité.
19:28 Ce sont en fait des moyens de paiement
19:30 qui ne permettent aucune traçabilité et qui restent anonymes.
19:34 C'est un peu la forme moderne de Western Union.
19:38 L'arnaqueur a peur qu'on puisse le pister.
19:41 Il sait que par des systèmes traditionnels,
19:43 comme il y a de plus en plus de coopérations bancaires,
19:46 il y a peut-être une chance pour qu'on remonte jusqu'à lui.
19:49 Les arnaqueurs ont suivi l'évolution digitale.
19:52 L'évolution digitale, c'est par exemple Neosurf,
19:55 c'est le paiement de coupons, de gift cards,
19:58 ou même du bitcoin.
20:00 Ce sont des paiements avec des sociétés
20:02 qui ne coopèrent pas forcément avec la justice
20:05 puisqu'elles garantissent l'anonymat des personnes qui payent les coupons.
20:09 Et donc en fait, ils ont diversifié leur façon de recevoir de l'argent
20:13 parce que le monde digital
20:15 permet maintenant une autre monétisation des services.
20:19 Tous ces modes de paiement, identiques à Neosurf,
20:22 peuvent rapporter gros aux arnaqueurs,
20:24 sans même être inquiétés.
20:26 Alors vous lui avez envoyé combien en 4 mois ?
20:29 Donc je lui ai envoyé ses 2 recharges de 100 euros, je pense.
20:35 Puis il m'a dit, oui, le problème avec le client n'est pas encore résolu.
20:40 J'aurais besoin de 3 autres recharges.
20:44 Et alors, lui aussi s'est présenté comme quelqu'un
20:48 qui avait été fort frappé par la vie,
20:51 avait perdu sa femme, sa fille dans un accident de voiture,
20:54 avait été berné par des parents
20:57 qui lui avaient dérobé son héritage.
21:00 Et comme par hasard, tout d'un coup,
21:02 il a l'opportunité de récupérer son héritage.
21:06 Il y avait approximativement 2 millions à récupérer,
21:10 mais il devait verser des arts pour récupérer son héritage.
21:15 Et le notaire marocain lui avait expliqué
21:19 qu'il était souhaitable qu'il se fasse aider par un associé.
21:25 C'est le terme qu'il a employé, associé.
21:28 Donc il m'a demandé une somme qui n'était,
21:32 je crois que c'était au départ environ 10 000 euros.
21:36 Et puis, bon, passons les détails,
21:41 de fil en aiguille, ce n'était jamais suffisant.
21:44 Et d'après le relevé qui a été fait, mais il n'est pas complet,
21:48 la somme que j'ai versée s'élève à 77 000 euros.
21:53 (Musique)
22:00 Perdre de l'argent, beaucoup d'argent.
22:04 Il est impossible de chiffrer les pertes financières des victimes en Belgique
22:08 tant le recensement est imprécis, car tout le monde ne dépose pas plainte.
22:13 Par contre, selon Faye Belphine, la Fédération belge du système financier,
22:19 près de 60 millions d'euros ont été volés par phishing en Belgique
22:23 ces deux dernières années recensées.
22:27 Un chiffre qui ne nous étonne pas, car tous les jours,
22:31 vous recevez des mails de soi-disant Bipost, de la police,
22:35 ou des SMS, des coups de téléphone au nom de votre prétendue banque,
22:40 de Cardstop ou d'une société très connue.
22:44 À chaque fois que nous discutons de notre reportage avec des collègues,
22:48 des connaissances, chacun a aussi une histoire à raconter.
22:53 - Maintenant, ça devient hyper propre.
22:56 Plus de fautes d'orthographe, plus de fautes de français,
22:59 des logos qui sont en bonne forme.
23:02 Et donc, ça devient de plus en plus difficile.
23:05 Donc, il ne faut pas dire "je ne me laisserai pas prendre".
23:08 Non, non. D'ailleurs, je dis, autour de moi,
23:11 j'entends encore plein de personnes qui se font arnaquer.
23:15 C'est le mal du siècle. C'est le mal d'Internet.
23:18 - D'une part, j'admire l'intelligence qu'il faut pour développer des systèmes
23:23 pour aller bouffer les économies ou bouffer de l'argent à n'importe qui.
23:27 Et ça va vite, parce qu'ils ont gagné 5000 euros en 5 minutes.
23:32 Mais c'est clair, quand il y a des situations de plus en plus difficiles
23:36 sur le plan de la vie de tous les jours,
23:39 parce qu'on ne gagne pas sa vie, parce qu'on est au chômage,
23:42 parce que ceci, parce que cela, etc.,
23:45 il y a des gens qui trouvent que c'est plus agréable et plus facile
23:48 de gagner vite de l'argent sans rien faire.
23:51 - Vous aimeriez rencontrer votre arnaqueur ? - Oui.
23:54 - Pourquoi ?
23:58 - Quand j'ai raccroché, j'ai eu 2 sentiments.
24:02 Le sentiment d'avoir perdu de l'argent.
24:05 Mais comme je suis très sociale, je me suis dit,
24:08 cette personne en avait peut-être besoin.
24:11 S'il en avait vraiment besoin, sincèrement,
24:14 ça me fait beaucoup moins mal au cœur.
24:17 - Les arnaques se développent dans le monde entier,
24:23 que ce soit en Europe, en Asie, en Amérique, en Afrique.
24:27 Les escrocs se faufilent partout.
24:30 Investigation a cherché à savoir qui sont ces personnes.
24:34 Nous devons choisir un pays parmi d'autres.
24:37 Nous ciblons la Côte d'Ivoire,
24:40 car c'est l'un des plus pauvres au monde.
24:43 Nous effectuons de multiples démarches.
24:46 Après des semaines d'attente, le ministre ivoirien de l'Intérieur
24:50 nous refuse l'accès sur le territoire.
24:53 On l'a compris, on n'est pas du tout les bienvenus.
24:56 On décide alors de prendre contact avec un caméraman sur place
25:00 qui nous servira de relais.
25:03 Abidjan, la ville la plus peuplée de Côte d'Ivoire.
25:07 C'est là qu'existe une véritable usine d'arnaqueurs.
25:11 Ici, on les appelle des brouteurs,
25:16 en référence aux moutons qui se nourrissent sans effort.
25:20 Passible de deux ans de prison, aucun n'accepte de montrer son visage.
25:25 Fofana n'a jamais travaillé.
25:29 En fait, si.
25:31 Il dit que son métier, c'est brouteur.
25:34 Pour arnaquer, il ne lui faut pas grand-chose.
25:37 Un ordinateur portable ou un GSM,
25:40 un réseau Internet et un brin de malice.
25:44 C'est devenu un phénomène pour tous les jeunes de l'Afrique.
25:50 Nous n'avons pas de travail, de boulot.
25:53 Pour l'instant, nous n'avons rien.
25:56 Je vois mon père souffrir, ma famille souffrir.
25:59 Bon, il n'y a pas de travail.
26:02 Donc, ça, on s'est intéressé un peu à l'arnaque.
26:05 On peut faire ça aux autres, mais pas à nous-mêmes, nos frères africains.
26:11 On peut faire ça aux lingues, aux Européens, aux Allemands, aux Italiens.
26:16 Les gens qui ne sont pas de la même peau comme nous.
26:20 C'est une vengeance que nous faisons.
26:23 C'est nous, pour nous rattraper de la traite coloniale
26:27 que les Blancs, la matrice trans, nous ont fait.
26:30 Qui nous fait suivre nous-mêmes, présentement, en ce moment-là ?
26:33 Tout comme Fofana, Amadou ne semble pas tellement pris de remords.
26:39 Il faut le faire.
26:41 Si tu n'as pas un métier fixe, grâce à ça, aujourd'hui,
26:44 moi, je peux me faire une place au soleil.
26:46 Et puis, il y a plein d'autres jeunes comme moi
26:48 qui ont pu se faire la place au soleil grâce à ce métier-là.
26:51 Tu as vu, quelque part, c'est la dette coloniale.
26:54 Tu essaies d'arnaquer, tu mets ton système en place,
26:56 tu fais ta java avec, tu t'arrêtes là.
26:58 Mais, quelque part, comment elle va t'envoyer l'argent,
27:00 ce n'est pas ton problème.
27:02 Moi, personnellement, à part les remords,
27:04 quelque part, il y a des fois où tu as un peu de pitié
27:07 pour ton correspondant ou ta correspondante.
27:09 Mais après, quand ton nation commence à maigrir,
27:12 automatiquement, le sentiment de pitié, tout s'en va.
27:15 La Côte d'Ivoire a la triste réputation
27:26 d'être la reine des pays africains francophones de l'arnaque.
27:29 Pour tenter d'endiguer le phénomène,
27:33 une école de hacking a été créée à Abidjan.
27:36 Notre curiosité nous conduit au nord de la ville.
27:40 Bienvenue à Nice, Africa.
27:46 Une école internationale de formation de hacking.
27:49 On y apprend les techniques de piratage
27:52 et de sécurité informatique.
27:55 Il a quoi de particulier ?
27:57 Encho Yao est le plus grand hacker de Côte d'Ivoire.
28:01 C'est lui qui a créé cette école il y a plus de dix ans.
28:04 Tout le monde le connaît dans le pays.
28:07 C'est un expert notoire en contre-piratage.
28:10 Pour sortir du pays,
28:14 il y a un routeur qui est là,
28:16 qui va faire le lien, par exemple,
28:18 pour aller vers un autre pays.
28:22 Le but de Encho Yao est de permettre à tous ces jeunes
28:25 de travailler légalement dans une entreprise
28:28 afin de sécuriser leur système informatique.
28:31 Nous, on est là pour former des experts.
28:33 On est là pour former des personnes
28:35 qui comprennent réellement les technologies.
28:37 On a beaucoup de jeunes qui ne savaient pas
28:40 qu'ils pouvaient travailler légalement
28:42 dans le domaine des technologies,
28:44 qui connaissaient les technologies,
28:46 qui passaient souvent des heures à chercher
28:48 et qui utilisaient ces technologies
28:50 carrément illégales.
28:52 Beaucoup ont frôlé la prison,
28:54 certains même ont été en prison
28:56 et aujourd'hui, ils comprennent
28:58 qu'on peut se former
29:00 et que les entreprises ont besoin de personnes
29:02 pour les aider.
29:04 Mais qui sont vraiment ces étudiants ?
29:07 On ne peut s'empêcher de penser
29:09 qu'il y a aussi de futurs brouteurs.
29:11 Mais on ne peut pas l'affirmer.
29:13 On n'a pas obtenu de confidences,
29:15 alors on en reste au discours officiel.
29:19 Vous savez, la lutte contre la cybercriminalité,
29:21 c'est aussi de donner à ces jeunes-là
29:24 de comprendre qu'il y a aujourd'hui
29:26 un cadre légal.
29:28 Aujourd'hui, si vous tombez dans le broutage,
29:31 c'est la prison.
29:33 Les jeunes arrivent à comprendre
29:35 qu'aujourd'hui, on a une police,
29:37 on a une justice, on a des gens
29:39 qui connaissent ce qu'eux, ils connaissent.
29:41 Donc les pirates n'ont qu'à bien se tenir.
29:46 Un discours qui n'effraie pas Amadou.
29:49 Il faut savoir pratiquer ta gamme
29:52 pour ne pas que tu fasses la prison.
29:54 Si tu restes dans ton coin,
29:56 tu as ton broutage, tu as tes petits moyens,
29:58 tu ne peux pas faire la prison avec le broutage.
30:00 A moins que tu escroques un des amis brouteurs,
30:02 plutôt qu'il y a un vieux père
30:04 qui est dans la police, qui est un peu influent,
30:06 qui va t'enfermer.
30:08 Si tu restes dans ton coin, tu ne risques pas la prison.
30:15 Nous souhaitons montrer à Fofana
30:17 la vidéo de Christine,
30:19 qui, rappelez-vous, a perdu 10 000 euros.
30:21 Fofana n'est pas celui qui l'a arnaqué,
30:25 mais il accepte de la regarder.
30:27 Même s'il pense avoir volé aux riches,
30:31 que je n'étais pas la riche qu'il pensait,
30:33 et que l'argent que j'avais mis de côté,
30:35 j'en avais besoin.
30:37 On a pas le choix aussi.
30:40 Si on a pas le choix,
30:42 dans la pauvreté,
30:44 on aurait pas dû faire ça.
30:46 On fait n'importe quoi.
30:48 C'est n'importe quoi.
30:50 S'il n'y a pas de travail,
30:52 s'il n'y a pas de possibilités,
30:54 ou de l'argent,
30:56 je trouve ça vraiment très triste.
30:58 En tout cas, il y a un peu de regrets.
31:00 Donc oui, j'aimerais bien le voir,
31:03 en discuter avec lui,
31:05 peut-être lui faire comprendre
31:07 qu'il fait du mal.
31:09 Elle a acheté des poules,
31:11 mais c'est vraiment triste.
31:14 Vraiment triste, mais on n'a pas le choix.
31:16 C'est pas normal qu'un pauvre doit s'appauvrir.
31:19 Le voir triste, misérable.
31:21 Non, c'est pas ce que nous souhaitons vraiment.
31:25 Quand nous faisons ça,
31:27 nous ne savons pas s'il y a de l'argent,
31:29 ou même si il n'y en a pas.
31:31 On ne sait pas.
31:33 Si vraiment, c'est un pauvre,
31:35 il ne va pas t'envoyer de l'argent.
31:37 Mais si tu vois que tu discutes avec quelqu'un,
31:40 et puis la personne t'envoie quelque chose,
31:42 c'est parce que la personne a au moins ses économies.
31:44 Fofana et Amadou sont des brouteurs qui agissent seuls.
31:52 Mais tous les arnaqueurs ne sont pas des Africains.
31:55 Ils proviennent même des quatre coins de la planète.
31:58 Ils peuvent agir de façon individuelle,
32:01 ou en réseau, à travers le monde.
32:03 Ce qu'on remarque ces dernières années,
32:06 c'est que sur le Dark Web et autres,
32:08 se forment de véritables groupes de personnes.
32:11 Ce sont de véritables entreprises
32:13 de personnes avec des compétences multiples.
32:15 Vous pouvez louer des brouteurs,
32:18 vous pouvez vous louer des fermes d'arnaqueurs,
32:20 vous pouvez acheter des resseleurs.
32:22 Ils ont même des congés payés.
32:24 Donc on voit que ces derniers temps,
32:26 il y a un regroupement,
32:28 et il y a quasiment un marché
32:30 qui se crée sur le Dark Web.
32:32 Les gens se mettent en banque et organisent un business.
32:36 Vous croyez avoir tout vu ?
32:38 Eh bien, vous n'êtes pas au bout de vos surprises.
32:40 L'équipe d'investigation a fait de nouvelles découvertes.
32:44 Les banques utilisent-elles une stratégie
32:47 pour nous décourager à récupérer notre argent ?
32:49 Ça peut être une stratégie, oui.
32:52 Les plaintes enregistrées à la police
32:54 servent-elles vraiment à quelque chose ?
32:56 Suivez-nous.
32:58 On a encore des choses à vous raconter.
33:01 Suivez-nous.
33:03 On a encore des choses à vous raconter.
33:05 Nicolas est un jeune homme d'une trentaine d'années.
33:24 C'est un adepte d'Internet.
33:26 Il manipule aisément les chiffres et les lettres.
33:30 Il est chercheur en économie pour une université.
33:33 L'arnaque dont il a été victime est de haut vol.
33:36 Il y a une dame qui m'appelle,
33:39 qui se fait passer pour quelqu'un d'Amazon
33:41 et qui me dit que le système chez Amazon
33:43 a repéré une série de transactions
33:45 suspectées de frauduleuses.
33:47 Il faut savoir qu'elle avait différentes informations sur moi.
33:51 Elle connaissait mon nom, mon prénom,
33:53 les 4 derniers chiffres de 2 de mes cartes de crédit.
33:56 Elle connaissait mon adresse.
33:58 Elle me dit que si je veux annuler,
34:00 je dois passer le service fraude.
34:02 Là, un autre monsieur prend le téléphone.
34:04 En arrière, il y a un call center.
34:06 Tout est bien mis en scène.
34:08 Il me met en confiance.
34:12 Il me pose des questions.
34:14 Est-ce que j'ai été exposé à un Wifi public ?
34:16 Est-ce que j'ai reçu des malwares ?
34:18 Il prend son temps.
34:20 Il arrive à la conclusion
34:22 que j'ai été victime
34:24 d'une tentative de fraude
34:26 repérée par leur système.
34:28 Son interlocuteur utilise les justes termes techniques.
34:32 C'est une arnaque quasiment créée sur mesure
34:36 pour un homme calé en informatique,
34:38 comme lui.
34:40 Il me dit qu'on va installer un système habituel
34:42 de support.
34:44 À travers ça, il prend contrôle de mon ordinateur.
34:46 C'est là que vous vous faites avoir ?
34:50 C'est là qu'il a créé un faux chat
34:52 à travers lequel on annulait
34:54 officiellement chacune des opérations.
34:56 Mais en fait, ce que lui a fait,
34:58 c'est créer des opérations.
35:00 Plutôt que d'annuler ces opérations
35:02 via HMI, on validait
35:04 les transactions que lui avait créées.
35:06 Jusqu'à ce que je me rende compte de la supercherie.
35:10 Il a fallu du temps.
35:12 Il a fallu presque deux heures.
35:14 Il y avait une grande période de mise en confiance.
35:16 J'ai posé beaucoup de questions.
35:18 Ils avaient réponse à tout,
35:20 que ce soit sur leur identité,
35:22 sur leur action.
35:24 Ils étaient extrêmement professionnels.
35:26 Ils parlaient l'anglais parfait.
35:28 Tout ça a valu
35:30 extrêmement bien organisé.
35:32 Nicolas a finalement perdu
35:36 7 844 euros.
35:38 Pourquoi vous décidez de
35:42 vous exprimer, mais de manière
35:44 cachée ?
35:46 D'une part, je ne suis pas
35:50 particulièrement fier d'avoir
35:52 été victime d'une telle fraude.
35:54 Je n'ai pas nécessairement envie de
35:56 le clamer haut et fort à tout le monde.
35:58 Par contre, j'ai envie que ça puisse
36:00 servir de leçon à tout le monde.
36:02 J'ai envie que ce témoignage
36:04 puisse éviter que d'autres tombent dans le panneau.
36:06 Peut-être plus que la perte financière
36:08 qui s'élève
36:10 à 7 800 euros à peu près
36:12 et qui est évidemment loin
36:14 d'être négligeable,
36:16 c'est le sentiment de stupidité.
36:18 Comment j'ai pu me laisser manipuler
36:20 alors que je connais
36:22 ces risques ?
36:24 C'est vrai que je n'ai pas pensé
36:26 que j'aurais pu être manipulé
36:28 à ce point-là.
36:30 C'est de la naïveté, mais j'essaie de le prendre
36:32 avec une certaine philosophie
36:34 et d'en retirer peut-être plus de tolérance moi-même.
36:46 La honte.
36:48 Toutes les victimes que nous avons rencontrées
36:50 éprouvent le même sentiment.
36:52 Elles se sentent ridicules
36:54 et très souvent préfèrent ne pas
36:56 en parler autour d'elles
36:58 par peur d'être jugées.
37:00 Accumulant les dettes,
37:02 Bernadette n'a pas eu le choix.
37:04 Elle a été obligée de se faire aider.
37:06 Bonjour madame Benard.
37:10 Vous allez bien ?
37:14 Il faut absolument en parler.
37:16 En parler le plus vite possible.
37:18 N'ayez pas honte. Parlez-en.
37:20 C'est ça qui revient souvent, malheureusement,
37:22 quand on reçoit la personne pour la première fois
37:24 dans le cabinet.
37:26 C'est ce sentiment de honte.
37:28 Elle est gênée de s'être fait avoir de cette façon-là.
37:30 Il ne faut pas avoir honte.
37:32 Ce sont des personnes qui ont un don de manipulation
37:34 qui dépasse l'entendement
37:36 et qui les mettent dans une situation de détresse
37:38 voire d'addiction.
37:40 Il faut en parler avant que ça prenne des proportions
37:42 et qu'on soit mesurés.
37:44 Je vous remercie beaucoup.
37:46 Bernadette est placée sous administration de biens.
37:48 Car on n'est pas au bout de nos surprises.
37:50 Après avoir perdu 77 000 euros
37:54 avec le premier arnaqueur
37:56 et avoir coupé les liens,
37:58 Bernadette se sent à nouveau seule.
38:00 Ses amis la poussent alors
38:02 à s'inscrire sur un site de rencontre.
38:04 Son choix se porte sur Mythique,
38:06 le leader sur le marché.
38:08 C'est là
38:10 qu'elle rencontre un certain
38:12 Monsieur Dugard.
38:14 Je ne m'en cacherai pas, ça peut vous faire rire ou sourire.
38:18 Mais nos relations ont été
38:20 pendant longtemps
38:22 des relations à caractère amoureux.
38:24 C'est ça.
38:26 Il a créé ce lien pour ensuite
38:28 obtenir de votre part
38:30 la compassion, l'empathie
38:32 parce que vous êtes quelqu'un comme ça
38:34 et donc vous avez voulu l'aider, pensant l'aider,
38:36 mais en réalité...
38:38 j'ai mis le pied dans un indigne.
38:40 Au début,
38:44 tout se passe pour le mieux.
38:46 Ce qui me plaisait beaucoup,
38:48 c'est qu'il s'exprime très bien,
38:50 son accent est magnifique
38:52 et ses connaissances sont étendues.
38:54 Moi j'étais
38:56 bien d'admiration devant la culture
38:58 de ce Monsieur.
39:00 Vous étiez prête à vous marier avec Monsieur ?
39:02 Il me plaît.
39:04 Il me plaît beaucoup.
39:06 Au total,
39:08 elle aura versé à ce deuxième arnaqueur
39:10 un montant de 100 000 euros.
39:12 Incompréhensible.
39:16 Idiot.
39:18 C'est peut-être bien ce que vous pensez.
39:20 Mais que s'est-il passé ?
39:22 Bernadette,
39:26 c'est un petit bout de femme
39:28 qui a la tête sur les épaules.
39:30 Mais,
39:32 et c'est là la faille,
39:34 tellement fragilisée par la vie,
39:36 qu'elle est une proie facile.
39:38 Monsieur Dugar
39:40 est un monsieur
39:42 qui est très convaincant.
39:44 Il dit qu'il commandait
39:46 700 personnes.
39:48 En tout cas, il est persuasif.
39:50 Il me tétanise.
39:52 Une fois qu'il commence à argumenter,
39:54 moi je ne sais plus rien objecter.
39:56 C'est fort, ça va très loin
39:58 et ça convient même à la maltraitance,
40:00 parfois.
40:02 Qu'est-ce que vous avez encore comme argent ?
40:04 Qu'est-ce qui vous reste ?
40:06 Rien.
40:08 Rien. Ma pension.
40:10 Je vis difficilement, péniblement.
40:12 Puisque j'ai eu aussi
40:14 la bonne idée d'emprunter
40:16 de l'argent pour monsieur Dugar.
40:18 J'ai emprunté 15 000 euros.
40:20 Soi-disant,
40:22 il allait rembourser la semaine d'après.
40:24 Je rembourse
40:26 500 euros tous les mois.
40:28 Bernardette a déposé plainte.
40:30 Aujourd'hui,
40:32 elle n'espère pas récupérer
40:34 un seul centime.
40:36 Mais surtout,
40:38 elle ne comprend toujours pas
40:40 comment elle est tombée dans le piège.
40:42 Elle se sait fragile,
40:44 isolée.
40:46 Alors, quand l'amour semble s'immiscer
40:48 dans sa vie,
40:50 elle n'est plus lucide.
40:52 C'est presque devenu une addiction.
40:54 Vous êtes tombée dans une addiction
40:56 dont vous ne savez peut-être pas sortir.
40:58 Mais on va vous aider dans ce contexte.
41:00 Vous savez que je passe des...
41:02 Je dirais presque des heures,
41:04 je crois que c'est pas exagéré,
41:06 à me dire "Mais...
41:08 est-ce que tu fais bien de porter plainte ?
41:10 Est-ce qu'un monsieur Dugar est bien
41:12 un escroc et pas quelqu'un
41:14 qui, effectivement, a des problèmes ?"
41:16 C'est là tout l'enjeu.
41:18 C'est de vous aider à couper
41:20 avec cette relation malsaine
41:22 qui a été mise en place
41:24 pour vous permettre d'en sortir définitivement
41:26 et surtout, de ne pas retomber
41:28 dans les mêmes travers avec peut-être
41:30 une troisième personne qui pourrait se présenter...
41:32 - Ah non, merci.
41:34 Il s'est présenté quelqu'un, là...
41:36 C'est fini, il est déjà...
41:38 - Il est déjà jeté.
41:40 Vous allez d'abord vous occuper de vous maintenant,
41:42 prendre soin de vous,
41:44 et on verra ensuite.
41:46 - Vous vous demandez peut-être
41:50 si ce n'est pas une perte de temps
41:52 de déposer plainte.
41:54 Est-ce que ça va vraiment servir à quelque chose ?
41:56 Va-t-on pour autant
41:58 récupérer notre argent ?
42:00 Nous décidons d'aller
42:02 à Arlon, en province de Luxembourg.
42:04 L'organisation policière
42:06 est un peu différente des grandes villes
42:08 comme Bruxelles.
42:10 - Est-ce que ça sert à déposer plainte
42:12 et à quoi ça sert ?
42:14 - La plainte est aussi importante lorsqu'elle se situe
42:16 dans les heures qui suivent
42:18 justement l'arnaque
42:20 parce qu'on a mis au point
42:22 avec le parquet du Luxembourg
42:24 des possibilités pour pouvoir bloquer
42:26 l'argent au niveau des banques
42:28 avant que l'argent ne quitte l'Europe.
42:30 La difficulté qu'on a, c'est que la plupart
42:32 des arnaqueurs, on va dire comme ça, sont
42:34 hors-Europe. Et donc à partir
42:36 du moment où l'argent a quitté l'Europe,
42:38 c'est très difficile de pouvoir le bloquer
42:40 et encore beaucoup plus difficile
42:42 de pouvoir le récupérer.
42:44 Ici, tous les policiers ont été sensibilisés
42:48 et donc il y a toujours
42:50 une permanence qui est là et il y a
42:52 toujours un policier qui est formé et qui
42:54 pourra aider les gens à essayer
42:56 encore une fois, en fonction du délai
42:58 qui s'est écoulé, on pourra essayer
43:00 de récupérer l'argent. - Quels sont
43:02 un petit peu les profils des personnes
43:04 qui viennent déposer plainte ?
43:06 - Alors, il y a tous les profils.
43:08 Donc il y a le profil
43:10 du professeur,
43:12 du fonctionnaire,
43:14 du banquier. Donc on
43:16 vise autant les gens qui veulent faire des
43:18 bonnes affaires que les gens qui ont des
43:20 difficultés relationnelles,
43:22 que des gens qui veulent vendre quelque chose.
43:24 - Les jeunes, les vieux ?
43:26 - Les jeunes comme les vieux.
43:28 - Des profils multiples
43:32 comme celui de Christine.
43:34 Quand elle a été arnaquée,
43:36 son mari a directement
43:38 appelé la police. - Ma police
43:40 a bien voulu se rendre ici en disant
43:42 "Bon, ma femme est dans un drôle d'état,
43:44 elle n'est pas capable d'aller au commissariat, la police est venue."
43:46 Et d'emblée,
43:48 ils étaient très réconfortants.
43:50 "Vous inquiétez pas, madame, vous n'êtes pas
43:52 la seule. On a ça
43:54 3-4 fois par jour.
43:56 Les banques sont assurées
43:58 pour ça, vous devez faire une déclaration,
44:00 vous allez récupérer votre argent."
44:02 Donc quelque part, oui, j'étais un peu
44:04 apaisée en me disant "Ah ouf,
44:06 il y a quand même quelque chose qui existe
44:08 et je vais récupérer cet argent."
44:10 Le lendemain, j'étais à la banque
44:12 pour faire un dossier fraude.
44:14 À ce moment-là,
44:16 ils m'ont expliqué qu'une partie
44:18 de l'argent était partie directement
44:20 à Singapour et que là, il n'y avait aucune chance
44:22 de récupérer les montants.
44:24 Mais qu'une partie,
44:26 et quand même 7 000 euros, étaient parties
44:28 sur un compte en France avec un nom.
44:30 Et que là, ils pourraient peut-être
44:32 récupérer l'argent.
44:34 Et depuis, grand silence, plus de nouvelles
44:36 de la banque, ni un
44:38 message positif, ni un message
44:40 négatif, comme si
44:42 rien ne s'était passé.
44:44 - Alors ça, c'est
44:46 vos différents documents,
44:48 plaintes... - Oui, ça c'est le formulaire
44:50 "Déclaration d'utilisation frauduleuse
44:52 d'une carte de débit". Donc ça a été
44:54 renvoyé directement à la banque
44:56 avec la preuve des débits
44:58 et la copie
45:00 du dépôt de plainte à la police.
45:02 - Et alors tous ces documents sont restés plus ou moins
45:04 sans suite. C'est bien de déposer plein de plaintes.
45:06 - Jusqu'à nouvel ordre, il n'y a pas de suite.
45:08 Restrictement rien, effectivement.
45:10 Je n'ai plus de nouvelles de la police,
45:12 pas de nouvelles du parquet,
45:14 aucune nouvelle de la banque,
45:16 si ce n'est pour me dire "nous, on s'en lave les mains,
45:18 c'est votre faute".
45:20 On fait la procédure pour
45:22 essayer de s'en sortir en espérant que
45:24 l'assurance de la banque va fonctionner.
45:26 Mais ils s'en foutent.
45:28 - Ils sont désolés. - Oui, oui,
45:30 ils sont désolés.
45:32 Ça me fait une belle jambe, comme dit l'autre.
45:34 (rires)
45:36 J'entame la procédure auprès de Belfus,
45:38 en expliquant la situation,
45:40 en donnant le dépôt de plainte de la police
45:42 et en sollicitant leur intervention.
45:44 Alors, d'abord,
45:46 on me dit que ça va mettre 3 mois.
45:48 La banque aurait besoin de 3 mois
45:50 pour enquêter là-dessus.
45:52 À ma grande surprise et positive surprise,
45:54 ils sont revenus assez vite,
45:56 après 3 jours, mais avec une réponse négative.
45:58 - Qu'est-ce qu'ils ont dit ?
46:00 - Nous considérons qu'il y a négligence grave
46:02 en votre chef
46:04 et que donc, dans ce cas,
46:06 la banque n'intervient pas.
46:08 - Négligence grave.
46:10 Retenez bien cette formule,
46:12 car en lisant les documents
46:14 de Christine, Marc et Nicolas,
46:16 on constate que c'est derrière
46:18 ces 2 mots que les banques se retranchent.
46:20 Nous avons contacté
46:22 4 grandes banques.
46:24 Aucune n'a accepté
46:26 de nous accorder une interview.
46:28 Toutes se réfugient derrière
46:30 le secret professionnel
46:32 qui nous donne des conseils généraux
46:34 par écrit.
46:36 Derrière ces multiples refus,
46:38 nous décidons de rencontrer
46:40 une responsable de Fébelfine,
46:42 la fédération belge du secteur financier.
46:44 - C'est quoi une négligence grave ?
46:46 - Il n'y a pas de principe généraux
46:48 pour définir ce qu'est la négligence grave.
46:50 Il n'y a pas de réponse générique.
46:52 Ça va toujours dépendre
46:54 des circonstances factuelles
46:56 du cas de phishing.
46:58 La banque va regarder comment le client
47:00 est tombé dans le piège,
47:02 la technique utilisée,
47:04 le client a-t-il fait un virement ou pas.
47:06 En fonction de toutes ces informations,
47:08 de toutes ces circonstances factuelles,
47:10 la banque décidera s'il y a une négligence grave
47:12 de la part du client.
47:14 - C'est la banque qui décide
47:16 à sa façon, comme ça l'arrange.
47:18 - Ce n'est pas un choix arbitraire
47:20 de la part de la banque.
47:22 Tout ça découle d'une directive européenne
47:24 sur les services de paiement
47:26 qui a été transposée en droit belge.
47:28 Cette directive dit que la banque
47:30 doit analyser les circonstances factuelles
47:32 pour déterminer si oui ou non
47:34 il y a une responsabilité du client.
47:36 - Bon, on l'a compris.
47:40 Une vraie réponse formatée.
47:42 Alors on a cherché.
47:44 Plusieurs interlocuteurs nous parlent
47:46 d'une loi de 2018.
47:48 On déroule un texte de loi, un millier de pages,
47:50 dans un jargon incompréhensible
47:52 pour nous.
47:56 Et en aiguille, on nous parle
47:58 d'une jeune avocate flamande
48:00 qui maîtrise très bien la loi.
48:02 Elle nous a refilé un tuyau.
48:04 Retrouver les articles 743
48:06 et 44
48:08 noyés dans la masse.
48:10 Ses compétences nous poussent
48:14 à la rencontrer.
48:16 Ce qu'on apprend nous étonne.
48:18 - On parle d'une négligence grave.
48:22 C'est presque la même chose
48:24 qu'une faute grave.
48:26 Et si vous voyez la loi,
48:28 les législateurs, en fait,
48:30 ils donnent qu'un exemple
48:32 de cette négligence grave.
48:34 C'est de marquer votre code PIN
48:36 sur ta carte banque,
48:38 sur un petit papier.
48:40 Vous le mettez ensemble dans votre portefeuille
48:42 et vous laissez traîner votre portefeuille
48:44 n'importe où.
48:46 Et ça, c'est le seul exemple
48:48 que les législateurs
48:50 en fait donnent dans cette loi.
48:52 - Donc ici, j'ai un document
48:54 de la banque. C'est un monsieur qui s'est fait
48:56 arnaquer.
48:58 Une fausse page est arrivée sur son ordinateur.
49:00 Et voilà la réponse
49:02 de la banque.
49:04 - Donc là, en fait, cette réponse,
49:08 c'est une réponse
49:10 qu'on voit dans tous les dossiers
49:12 que j'ai ici. C'est une réponse
49:14 où on dit, bon, vous avez donné
49:16 des codes à une tierce personne
49:18 et ça, c'est une négligence grave.
49:20 - C'est faux.
49:22 - C'est faux parce que
49:24 comment est-ce que monsieur
49:26 le savait ici
49:28 qu'il donnait des codes à une tierce personne?
49:30 - Il joue sur ce mot.
49:36 - Il joue sur ce mot. Et pour eux, c'est très facile
49:38 de dire, ah, monsieur, mais vous étiez
49:40 gravement négligent.
49:42 Mais ça s'arrête ici.
49:44 - Et ce n'est pas tout.
49:48 On va même aller de surprise en surprise.
49:50 Très peu de personnes
49:52 sont d'ailleurs au courant.
49:54 Car très peu ont décortiqué
49:56 la loi, qui est plutôt
49:58 alambiquée. En clair,
50:00 Christine,
50:02 Marc et Nicolas,
50:04 tous les trois,
50:06 auraient dû être immédiatement remboursés
50:08 par leur banque. - Si vous lisez la loi,
50:10 c'est très clair.
50:12 D'abord, la banque doit vous rembourser
50:14 provisoirement et immédiatement.
50:16 Et si la banque n'est pas d'accord,
50:18 qu'elle est responsable,
50:20 et si elle trouve qu'on parle ici
50:22 d'une négligence grave, maintenant, c'est
50:24 à la banque de prouver que vous avez
50:26 été gravement négligent
50:28 et qu'elle n'est pas responsable
50:30 pour cette perte.
50:32 - Jusqu'à présent, cette avocate
50:34 a gagné tous ses dossiers devant les tribunaux.
50:36 Mais les banques continuent
50:38 de jouer la montre en interjetant
50:40 appels. Elles savent très bien que
50:42 la justice en appel accuse beaucoup
50:44 de retard. Conséquence,
50:46 l'affaire peut durer 6,
50:48 7, 8 ans, voire même plus.
50:50 Le temps, c'est de l'argent.
50:52 Alors l'action en justice coûte cher
50:54 et ça peut en décourager plus d'un.
50:56 - Je me suis fait arnaquer pour 3 000 euros.
50:58 Est-ce que ça vaut la peine d'aller en justice?
51:00 - Moi, je dirais non.
51:02 3 000 euros, une procédure,
51:04 te coûte plus que 3 000 euros.
51:06 - Environ 5 000? - 5 000,
51:08 6 000, même plus.
51:10 - Si on gagne, on récupère l'argent?
51:12 - On récupère l'argent,
51:14 on a des intérêts, on a aussi
51:16 les justices de frais qu'on récupère,
51:18 mais il y a toujours un risque. Et pourquoi est-ce qu'il y a un risque?
51:20 Parce que cette loi, elle est si récente.
51:22 - Alors les banques, en fait, elles savent tout ça,
51:24 donc c'est une façon de fonctionner
51:26 pour décourager le client?
51:28 - Ça peut être une stratégie, oui. Vraiment.
51:30 - Avec le digital,
51:36 les arnaques évoluent constamment.
51:38 Elles développent une panoplie
51:40 de déguisements bien plus importantes
51:42 qu'auparavant. Mais vous pouvez
51:44 limiter la probabilité de vous faire avoir.
51:46 D'abord,
51:48 en prenant le temps de vous poser.
51:50 - En fait, quand on se pose,
51:52 quand on réfléchit,
51:54 ces arnaqueurs sont facilement
51:56 identifiables.
51:58 - Si vous avez un doute sur la fiabilité d'une adresse mail
52:00 ou d'un site Internet, allez
52:02 sur la plateforme ScamDoc.
52:04 Retenez-la bien. Il suffit
52:06 de copier l'URL du site Internet ou l'adresse mail
52:08 et en quelques secondes,
52:10 vous obtenez une idée de fiabilité.
52:12 Ne donnez jamais
52:14 votre code PIN ou la réponse de votre
52:16 DigiPass à qui que ce soit
52:18 par téléphone ou par mail.
52:20 - Il faut toujours ouvrir son application
52:22 bancaire soi-même ou alors
52:24 toujours rechercher l'adresse
52:26 du site Web de sa banque. Jamais passer
52:28 via un lien qu'on reçoit dans un message.
52:30 - Vous pouvez aussi vous adresser
52:32 à Ambudsfin.
52:34 C'est un service de médiation avec les banques
52:36 et c'est gratuit.
52:38 Enfin, le site
52:40 s'effondre Web et il vous alertera
52:42 sur les nouvelles tendances d'arnaques.
52:44 Distinguer
52:46 le vrai du faux, c'est un peu
52:48 le défi des années à venir.
52:50 (cris)
52:52 (cris)
52:54 (cris)
52:56 (cris)
52:58 (cris)
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