00:00 Emilie, vous recevez l'un de nos plus grands espoirs de médailles en athlétisme,
00:04 le quintuple médaillé aux Jeux Paralympiques, recordman du monde en saut en longueur,
00:09 n'en jetez plus, c'est Arnaud Asoumani.
00:12 Bonjour Arnaud. Bonjour Emilie.
00:13 Ça va, pas trop la pression quand on dit ça ?
00:15 Un petit peu quand même, mais on a l'impression d'être à la maison
00:17 et tous les athlètes veulent remporter des médailles.
00:19 Par contre, je ne suis plus recordman du monde.
00:21 Ah, ça va, vous avez quand même battu un record un jour.
00:23 On est quand même exactement à J-100 des Jeux Paralympiques,
00:26 c'est quand même une échéance spéciale, vous vous sentez comment là ?
00:28 On a le track un petit peu ou on a hâte ?
00:31 Le track, hâte.
00:32 Moi, je viens juste de revenir des championnats du monde d'athlétisme para qui sont au Japon,
00:36 et j'encourage l'équipe de France,
00:37 donc suivez et supportez l'équipe de France qui est encore présente là-bas.
00:40 Excité en final, parce qu'en fait à chaque événement,
00:44 et là, symbolique, il y a eu les J-100 avant les Jeux Olympiques,
00:47 J-100 avant les Jeux Paralympiques,
00:49 ça ancre un petit peu plus dans le concret, dans le réel,
00:52 et on sait que c'est là que ça approche.
00:54 Vous sentez l'engouement d'ailleurs monter avec le relais de la flamme,
00:57 on le voit là, on peut avoir les images en direct,
00:59 là, il est en train d'être relié à Biarritz,
01:01 et dès le matin, à chaque fois, il y a du monde,
01:03 il y a des gens pour applaudir, pour suivre ça.
01:05 Je le suis depuis le 8 mai, comme un petit peu tout le monde,
01:09 et puis là, pendant les championnats du monde à l'étranger,
01:12 il y a les réseaux sociaux aussi, il y a un engouement qui monte,
01:15 et c'est hyper important au final que les Françaises et les Français
01:20 dans les villages, dans les villes, puissent vivre cet engouement
01:24 à travers le relais de la flamme olympique,
01:26 aussi à partir du 25 août.
01:28 Je vais avoir l'honneur de porter cette flamme olympique
01:31 sur le tapis rouge à Cannes.
01:33 - Demain ? - Oui, c'est demain.
01:35 - Oui, c'est demain. - Le 21 mai.
01:37 - Demain, vous y serez. - Donc c'est important, c'est symbolique,
01:40 et encore une fois, aujourd'hui, c'est symbolique,
01:42 parce qu'on a besoin réellement que les gens prennent leur place
01:47 pour les Jeux paralympiques, et qu'il y ait un engouement
01:49 beaucoup plus important autour de cette équipe de France paralympique
01:52 et des athlètes.
01:53 - Vous êtes en tout cas l'une des égéries,
01:55 ou en tout cas quelqu'un qui peut encourager à prendre ses billets.
01:58 Vous êtes l'un de nos plus grands espoirs de médaille, c'est ce qu'on disait.
02:00 C'est simple, vous n'avez pas fait une seule participation
02:02 sans rapporter de médaille, sauf exception celle de Tokyo en 2021.
02:05 Vous étiez blessé, il y a eu le confinement, le Covid.
02:08 Mais nous, on se rappelle surtout de l'or.
02:10 C'était à Pékin, et c'était en 2008.
02:12 - À seulement 23 ans, Arnaud, amputé du bras gauche,
02:16 est l'étoile montante de l'athlétisme français.
02:18 Favori de la finale en longueur, le jeune étudiant à Sciences Po Paris
02:23 assomme le concours.
02:25 7 m 12 au premier essai, puis 7 m 23 ici au deuxième record du monde battu.
02:30 Ses adversaires sont loin derrière hier.
02:33 Il y avait Arnaud et les autres.
02:35 - Il y avait Arnaud et les autres.
02:39 Ça vous fait quoi de revoir ces images ?
02:41 - C'est marrant, j'ai l'impression que c'était il y a un petit peu longtemps.
02:43 Mais parce que c'était il y a un petit peu longtemps,
02:44 donc maintenant, il faudrait réinscrire et créer de nouveaux souvenirs,
02:48 frais avec la famille, les amis, et surtout à la maison en France.
02:52 - Ça donne envie de revivre ça en tout cas.
02:55 Il faut dire que les JO, c'est un rêve d'enfant.
02:57 À 5 ans, vous regardiez les championnats du monde d'athlétisme à la télé.
03:00 Les stars et les plus grands rivaux, Carl Lewis et Mike Powell,
03:04 s'affrontent en saut en longueur.
03:06 On a retrouvé les images, c'était en 1991, déjà sur France Télévisions.
03:09 Finale considérée comme l'un des meilleurs concours de l'histoire de la discipline.
03:12 Et pour vous, à 5 ans, je disais, c'est un coup de foudre.
03:15 - Oui, exactement. En fait, c'est réellement l'esthétisme,
03:19 le fait que les athlètes volaient.
03:22 On voit Mike Powell qui abatte le record du monde.
03:24 Moi, ce n'est pas ce qui m'a marqué, ce n'est pas la performance.
03:26 C'est vraiment le fait que j'ai l'impression qu'il flotte dans les airs
03:30 et qu'il y a un moment où le temps s'arrête.
03:32 Et ça, je sais que ça m'a marqué.
03:34 Je me suis retourné vers mon père et je lui ai dit,
03:36 quand je serai grand, je ferai les JO qui commencent en longueur.
03:39 Et c'est complètement irrationnel au final.
03:41 C'est comme vouloir être astronaute ou être plongeur.
03:44 C'est un rêve d'enfant au final, qui est resté toujours un petit peu dans ma tête.
03:48 Qui m'a suivi.
03:50 Et je pense que ce n'est pas forcément le réaliser un jour.
03:52 Rêve que vous avez réalisé six fois.
03:55 Ça sera votre sixième jeu.
03:57 Ils en pensent quoi, vos parents, votre père ?
04:00 Moi, je pourrais leur demander.
04:02 Ils ne me disent pas trop, mais je pense qu'ils sont fiers.
04:04 Je pense qu'ils sont fiers.
04:06 Parce que quand vous l'avez dit à votre père à l'époque,
04:08 il vous l'a dit cinq heures plus tard,
04:10 mais ça lui a fait pleurer.
04:12 Ça l'a fait pleurer.
04:14 Il ne me l'a jamais dit.
04:15 Ça a été mon tuteur à Sciences Po qui m'avait raconté directement.
04:18 Pour montrer à quel point mon père était pudique, je pense, à ce moment-là.
04:21 Quelqu'un de très positif.
04:23 Ma mère également.
04:25 Je pense qu'en fait, ils pouvaient se dire,
04:29 ça n'est pas être possible tout simplement.
04:31 Parce que j'avais ce qu'on appelle un handicap.
04:34 Je venais sans avant bras gauche.
04:35 Ce n'est pas incroyable.
04:36 Il y a plein de handicaps qui sont beaucoup plus lourds.
04:38 Mais effectivement, c'est...
04:40 Alors, je n'aime pas du tout parler de revanche sur la vie,
04:42 parce que ça ne l'est pas.
04:44 De réussir au final à...
04:46 Je pense pour tous les athlètes paralympiques, c'est vrai,
04:48 dépasser les limites, dépasser le jugement qu'on a pu recevoir
04:52 de la part des autres, de nos entourages ou de la société.
04:55 Montrer justement l'opposé du stéréotype,
04:58 d'un des stéréotypes principaux par rapport au handicap.
05:01 L'idée que lorsqu'on a un handicap, on ne peut pas être performant.
05:04 L'idée également...
05:06 Ça provoque souvent une peur.
05:08 Alors moi, c'est moins impressionnant.
05:10 Mais il y a des personnes...
05:11 Vous dites même que vous ne vous considérez pas comme handicapé.
05:13 Je ne l'ai même pas dit.
05:14 D'ailleurs, oui, c'est vrai que vous êtes né sans votre bras gauche.
05:17 Vous avez une prothèse à la place.
05:19 Je ne me sens pas effectivement handicapé.
05:21 Mais aucune personne qui a un handicap ne se sent handicapé.
05:24 Moi, justement, je milite pour humaniser la différence.
05:27 Le sport, c'est un superbe levier pour ça.
05:29 L'éducation également.
05:31 Et je pense que mes parents et mon entourage
05:33 sont d'autant plus fiers des messages que je véhicule
05:37 grâce au sport, grâce à ce que je peux faire,
05:39 grâce aux sensibilisations dans les écoles,
05:41 aux investissements associatifs.
05:43 Pour moi, ces Jeux paralympiques,
05:45 c'est réellement une opportunité pour faire évoluer le regard
05:49 sur le handicap, la différence,
05:52 que ce soit beaucoup plus positif,
05:54 beaucoup plus fédérateur,
05:55 parce que vous allez vivre des émotions incroyables.
05:58 Notre but, c'est de faire vibrer les Français,
06:00 d'aller remporter des médailles, bien évidemment.
06:02 Ça change le regard quand même,
06:03 parce que vous dites que vous aimeriez même
06:05 qu'il n'y ait plus de Jeux olympiques et paralympiques.
06:07 À terme, bien évidemment.
06:08 C'était complètement aberrant en 1896
06:11 que des femmes participent aux Jeux olympiques.
06:14 Aujourd'hui, ça nous paraît aberrant justement,
06:17 si les femmes étaient détachées et qu'il y avait deux Jeux.
06:20 Moi, ça me paraît toujours aberrant qu'il y ait deux Jeux.
06:22 Et alors après, c'est très important
06:24 qu'il y ait eu cette histoire,
06:26 qui est le Comité international paralympique.
06:28 Et nous, effectivement, on a un logo qui est différent,
06:32 les Agitos.
06:33 C'est un mouvement également qui a des valeurs
06:37 d'excellence, de résilience, de dépassement de soi.
06:40 Mais on se retrouve tous et toutes dans ces valeurs aussi
06:43 lorsqu'on n'a pas de handicap.
06:44 Et les athlètes sur le terrain ont vu des choses similaires.
06:47 Après, il y a des vulnérabilités,
06:48 il y a des problématiques qui peuvent être plus importantes.
06:50 Mais là, on parle de performance,
06:52 et on parle d'être humain,
06:54 et surtout d'union, d'être ensemble,
06:56 de partage, de rencontre.
06:57 Et il y aura une seule et même équipe de France
06:59 pour les Jeux olympiques et paralympiques.
07:01 Et ça, c'est la première fois.
07:02 Et il faut prendre ces billets pour les Jeux paralympiques.
07:04 Merci beaucoup.
07:06 Arnaud, on est à 200% avec vous.
07:08 Vous allez nous ramener l'or.
07:10 Je vais tout faire pour vous ramener l'or.
07:12 Mais prenez vos places.
07:13 En tout cas, il y a des places à partir de 15 euros,
07:15 plus de 200 000 places encore à 15 euros.
07:17 Et des places pour les grandes finales à 25 euros.
07:20 Merci beaucoup.
07:21 Évidemment que Télématin est derrière.
07:23 Arnaud, bien sûr.
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